‹ HbgirinChapitre 62 sur 65 · CHATO · texte numérisé non relu

CHATO

la secte Zen, Ttt. 2025, ouvrage compilé en Chine à l'époque mongole (vers 1338), mais qui utilise des sources antérieures à partir des T'ang ; et Bdjt. 600, 1204, 1252, 1254 ; Bdji. 3329, etc. Ces offrandes constituent (ou constituaient) au Japon un élément si essentiel du culte Zen, que le terme :j:satô s'emploie pour désigner les visites des fidèles aux temples, soit aux jours commémoratifs des morts, fixés par le rituel funéraire (cf. *Sai), soit encore aux jours où l'on s'acquiert des mérites particuliers en rendant hommage, dans tel ou tel temple, à tel ou tel B. ou Bs. ; cf. Bdjt. 600, 1204. — Quant à la "cérémonie" du thé et de l'eau chaude (jsatôrei !£$» |5)> ou du thé seul (+sarei ^rjS), elle consistait, dans les monastères Zen, à boire en commun du thé et de l'eau chaude, à l'occasion de certains actes solennels de la vie ecclésiastique, fêtes, etc. ; les règles en étaient fort élaborées. Cette cérémonie avait lieu par ex. lors de la réception d'un nouveau "doyen" (shuza ^TBÊ) par l'abbé (hôjô ~}j~$i), ou lorsque l'administrateur du couvent (jûji 'ft^f) rendait visite au doyen, ou au début de la Retraite estivale (*Ango), etc. ; cf. pour la Chine Ttt. 2025 iv (1135 a sq.),- vi (1150 b sq.), où l'on trouvera des descriptions minutieuses. Actuellement dans certains temples Zen du Japon, le :j:sarei collectif a lieu deux fois par mois, ou même deux fois par jour, et les moines convoqués sont obligatoirement tenus d'y assister ; cf. Suzuki, The Training of the Zen Buddhist Monk (Kyoto, 1934), p. 88, 99, et pi. 41. A chacun des "départements" du couvent est attaché un "préposé au thé" (chaju ou ^saju $jBÏ|), et derrière la salle de culte (hôdô ££ jj£) se trouve parfois un édifice spécial réservé à la cérémonie du thé (chadô, ^sadô 2fcji|) ; cf. Bdjt. 1204. — C'est de cet usage de la secte Zen que dérive la "cérémonie du thé" laïque, célèbre au Japon sous le nom de Cha no yu ^j (S) ^|> litt. "l'eau chaude du thé" ; ce terme, qui n'apparaît du reste qu'au xvie s. (en 1523) — auparavant on disait "réunion de thé" cha no e <J&^\ cha no yoriai &%£& (cf. Kimiya, Nisshi-kôtsû-shi, 11, 269) — ,est évidemment tiré de l'expression bouddhique chatô (^satô) ; mais dans cette dernière les mots "thé" et "eau chaude" forment en principe un composé coordinattf et non subordinatif. On trouve déjà en ch., p. ex. dans un petit traité disciplinaire de Gijô (Yi tsing, ca. 700 A.D.) sur les breuvages, Ttt. 1902 (903 b), des expressions comme kyôshichatô -^-F-^^ "bouillon de noyaux d'abricots [piles] ou de thé" , où la construction est subordinative ; et au Japon dès ca. 1200 A.D., dans le traité sur le thé de Eisai (cf. inf.), le terme chatô est pris au sens

de "bouillon (ou infusion) de thé", comme il ressort de l'emploi parallèle de sôtô f&fâ "infusion de feuilles de mûrier". — Le thé lui-même, plante et breuvage, semble avoir été introduit au Japon une première fois par des moines bouddhistes qui se rendirent en Chine aux environs de l'an 800 ; mais la culture ne s'en développa guère avant le XIIe s. Eisai $fc j)§, patriarche fondateur de la secte Zen au Japon, rapporta de Chine en 1168 des graines de thé qu'il planta, et composa un ouvrage sur les vertus hygiéniques et curatives du thé (Kissa-yôjô-ki Rjg ^ ^ *£ f£). Le thé passait alors pour un adjuvant des pratiques d'Extase (*Zen), comme contrecarrant de la somnolence (texte cité ap. Kimiya, op. cit., 11, 66; cf. aussi Sadler, Chano-Yu, 93). L'usage et la culture s'en répandirent dans les couvents de la secte Zen ; au xive s. beaucoup de plantations célèbres appartenaient à des temples bouddhiques (texte ap. Ksdj. 1759). C'est à l'époque mongole (xive s.) qu'à la suite des séjours de nombreux moines de la secte Zen en Chine, et de l'influence qu'ils exercèrent dès lors sur la noblesse féodale du Japon, la "cérémonie du thé" se répandit dans la haute société laïque, d'abord comme une "mode chinoise" (Karayo )fjf $1), de bon ton dans le monde élégant, puis peu à peu comme un rite quasi-sacramentel qui était censé provoquer une sorte de catharsis spirituelle et dont tous les éléments furent rigoureusement fixés par des maîtres et des écoles s'inspirant de la mystique Zen. Actuellement encore le centre de ces écoles (dont on fait remonter la "généalogie" au milieu du xve siècle) est un temple Zen de Kyoto, le Daitokuji ^C^ ^p, dont le supérieur délivre les brevets de compétence. La "chambre de thé" réservée à cette cérémonie (chashitsu Ife'M), dont la superficie est de 4 1/2 nattes mesurant 3 sur 6 pieds chacune, soit au total un carré de 9 pieds de côté, est conçue à l'imitation de la cellule de 10 pieds de côté qu'occupait Vimalakîrti (cf. *Hôjô ~j]^Z). Les petits vassaux (samurai) qui remplissaient la fonction de maître de thé se rasaient la tête comme des moines et on les dénommait "bonzes du thé" , chabôzu Bkifîàc. (cf. *Bôzu). Pour cette cérémonie, on utilise le thé en poudre (maccha ^ [ou fâ] 2&), comme en Chine sous les Song, et sans doute sous les Yuan. — Il semble probable que le Cha no yu, tel qu'il se pratique encore au Japon, remonte en fait, par ses origines lointaines, à un cérémoniel ch. qui n'avait rien de spécifiquement bouddhique ; si cette cérémonie, au Japon, se trouve liée au bouddhisme, c'est qu'elle y fut introduite par les maîtres de la secte Zen qui assurèrent le contact culturel entre la Chine et le Japon à l'époque des Song et des Yuan

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et exercèrent dès lors une influence profonde sur la société jap. Au IXe s. le pèlerin Ennin |^| £, qui parcourut la Chine de 838 à 847 et nous a laissé une relation minutieuse de ses observations, ne décrit rien de pareil en Chine ; il note seulement que lors des agapes végétariennes (*Sai *£) qui réunissaient dans les temples ch. moines et laïcs, on consommait du thé et du riz (Dnbz. cxiii, 216 a, 252 a-b). Les descriptions des cérémonies de Chatô qui figurent dans le manuel ch. cité ci-dessus 282 a l, Ttt. 2025, doivent se rapporter à une époque bien postérieure. — Sur le Cha no yu, cf. K. Okakura, The Book of Tea ; Chamberlain, Things Japanese, s.v. Tea, Tea Ceremony ; A. Berliner, Der Teekult in Japan (Leipzig, 1930) ; Y. Fukukita, Cha-no-Yu, Tea-cult of Japan (Tôkyô, 1932) ; A. L. Sadler, Cha-no-Yu, The Japanese Tea Ceremony (Londres- Kôbe, 1934) ; T. Kimiya jfglfcjg, Nisshi-kôtsû-shi 0 %?& aj ]£ (Histoire des relations sino-jap., Tôkyô, 1927), il, 64-66, 255-270.

CHI ^', sk. jnâna, p. nâna, tib. ye-ses. — Connaissance.— Pour l'aperçu général, cf. *E =^, " Sapience" (sk. prajnâ) ; pour la terminologie ch., *Chie fë ^; pour les catégories numériques, *Nichi "deux Chi", *Sanchi "trois <— ". *Shichi "quatre ~", *Gochi "cinq ~". V. aussi *Muchi 381^ (s^- ajnâna).

Petit Véhicule. — Samynktâgama T. 99 xiv (99 c): Il y a 44 espèces de Connaissances : Connaissance se rapportant [1] à la Vieillesse et à la Mort, [2] à leur Formation, [3] à leur Barrage, [4] au Chemin menant à leur Barrage ; [5-44] Connaissances se rapportant aux dix autres Données-causales (à l'exception de l'Inscience), sous les quatre aspects de leur existence, de leur Formation, de leur Barrage et du Chemin menant à leur Barrage ... Il y a 77 espèces de Connaissance : [Les onze intervalles, représentant les onze relations causales entre les douze Données-causales, multipliées par les sept Connaissances, énumérées comme suit pour le cas de la relation causale entre Naissance (11e Donnée-causale) et Vieillesse-Mort (12e Donnée-causale) :] (1) savoir que la Naissance [actuelle] est Facteur de Vieillesse-Mort ; (2) savoir qu'en dehors de la Naissance il n'est rien qui produise Vieillesse-Mort ; (3) savoir que la .Naissance passée produit Vieillesse-Mort ; (4) savoir que seule la Naissance passée produit Vieillesse-Mort ; (5-6) comme sous (3-4) en substituant "future" à "passée" ; (7) Connaissance de la Résidence des Essences (hôjûchi fê ffe ^1 > P- dhammaUhitinâna ; cf. inf. p. 288 sq., Vibhâsâ) : c.-à-d. savoir certainement que [la Nais-

sance en tant que Facteur de Vieillesse-Mort] est Impermanente, Opérée, produite par l'Esprit, née de Facteurs, Essence Epuisable, Essence périssable, [et en même temps] Essence [dont il faut se] Dégager, Essence à Barrer. — Connaissance et Notation. — Vibhâsâ Tt. 1545 ix (44) : Il y a une école qui soutient l'identité de la Connaissance et de la Notation, disant que la seule différence [insignifiante] consiste dans le préfixe vi- [sk. jnâuaa=vi- jnâna]. Pour réfuter cette thèse, nous démontrons que le Substantiel de la Notation est différent de celui de la Connaissance. En effet, le Sûtra dit : "La Notation est Associée à la Connaissance [et donc différente d'elle] ..." Il y a une école soutenant la thèse que la Connaissance prend toutes les Essences comme ses Objectifs, tandis que la Notation n'en est pas capable. Pour réfuter cette thèse, nous démontrons que la Connaissance et la Notation prennent ensemble (gu fè, i.e. l'une comme l'autre) toutes les Essences comme Objectifs, aussi bien en général qu'en particulier. Il y a une école soutenant que la Connaissance prend les Caractères propres (sk. svalaksana) et généraux (sâmânyalaksana) comme Objectifs, tandis que la Notation ne prend comme Objectifs que les Caractères propres. Pour réfuter cette thèse, nous démontrons que la Connaissance et la Notation prennent ensemble les deux espèces de Caractères comme Objectifs. Il y a une école soutenant que la Connaissance prend des Objectifs dont la nature est homogène ou n'est pas homogène à celle du Connaisseur, tandis que la Notation ne prend que des Objectifs homogènes. Pour réfuter cette thèse, nous démontrons, etc. . . . Il y a une école soutenant que la Connaissance prend des Objectifs présents, passés, futurs et non-temporels, tandis que la Notation ne prend que les Objectifs présents. Pour réfuter cette thèse, etc. ... Il y a une école soutenant que la Connaissance prend comme Objectifs les cinq Masses et des Objets qui n'appartiennent à aucune Masse, tandis que la Notation ne prend que le Formel comme Objectif. Pour réfuter cette thèse, nous démontrons que la Connaissance et la Notation ensemble prennent comme Objectifs les cinq Masses et des Objets n'appartenant à aucune Masse. Il y a une école soutenant que la Connaissance prend comme Objectifs les Séries de soi-même et d'autrui, tandis que la Notation ne prend comme Objectif que la Série de soi-même. Pour réfuter cette

thèse, etc (cf. ci-dessous Connaissance de l'Esprit

d'autrui, paracittajnâna.) Il y a une école soutenant que la Connaissance prend comme Objectifs les Sphères intérieures et extérieures, tandis que la Notation ne prend que les Sphères extérieures comme

