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AMIDA

Fresque du Hôryûji ?ic^=£ (VIIe siècle).

AMIDA

Amitâyus à sa Compassion ; mais ces noms ne désignent que deux aspects d'un même et unique personnage ; en pratique, du reste, le nom Amitâyus (Muryôju) est presque exclusivement employé dans le monde de civilisation chinoise. Cf. T. 366 : "La lumière incommensurable de ce B. éclaire les royaumes des dix directions sans que rien l'arrête ; c'est pourquoi on l'appelle Amida" (Amitâbha) ; et ib. : "La longévité de ce B. et de son peuple est incommensurable, infinie, et s'étend sur des Périodes Incalculables ; c'est pourquoi on l'appelle Amida" (Amitâyus). — Dans l'Es. (cf. infra), un des noms d'Amida (dans le Plan de Diamant) est Avalokitesvara (cf. *Kannon) : cette identification du B. Amida au Bs. Avalokitesvara s'explique par des textes es. comme T. 890 ou Tt. 931 ; dans ce dernier p. ex. on lit que si l'on Inspecte la lettre hrîh (qui est le Germe d'Amida), elle se transforme en une fleur de lotus entr 'ouverte, laquelle se transforme à son tour en Avalokitesvara ; et d'après Bdsg. ix-x, le /"nom fondamental" d'Amida est Avalokitesvararâjatathâgata (c'est le nom qu'il porte p. ex. T. 865 11), Amitâbha et Amitâyus n'étant que des appellations de ses Vertus. — Dans tout l'ensemble du monde bouddhique, les images d 'Avalokitesvara portent sur la tête une petite image d'Amida (cf. inf. Iconographie) : en dehors du monde de civilisation chinoise, l'existence d'Amida et de son culte ne paraît attestée par aucun autre document iconographique, épigraphique ou manuscrit. Dans la biographie de Enichi (Houei-je) t£B , moine qui visita l'Inde au début du vme siècle (702-719), il est rapporté que tous les savants de l'Inde lui parlèrent d'Amida et de son Paradis, et que des révélations sur le même sujet lui furent faites par un Avalokitesvara dont la statue se trouvait au Nord-Est de la capitale du Gandhâra (Ttt. 2061 xxix et 2035 xxvn). — Un autre nom d'Amida dans l'Es, est Amrta, de sorte que les Charmes d'Amrta, comme Tt. 13 16 et 13 17, s'emploient pour Amida ; cf. aussi infra le "grand Charme" d'Amida, dit "Charme des 12 Amrta". — Douze noms d'Amitâbha T. 933 et Ttt. 1978 : Muryôkô $£;§:-)£ (Lumière incommensurable), Muhenkô j&fèJt (L. illimitée), Mugekô $&$& 3fc (L. sans obstacle), Mutaikô $&Ws3t (L. sans relation), Ennôkô Ê$jj£;)fc (L. de flamme royale), Shôjôkô ïfff 3fc (L. pure), Kangikô fc#3t (L. de joie), Chiekô ^jgjfc (L. de Sapience), Fudankô ^Êiffît (L. ininterrompue), Nanjikô HI^Tt (L. difficile à concevoir), Mushôkô $$$§5fc (L. indicible), Chônichigakkô fêïB/3 3fc (L. passant celle du Soleil et de la Lune). — Treize noms d'Amida T. 360 1 : les précédents, plus Muryôju (Amitâyus). — Trente-sept noms, Bdji. 73. — Revue des textes canoniques. — D'après un mot célèbre de Tannen ïiï#S Ttt. 1912, Amida serait, de tous les B., le plus fréquemment mentionné dans l'ensemble des sûtra.

