‹ HbgirinChapitre 59 sur 65 · BY · texte numérisé non relu

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raison des Actes de leurs existences antérieures, un corps fait des quatre grands Éléments, ils furent sujets à la vieillesse, à la maladie, à la faim, à la soif, au "froid", au "chaud", et autres Douleurs du corps . . . Quand le Profane éprouve une Douleur, son Esprit donne naissance à la tristesse, mise en action par le messager [= Passion] de la Colère [ou Haine] ... ; dans les Impressions de Plaisir, il est pourchassé par le Messager de la Convoitise [ou Cupidité] ; et dans les Impressions indifférentes, par le messager de l'Inscience [ou Erreur]. Le Profane qui éprouve une Douleur subit donc [à la fois] intérieurement la Douleur des trois Poisons [de l'Esprit : Haine, Cupidité, Erreur ; inf. p. 252] et extérieurement le froid, le chaud, le fouet, le bâton, etc., de même qu'un homme échauffé à l'intérieur l'est aussi à l'extérieur. C'est comme il est dit dans le Sûtra : Quand le Profane perd un objet aimé, son corps et son Esprit en souffrent tous deux ; les deux flèches sont dans le but. Le Saint n'est point sujet à la Douleur de la Tristesse, mais à celle du corps seule et à nulle autre." — C'est déjà le thème d'une prédication adressée par le B. et par Sâriputra à un vieillard cacochyme, Nakula[pitr], dans le Sarh°Àgama T. 99 v (33 a b) [^Sarh0 N°, vol. III, p. 2 sq.] et dans l'Ek°Âg0 T. 125 vi (573 a-b) : Les Profanes ignorants, non instruits [de la doctrine bouddhique], ne possèdent pas une connaissance du Formel conforme à la Réalité, le prennent pour du Soi et du Sien, s'y attachent, et s'il vient à être détruit ou altéré [c.-à.-d. s'ils sont atteints de maux ou de dégénérescence physiques], leur Esprit, leur Notation (citta-vijnâna) s'ébranlent à la suite (de cette altération physique, suiten fëj $j|, sk. anuvart0) ; ils éprouvent alors un tourment et corporel et spirituel. Mais chez les Saints Disciples Êrudits, l'altération du Formel n'est point accompagnée de cet ébranlement de l'Esprit ; ils ne sont sujets qu'à la Douleur corporelle. — Maladies du Buddha. — Que le B. Sâkyamuni ait été sujet à là maladie, nul bouddhiste n'en saurait douter. Non seulement il mourut d'une indigestion [de porc ou de truffes ... : cf. Waley, Mélanges chinois et bouddhiques, I, 343-354] ; sa santé fut souvent compromise au cours de sa carrière. Le brahmane Devahita dut le soigner d'une douleur au dos, causée par une perturbation [de l'Elément ou de 1' "Humeur"] du Vent, Sarhyuktâgama T. 99 xliv (319 b), T. 100 v (407 b) [=Sarh° N° vol. I, p. 175]. Le médecin Jîvaka dut aussi lui confectionner des médicaments tels qu'en prennent les Rois Tournant-la-Roue, MahîsâsakavinayaT. 1421 xx (134 a). Atteint d'un trouble du Vent, il consomma 32 onces par jour d'une drogue

au beurre préparée par Jîvaka ; Devadatta voulut en prendre autant, mais ne put digérer pareille quantité ; le B. le guérit de son indigestion en lui touchant de sa main le sommet de la tête, sur quoi Devadatta lui déclara, en guise de remerciement, qu'il était en effet excellent médecin, mais que s'il s'était rabattu sur l'étude de la médecine, c'était parce que son autre science [sa doctrine religieuse] n'avait point été agréée par le monde, T. 202 m (366 a-b) [épisode analogue Vin°Mûlas° T. 1450 xiv (174 c), où Devadatta va jusqu'à nier que sa guérison soit due au B.]. Blessé au pied par une épine d'acacia (khadira), le B. fut guéri par Dasabala Kâsyapa T. 203 [td. Chavannes, 500 Contes, III, 78]. Parmi les "neuf tourments" qu'il éprouva (kunô ^1$, ou neu* difficultés kunan ji,^., neuf violences kuô ^L^), la plupart furent des maladies ; p. ex. Mahâpr°p°sâstra Tt. 1509 ix (121 c) : Il fut blessé au grand orteil par Devadatta qui voulut l'écraser en précipitant sur lui [un quartier de] montagne [on montrait cette roche aux pèlerins sur le Pic du Vautour, cf. Chavannes, Religieux éminents, 155 ; Watters, Records, II, 152] ; il fut piqué au pied ; il eut mal à la tête lorsque le roi Vidûdabha massacra les fils des Sâkya ; etc.. . .[Cf. aussi K. Lav. iv, 212, n. 2]. — Or la question se posait de savoir si le B., ayant atteint l'Eveil, est encore soumis à la rétribution de ses Actes passés. On distingue en effet deux sortes de maladies M°pr°pâr°sastra Tt. 1509 vin (119 c) [cf. inf. p. 255] : (1) Les maladies dont on est atteint en rétribution des Actes accomplis dans les existences antérieures, et (2) celles qui sont l'effet d'une excitation [des trois Humeurs] du froid [= "Flegme"], du chaud [= "Bile"] ou du Vent dans l'existence présente. La première de ces deux catégories, classique dans la médecine ind. sous le nom de karmaja "née des Actes" (Jolly, Medicin, 48 ; Dasgupta, Hist. Ind. Philos., II, 402 sq. ; Fjlliozat, J. As. 1934, il, 125 sq.), se rattache à une conception religieuse ou éthique de la pathogénie, la cause des maladies, tout comme des autres maux présents, étant attribuée à des péchés passés. Le Mahâkarmavibhanga (éd. Lévi, m-iv) énumère les Actes variés qui aboutissent soit à "beaucoup de maladies", soit à "peu de maladies" ; cf. aussi le Saddharmasmrtyupasthânasûtra T. 721 ix (47 c), où la maladie congénitale et incurable d'un enfant est expliquée par le résidu d'Actes mauvais qui subsiste, lors de la naissance parmi les hommes, chez l'Etre quittant l'Enfer pour accéder à la condition humaine. — Cette notion de la maladie causée par les Actes antérieurs est attestée déjà dans le Sarhyuktâgama T. 99 xxxv (252 c-253 a),

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