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Objectifs. Pour réfuter cette thèse, nous démontrons que la Connaissance et la Notation prennent ensemble l'extérieur et l'intérieur comme Objectifs. Il y a une école soutenant que la Connaissance prend comme Objectif ce qui est à-Écoulement et ce qui est sans- Écoulement, tandis que la Notation ne prend que ce qui est à-Écoulement comme Objectif. Pour réfuter cette thèse, etc. ... Il y a une école soutenant que la Connaissance prend pour Objectifs l'Opéré et l' Inopéré, tandis que la Notation ne prend que l'Opéré comme Objectif. Pour réfuter cette thèse, etc. . . . Il y a une école soutenant que la Connaissance n'est qu'un Membre du Chemin [Saint à huit Membres], tandis que la Notation n'est qu'un Membre du Devenir [c.-à-d. de l'enchaînement des douze Donnéescausales]. Aussi l'école Vatsîputrîya en appelle-t-elle au Sûtra, disant que la Vue Correcte [ier des Membres du Chemin] est ce Membre du Chemin [la Connaissance], tandis que l'Opérant [2e des Données-causales] est le Facteur de la Notation. Pour réfuter cette thèse, nous démontrons que la Connaissance et la Notation se trouvent toutes deux ensemble dans les deux Membres [i.e. dans la Vue Correcte, Ier Membre du Chemin, et dans la Notation, 3e des Donnéescausales] et que l'expression du Sûtra est forcée (kyô «S). Il y a des écoles comme les Dârstântika qui soutiennent que la Connaissance et la Notation ne se trouvent pas ensemble. Pour réfuter cette thèse, nous démontrons que la Connaissance et la Notation naissent simultanément. — Pourquoi parle-t-on [dans les six "pieds" ou traités fondamentaux de l'Abhidharma] d'abord de la Connaissance, et ensuite de la Notation ? ... Il y en a qui disent que c'est l'ordre suivi dans les anciens Sûtra et Sâstra. Sâriputra dit à Mahâkausthila dans un Sûtra : "On donne le nom de Connaissance à la faculté de savoir (nôchi fjfé ^ÊP),le nom de Notation à la faculté de discerner (nôryô HÊ T ) " ; et le Prakaranapâdasâstra traite d'abord du Connaissable (sk. jneya), i.e. de la Rubrique de la Connaissance, et ensuite de l'Objet de la Notation (shoshiki Jjff f{&, sk. vijneya), i.e. de la Rubrique de la Notation. Aussi Dharmanandi dit-il : "Dans le Fonctionnement de la Connaissance et de la Notation, il y a une différence de supériorité" [c.-à-d. la Connaissance est supérieure à la Notation]. C'est pourquoi aussi on traite de la Notation après la Connaissance. Il y en a qui disent : "La Connaissance et la Notation sont toutes deux des Essences Radicales. La Connaissance est la Racine de toutes les catégories (hon g,) pures ; la Notation est la Racine de toutes les catégories impures. C'est en raison de la supériorité des catégories pures, qu'on

traite de la Connaissance d'abord." Il y en a qui disent : "La Connaissance et la Notation sont toutes deux des Essences "capitales" (jôshu fc. Hf, sk. pramukha?)". Le Sûtra dit : Si la Connaissance (*myô Bfl, Science =ici Connaissance) domine, toutes les innombrables bonnes Essences naissent et grandissent ; si la Notation domine, toutes les Essences Passionnées naissent et grandissent. C'est en raison de la supériorité des bonnes Essences, qu'on traite de la Connaissance d'abord." Il y en a qui disent : "La Connaissance et la Notation sont toutes deux des Refuges (shoeshu fft (&$&, sk. pratisarana). Aussi le Sûtra dit-il : "Il faut prendre comme Refuge la Connaissance, non pas la Notation (cf. Mvy. 1548)." Les champs d'activité (shogyô fftfâ, sk. gocara) et ]es Domaines des cinq Organes, différents pour chacun des Organes, sont tous ensemble régis et reçus (ryôju ^^) par l'Organe du Mental. L'Organe du Mental est leur Refuge commun [c.-à-d. leur support, sk. âsraya, cf. S. Lav. 239]. En raison de la supériorité du support [constitué par] la Connaissance, on la mentionne d'abord." Il y en a qui disent : "La Connaissance et la Notation sont toutes deux à-Objectifs (ushoen ^"Jjffftc, sk. sâlambana). Parmi les 12 Sphères, il y en a deux qui sont à-Objectifs : la Sphère du Mental et la Sphère des Essences [K. Lav. I, 62]. Lorsqu'on parle de "Connaissance", on a généralement en vue [seulement] la Sphère-à-Objectifs des Essences [i.e. des Essences de l'Ordre de l'Esprit] ; lorsqu'on parle de "Notation", on a généralement en vue la pluralité des Essences (tahô 4£ fâ) [qui comprend à la fois] la Sphère des Essences et la Sphère du Mental. C'est pourquoi on traite d'abord de la Connaissance." Il y en a qui disent : "Lorsqu'on parle de Connaissance, on a généralement en vue les Essences de l'Ordre-de-l' Esprit ; lorsqu'on parle de Notation, on a généralement en vue la pluralité [qui comprend] l'Esprit et les Essences de l'Ordre-de-l'Esprit [cf. K. Lav. 11, 150-151.] C'est pourquoi on traite d'abord de la Connaissance." — Connaissance et Patience. — Vibhâsâ, ib. xcv (489 b) : Certains disent que les Patiences [ultimes du degré] de l'Attestation [ou compréhension, réalisation des Vérités] (genkanhennin î^lg^JS, sk. âbhisamayântikaksânti ; cf. K. Lav. vu, 2) ont la Nature de la Connaissance. Ce sont p. ex. les Dârstântika, qui disent : "Quand l'œil de la Connaissance sans-Écoulement tombe sur l'Objet pour la première fois, c'est ce qu'on appelle Patience ; lorsqu'il s'est établi dans l'Objet, on appelle cela Connaissance. De même celui qui traverse un chemin en terrain plat s'arrête d'abord [pour regarder autour de lui] et ensuite [traverse] à

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son aise." Un Vénérable [Dharmatrâta, cf. Miyamoto, Recherches sur les Dârst ântika, Dharmatrâta, Kumâralata et la Drstântapankti, dans H ^ "Éfc l!fc ^ fâ ^4-^i. n° h 1928] dit aussi : "La Connaissance inférieure s'appelle Patience ; la Connaissance supérieure s'appelle Connaissance." Pour réfuter cette idée, nous démontrons que la Patience sans- Écoulement est Vue, non pas Connaissance. Il y en a d'autres qui disent : "La Connaissance de l'Épuisement et de la Non-Production est aussi Vue de sa Nature." Pour réfuter cette idée, nous démontrons qu'en cette Connaissance il n'y a plus ni recherche (jingu ^^c, 5k. parimârgana, cf. K. Lav. vu, 3) ni ratiocination (shisatsu fp] H£, sk. santîrana, cf. ib.) ; cette Connaissance n'est donc pas Vue. — Connaissance et Sapience (cf. *E) ; Connaissance et Vue (cf. *Ken). — Vibhâsâ, ib. xcv (490-491) : Les Sapiences Associées aux cinq Notations sont Connaissances. Les autres Sapiences Associées à la Notation du Mental, sont également Connaissances, à l'exception des Patiences sans- Écoulement.. . .La Sapience est [toujours] Associée aux six Notations [comme la Connaissance], mais se distingue de la Connaissance par le fait que les huit Patiences sans-Écoulement sont aussi Sapience, car elles discernent (chaku $£, sk. pravic0) l'ensemble des Essences. Tous les [états] d'Esprit sont accompagnés de Sapience (ue ^ *^, sk. saprajna ; cf. K. Lav. 11, 152-154 ; S. Lav. 314) . . . Les Vues sont-elles Connaissances ? Il faut distinguer quatre catégories dans les relations réciproques entre les notions de Vue et de Connaissance [(1) ce qui est Vue, non pas Connaissance ; (2) ce qui est Connaissance, non pas Vue ; (3) ce qui est Vue et Connaissance ; (4) ce qui n'est ni Vue ni Connaissance] : — (1) Sont Vue, non pas Connaissance : l'Organe de l'œil et les Patiences sans- Écoulement. Pourquoi l'Organe de l'œil n'est-il pas appelé "Connaissance" ? Parce que l'Organe de l'œil ressortit au Formel, et que la Connaissance ne ressortit pas au Formel ; parce que l'Organe de l'œil n'est pas Associé [à l'Esprit], n'a pas de Récipient, d'Objectif, de Morphème, de Délibération (kyôkaku ^§P5&), tandis que la Connaissance est Associée [à l'Esprit], a un Récipient, etc. Pourquoi les Patiences sans-Écoulement ne sont-elles pas Connaissances ? Quoiqu'on acquiesce, par les Patiences sans-Écoulement, aux Vérités Inspectées, on ne s'est pas encore décidé. Quoiqu'on Inspecte [par la Vue], on n'étudie pas encore à fond. Quoiqu'on recherche, on n'a pas encore Abouti. Quoiqu'on examine, on ne sait pas encore. Quoiqu'on Atteste, on n'étudie pas encore à fond, à plusieurs reprises. Il n'y a là qu'une Inflexion (un effort, kuyû Xftfâ, sk. âbhoga) ; l'exercice pré-

paratoire (sk. prayoga) n'est pas encore achevé. C'est pourquoi on ne donne pas le nom de "Connaissance" [à la Patience]. "Connaissance" est synonyme de "Détermination" ; or la Patience naît simultanément avec le Doute, qu'on doit Éliminer ; elle n'est pas encore parfaitement Déterminée par rapport à l'Objet Vu. C'est pourquoi on ne l'appelle pas Connaissance." Le Vénérable Vasumitra dit : "Quoique par la Patience on acquiesce Correctement aux Vérités Saintes, on ne les connaît pas encore à fond ; et c'est pourquoi la Patience n'est pas appelée Connaissance." Un Vénérable [Dharmatrâta] dit : "L'Aboutissement du Fait de la Vue s'appelle Connaissance. Au premier moment de la Patience, le Fait de la Vue n'a pas Abouti ; c'est pouurqoi [seules] les Patiences sans-Écoulement sont en Réalité Connaissances, quoiqu'on ne leur donne pas ce nom." Le Vénérable Mu |£ dit : "L'Inspection répétée (jûkan jgfJI) s'appelle Connaissance. Quand la Patience produit la première Inspection, sans qu'il y ait eu précédemment Inspection des quatre Vérités par la Sapience sainte, on n'appelle pas encore [cette première Inspection] Connaissance. Il est vrai que la Sapience née simultanément avec les cinq Notations ne peut pas Inspecter à plusieurs reprises (jûkan ^ jf|) ses Objectifs ; mais il s'est produit, depuis un passé infiniment reculé, d'innombrables Inspections d'Objets comme le Formel, etc., par la Sapience à-Écoulement. En raison de l'affinité [entre Sapience à- Écoulement et Sapience sans-Écoulement, fêfi£ ${$&]' on appelle [la première Inspection par la Sapience Sainte = sans - Écoulement ] "Inspection répétée", puis aussi Connaissance." — (2) Ce qui est Connaissance, non pas Vue : (a) La Sapience Associée à l'ensemble des cinq Notations ; (b) la Connaissance de l'Épuisement et de la Non-Production ; (c) les Sapiences à-Écoulement Associées à la Notation du Mental, à l'exception des cinq Vues et de la Vue Correcte Vulgaire, (a) Pourquoi la Sapience Associée à l'ensemble des cinq Notations n'est-elle pas Vue ? On appelle Vue ce qui entre profondément dans son Objectif, ce qui possède le Morphème de l'acuité. Or, la Sapience Associée à l'ensemble des cinq Notations n'a pas le Morphème de l'acuité, ne peut pas entrer profondément dans l'Objectif ; donc, elle n'est pas appelée Vue ... (b) Pourquoi la Connaissance de l'Épuisement et celle de la Non-Production ne sont-elles pas Vue ? Parce que la Vue n'est qu'Inflexion (âbhoga, effort), l'exercice préparatoire n'étant pas achevé ; d'autre part, ces deux Connaissances [de l'Épuisement et de la Non-Production >ne sont pas qu'Inflexion ; avec elles, l'exercice est achevé] comme