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En dehors des sûtra, des sâstra (Vasubandhu, Tt. 1524) et autres ouvrages qui lui sont spécialement consacrés, on trouve sur lui de nombreux documents épars dans le Canon chinois. Une compilation de ces références a été faite au Japon (Absr.): elle cite plus de 200 ouvrages, dont la plupart relèvent de l'Es. ; les sûtra sont au nombre de 180 environ, dont 70 appartenant au G.V. ex., à commencer par les grands sûtra Avatarhsaka (T. 279 lxxx), Nirvana, Saddharmapundarîka, etc. ; les sâstra atteignent la vingtaine. Dans les textes de Perfection de Sapience, Amida ne semble pas figurer, sa place étant occupée par Aksobhya (cf. *Ashuku) ; son Paradis de l'Ouest (Sukhâvatî) y est toutefois mentionné T. 220 1. — A deux sâstra fameux nous empruntons les citations suivantes : Tt. 1666 (Asvaghosa) : De plus, si des Etres débutant dans l'étude de cette Essence recherchent la Foi correcte, mais qu'étant faibles d'esprit et habitant dans ce monde Saha ils craignent de ne pouvoir rencontrer toujours des B. et les servir personnellement ; s'ils se disent, prenant peur, que l'Esprit de Foi est difficile à atteindre, et se trouvent disposés à la Régression : — qu'on le sache, le Tg. a un Moyen supérieur de capter l'Esprit de Foi : c'est-à-dire que, par le Facteur de penser au B. de tout son esprit, on obtient d'aller naître, selon le Vœu qu'on a formé, dans un Terrain de B. situé "ailleurs", d'y voir sans cesse le B., et de quitter à jamais les Destinations mauvaises. C'est comme il est dit dans le sûtra : Si un homme pense de toutes ses forces au B. Amida du Paradis de l'Ouest, et que par la Déflexion des bonnes Racines de ses pratiques il forme le Vœu de naître dans ce monde-là, il obtiendra d'y aller naître. Il y verra sans cesse le B., et il n'y aura donc jamais pour lui de Régression. Car, s'il Inspecte le Corps d'Essence d'Ainsité de ce B. là-bas, et s'applique sans relâche aux Exercices, il obtiendra finalement de naître dans son Paradis, et de stationner dans la Concentration Correcte. — Tt. 1509 xxxvi (Nâgârjuna) : Le B. Sâkyamuni a d'autre part une Terre pure (shôjôkokudo ?jf£jî[ll±), telle que le royaume du B. Amida ; le B. Amida a aussi un royaume impur, tel que celui du B. Sâkyamuni. Ib. ix : Il y avait un Moine mendiant qui- récitait le sûtra du B. Amida et la Mahâprajnâpâramitâ. Peu avant sa mort, il dit à ses disciples que le B. Amida avec sa grande assemblée était venu ; se redressant aussitôt, il prit refuge en lui, et mourut. Après sa mort, ses disciples recueillirent des fagots et l'incinérèrent. Le lendemain on trouva dans les cendres sa langue qui n'avait pas été consumée ; parce qu'il avait récité le sûtra du B. Amida, il vit ce B. venir à sa mort, et parce qu'il avait récité la Mh. Pp., sa langue n'avait pas été consumée. Ce sont des faits du temps présent. — Pour un autre texte de Nâgârjuna avec cm. de Vasubandhu, cf. infra Vues des Sectes (Jôdo). — Naissances.

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— On divise les sûtra relatifs à Amida en trois catégories, traitant respectivement de ses Naissances, de ses Charmes, et de l'Extase dont il est l'objet. Dans la première de ces catégories se rangent le Sukhâvatîvyûha et ses versions chinoises, T. 360, 361, 362, 363, 364, 310 [5], qui sont (notamment T. 360, auquel on joint ordinairement T. 365 et 366 : ce sont les Jôdo sambukyô fë*±EÏ$IS) les autorités fondamentales de la secte Jôdo, ou secte d'Amida. Il y est conté comment, du temps du B. Lokesvararâja, 53e B. après Dîparhkara, un roi conçut l'Esprit d'Eveil pour avoir écouté les prédications de ce B., abandonna son trône et se fit moine sous le nom de Dharmâkara (T. 362 Dommaka #jf $9, T. 360 Hôzô j£j^, T. 361 Hôbôzô tëWM, T. 310 [5] Hôsho fèfà; T. 363 donne Dharmâkara, Sahô #fë). Sur la prière de ce moine, le B. Lokesvararâja lui exposa le bien et le mal des Dieux et des hommes et les mérites et démérites des différents royaumes dans 210 Millions de Terrains de B., qu'il lui fit voir. Le moine passa cinq Périodes à réfléchir (pour faire un choix, ajoute T. 310 [5]) et à s'approprier les pratiques pures par lesquelles on peut orner un Terrain de B.; puis il se présenta de nouveau devant le même B. et émit 48 Vœux, dont le principal est le 18e, formulé comme suit dans T. 360 : "A supposer que j'obtienne de devenir B., si des Etres des dix directions, croyant en moi et m'aimant de tout leur Esprit, désirent naître en mon royaume dans la mesure de dix pensées, et qu'ils n'y naissent point, je ne recevrai pas l'Eveil-correct-complet ; exception étant faite seulement pour ceux qui se rendent coupables des cinq Péchés de Damnation-immédiate et de la calomnie contre la Loi correcte." Puis il accumula les pratiques jusqu'à ce que ses Vœux fussent réalisés et qu'il devînt le B. parfait Amitâyus en son Paradis occidental, où il règne depuis dix Périodes accomplies. — On trouve dans d'autres textes diverses références à des Naissances d'Amida. Les huit sûtra suivants sont cités dans Ass. III : (1) T. 262 III ( = Lotus 113) Le 9e des 16 princes fils du B. Mahâbhijnâjnânâbhibhû (Daitsûchishô zfcji^lfêp), dont le Ier devint Aksobhya et le 16e Sâkyamuni, est devenu Amitâbha. (2) T. 157 11 ( = Karunâpundarîkasûtra 11) Le roi Mujônen MW& (Sans-Pensée-de-Querelle, sk. Aranemi) qui régnait dans le monde Sandairan J^J^i^t pendant la Période Zenji §jf$ (Bien-maintenue, sk. Dhârana) est devenu Amitâyus. Il avait 1000 fils, dont le Ier est devenu Avalokitesvara, le 2e Mahâsthâmaprâpta, le 9e Aksobhya, etc. (3) T. 275 Du temps du B. Mukuenshôkiô MÊiafSiiï prêcha le Moine mendiant Jômyô ffifô (Vie-pure) ; c'est lui qui est maintenant Amida. (4) T. 425 1 Du temps du Tg. Raionku ^f^lÇL (Rugissement-de-son-de-tonnerre, sk. Meghasvara Mvy. 99), Amida était un prince nommé Jôfukuhôshûon ffîîJtwfflwC^ (Son-des-Rétri-

