Bw., IL, 276. — 7. T., 3139. — 8, T
exemple, nous l'avons vu, ses études de droit pour tenter ses chances d'homme de lettres'. Aussi, pouvons-nous être certains d'avance que, promenant partout son éclectisme d’autodidacte, il n’acceptera pas de dogme intégral et ne louera jamais absolument.
Il consacre quelques mots fort élogieux à Amor und Bacchus de Maler Müller et à ses idylles, mais critique ses autres œuvres en long et en large?. Nous nous rappelons son enthousiasme pour la Lenore de Bürger, mais c’est, avec das Lied von der Treue et quelques rares autres pièces, tout ce qui lui paraît devoir durer de ses poésies *. Nous avons constaté également l'influence de Hülty sur son lyrisme de jeunesse, et c'est à Hülty que Gutzkow le compare. Mais Hebbel, bien qu'il n’en rougisse point, repousse la comparaison et s'efforce de démontrer que l'impression de douceur harmonieuse de ses propres poésies résulte du soin excessif qu’il attache à la forme, tandis qu'elle provient, chez l’élégiaque de l’école de Güttingue, du fond même de l'inspiration. Il aimait du reste Hôlty et ne lui reproche que d’être parfois trop abstrait comme son maître Klopstock*. Le biographe rapproche longuement Hebbel de Hôlderlin, mais le journal, outre qu'il restreint les allusions à ÆZyperion et n’en fait aucune aux Gedichte, insiste autant sur les différences que sur les affinités.
Allons-nous pouvoir classer Hebbel parmi les romantiques? Les théoriciens du romantisme attirèrent longuement son attention. Les Schlegel ne le séduisirent pas et ne le firent point se départir de l'estime médiocre en laquelle il tenait les critiques : ses rapports avec Wilhelm ne concernent que sa dramaturgie”; quant à Friedrich, Hebbel commença à le lire probablement à Wesselburen$, mais s’il retint sa curiosité, ce fut surtout en tant qu'interprète réputé et original des classiques *. Contempteur de la vieille religion si chère à Schelling, Hebbel n'est point pour cela prosélyte de la nouvelle, il ignore le mysticisme esthétique de Tieck et de Wackenroder, les subtilités d'introspection de Schleiermacher, lit Steffens parce qu'il « s'efforce continuellement de percer le nuage du sentiment et de prendre pied sur le terrain des idées », mais déclare qu'il n’y réussit pas !‘, enfin n’est même point sensible au charme musical de Novalis et condamne péremptoirement son idéalisme magique !!. Déconcerté par le premier contact avec Byron, Hebbel le juge d’abord très sévèrement, puis, dans la mesure où il étudie aux sources les circonstances de sa vie, il établit un départ plus équitable entre son extraordinaire subjectivité et la grandeur de son œuvre !. Il se défie
1. Bw., I, 211. — 2. T., 1258, 1471, 1475, 2122; pour Genoweva, cf. Tibal Ll4, 432-434, 440, — 3. CF. supra, 53, n. 6; cf. T., 2512, 2518. — 4. Bw.. I, 283. 5. Bw., I, 2843 T., 2552. — 6. Kuh, I, 350-360: T., 2326-2398.
7. Cf. Tibal, 471 et 472. De même l'influence de l'esthétique de'Solger, qui fut considérable, concerne surtout la dramaturgie; cf. Tibal, 323-325,