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lorsqu'un oiseau se pose [après le vol]. Recherche (parimârgana) et ratiocination (santîrana) sont appelées Vue ; or ces deux Connaissances ne comportent ni recherche ni ratiocination, et c'est pourquoi on ne les appelle pas Vue. Il y en a qui disent : "De façon générale, il y a deux espèces de Sapience sans- Ecoulement : (a) contrecarrant les mauvaises Vues ; (p) contrecarrant l' Inscience. La première espèce est appelée Vue. Les Connaissances de l'Épuisement et de la Non-Production ne contrecarrent que l'Inscience, et par conséquent ne sont pas appelées Vues." D'autres disent : "De façon générale, il y a trois espèces de Sapience sans-Écoulement : (a) ne pouvant contrecarrer que les mauvaises Vues ; (p) ne pouvant contrecarrer que l' Inscience ; (y) pouvant contrecarrer les mauvaises Vues et l' Inscience. La première espèce est Vue, non pas Connaissance ; on l'appelle Patience sans-Écoulement de l'Attestation. La 2e espèce est Connaissance, non pas Vue ; ce sont les Connaissances de l'Épuisement et de la Non- Production. La 3e espèce est Connaissance et Vue ; ce sont les autres Sapiences sans-Écoulement . . . Au moment de la première Pratique de l'Inspection de l'exercice préparatoire, la Vue Correcte Vulgaire, tout en ayant la Nature de la Connaissance et de la Vue, constitue le Membre [du Chemin Saint dit] de la Vue Correcte, non pas le Membre de la Connaissance Correcte. Quoique les huit Connaissances du Degré des Catéchumènes [qui suivent cet exercice préparatoire, i.e. Mvy., 1218, 1220, 1222, 1224, 1226, 1228, 1230, 1232] aient la Nature de Connaissance et de Vue, elles constituent le Membre de la Vue Correcte, non pas le Membre de la Connaissance Correcte. Quoique la Vue Correcte du Degré des Hors-Catéchisme ait la Nature de Connaissance et de Vue, elle constitue le Membre de la Vue Correcte, non pas le Membre de la Connaissance Correcte. Si les Connaissances de l'Épuisement et de la Non- Production avaient aussi la Nature de Connaissance et de Vue, elles constitueraient aussi le Membre de la Vue Correcte, non pas le Membre de la Connaissance Correcte. Dans ce cas les Arhat ne devraient accomplir que neuf des Membres [du Degré] des Hors-Catéchisme [à savoir, les huit Membres du Chemin Saint, plus la Libération Correcte]. Or, cette supposition ne s'accorde pas avec les paroles du Bg. : "Les Arhat accomplissent dix Membres [à savoir, les huit du Chemin Saint, plus la Connaissance Correcte et la Libération Correcte] ". Un Vénérable [Dârçtântika] dit : "Les Connaissances de l'Épuisement et de la Non -Production ont certainement la Nature de la Vue, car elles comportent ratiocination

(ketsudoshô fâ Jj£ Q, sk. santîranatva) " . On demande "Les Arhat ne devraient-ils accomplir que neuf Membres dans ce cas ?" Nous répondons : "La Terre des Hors-Catéchisme n'a que deux Membres : (1) Libération Correcte ; (2) Connaissance Correcte. Les huit Membres [du Chemin Saint] sont communs à la Terre des Catéchumènes et à la Terre des Hors- Catéchisme. Quoique les Connaissances de l'Épuisement et de la Non-Production soient aussi Vue, tout de même, ayant accompli la tâche, elles sont différentes du Degré précédent des Catéchumènes, et c'est pourquoi on peut admettre sans difficulté qu'elles constituent un Membre à part. — (c) Quant aux Sapiences à-Écoulement [= intelligence profane] Associées à la Notation du Mental, à l'exception des cinq Vues et de la Vue Correcte Vulgaire, on en distingue deux espèces : (a) Passionnées ; (p) sans- Revêtement Indéfinies, (a) La première espèce est constituée par l'Attraction, la Haine, l'Orgueil, le Doute, et la Sapience [intelligence vulgaire] Associée à lTnscience Singulière (fugumumyô ^ Ht $£ H$ , sk. âvenikî avidyâ : lTnscience indépendante des autres Passions, cf. S. Lav. 276). (p) La 2e espèce est constituée par [la Sapience] des Attitudes nées de la Concoction [des Actes], par [la Sapience] des arts techniques (kugyôsho X *'j J&> s^. silpasthâna), par la Sapience née simultanément avec [c.-à-d. Associée à] l'Esprit des Super-savoirs considérés comme Fruits . . . Parce que la force de ces Sapiences est infime, on ne les appelle pas Vues. De façon générale, on emploie le terme Vue quand la force exercée sur l'Objet est grande et ferme. On demande : "Il est raisonnable d'admettre que la force de la Sapience des Attitudes nées par Concoction [c.-à-d. de l'intelligence qui consiste à bien savoir se conduire et se tenir dans le monde] est faible, mais pourquoi la Sapience Associée à l'Esprit des Super-savoirs [intelligence conditionnant le pouvoir d'accomplir des miracles] et la Sapience des arts techniques [intelligence d'ordre technique, dans les domaines de l'agriculture, du commerce, du calcul, de la divination, etc. : cf. *Myô B^], dont la force est grande et intense, ne sont-elles pas Vue ? " Nous répondons : « Quoique la force de la Sapience des arts techniques soit très grande et intense, comme [on peut le constater par] les produits du Dieu Vis vakarman et la production de la Connaissance du Vœu (K. Lav. vu, 88), elle est Revêtue et endommagée par [divers genres de] mauvaise vie (*jamyô ^ft-pp", sk. âjîvikâ), et c'est pourquoi elle n'est pas appelée Vue. Toute les techniques ont pour Cause le désir de gagner sa vie ; même si, au moment où l'Esprit et les Essences de l'Ordre-de-l'Esprit des arts tech-

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niques se trouvent Droit-en-face, ils ne sont pas Passionnés, cependant on dit qu'ils sont Revêtus et endommagés par la mauvaise vie, parce qu'ils sont produits par la force de la mauvaise vie, c.-à-d. qu'ils sont Revêtus et endommagés par l'Attraction. Même s'ils n'étaient pas Revêtus et endommagés par l'Attraction, on ne les appellerait pas Vues, du fait de leur force flottante et superficielle et de leur Morphème faible et obtus, et parce qu'ils ne peuvent pas entrer profondément dans leurs Objectifs. La Sapience des arts techniques Fonctionne comme le Doute ; elle n'est pas Déterminée à l'égard de son Objectif. Pourquoi ? Parce que même la plus habile personne, exécutant des travaux techniques, doute et hésite, s'il est accusé, ou réprimandé par autrui. Quant à la Sapience des Super-savoirs considérés comme Fruits, elle n'est pas non plus Aiguë à l'égard de son Objectif ; elle ne peut pas entrer profondément dans son Objectif ; elle n'est qu'un Fonctionnement spontané produit par la force de la Concentration intérieure ; elle ne fait pas de recherches ni d'inférences à l'égard de son Objectif ; c'est pourquoi on ne l'appelle pas Vue. La Sapience des Supersavoirs considérés comme Fruits, et les Métamorphoses [les miracles que conditionne cette Sapience], résultent de l'habitude antérieure ; aussi ne sont-elles pas appelées Vues ; c'est comme les arts techniques, eux aussi acquis par l'habitude. La force des quatre Sapiences Indéfinies [associées aux quatre Attitudes] nées de Concoction est faible ; c'est pourquoi, qu'elles soient Bonnes pu Passionnées, elles ne sont pas Vue. — (3) La catégorie de ce qui est Vue et Connaissance comprend les cinq Vues, la Vue Correcte Vulgaire, et les Sapiences sans-Écoulement, c.-à-d. les huit Connaissances des Catéchumènes, et la Vue Correcte des ' Hors-Catéchisme (à l'exception des Patiences sans-Ecoulement et des Connaissances d'Épuisement et de Sans-Production). — (4) Tout ce qui n'est pas compris dans les trois premières catégories constitue la catégorie de ce qui n'est ni Vue ni Connaissance. Toute la Masse du Formel, à l'exception de l'œil, toute la Masse des Opérants à l'exception de la Sapience, les trois autres Masses et les Essences Inopérées, constituent ensemble cette quatrième catégorie . . . —Toutes les Connaissances sont Sapience [c.-à-d. qu'elles sont] capables de discerner et de déterminer (shinketsu $£ï&), car toutes les Connaissances discernent les Essences. Sont Sapiences, non pas Connaissances, les Patiences sans-Écoulement, qui commencent à Inspecter cet Objet que sont les Vérités, mais ne discernent et ne déterminent pas encore. — Ib. xcvn (502) : La Vue Correcte Vulgaire

[du Monde] (sezokushôken \fc f$ jEJJ» s^- samvrtti- [loka-]samyag-drsti) est constituée par la bonne Sapience à- Écoulement, Associée à la Notation du Mental, tandis que la Connaissance Correcte Vulgaire (Samvrtti-[loka-]samyag-jfiâna) est constituée non seulement par cette Sapience mais aussi par la bonne Sapience Associée aux cinq Notations. La bonne Sapience Associée à la Notation de l'oeil est produite par l'Inspection des Maîtres, des Professeurs, du père et de la mère, des B., des B.-pour-soi, des Bs., des . Auditeurs [et par l'Inspection] de la Conduitebrahmique de tous autres compagnons respectables. La bonne Sapience Associée à la Notation de l'oreille est produite par l'audition des Maîtres, des Professeurs, du père et de la mère, [par l'audition] des bonnes paroles d'autres compagnons respectables de Conduitebrahmique, et [par l'audition] de l'enseignement de la Loi des trois Corbeilles [donné] par les Disciples de B. Les bonnes Sapiences Associées aux Notations du nez, de la langue et du corps sont produites par la "nourriture fragmentaire" (danjiki U Jt, cf. *Shiki). Tout le monde n'est pas capable de les produire. En général, ce sont les pratiquants de l'Inspection (kangyôsha ft^T^", yogâcâra) qui Inspectent et examinent la "nourriture fragmentaire" ; quand ils la mangent ils sont capables de produire [ces bonnes Sapiences Associées aux trois Notations] . . . Toutes les Vues Correctes Vulgaires sont aussi Connaissances Correctes Vulgaires, mais il y a des Connaissances C.V. qui ne sont pas Vues C.V. : c.-à-d. que la Vue C.V., dans les bonnes Sapiences Associées aux cinq Notations, discerne et détermine nécessairement à plusieurs reprises les Objectifs. C'est pourquoi la Sapience née simultanément avec les cinq Notations n'est pas appelée Vue. . .Dans les bonnes Sapiences Associées aux cinq Notations, le Substantiel de la Connaissance Correcte est large, celui de la vue Correcte est étroit ... La Connaissance Correcte Vulgaire comprend la Vue Correcte Vulgaire, mais celle-ci ne comprend pas celle-là, comme ce qui est grand comprend ce qui est petit, mais pas inversement.— Classifications. — Vibhâsâ, ib. ex (571-572) [cf. ci-dessus le Samyuktàgama sur les sept Connaissances, subdivision des 77 Connaissances] : Les six Connaissances [=les sept Connaissances à l'exception de la Connaissance de la Résidence des Essences], par lesquelles on connaît que la Naissance produit Vieillesse-Mort, etc. ["etc."=les relations causales entre les autres Données-causales jusques et y compris la relation causale entre Inscience et Opérant], constituent quatre espèces de Connaissance [voir ci-dessous les 10 Connaissances du P.V.l : (1) Connais-

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sance de l'Essence ; (2) Connaissance Secondaire (ruichi ffî^', sk. anvayajfiâna) ; (3) Connaissance Vulgaire ; (4) Connaissance de la Formation. La 7e Connaissance, celle de la Résidence des Essences, constitue la Connaissance Vulgaire du Monde . . . Par la Connaissance de l'Essence, on sait que la Naissance produit Vieillesse-Mort, etc., dans le Plan du Désir. Par la Connaissance Secondaire, on sait que la Naissance produit Vieillesse-Mort, etc., dans les Plans du Formel et du Non-Formel. Par la Connaissance Vulgaire du Monde et par la Connaissance de la Formation ensemble, on sait que la Naissance produit Vieillesse- Mort, etc., dans les trois Plans... Savoir que la Naissance produit Vieillesse-Mort constitue les quatre Connaissances sus-mentionnées ; savoir que seule la Naissance produit Vieillesse-Mort constitue aussi quatre Connaissances. [En multipliant ces huit Connaissances par les trois catégories du temps — cf. ci-dessus Samyuktâgama — , on obtient 24 Connaissances, auxquelles il faut encore ajouter la Connaissance de la Résidence des Essences. De la multiplication de ces 25 Connaissances par les 11 intervalles des 12 Données-causales — cf. ci-dessus Samyuktâgama — résultent 275 Connaissances.] Si l'on distingue les Moments de la Série, il y a des Connaissances Incommensurables et innombrables . . . Parmi les 77 Connaissances, les 11 Connaissances de la Résidence des Essences sont exclusivement à- Ecoulement ; les 66 autres Connaissances sont à-Écoulement et sans- Ecoulement. Il y en a qui disent que toutes les Connaissances appartiennent à cette dernière catégorie. Toutes [ces 77] Connaissances ont comme Objectif ce qui est à-Écoulement. Toutes sont Opérées et ont comme Objectif l'Opéré... — On demande : "Pourquoi la 7e Connaissance est-elle appelée Connaissance de la Résidence des Essences (hôjûchi fë'ÊË^?, sk. dharmasthitijnâna : c'est la Connaissance de la causalité des Essences ; cf. La Vallée Poussin, Madhyamakavrtti, Bibl. B. IV, p. 40, n. 1 ; Stcherbatsky, The Conception of Buddhist Nirvana, p. 123) ? " Nous répondons : "L'Essence, c'est le Fruit. La Résidence, c'est la Cause. Connaître la Cause dans laquelle résident les Essences [considérées comme] Fruits, s'appelle Connaissance de la Résidence des Essences. En d'autres termes, connaître la Cause dans laquelle résident les Fruits inférieurs, moyens et supérieurs des trois Plans, s'appelle Connaissance de la Résidence des Essences. Parce que cette Connaissance ne connaît que les Caractères particuliers de la Cause, non pas les Morphèmes Saints, elle n'est comprise que dans la Connaissance Vulgaire. D'autre part, il y en a qui