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butions-de-Mérite-pur). (5) Ib. Du temps du B. Konryûketsukô &flï&3fc (Or-Dragon-Certitude- Lumière), il se nommait le Maître de la Loi Mugenryôhôon ^HRKfifUïi1 (Voix-de- Joyau-infinie). (6) T. 643 IX Le 3e des 4 Moines mendiants qui vénérèrent le B. Kûô ^3i (Sûnyarâja ?) est actuellement Amida. (7) T. 372 11 Du temps du B. Shishi $$"ï" (Simha), Amida était un Bs. nommé Shôi |$£j$ (Majesté éminente). (8) T. 1017 II était un prince nommé Fushigishôkudoku ^^W^Ê^ifâ (Mérite inconcevable et éminent). — Sept sûtra contenant des références à d'autres Naissances sont cités dans Mjes. iv : (1) T. 425 Roi Tokke |§|$f sous Tg. Shôjin fgit -(2) T. 310 [18] Roi Enni fâfâ sous Tg. Jôrie tôftt (3) T. 649 Prince Fukuhôshôjô JgfRîfïféï. (4) T. 170 Prince Tokkô f^^fc fils du roi Gakushimrau lljjyjl*, sous Tg. Gikichi f^. (5) T. 1340 xvn Bs. Myôsô llJ^"|i, qui éleva des stûpa après le Nirvana du Tg. Sanjô Mj t. (6) T. 831 Roi Gattoku j§f# du temps du maître de la Loi *Benshaku fg$ff( (Pratibhânakûta), lui-même futur Aksobhya, qui prêcha des Charmes après le Nirvana du Tg. Kanjizai fDJlf] ^E (Avalokitesvara). (7) T. 154 Isen ]%9c, disciple de Shudatsu fë'i^s, 16e B. passé. — T. 633, cité Aigk. : Roi Eki $J£g sous Tg. Gakkitsu R #.— Dans plusieurs des textes précités, Amida est associé à Aksobhya (cf. *Ashuku). Il est d'autre part mis en rapport avec Maitreya dans T. 327 = T. 310 [25] (Maitreyapariprechâ, cf. BEFEO XXIV, 240 n. 7), où l'on voit Maitreya interroger Sâkyamuni sur les dix pensées assurant l'accès au Paradis d'Amida. — Vues des sectes [Bdji. 59-67]. — Amida étant mentionné dans de nombreux sûtra reconnus comme autorités par les diverses sectes, la plupart de celles-ci ont des doctrines particulières à son sujet. D'une façon générale on distingue en lui deux aspects, celui de B. Idéal (Ributsu ïl^) et celui de personnalité vivante prêchant au Paradis de l'Ouest. — Secte Hossô (cf. Ttt. 1861, art. "Trois Corps", et Ttt. 1757). — Amida et les trois Corps de B. : (1) Corps de Nature-propre (Corps d'Essence). En tant que Corps de Nature-propre, Amida est pur Idéal (yuiri PjÉBi) et ne se différencie pas des autres B. (2) Corps de Fruition pour soi-même et Corps de Fruition pour autrui. C'est sous ce dernier aspect qu' Amida peut être vu par les Bs. ayant atteint l'une des dix Terres. Par ceux de la Ie Terre, il est vu sur une plateforme de lotus de 100 Joyaux ; par ceux de la 2e, sur une plateforme de lotus de 1000 Joyaux ; par ceux de la 10e, comme une Transformation de la Connaissance sans-Ecoulement. (3) Corps de Métamorphose. C'est en ce Corps qu'Amida est vu par les Bs. inférieurs aux Terres, ainsi que par les Auditeurs et les B.-pour-soi. De ce Corps relèvent aussi l'Amida qui a père et mère, comme celui des Naissances, l'Amida de T. 371, qui entre dans le Nirvana et auquel succédera Avalokitesvara, etc. —

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