CHATO
Brahmajâla, Dîrghâgama T. i xm (84 c), qui interdit au clergé l'étude de l'astronomie et toute vaticination astrologique (=Dîgha Nik° I, 1, 24). Et même dans le G.V., le Mahâparinirvânasûtra T. 374 xx (482 b) réprouve, comme contraire à l'esprit du bouddhisme, la préoccupation de distinguer entre jours fastes et néfastes ; le médecin Jîvaka adresse, dans ce sûtra, le discours suivant au roi Ajâtasatru, qui veut s'assurer d'un jour propice pour aller rendre visite au B. : "Dans la Loi du Tg., il n'y a pas à choisir jour heureux ni étoile faste ! De même qu'un malade grave recherche un médecin sans considérer si le jour ou l'heure sont fastes ou non, ainsi vous-même, ô roi, malade grave qui recherchez ce médecin excellent qu'est le B., n'avez pas à choisir heure propice ni jour heureux ! De mjême qu'un feu de bois de santal et un feu de bois de ricin ont tous deux pour Caractère commun et identique le fait de brûler, ainsi, grand roi, que le jour soit faste ou néfaste, en vous rendant auprès du B. vous anéantirez vos péchés !" — Mais avec le relâchement de la règle monacale et le contact toujours plus étroit entre clercs et fidèles laïcs dans le G.V., l'interdit dont était frappée l'astrologie (tout comme la médecine, cf. *Byô fâ, et d'autres techniques profanes) tomba peu à peu dans l'oubli, et cette technique "mondaine" fut admise, tout au moins dans certaines écoles bouddhiques. A propos des six jours mensuels de Sabbat (cf. *Fusatsu), le Mahâprajfiâpâramitâsâstra Tt. 1509 xm (160 b) déclare que "dans le bouddhisme il n'y a pas de jours bons ni mauvais" , mais que ces six jours ont été fixés "pour se conformer à ce que dans le monde [on croit être] des jours mauvais" ; en effet, d'après cet ouvrage, les six jours de Sabbat sont définis comme ceux durant lesquels les fidèles laïcs font vœu d'observer huit Défenses (cf. *Kai), et le choix de ces jours (8, 14, 23, 25, 29, 30 du mois) est expliqué par le fait qu'on les tenait en Inde pour néfastes et que les laïcs bouddhistes, en observant les Défenses Sabbatiques, croyaient se protéger contre les entreprises des démons malins et des divinités cruelles qui jouissaient ces jours-là d'un pouvoir particulier. Ce texte attribué à Nâgârjuna montre comment des croyances extra-bouddhiques pénétrèrent dans l'Eglise sous l'influence de la communauté laïque. Mais la résistance à ces "superstitions" n'a jamais cessé de se faire sentir. Même dans un texte purement Es. comme T. 849 (60 b), td. par Amoghavajra, on lit que pour bien pratiquer la Déflexion des Mérites "il ne faut prendre en considération ni temps ni lieu, ni faste ni néfaste, et il ne faut pas non plus s'attacher aux rites" ; et au
Japon, alors que la secte Shingon attribue une grande importance au "choix du temps" (cf. le long article d'un spécialiste dans Bdji. 3327-3328), la secte Shin se refuse à en tenir compte (cf. dans S. XL, 9, 35 b-36 a, les déclarations formelles du fondateur de la secte, Shinran, qui se réfère au texte du Mahâparinirvânasûtra cité ci-dessus).
CHATÔ (ou j:satô en "prononciation des Song", Sôon tIc^) ^^f : le thé et l'eau chaude. En Chine, sous les Song, il était d'usage de servir aux visiteurs du thé à leur arrivée et de l'eau chaude à leur départ. D'après un ouvrage qui semble dater du début du xne s. (3ïW3e&.i3a-b,éd.lm*&fci£#;sur ce recueil d'anecdotes, cf. [Hj |$ -^ ^ Hf. (=| , cxli), cette coutume était absolument générale dans toutes les classes de la société. A la cour impériale, lors des audiences données par les grands ministres aux fonctionnaires réunis, on buvait du thé au début et de l'eau chaude à la fin de l'audience (texte du XIe s. cité Zrzs. 390). Dans le rituel de la secte *Zen, en Chine comme au Japon, le thé et l'eau chaude jouaient un certain rôle soit comme offrandes, soit comme breuvages. Le mot sino-jap. tô fâ (en jap. yu) semble désigner ici simplement de l'eau chaude, sens que ce terme a conservé au Japon et dans certains dialectes ch., tandis que dans le ch. parlé moderne en général il a pris le sens de "bouillon" (d'herbes, de viande, etc.) ; toutefois d'après Bdjt. 1252 a, le tô du rituel bouddhique contenait parfois du riz, des matières aromatiques, etc. Actuellement dans la "cérémonie du thé", au Japon, l'eau chaude n'intervient que de façon fort accessoire et à titre préliminaire : lors de l'arrivée des hôtes, on leur offre, dans la salle d'attente, de l'eau chaude contenant de la farine de grains de céréales, grillés et parfumés au fenouil, à l'écorce de mandarine, etc. (kôsen ^^ft) ; puis à la fin du repas léger (kaiseki \$lfâ), qui précède, dans la "chambre de thé" même, la consommation proprement dite du thé, on sert un bouillon de riz brûlé (koge-yu $|^Hf), c.-à-d. de l'eau chaude contenant des grains de riz qu'on a laissés s'attacher au fond de la marmite et se roussir lors de la cuisson du riz. — Les "offrandes" de thé (tencha ^| ^) et d'eau chaude (tentô H^f) étaient présentées, dans la secte Zen, aux B. ou Bs., aux saints, aux patriarches de la secte, ou devant les tablettes des moines défunts du couvent, soit quotidiennement, soit aux anniversaires de leur mort (kinichi jgjt Q ) ; ou encore, lors des funérailles des moines, devant le cercueil. Avant midi, l'offrande de thé précédait celle d'eau chaude ; après midi l*ordre était inverse. Cf. le manuel réglant la vie conventuelle de
CHATÔ