disent que cette Connaissance de la Résidence des Essences est également comprise dans les quatre Connaissances [parce qu'elle serait aussi sans-Écoulement]. Mais il faut dire qu'elle est à-Ecoulement, car le plus souvent (tabun %'jf, sk. bhûyastvena) elle ne connaît que les Caractères particuliers de la Cause. Il y en a d'autres qui disent : "Parce que les six premières Connaissances [de la liste des 7 Connaissances] sont des Connaissances qui connaissent la Cause, on les définit par le terme Résidence des Essences. La Connaissance, produite en prenant ces six Connaissances comme Objectif, est appelée Connaissance de la Résidence des Essences. Cette Connaissance connaît le Chemin, non pas la Cause- Format ion ; elle est aussi comprise dans les quatre Connaissances." On demande : "Si tel est le cas, pourquoi dit-on [dans l'Àgama, cf. sup. p. 283 a-b] : Savoir parfaitement que ceci [ce Monde, la Naissance, etc.] est Impermanent, Opéré, fabriqué par la Réflexion, produit par des Facteurs, Essence Êpuisable, Essence périssable. Essence [dont il faut se] Dégager (rihô JQÊ fê), Essence à Barrer ? Comment peut-on appeler "Essence [dont il faut se] Dégager" [même] ce qui est sans-Écoulement?" Nous répondons : "Il faut formuler [cette Connaissance] comme suit : "Savoir parfaitement que ceci est Impermanent, Opéré, etc. jusqu'à "Essence à Barrer". Il ne faut pas dire "Essence dont il faut se Dégager". Mais ceux qui disent "Essence dont il faut se Dégager" désirent démontrer que les Saints se dégoûtent aussi de ce qui est sans-Écoulement, n'y trouvent pas de Joie." [Cette doctrine paraît être celle du G.V., combattue par les rédacteurs . principaux de la Vibhâsâ, et selon laquelle les Saints, pour obtenir le Nirvana, doivent se détacher même de ce qui est pur : Chemin Saint, etc., de même qu'on rejette un radeau lorsqu'on est parvenu à l'autre rive. Pour meppô (sk. nirodha-dharma ?) et rihô (sk. ?), on pourrait traduire plus littéralement : Essences de Barrage, Essences de Dégagement ; ces termes ambigus ont sans doute été interprétés, tantôt au sens d'Essence Barrée, etc., tantôt au sens d'Essence à Barrer, etc. : équivoque dont le G.V. semble s'être prévalu.] D'autres encore disent : "La Connaissance qui connaît antérieurement la Cause constitue la Nature des quatre Connaissances. La Connaissance qui la connaît actuellement est appelée Connaissance de la Résidence des Essences. On dit que cette Connaissance de la Résidence des Essences, qui consiste à connaître ce Monde, connaît aussi l'Essence dégagée." Nous commentons : "La première explication [précitée du terme "Connaissance de la Résidence des Essences"] seule est bonne. Le Bg. a dit : "Susîman, vous devez;

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savoir qu'il y a d'abord la Connaissance de la Résidence des Essences, ensuite la Connaissance du Nirvana" . . . — Il y en a qui disent : "La Connaissance connaissant la Formation est la Connaissance de la Résidence des Essences ; la Connaissance connaissant le Barrage est la Connaissance du Nirvana. " D'autres disent : "La Connaissance connaissant la Formation et la Douleur est la Connaissance de la Résidence des Essences ; la Connaissance connaissant le Barrage et le Chemin est la Connaissance du Nirvana." D'autres encore disent : "La Connaissance connaissant la Douleur, la Formation et le Chemin, est la Connaissance de la Résidence des Essences ; la Connaissance connaissant le Barrage est la Connaissance du Nirvana." On demande : "Si tel est le cas, pourquoi le Bg. a-t-il dit : D'abord il y a la Connaissance de la Résidence des Essences, etc. ?" Nous répondons : "Quoiqu'il y ait une Connaissance de la Résidence des Essences qui existe après la Connaissance du Nirvana (K. Lav. vu, 4, 10, 27-28, vi, 141-142 ; cf. ci-dessous Mahâyânasangrahasâstra) , il y a une Connaissance de la Résidence des Essences qui existe avant la Connaissance du Nirvana." Certains disent : "La Connaissance connaissant le Fonctionnement (pravrtti) est la Connaissance de la Résidence des Essences ; la Connaissance connaissant la rétraction (gemmetsu i|f;$t, sk. nirvrtti) est la Connaissance du Nirvana. La Connaissance connaissant le pratîtyasamutpâda est la Connaissance de la Résidence des Essences ; la Connaissance connaissant le Barrage du pratîtyasamutpâda est la Connaissance du Nirvana. La Connaissance connaissant la Transmigration est la Connaissance de la Résidence des Essences ; la Connaissance connaissant le Bar- Tage de la Transmigration est la Connaissance du Nirvana." Il y a d'autres Maîtres qui disent : "La Connaissance de la Terre d'Approche (gombunji jQf ^ffa, sk. sâmantakabhûmi ; cf. K. Lav. vin, 178) est la Connaissance de la Résidence des Essences ; la Connaissance de la Terre Radicale (konponji ^ ^ ^Jj,. sk. maulabhûmi) est la Connaissance du Nirvana. [Ces Maîtres citent le Sûtra de Susîman, Soshima j$jç P IfÉ, comme source de leur théorie.] — Connaissance et Détermination (ketsujô $£ 4j&, sk. niyama). — Vibhâsâ, ib. cvi (547 b) : On demande : "La Sapience Associée au Doute ne doit pas être appelée Connaissance, parce qu'elle n'est pas Déterminée à l'égard de son Objectif." Nous répondons : "Cette Sapience est aussi Connaissance, parce qu'elle est aussi un Moment Déterminé à l'égard de son Objectif." — Connaissance de l'Épuisement et Connaissance de la Non-Production. — Ib. en (527-528) : La Cause, c'est

la Connaissance de l'Epuisement ; le Fruit, c'est la Connaissance de la Non-Production. Le fait accompli (isa tif£, sk. krta), c'est la Connaissance de l'Epuisement ; l'accroissement de la Cause, c'est la Connaissance de la Non-Production. L'obtention de ce qui n'a pas encore été Obtenu ou l'Obtention de ce qui a déjà été Obtenu, c'est la Connaissance de l'Epuisement ; n'Obtenir que ce qui n'a pas encore été Obtenu, c'est la Connaissance de la Non-Production. Le Chemin de la Libération ou le Chemin du progrès [cf. K. Lav. vi, 278] comprennent cette Connaissance de l'Epuisement ; le Chemin du progrès seul comprend cette Connaissance de la Non- Production. La Connaissance de l'Epuisement établit cinq espèces d'Arhat [cf. K. Lav. vi, 253] ; la Connaissance de la Non-Production établit la seule autre espèce d'Arhat [Arhat Inébranlable]. Ceux qui possèdent des Organes soit aigus soit obtus obtiennent cette Connaissance de l'Epuisement ; seuls ceux qui possèdent des Organes aigus obtiennent la Connaissance de la Non- Production. " On demande quelle Connaissance constitue la Connaissance de l'Épuisement initiale ? Il y en a qui disent : "C'est la Connaissance Secondaire de la Douleur. Pourquoi ? Parce que les Maîtres de Yoga entrent dans le Chemin Saint en Inspectant le Fruit de la Transmigration et achèvent le Chemin Saint en Inspectant la Cause de la Transmigration. On compare le Chemin Saint au poison [d'une flèche] qui entre d'abord dans la blessure, empoisonne ensuite petit à petit le corps entier, et sort enfin, au moment de la mort, de la même blessure où il était entré." Il y en a d'autres qui disent : "C'est la Connaissance Secondaire de la Formation. Pourquoi ? Parce que les Maîtres de Yoga entrent dans le Chemin Saint en Inspectant le Fruit de la Transmigration et achèvent le Chemin Saint en Inspectant sa Cause. . .D'abord on connaît parfaitement le Fruit [de la Transmigration], ensuite sa Cause. L'Elimination du Chemin de la Transmigration, sa discontinuation, s'appelle la fin de la Douleur." Nous expliquons : "La Connaissance de l'Épuisement initiale est Connaissance Secondaire de la Douleur et également Connaissance Secondaire de la Formation. Quand la Connaissance Secondaire de la Douleur est produite, la Connaissance Secondaire de la Formation n'est pas produite, et inversement." Le Sûtra dit : "Les Arhat se connaissent eux-mêmes comme ils sont en Réalité [quand ils disent] : "(1) Nos Naissances sont épuisées ; (2) notre Conduite-brahmique est établie ; (3) notre tâche est accomplie ; (4) nous ne recevrons plus d'existence [K. Lav. vu, 28] . . . " [L'expression] "Nous ne recevrons plus

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d'existence" témoigne [de la possession] de la Connaissance de la Non-Production." On demande : "Tous les Arhat n'obtiennent pas la Connaissance de la Non-Production. Pourquoi tous les Sûtra, qu'on place en premier lieu [c.-à-d. auxquels on attribue plus d'autorité qu'aux autres divisions du canon], déclarent-ils que tous les Arhat ne recevront plus d'existence ultérieure ?" Il y en a qui disent : "Selon les Sûtra, le B. parlait en s'adaptant [aux dispositions de] ceux qui étaient [par hasard ses auditeurs] (zuiushasetsu |§8'-# "<# i%), mais [après son Nirvana] les compilateurs [du Canon, ketsujûsha fâ$k%[] ont placé les Sûtra en premier lieu." Il y en a d'autres qui disent : "Tous les compilateurs de la Loi obtiennent les Vertus éminentes de la Connaissance du Vœu, des Pleins-Savoirs [K. Lav. vu, 89 sq.], etc. Lorsque le Bg. prononçait les Sûtra, il y avait des Arhat qui possédaient la Connaissance de la Non-Production et c'est de ceux-là que le Bg. disait qu'ils ne recevraient plus d'existence ultérieure. Mais il y avait d'autres Arhat qui ne possédaient pas cette Connaissance, et de ceux-là le Bg. ne disait pas qu'ils ne recevraient plus d'existence ultérieure. Plus tard [après la mort de B.] ceux qui récitaient et se rappelaient [la tradition] ne distinguèrent plus [ces deux classes d' Arhat], et récitèrent les Sûtra en premier lieu, avant les autres parties du Canon. [Ces compilateurs n'attribuaient d'autorité qu'à ceux d'entre les Sûtra où il est tenu compte d'une seule catégorie d' Arhat, les Arhat qui ne renaîtront plus.] L'opinion du Vénérable Ghosaka est la suivante ; "C'est parce que tous les Arhat n'auront .plus d'existence ultérieure, qu'on dit qu'ils ne recevront plus d'existence ultérieure. On ne dit pas que la Connaissance de la Non-Production soit le fait de ne plus recevoir d'existence ultérieure. Ainsi il n'y a pas contradiction." Le Vénérable Pârsva dit : "On ne dit pas de ceux qui n'ont pas encore Éliminé et parfaitement connu les Passions, que leurs Naissances sont Épuisées, etc> [voir la citation du Sûtra ci-dessus]. On dit cela exclusivement de ceux qui ont déjà Éliminé et parfaitement connu les Passions." On demande : "A quelle Connaissance faut -il identifier chacune des quatre propositions [mentionnées ci-dessus dans la citation du Sûtra] ?" Il y en a qui disent : "La première proposition ["Nos Naissances sont Épuisées"], c'est la Connaissance de l'Épuisement ; les trois autres propositions constituent la Connaissance de la Non-Production." D'autres disent : "La ire et la 2e proposition constituent la Connaissance de l'Épuisement ; les deux autres constituent la Connaissance de la Non-Production." D'autres

disent : "Les 3 premières propositions constituent la Connaissance de l'Épuisement ; la 4e, c'est la Connaissance de la Non -Production" ... Le Vénérable Pârsva dit : "Ces quatre propositions ne traitent pas des Connaissances de l'Épuisement et de la Non- Production, ni de la Vue Correcte des Hors-Catéchisme ; elles louent seulement de façon générale ces quatre [qualités] des Arhat. La Nature-propre de ces quatre espèces [de qualités] n'est pas différenciée." Il y en a qui disent : "La ire proposition, c'est la Connaissance de l'Épuisement ; la 2e, la Connaissance du Chemin ; la 3e, la Connaissance du Barrage ; la 4e, la Connaissance de la Non-Production." Il y a une autre théorie : "La ire proposition, c'est la Connaissance de la Formation ; la 2e, la Connaissance du Chemin ; la 3e, la Connaissance du Barrage ; la 4e,. la Connaissance de la Douleur." Ou encore [dans le passage suivant les numéros d'ordre envoient aux quatre propositions, les termes techniques désignent les notions identifiées successivement à ces propositions] : "(1) Connaissance parfaite (henchi ifi ft' , sk. parijnâna) de la Formation ; (2) Connaissance parfaite du Chemin ; (3) Connaissance parfaite du Barrage ; (4) Connaissance parfaite de la Douleur. " Ou encore : "(1) Inspection de la Formation ; (2) Inspection du Chemin ; (3) Inspection du Barrage ; (4) Inspection -de la Douleur. " Il y a une autre théorie : [Comme la précédente, mais avec "Attestations" au lieu d"Tnspections"]. Il y a une autre théorie : "(1) Élimination de la Formation ; (2) Chemin de l'Exercice ; (3) Attestation du Barrage ; (4) Connaître la Douleur. " Il y a une autre théorie : "(1) Cause de l'abandon (sha|£, sk. tyâga) ; (2) Obtention du Chemin ; (3) Attestation du Fruit ; (4) connaître les Faits (chiji ^jfl 3|£)." Il y a une autre théorie [identifiant les quatre propositions aux trois Portes de Libération, Mvy. 1542-1544] : "(1) Absence de Vœu quant à la Formation ; (2) Absence de Vœu quant au Chemin ; (3) Absence de Signes du Barrage ; (4) Absence de Vœu et Vide de la Douleur" ... — On donne le nom de Connaissance de l'Épuisement, à la Connaissance qui apparaît la première [avant les autres Connaissances], dans un Corps où les Passions sont Épuisées, et qui est toujours présente (henu iH^, sk. sarvatrabhû). Quoique la Vue Correcte des Hors-Catéchisme soit toujours présente, elle n'apparaît pas la première, avant les autres Connaissances [dans un corps où les Passions sont Épuisées]. La Connaissance de la Non-Production n'est pas toujours présente, parce qu'elle n'est pas accomplie par les Arhat occasionnellement Libérés (jigedatsusha VàffftWt^Ji' sk- samayavimukta ; cf. K. Lav. vi„

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251 sq.). Elle n'apparaît pas non plus la première, avant les autres Connaissances, parce qu'elle se présente nécessairement après la Connaissance de l'Epuisement. — Le chapitre sur la Connaissance de YAbhidharmâmrtarasasâstra Tt. 1553 11 (974) commence par l'énumération des dix Connaissances [cf. Mvy. 1234-1243] : (1) Connaissance des Essences, définie comme suit : la Connaissance sans- Ecoulement, relative à la Douleur, à la Formation, au Barrage, et au Chemin, menant à l'élimination des Opérants du Plan de Désir, et la Connaissance sans- Ecoulement relative à la Terre de la Connaissance des Essences ;

(2) Connaissance Secondaire (michichi ?j<c£fl^?, td. du IIIe s. du sk. anvayajnâna), définie comme suit : Connaissance sans-Ecoulement relative à la Douleur, à la Formation, au Barrage, et au Chemin menant à l'Élimination des Opérants des Plans du Formel et du Sans-Forme, et Connaissance sans-Ecoulement relative à la Terre de la Connaissance Secondaire ;

(3) Connaissance graduelle (tôchi ^^, td. du sk. lokasamvrttijnâna) définie comme suit : toutes les Connaissances (chie ^^) à-Écoulement, bonnes, mauvaises, Indéfinies ; (4) Connaissance connaissant l'Esprit d'autrui (chitajinshinchi £fl fjji \ *£> f$ , sk. paracittajnâna), définie comme suit : en Extase, par la Force de l'Exercice, pouvoir connaître l'Esprit d'autrui et ce qui est de l'Ordre-de-1' Esprit chez autrui ; (5) Connaissance de la Douleur, définie comme suit : Inspection, par la Connaissance sans- Écoulement [des Morphèmes suivants :] (a) Impermanence, (b) Douleur, (c) Vide, (d) Non-Soi [cf. K. Lav. vu, 31 ; Mvy. 1190 sqq.], appartenant aux cinq Masses d'Appropriation ; (6) Connaissance de la Formation, définie comme suit : Inspection par la Connaissance sans-Ecoulement [des Morphèmes] (a) Formation, (b) Cause, (c) prabhava, (d) Facteur des cinq Masses d'Appropriation ; (7) Connaissance du Barrage (jinchi f^i^?, td. habituelle du sk. ksayajiiâna, doit correspondre ici à nirodhajnâna) : Inspection par la Connaissance sans-Ecoulement [des Morphèmes] (a) Barrage, (b) Apaisement, (c) Merveille, (d) Sortie ; (8) Connaissance du Chemin : Inspection par la Connaissance sans-Écoulement [des Morphèmes] (a) Chemin à huit Membres, (b) Conformité, (c) Résidence, (d) Sortie [définitive] ; (9) Connaissance de l'Épuisement (mecchi j)S£^?, td. habituelle du sk. nirodhajnâna, doit correspondre ici à ksayajfiâna), définie comme suit : Inspection par la Connaissance sans-Écoulement de ces quatre Essences : Vue de la Douleur, Elimination de la Formation, Chemin sans Attestation, Chemin sans Exercice ; (10) Connaissance de la Non-Production, définie comme suit :

Inspection par la Connaissance sans-Écoulement de ces quatre Essences : (a) J'ai vu la Douleur, je ne la verrai plus ; (b) j'ai Eliminé la Formation, je ne l'éliminerai plus ; (c) j'ai Attesté le Barrage, je ne l'Attesterai plus; (d) j'ai Exercé (BJ&fé. sk. bhâvita) le Chemin, je ne l'Exercerai plus. — Les Connaissances 1 et 2 [les numéros d'ordre des Connaissances discutées renvoient à la liste donnée ci -dessus] ont 16 Morphèmes [cf. K. Lav. vu, 31 sq.]. La Connaissance 3 dans les Essences [c.-à-d. Degrés] de la Chaleur, de la Tête et de la Patience [cf. K. Lav. vi, 163 sq.], a 16 Morphèmes. La Connaissance 3 dans les Essences suprêmes du Monde a 4 Morphèmes. Les autres [espèces] de la Connaissance 3 n'ont pas de Morphèmes. La Connaissance 4 sans-Écoulement a 4 Morphèmes, comme la Connaissance du Chemin. La Connaissance 4 à-Écoulement n'a pas de Morphèmes. Les Connaissances 5-8 ont chacune 4 Morphèmes. Les Connaissances 9-10 ont chacune 14 Morphèmes, c.-à-d. tous les 16 Morphèmes à l'exception des Morphèmes du Vide et du Non-Soi [cf. K. Lav. vu, 27]. Le vestibule (sk. sâmantaka) de la première Extase (mitôzen tJc JlJ jpp , sk. anâgamya-dhyâna) l'Extase intermédiaire (chûzenji iji ïfâL$&, sk. dhyânântara) [cf. K. Lav. vin, 179-180] ont 9 Connaissances, c.-à-d. toutes les 10 Connaissances à l'exception de la Connaissance 4. Dans les 4 Extases Radicales il y a 10 Connaissances. Les Aplanissements Sans-Forme ont 8 Connaissances, c.-à-d. toutes les Connaissances à l'exception des Connaissances 1 et 4. Le premier [état d'] Esprit sans-Écoulement [cf. K. Lav. vi, 185, Mvy. 1217-1232] constitue une seule Connaissance, la Connaissance 3. Les 2e et 3e [états d'] Esprit sans-Ecoulement constituent 3 Connaissances : 3, 1, 5. Les 4e et 5e [états d'] Esprit sans-Ecoulement constituent 4 Connaissances : 3, 1, 5, 2. Les 6e, 7e et 8e [états d'] Esprit sans-Écoulement constituent 5 Connaissances : 3, 1, 5, 2, 6. Les 9e 10e et 11e [états d'] Esprit sans- Ecoulement constituent 6 Connaissances : 3, 1, 5, 2, 6, 7. Le 12e [état d'] Esprit sans-Écoulement constitue 7 Connaissances : 3, 1, 5, 2, 6, 7, 8. Celui qui est Dégagé des Désirs possède déjà la 4e Connaissance. — Abhidharmahrdayaéâstra Tt. 1552 vi (919 b) : Dans les 17 [états d'] Esprit sans-Écoulement (cf. Bdjt. 290, Kugedatsudô) du Chemin de l'Exercice (i.e. 7 ânantaryamârga-f 8 vimuktimârga de celui qui n'est pas encore Dégagé des 6 Désirs, vîtarâga), à partir du Fruit de l'Entrée-dans-le-Courant, on pratique 7 Connaissances, à savoir les 10 Connaissances [y. sup.] sauf la Connaissance de l'Esprit d'autrui, la Connaissance de l'Epuisement et la Connaissance de la Non-Pro-

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duction, lesquelles n'appartiennent qu'aux Hors- Catéchisme (cf. K. Lav. vi, 198-199). . .Dans le 9e Chemin de Libération (vimuktimârga), on pratique les 10 Connaissances [d'Arhat].

Grand Véhicule. — Saddharmapundarîkasûtra T. 262 1 (7 a) [=éd. Kern, p. 40-42] : Pour l'accomplissement de quelle grande et unique tâche et obligation le Tathâgata apparaît-il dans le Monde ? Le B. apparaît dans le Monde pour faire participer les Êtres à la Connaissance- Vue (chiken %» jj£, sk. jnânadarasna) de Tathâgata, pour leur montrer cette Connaissance- Vue, la leur faire comprendre, pour faire entrer les Êtres dans le Chemin de cette Connaissance-Vue. C'est la seule raison d'être de l'apparition du Tg. dans le Monde... Tous les B. empruntent le même Véhicule unique, le Véhicule de B., pour enseigner la Loi aux Êtres. Ce Véhicule mène les Êtres finalement à l'Omniscience, les fait participer à la Connaissance- Vue du Tg., leur montre cette Connaissance- Vue, etc. — T. 263 1 (68 a) : Le Tg. Connaît (ryô f '. fumbetsu ^f #lj ; chi $fl : sk. jânâti) toutes les Essences, leurs Causes, leurs Facteurs, leur Nature, leur apparence (bô fjjj, sk. yâdrsa), leurs Caractères, leur Racine, leur Nature-propre [=texte sk. p. 30, qui s'accorde mieux avec T. 263 qu'avec T. 262]. — T. 262 1 (5 c) : Seuls les B. peuvent connaître à fond le Caractère Réel des Essences, c.-à-d. tel Caractère, telle Nature, tel Substantiel, telle Force, tel Suropérant [sk. abhisamskâra], telle Cause, tel Facteur, tel Fruit [sk. nisyandaphala], telle Rétribution [Fruit de Concoction], tel Aboutissement [c.-à-d. le Caractère Réel, l'Ainsité] de la Racine [i.e. du Caractère, premier terme de la série] et de la Fin [i.e. de la Rétribution, neuvième, terme]. [Ces dix termes constituent la série dite des "dix tels" , cf. Bdji., p. 1944 s.v. jûnyoze ; cette définition de la Connaissance des B., donnée dans le 2e chapitre du Saddharmapundarîka traitant de l'Habileté dans les Moyens et de la Connaissance des B., forme le point de départ de toute une littérature exégétique de l'école Tendai.] — Avatathsakasûtra, chapitre des 10 Résidences ; T. 279 xvi (84 a) [cf. T. 278 vin (444 C)J : Les B. donnent au Bs. nommé Dharma-' prajna l'apratihatajnâna, l'asangajnâna, la Connaissance sans Élimination, la Conn. sans Doute, la Conn. indivisible (T. 279 muichi $|||^ T. 278 mukechi $|JËS£^ •" sk. asambhinnajnâna), la Conn. non-défaillante (T. 279 mushitsuchi $&3fc^, T. 278 muakuchi %^^ : sk. apramusitajfiâna), la Conn. Incommensurable, la Conn. Sans-supérieure, la Conn. sans Mauvaise- volonté, la Conn. indomptable (sk.

asamhâryajfiâna). — Ib. (85 b-c) : Le Bs. de la 10e Résidence, celle de l'Onction, est pourvu de 10 Connaissances : (1) [savoir] ébranler, (2) illuminer, (3) maintenir, (4) parcourir, (5) purifier d'innombrables Mondes ; (6) initier, (7) Inspecter d'innombrables Etres, (8) Connaître les Organes d'innombrables Êtres, (9) faire entrer d'innombrables Êtres [dans le Chemin], (10) Discipliner d'innombrables Etres... La Connaissance passée, présente et future, le Domaine de l'Esprit et de la Connaissance de ce Bs. sont inconnaissables [pour ceux qui se trouvent dans un État inférieur]. Ce Bs. doit apprendre 10 espèces de Connaissances des B. : (1) Conn. du passé, du présent et de l'avenir ; (2) Conn. des Essences de B. ; (3) dharmadhâtu-anâvarana-jnâna ; (4) Conn. Incommensurable du Plan d'Essence ; (5) sarvalokadhâtu-spharanajnâna [cf. Dasabhûmaka, éd. Rahder, p. 86] ; (6) Conn. de l'illumination de tous les Mondes ; (7) Conn. du maintien de tous les Mondes ; (8) Conn. connaissant tous les Etres ; (9) Conn. connaissant toutes les Essences [T. 278 : sarvâkârajnâna] ; (10) Conn. de la Conn. Incommensurable des B. — Dasabhûmaka T. 287 1 (537 c) [=sk. éd. Rahder, p. 9] : "Exposez la grande et excellente Pratique ; établissez en détail les Terres de Connaissance". . .Cette Pratique comprend les Terres 1-7 ; les Terres 8-10 et la Terre de B. sont appelées "Terres de Connaissance" , où tous les Actes sont Actualisés par .la Connaissance. Aussi les chapitres traitant de ces dernières (8-10) Résidences ou Terres contiennent-ils plusieurs énumérations de Connaissances. De l'équation du Mahâyânasangraha (Tt. 1593 m, 128 c) : Perfection de Sapience= Connaissance sans Imagination-particulière, on peut déduire que les 5 dernières Terres et les 5 dernières Perfections correspondantes consistent en Connaissance sans Imagination-particulière. Cf. Siddhi, Lav. ix, 625, 630. Considérant comme la Connaissance ellemême l'état préparatoire de cette Connaissance, Vasubandhu (Tt. 1595 XII, 238 c) arrive à l'équation : Connaissance sans Imagination-particulière = Étude dirigée vers (sk. adhi-) la Sapience préparatoire (sk. adhiprajfiam siksâ). Dans ce dernier sens du terme, la "Connaissance" n'est pas seulement du ressort des 5 dernières Terres, mais relève aussi des Terres 4 et 5, appartenant à l'adhiprajnam siksâ ; cf. S. Lav. ix, 634 ; Rahder, Carrière du saint bouddhique (Bull. Maison Fr.-Jap., II, 1, 1929), p. 13. En effet, ce n'est qu'à partir de la 4e Terre que le Dasabhûmaka mentionne des Connaissances (dans la 4e et 5e Terre encore à l'état préparatoire) parmi les Mérites des Terres. Candrakîrti, l'auteur du Madhyamakâvatâra, emploie le terme Connaissance dans

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un sens encore plus large en admettant l'équation Connaissance sans-Écoulement = Terres (S. Lav. ix, 619) : "La Connaissance sans-Écoulement des Bs. prend le nom de Terre parce qu'elle est le support des qualités. En raison de la différence dans le nombre des qualités, dans l'acquisition des Forces, dans l'entrée en possession des Perfections, dans le développement de la Concoction, cette Connaissance prend 10 aspects distincts de plus en plus élevés : Terre Joyeuse, etc." — Dasabhûmaka, ib. (537 c) [éd. Rahder, p. 10 ; Glossary of the Dasabhûmikasûtra, p. 112] : On peut remplir [les Terres] par la Connaissance selon sa Disposition. [Le Bs. parcourt complètement les 10 Terres grâce à la Connaissance, qui s'accroît au fur et à mesure que sa Disposition mûrit.] — Ib. (537 a) [texte sk., p. 7] : Toutes les Essences de B. commencent par les Terres [1-7] du fait de l'accomplissement de la Pratique ; les Essences de B. aboutissent aux Terres [8-10] du fait de l'Attestation de la Connaissance de B. (sk. svayambhûjnâna). — Ib. (538 b) [texte sk., p. 12] : Le Bs. [dans la première Terre] s'approche de la Terre de Connaissance.— Ib. (540 c) [texte sk., p. 20] : Le Bs. doit obtenir l'habileté d'entrer dans la Terre de Connaissance du Tathâgata. — T. 279 xxxiv (183 b) [texte sk., p. 21] : Par la splendeur de la Connaissance de ces Terres, le Bs. obtient la splendeur de la Connaissance de Tathâgata. — T. 287 III (547 c) [texte sk., p. 38] : Par 10 espèces d'Essences qui font mûrir la Connaissance, le Bs. dans la 4e Terre grandit dans la famille des Tg. [cf. S. Lav. ix, 605]... : (1) Disposition sans Régression ; (2) Aboutissement de la Foi pure et indestructible à l'égard des trois Joyaux ; (3) Inspection de la Formation et de la désintégration des Opérants ; (4) Inspection de la Non-Production de la Nature des Essences ; (5) Inspection du Fonctionnement (pravrtti) et de la cessation (nivrtti) du Monde ; (6) Inspection de la Naissance et de la Mort du Devenir [causé par] l'Acte ; (7) Inspection de la Transmigration et du Nirvana ; (8) Inspection des Actes, des Terrains et des Etres ; (9) Inspection de l'Extrémité antérieure et de l'Extrémité postérieure ; (10) Inspection du sans-Nature- propre et de l'inépuisable [cf. Glossary , p. 59]. — Ib. iv (550 c) : Le Bs. dans la 5e Terre est appelé celui qui se comporte conformément à la Connaissance [texte sk., p. 44], parce qu'il ne se laisse pas conduire par autrui. — Ib. (551 b) [texte sk. p. 46] : Les Racines-de-Bien des Bs. dans la 5e Terre, étant Actualisées (sk. abhinirhâra) par les Mérites des préparatifs (sk. prayoga) de la Connaissance, ne peuvent pas être atteintes par la Réflexion

et la pensée discursive (sk. cintâvicàrana). — Ib. v (554 b) [texte sk., p. 53] : Le Bs. dans la 6e Terre entre dans la Terre de Connaissance, et abandonne les Terres des Auditeurs et des Buddha-pour-soi. Il se trouve Droit-en-face [de la Connaissance du B.] ; il est Déterminé dans la Connaissance du B. — Ib. (556 c) [texte sk., p. 57] : Cette 7e Terre est l'achèvement de la Pratique préparatoire et l'introduction à la Pratique de Connaissance et de Super-savoir. — Ib. (556 b) : Actualisation (sk. abhinirhâra) de la Connaissance Incommensurable, c'est la 7e Perfection, celle de l'habileté dans les Moyens. Actualisation d'une Connaissance qui s'accroît de plus en plus (gogochi $t%t%H, sk. uttarottarajnâna), c'est la 8e Perfection, celle du Vœu [cf. S. Lav. ix, 624]... Établir toutes les Essences conformément à la Réalité, c'est la 10e Perfection, celle de la Connaissance. — Ib- (555 c) [texte sk., p. 235] : Le Bs. maître de la Connaissance (chiejizai ^ =5 g ^g, sk. jnânavasavartin), sans Attachement, ne produit pas les Connotations de Soi et de Terrains de B. — T. 286 m (519 c- 520 a) [texte sk., p. 232-3] : Ce n'est que par la Force de la Grande Connaissance qu'on peut dépasser la 7e Terre Va-loin . . . [On attribue] au Bs. arrivé à la 8e Terre, celle de la Connaissance, transcendance du Domaine de l'Esprit et Résidence dans les Actes de Connaissance [=les Actes consistant en Connaissance, Actualisant la Connaissance sans Imaginationparticulière : cf. texte sk. p. 66 ; Glossary p. 49 ; S. Lav. ix 616]. Tous les Actes du Bs. dans la 8e Terre sont manifestés par la Connaissance, non plus par les Passions, dont le Travail a complètement cessé (T. 286 ni (522 b) ; texte sk., p. 71). . .A partir de la Production d'Esprit initiale les Bs. surpassent les Auditeurs et les B.-pour-soi par la Force du grand Vœu (sk. par la Disposition), mais ici, dans la 7e Terre, par la Force de la Connaissance. — T. 287 v (556 c) [texte sk., p. 58] : Les Membres de l'Éveil, constituant la préparation (sk. prayoga) à la Connaissance, Actualisés à partir de la première Terre jusqu'à la 7e Terre, se réalisent tous, à partir de la 8e Terre, sans Adaptation (sk. âbhoga). — T. 286 m (521 b) [texte sk., p. 66] : Si les B. ne faisaient pas entrer les Bs. de la 8e Terre dans ces portes d'Actualisation de Connaissance (sk. Omniscience), les Bs. entreraient dans le Parinirvâna et cesseraient de porter avantage aux Êtres. Mais 'es B. donnent à ces Bs. des Causes-Facteurs (sk. Actes) Incommensurables, Actualisant la Connaissance, de sorte que celle-ci (sk. Acte Actualisant la Connaissance), produite en un Moment dans la 8e Terre, soit infiniment supérieure [aux Pratiques cultivées] à partir de la Production d'Esprit initiale jusqu'à

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la 7e Terre.— T. 287 vi (561 a) [texte sk., p. 70] : Le Bs. de la 8e Terre obtient la Maîtrise de la Connaissance [=la 10e Maîtrise] pour manifester les Forces, les Assurances, les Essences Singulières (âvenikabuddhadharma), les Caractères et signes secondaires, l'Éveil complet-manifeste des B. Du fait de l'obtention de ces 10 Maîtrises le Bs. est appelé celui qui Connaît l'Inconcevable (acintyajiiânin) [sk. celui qui Connaît l'Incommensurable], celui dont la Connaissance est grande (vipulajnânin), sans pareille (asamhâryajnânin) . . .Dans tous ses Actes il se laisse conduire par la Connaissance, il suit la Connaissance (sk. jnânânuparivartin), il a comme Régent la Perfection de Sapience. — Ib. (561 b) : La 8e Terre est appelée Terre sans Régression, parce que sa Connaissance n'est pas susceptible de Régression ; . . . elle est appelée Terre de l'Aboutissement, parce que le discernement de sa Connaissance est bien fait. — T. 286 iv (525 c) [texte sk. p. 77] : Par le Plein- Savoir d'Essence, par la Connaissance d'Essence, le Bs. [de la 9e Terre] Connaît la Diversité des Essences. Par l'habileté dans les Moyens, il Connaît la Non-Diversité des Essences. Par le Plein-Savoir de Sens, par la Connaissance Secondaire (sk. anvayajfiâna), le Bs. Connaît conformément à la Réalité la Diversité des Essences. Par le Plein-Savoir d'Explication (sk. niruktipratisamvid), par la Connaissance Vulgaire, il explique la Diversité des Essences. Par le Plein-Savoir d'Éloquence, par la Connaissance conforme à la Réalité, il sait bien expliquer le Sensultime. — Ib. (529 a-b), texte sk. p. 86 : Lors de l'Onction des Bs. [dans la 10e Terre], les B. humectent la tête de ces Bs. avec l'eau de la Connaissance. . . Cela est appelé l'Onction des Bs. par la Grande Connaissance . . . Les Bs. Connaissent conformément à la Réalité les 10 Connaissances Subtiles (sk. sûksmajââna) des B. : (1) Conn. de la Pratique ; (2) de la Naissance et de la Mort ; (3) du Monde (sk. janmajnâna) ; (4) de la sortie de la famille ; (5) de l'Éveil complet-manifeste ; (6) de la Maîtrise de la Force spirituelle (sk. vikurvana) ; (7) [de l'acte] de Tourner la Roue de la Loi ; (8) du pouvoir sur la durée de la vie ; (9) de la manifestation du Nirvana ; (10) du Maintien permanent de la Loi. — Vijhaptimâtratâsiddhi. — Tt. 1585 ix (48 c> : L'Obstacle du Connaissable (sk. jfieyâvarana) n'accompagne certainement pas la Notation de Concoction [la 8e Notation], car elle est faible et n'est pas Associée à l' Inscience et à la Sapience [la Prise des Essences comporte la Sapience, qui détermine les Essences, et l' Inscience, qui trompe à l'endroit des Essences], tandis que la Connaissance du Vide des Essences [savoir que,

dans toutes les choses dénommables, il n'existe pas d'Essence qui ne soit simplement dénomination], naît avec elle [la 8e Notation]. [S. Lav. ix, 570 : "La 7e Notation a la Prise des Essences ; quand naît la Connaissance du Vide des Essences, la 7e Notation ne fonctionne plus. Parallèlement, si la 8e Notation avait la Prise des Essences, la Connaissance du Vide des Essences naissant, la 8e Notation périrait ; puisque la 8e Notation en Travail se produit en compagnie de cette Connaissance, nous savons que la 8e Notation n'est pas accompagnée de la Prise des Essences."] — Ib. (49 a) [S. Lav. ix, 573] : Parmi les excellentes Pratiques [i.e. les Perfections], ce qui est Sapience de sa Nature [ce qui a pour effet l'acquisition des 10 Forces et de l'Omniscience de B.] reçoit le nom de Connaissance ; le reste [ce qui a pour effet l'acquisition des Caractères de B.] reçoit le nom de Félicité (punya). Les six Perfections sont Connaissance et. Félicité, quant à leurs Caractères communs. A en examiner les Caractères propres, les 5 premières sont appelées Mérites de Félicité (fukudoku JJÊÎ^. sk. punyaguna), la 6e Perfection est Connaissance. Ou bien, les 3 premières sont comprises dans la catégorie du Mérite, la dernière seule est Connaissance, la 4e et la 5e Perfection appartiennent aux deux catégories. — Ib. (49 c) [S. Lav. ix, 585] : Quand la Connaissance ne Perçoit rien du tout dans l'Objectif, alors cette Connaissance Réside dans la Simple- Notification par le Dégagement des deux aspects [Preneur et Prenable] de la Prise. Quand la Connaissance Dégagée des Imaginations-particulières du Bs. ne Perçoit rien du tout dans l'Objet de l'Objectif par la Non-Prise des Signes divers du prapanca, alors le Bs. est dit réellement Résider dans la Nature du Vrai Sens-Ultime de la Simple-Notification. Cette Connaissance qui Atteste l'Ainsité est Égale à l'Ainsité, parce que cette Connaissance et l'Ainsité sont Dégagées des Caractères du Preneur et du Prenable . . . [Sur les Parts de cette Connaissance, trois opinions différentes, celles de Sthiramati, de Nanda et de Dharmapâla :] (1) Cette Connaissance ne comporte ni la Part des Signes, ni la Part de la Vue ; (2) elle comporte les deux Parts ; (3) elle comporte la Part de la Vue, non celle des Signes . . . Ib. (50 a) : Le Temps de Naissance de cette Connaissance, immédiatement après l'État de préparation (sk. prayogâvasthâ), est appelé État de pénétration (sk. prativedha), parce que cette Connaissance s'unit intimement à l'Ainsité. Parce qu'elle éclaire pour la première fois l'Idéal, cet État est aussi appelé Chemin de la Vue. . .Le Chemin de la Vue de la Vérité est appelé Connaissance Dégagée des Imaginations-

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particulières. Cette Connaissance Atteste réellement l'Idéal de la Vérité, révélé par les deux Vides. Elle Élimine réellement les Résidus (anusaya) de la catégorie d'imagination-particulière des deux Obstructions. Quoique plusieurs Moments soient requis pour l'Aboutissement [de ce Chemin], cependant, [les Moments] étant du même Caractère, on dit qu'ils sont d'un seul état d'Esprit ... Le Chemin de la Vue des Caractères est de deux sortes. La première, l'Inspection des Vérités non -distinguées (hianrittai W^C JÏCfft. sk« avyavasthitasatya), comporte 3 opérations de l'Esprit : (1) La Connaissance, s'Objectivant en abandonnant à l'intérieur la Dénomination- fictive de l'Etre, expulse les Résidus de l' Imagination-particulière de la catégorie faible ; (2) La Connaissance, s'Objectivant en abandonnant à l'intérieur la Dénomination-fictive des Essences, expulse les Résidus de l' Imagination-particulière de la catégorie moyenne; (3) La Connaissance, s'Objectivant en abandonnant d'une façon générale toutes les Dénominations- fictives de l'Etre et des Essences, expulse tous les Résidus de l' Imagination-particulière. — Ib. (50 b) [S. Lav. ix, 598] : Le Chemin de la Vue de la Vérité est compris dans la Connaissance fondamentale [exempte de Signes] ; le Chemin de la Vue des Caractères est compris dans la Connaissance subséquente [comportant Vue et Signes] (gotokuchi ffefô^fj sk. prsthalabdhajnâna). [Trois opinions sur les Parts de cette Connaissance subséquente : (1) Sthiramati : elle ne comporte ni Vue ni Signes ; (2) elle comporte Vue, non pas Signes ; (3) Dharmapâla et l'auteur de la Siddhi : elle comporte Vue et Signes.] ... On dit que cette Connaissance subséquente Imagine les Caractères communs et propres des Essences, qu'elle Inspecte la Diversité des Natures et des Racines des Êtres pour leur enseigner [la Loi]. On dit que cette Connaissance manifeste des Corps et des Terrains pour enseigner la Bonne Loi aux Etres. — Ib. (50 c) : Sans Perception, Inconcevable, c'est la Connaissance Supramondaine. Par l'abandon de la double Turbulence [= Germes des deux Obstructions], elle Atteste et Obtient la Révolution du Récipient. A partir du moment de la Production du Chemin de la Vue, le Bs. pratique à plusieurs reprises cette Connaissance Dégagée des Imaginations-particulières, afin d'Eliminer les Obstructions qui restent et d'Obtenir la Révolution du Récipient. [Cette Pratique s'appelle le Chemin de l'Exercice.]. . .Cette Connaissance s'appelle Supramondaine, parce qu'elle Elimine le Monde. Les Résidus des deux Prises [d'Individu et d'Essence] sont la Racine du Monde. Seule cette Connaissance peut les Éliminer ; seule elle reçoit l'épithète uttara (shutsu

Ji} "Supra" -mondaine). . .Telle est la Connaissance Dégagée des Imaginations-particulières [pratiquée] dans les 10 Terres. — Ib. (51 a) [S. Lav. ix, 611] : Par l'Élimination de la Turbulence des deux Obstructions, qui se trouvent dans la Notation Radicale, du fait de la Pratique assidue de la Connaissance Dégagée des Imaginations-particulières, on Révolutionne [le Récipient] en abandonnant l'Imaginaire [imposé] sur le Relatif, en acquérant l'Absolu [caché] dans le Relatif, ... en détruisant la Transmigration qui a pour Récipient l'Ainsité, en Attestant le Nirvana qui a pour Récipient l'Ainsité. . .La 5e Terre est appelée Dure-à-gagner, parce qu'il est excessivement difficile d'Associer la Connaissance du Vrai et du Contingent (sk. sarhvrtti), qui sont d'aspect contradictoire. La 6e Terre est appelée Droit-enface, parce que la Connaissance qui Réside dans la causalité dépendante Actualise et fait que soit Droit-en-face la suprême Sapience Dégagée des Imaginations-particulières ... La 8e Terre est appelée Inébranlable, parce que les Signes, Inflexions et Passions ne peuvent plus ébranler la Série sans Inflexion de la Connaissance Dégagée des Imaginations-particulières. . .La 10e Terre est appelée Nuage de la Loi, parce que le nuage de la Grande Connaissance de la Loi, portant l'eau des Mérites, cache les Turbulences, comme si elles étaient le Vide, et remplit le Corps de la Loi. — Ib. (51 b) : Deux espèces de Perfections de la Connaissance : (1) Conn. de la jouissance du Plaisir de la Loi ; (2) savoir mûrir les Etres. — Ib. (52 a) [S. Lav. ix, 630] : Il y en a qui énumèrent six Perfections, tandis qu'en réalité il y en a dix. C'est parce que les 4 dernières sont comprises dans la 6e Perfection. Pour ceux qui énumèrent dix Perfections, seule la 6e comporte la Connaissance Dégagée des Imaginations-particulières [Conn. Fondamentale] ; les 4 dernières comportent toutes la Connaissance subséquente, parce que le Contingent constitue leur Objectif. .. .L'Étude dirigée vers la Sapience [sk. adhiprajnarh siksâ ; Sapience est ici employée dans le sens de Connaissance] est triple : (1) Sapience Dégagée des Imaginations-particulières Préparatoire ; (2) Sap. D.d.I.-p. Fondamentale ; (3) Sap. D.d.I.-p. Subséquente. — Mahâyânasangraha. — Tt. 1594 il (139 a) : Comment peut-on savoir que les Objets se manifestent Droit-en-face d'une façon claire et distincte en dépit de leur Non-Existence ? Selon l'enseignement du Bgi, les Bs. peuvent comprendre que tout n'est que Notification, et que les Objets n'existent pas du tout, par l'accomplissement de quatre Essences : (1) L'accomplissement de la Connaissance des Signes de Notations s'écartant l'une

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de l'autre. Car les Notations des Trépassés, des Animaux et des Dieux sont Diversifiées, lors même qu'ils voient la même chose. [Note de la td. jap., Kokuyakudaizôkyô, p. 54 : La même substance identique, l'eau, est vue par les Trépassés comme feu, par les poissons comme leur habitat, par les hommes comme l'eau, par les Dieux comme Terre ornée de joyaux de vaidûrya.] (2) L'accomplissement de la Connaissance d'une perception Droit-en-face de la Notation dans les cas où l'Objectif n'existe point, comme, par exemple, les Images (yô f£, sk. pratibhâsa, âbhâsa) du rêve, de l'avenir et du passé, sont perçues comme si elles existaient Objectivement. (3) L'accomplissement de la Connaissance de ce qui devrait [s'effectuer] sans Inflexion et sans Idée-à-rebours. [Si les Notations prenaient comme Objectifs des Objets réels, existant indépendamment de la Notification], les Notations [des Profanes ignorants], prenant comme Objectifs des Objets existant [réellement, tels qu'ils sont en Réalité], devraient être sans Idéeà-reboùrs et sans Inflexion (effort), à cause de la Connaissance de la Réalité (chishinjitsu ^^pj^, sk. tattvajnâna ; tib. de kho na ses pa). [Or ceci est absurde ; donc les Objets n'existent pas réellement à part de la Notification. La Connaissance de cette reductio ad absurdum constitue la 3e Connaissance capable de faire comprendre au Bs. la Simple-Notification.] [Version tib., exempl. du Tanjur de Derge appartenant à l'Université de Sendai, fol. 15, verso : hbad pa med par yan phyin ci log med par hgyur ba ses pas ni don yod na don du dmigs pahi rnam par ses pa hbad pa med par de kho na ses pahi phyir phyin ci log med par hgyur pa.] (4) L'accomplissement de la Connaissance merveilleuse qui suit 3 espèces de Connaissance supérieure : (1) Tous les Bs. [de la 8e Terre] qui ont obtenu la Maîtrise de l'Esprit et l'Extase Actualisent les Objets selon la Force de leur Conviction ; (2) Ceux qui ont obtenu l'Apaisement (sk. samatha), l'Exercice et l'Inspection des Essences, Actualisent les Objets après un Moment d'Acte-Mental. [Après un Acte-Mental ayant pour Objet le Caractère Impermanent, ils Actualisent tout de suite les autres 15 Caractères : Douloureux, Vide, etc.] ; (3) Quand ceux qui ont obtenu la Connaissance Dégagée des Imaginations:particulières se trouvent Droit-en-face de cette Connaissance, aucun Objet ne leur apparaît. [Comparez les commentaires : Tt. 1597 iv (340 c), Tt. 1598 iv (402-3) ; et S. Lav. vu, 421-3, Tt. 1585 vu (39 a).] — Mahâyânasangrahabhâsya [dans le passage suivant, CD. = Connaissance Dégagée des Imaginations-particulières, sk. nirvikalpa-jùâna]. — Tt. 1597 vin (363 c) : La CD. est

appelée Super-sapience (zôjôe i$hÉI, s^- adhiprajna). Il y en a trois espèces : (1) La CD. Préparatoire, c.-à-d. la Sapience comportant Délibération et Réflexion ; (2) La CD. Fondamentale, c.-à-d. la Sapience d'Attestation correcte ; (3) La CD. subséquente, c.-à-d. la Sapience applicable [yû Jfl, sk. prayojana, kriyâ ; cf. Tucci, Pre-Dinnâga Buddhist texts on Logic from Chinese sources, Gaekwad's Or. Séries vol. 49, Index no. 267 ; cette Sapience emploie la CD. dans le Monde de la Transmigration]. (1) La Sapience de Recherche-mentale, c'est le premier adhiprajna ; (2) la Sapience d'Attestation interne, c'est le 2e adhiprajna ; (3) la Sapience de Captation et de Maintien, c'est le 3e adhiprajna. — Ib. (364 a) : Si l'absence d'Acte-Mental était la CD., la Torpeur, l'ivresse et la nonchalance constitueraient la CD. [ce qui est absurde ; donc, la CD. n'est pas l'absence d'Acte-Mental. Cf. Siddhi Lav. ix, 634]. Si la Terre Dégagée de Délibération et de Décision était la CD., les Terres au-dessus de la 2e Extase constitueraient la CD. et ceux qui résident dans ces Terres devraient obtenir la CD. dans le Monde. [Ce qui est absurde ; donc, la CD. n'est pas la Terre Dégagée de Délibération et de Décision.] Dans l'Aplanissement de Barrage de Connotation et d'Impression, l'Esprit et ce qui est de l'Ordre-de-1' Esprit ne Fonctionnent pas. Parce que cet Aplanissement ne comporte pas d'Esprit, il ne peut constituer la CD. [qui est de l'Ordrede-1' Esprit, tandis que son Récipient est produit par l'Esprit : ib. (364 b)]. Si la Nature-propre du Formel était la CD., la CD. serait stupide, obtuse et sans Réflexion comme le Formel. [Ce qui est absurde ; donc, la CD. n'est pas comme la Nature du Formel.] Si la CD. Fonctionnait d'une façon Imaginaire et inadéquate au Vrai Sens, elle comporterait Imagination-particulière, car celle-ci dit : "Ceci est le Vrai Sens" [tandis que le Vrai Sens, l'Objectif de la CD., l'Ainsité, le Vide, est ineffable.] Si la Connaissance est Dégagée de ces cinq Caractères, si elle ne Fonctionne pas d'une façon Imaginaire et inadéquate au Vrai Sens, elle est la CD. au Vrai Sens. . .La supposition que la CD. s'appuie sur l'Esprit, parce qu'elle serait capable de Mentation, qu'elle est appelée Esprit, qu'elle Fonctionne en s' appuyant sur l'Esprit, implique contradiction, car elle est Dégagée des Imaginations-particulières. D'autre part, si la CD. ne s'appuyait pas sur l'Esprit, elle ne serait pas Connaissance. Pour éviter ces deux contradictions, on dit cette stance : "Le Récipient des Bs. n'est pas Esprit et tout de même est Esprit, il est la CD. et ne rentre pas dans la catégorie de la Réflexion (lecture corrigée : shigi $L 3H ; le texte porte ^ ^). "

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Le Récipient de la CD. n'est pas appelé Esprit, du fait de l'absence de Réflexion ; il n'est pas Non- Esprit, parce qu'il est Actualisé (sk. abhinirhrta) par l'Esprit. Ce Récipient de la CD., étant produit par l'Esprit, rentre dans la catégorie de l'Esprit, est aussi appelé Esprit, ayant l'Esprit pour Cause. [Hésitation dans la définition de l'Esprit, qu'on identifie tantôt avec la 8e Notation, tantôt avec la 9e Notation.]... — Ib. (365 a), stance : "La sortie (shutsuri & flUÉ, sk. nihsarana, naiskramya), l'Obtention et l'accomplissement de l'Association [avec la CD.] des Bs. dans les dix Terres, c'est la CD." La sortie porte ce nom du fait de l'Aboutissement de l'aspiration (shinshu *£tjt$(, sk. parâyana), c.-à-d. de l'aspiration au Nirvana. La première Obtention de la CD. s'appelle l'Obtention de l'Association. Ensuite, pendant d'innombrables centaines et milliers de Périodes, l'Accomplissement de l'Association a lieu. Ce n'est que la première Terre de la CD. qui porte le nom d' "Obtention" [de l'Association]. Pour les Terres suivantes, pour un grand nombre de moments, on emploie le terme "accomplissement" [de l'Association]. C'est pourquoi les Bs. Attestent le Nirvana et arrivent ainsi à l'Aboutissement après avoir vécu pendant d'innombrables Périodes. — Ib. (305 c) : Cette CD. est sans salissure (zen |fe, klesa) comme l'Espace ; la CD. s'emploie toujours dans le Monde sans être salie par les Essences Mondaines. Parce que les Bs. Inspectent par la Force de cette Connaissance les avantages et les Plaisirs des Êtres, ils pensent aller naître dans ces Mondes. Après avoir pris Naissance, les Bs. ne peuvent pas être salis par toutes les Essences Mondaines, qui sont au nombre de huit : (1) gain ; (2) perte ; (3) louange ; (4) malédiction ; (5) renom ; (6) blâme ; (7) Douleur ; (8) Plaisir. Parce que cette Connaissance [subséquente] est produite par la CD., elle est aussi appelée Dégagée des Imaginations-particulières. /.On compare le Bs. en possession de la CD. Préparatoire à un muet cherchant à recevoir le Sens [à prendre comme Objectif le Vrai Sens, l'Ainsité, l'Objectif de la CD.], le Bs. en possession de la CD. Fondamentale à un muet qui reçoit correctement le Sens, le Bs. en possession de la CD. subséquente au non-muet, ayant reçu le Sens [et l'exprimant en paroles, en sermons]. [Une 2e comparaison substitue "sot", gu J§, sk. bàla, au terme "muet" de la première comparaison. Vasubandhu définit un sot comme une personne dont les expressions ne sont ni claires ni distinctes.] On compare le Bs. en possession de la CD. Préparatoire aux 5 [Organes ou Notations, de l'œil, etc.] qui cherchent à recevoir l'Objet [tel qu'il est en Réalité,

Dégagé des Imaginations-particulières : les 5 Organes cherchent à recevoir des Impressions correctes], le Bs. en possession de la CD. Fondamentale aux 5 [Organes] recevant correctement l'Objet, le Bs. en possession de la CD. subséquente, au Mental [capable d 'Imagination-particulière] éprouvant le Sens [d'une façon claire et distincte]. [En appliquant le terme fumbetsu ^Jj!) au Mental, on l'emploie dans le mauvais sens d 'Imagination-particulière ; en l'appliquant à la CD. subséquente, on l'emploie dans le bon sens de distinction claire et nette, qualité indispensable des sermons des Bs. dans les Terres 7-10.] — Ib. (366 a) : On compare les Bs. en possession de la CD. Préparatoire, à ceux qui ne comprennent pas encore les explications et cherchent à les comprendre ; les Bs. en possession de la CD. Fondamentale, à ceux qui ne reçoivent que la Loi, prenant la Loi, par leur Mental, au pied de la lettre, comprenant, répétant et repassant dans leur mémoire les explications ; les Bs. en possession de la CD. Subséquente, à ceux qui peuvent recevoir la Loi et son [Vrai] Sens. — On compare les Bs. en possession de la CD. Fondamentale, à ceux qui ferment correctement leurs yeux ; les Bs. en possession de la CD. subséquente, à ceux qui ouvrent leurs yeux de nouveau. On compare

la CD. Fondamentale à l'Espace Comme les Images

Formelles manifestées dans le Vide peuvent être Imaginées d'une façon Particulière, ainsi la CD. subséquente est susceptible d'être Imaginée d'une façon Particulière et est capable d'Imaginer [autre chose] d'une façon Particulière. — Ib. (366 b) : Quoique la CD. des B. et des Bs. soit Dégagée des Imaginations-particulières, elle peut accomplir toutes sortes d'Actes. . .Stance : "La Connaissance qui ne s'Objective ni dans l'Imaginaire, ni dans le Relatif, qui est Connaissance et [d'un autre point de vue] Non- Connaissance, qui ne diffère pas de son Objet, est la CD. [Fondamentale]." — Ib. (366 c) : Toutes les Essences sont, en leur Nature Fondamentale, Dégagées de l' Imagination-particulière ; en effet, ce qui peut être Imaginé d'une façon Particulière n'existant pas, la CD. n'existe pas non plus.

J. Rahder.

CHI* #j| (graphie abr. J«m), plus complètement guchi JR $£| ; sk. p. moha ; tib. gti-mug, rmons-pa. — Erreur. — Les termes chi et guchi, qui signifient littéralement "stupide, stupidité", rendent aussi parfois le sk. bâla "Puéril " (sot, imbécile ; cf. *Bara et *Gufu), p. ex., dans les td. du Bâla-pandita-sûtra, "Le sot et le sage ", Madhyamâgama, T. 26 lui et T. 907 ; c'est à bâla que répondent ces termes dans

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de nombreux passages où ils sont appliqués comme simples épithètes à des personnages, etc. (cf. p. ex. les textes recueillis dans Dzsi. n, 331-332). — Pour le sk. moha, on trouve les te. boka tUff Ttt. 2135 (1228 b), jfc-fSj Ttt. 2131 vi (1150 c) ; de là dérive peut-être l'expression jap. baka "sot, imbécile ", écrite généralement J^ $| "cheval:cerf ", graphie qui ferait allusion à une anecdote célèbre du Che ki (Chavannes, Mém. hist. II, 211). On a voulu rattacher ce terme jap. au sk. baka "héron, fripon, coquin", mais cette étymologie est peu vraisemblable.— L'Erreur, c'est l'égarement, l'aveuglement de l'Esprit enténébré qui sommeille dans l'ignorance de la vérité ; notion proche de celles de l' Inscience (sk. avidyâ, cf. *Mumyô $|tyj) et de la non- Connaissance (sk. ajnâna, cf. *Muchi $Hl?), mais plus positive et moins abstraite. Le ch. chi $£ sert du reste parfois à rendre le sk. avidyâ, surtout dans les œuvres des auteurs ch. et jap. — Dans la vieille triade des Racines du Mal (sk. akusala mûla, cf. *Aku fë, p. 21 a, *Bonnô fàfâ, p. 123 a), assimilées aux trois Humeurs ou « Poisons » de la pathologie corporelle (sk. tridosa, cf. *Bonnô, p. 132 a, *Byô #ï, p. 252), l'Erreur (parfois remplacée par l'Inscience) vient en troisième lieu, après la Cupidité (ou Convoitise) et la Haine (ou Malveillance). Mais elle passe en tête de liste dans diverses rubriques numériques de l'Abhidharma, couche littéraire où l'élément intellectuel de la doctrine prend le pas sur les éléments affectifs. L'Erreur est dansl'Abhidharmakosa le Ier, par ordre de production, des dix Résidus de Passion (sk. anusaya, cf. *Bonnô, p. 125 b, où l'on a donné « Inscience » au lieu d' « Erreur », d'après la td. de Hiuan tsang qui porte mumyô $jfe BJj = avidyâ ; mais Paramârtha et la version tib. ont chi Jj£ et rmons-las, qui ramènent à moha), et la ire des six Essences dites des Grandes Terres de Passion (sk. klesamahâbhûmika, cf. *Bonnô, p. 126 a). Dans la Vijnaptimâtratâsiddhi (cf. *Bonnô, p. 132 b), l'Erreur est la ire des quatre Passions Radicales (sk. mûla-klesa) qui sont Associées au Mental Passionné (klistamanas) : Erreur du Soi (âtmamoha), Vue du Soi (âtmadrsti), Orgueil du Soi (âtmamâna), Amour du Soi (âtmasneha) ; et ce traité enseigne que toutes les autres naissent de l'Erreur (S. Lav. 354). La doctrine qui attribue à l'Erreur ou à l'Inscience un rôle primordial dans la genèse du Mal sera étudiée en détail dans l'article consacré à l'Inscience (*Mumyô) ; on la retrouve partout dans les textes variés, p. ex. Antarâbhavasûtra T. 385 11 (1067 c) : "C'est l'Erreur, cette maladie, qui est à la source de tout ce qu'il y a de plus grave dans les trois Destinations mauvaises (durgati). "

Définitions.— Le Kosa Tt. 1558 iv (19 c) [K. Lav. H, 161] définit l'Erreur comme Inscience (avidyâ), non-Connaissance (ajnâna), non-clarté (muken $fc ]gg) ; et Sanghabhadra, qui reprend cette définition dans Tt. 1562 xi (391 c), ajoute que l'Erreur est "ce qui a pour Caractère de faire obstacle à la compréhension correcte et à l'explication de l'Objet Connaissable ". — Le Mahâprajnâpâramitâsâstra Tt. 1509 xcl (723 a) la définit comme "l'Inscience qui lie [les Etres à l'existence] dans les trois Plans".— La Siddhi, Tt. 1585 vi (31 b) (S. Lav. 345), a la définition suivante : "L'Erreur a pour Nature l'égarement et l'obscurité à l'endroit des Idéaux (principes, ri'Sg) et des Faits (1$), et pour activité (sk. karman) d'empêcher la non-Erreur et d'être le fondement (âsraya) de toute Pleine-Passion (sarhklesa, i. e. la Passion, son Acte et son Fruit)." Une définition analogue est donnée de l'Inscience (avidyâ) par Sthiramati dans Tt. 1606 1 (698 a) : "L'Inscience a pour Substantiel la non-Connaissance (ajnâna) dans les trois Plans ; son activité (karman), c'est la Détermination incorrecte (mithyâniyama), le Doute (vieikitsâ), et d'être le fondement de toute Pleine- Passion. " Au contraire la non-Erreur (amoha), selon le même auteur (ib. 697 b-c), "a pour Substantiel la pénétration (nirvedha) résultant de la Connaissance réalisée par l'enseignement rétributionnel, et pour activité d'être le fondement du non-déroulement de la mauvaise Conduite ". — Le Yogâcâryabhûmisâstra, Tt. 1579 lxxxvi (779 b), donne une liste de synonymes de moha : non-Connaissance (ajnâna), non- Vue (adarsana ?), non-illumination (na-abhisamaya), trouble-obscurité, stupidité, Inscience, ténèbres. Ces termes sont expliqués en détail dans un autre passage du même traité, ib. lxxxiv (772 a), où l'Erreur, "productrice d'un fallacieux accroissement des choses irréelles", est distinguée de l'Inscience, définie comme "un manque d'habileté à l'égard des choses connaissables, une incapacité de connaître correctement, et en particulier de bien expliquer le sens et la lettre de l'enseignement". — Ailleurs encore, ib. lx (637 a-b), le Yogâcâryabhûmisâstra traite des rapports entre l'Erreur et l'Inscience, et donne à ce propos une énumération de dix catégories d'Êtres adonnés à l'Erreur, d'où les nuances sémantiques du terme moha ressortent assez clairement : (1) Etres adonnés à l'Erreur par infirmité (cécité, surdité, etc.) ; (2) par démence (les opprimés, les Êtres sujets à des tourments, maladies graves, douleurs aiguës, épilepsie) ; (3) par Distraction (viksepa, manque de concentration mentale) ; (4) par Nature-propre (il s'agit de l'Erreur depuis toujours

SUPPLÉMENT

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