‹ HebbelChapitre 110 sur 425 · Cf. supra, 81 et · texte numérisé non relu

Cf. supra, 81 et

2. Cf. VII, 16 (L'éditeur critique date cette lettre de 1838, mais sans certitude) : « Jetzt beschäftigt mich die Ausarbeitung eines Werkes über deutsche Lyrik, vornämlich über Uhlands Gedichte. ich weiss nicht, wann ich es werde erscheinen lassen kônnen, da es viel Zeit und Kraft in Anspruch nimmt..… Ich hoffe darin Manches auszusprechen, was eben jeizt, wo Friedrich Rückert die lyrische Poesie wieder in die kaum verklungene Lehrdichterei zurück zu werfen droht, zur rechten Zeit kommt. » Cf. T., 1371, 1550, 1715; cf. Bw., I, 55; Il, 10-11; W., X, 416, Le seul fragment de cet ouvrage, que Hcbbel ne composa jamais, faute d’éditeur, est sa critique du Buck der Lieder (W., X, 415, 419) que nous avons analysée. Les articles du Telegraph, 2, 8, 9, 13, 18, 25 qu’il consacre à des comptes rendus de poésies lyriques nous montrent qu’il eût été sévère. Cf. T., 1865, W., X, 38%. :

3. Bw.:, LE, 179; cf. Bw., I, 69. — 4. Bw., I, 217; T., 671. —5,. Cf. supra, 151,

6. Bw., 1, 247-250; Kuh, I, 247-250. Voici le passage essentiel de cette lettre : « Zu einer Zeit, wo es mir nahe lag, über meine äusseren Verhältnisse und über die anscheinende Unmôglichkeïit, diese jemals zu ändern, viel zu grübeln und mir so durch verzweifelte Betrachtungen das geistige Fortschreiten noch mehr zu erschweren, erhielt ich Ihre Gedichte. So/che Gedichte kannte ich nicht; sie bemächtigten sich meiner ganzen Seele, sie stellten sich aber zugleich als ungeheure Probleme vor meinen Geis{ hin, denn ich habe mir niemals ein unfruchthares Schwelgen in Empfindungen erlaubt, ich habe mir stets über die Vorgänge in meiner Natur ernstlich Rechenschaft abgefodert. Es war ein Glück für mich, dass es unendlich schwer ist, in das Geheimniss Ihrer Compositionen (Cf. Bw., [, 401) einzudringen, dass, im Gegensatz zu vielen Dichtern, fast jedes Ihrer Gedichte seinen besonderen Schlüssel verlangt; ich wurde dadurch zu unausgesetzter Thätigkeit angeregt, ich lernte mich selbt, ich lernte so manchen dunklen Punct in Kunst und Leben kennen. »

7. Cf. Kuh, I, 226. La seconde lettre de Hebbel est perdue. Bw., VIIT, 116; cf, Bw., I, 255, ligne 4.

8. Bamberg, I, 140; Kuh, I, 226 et 227; cf. les remerciements enthousiastes de Hebbel (6 février 1838; Bw.. I, 263 à 265).

9. Cf. Bw., VIII, 117 et II, 4, ligne 9 et suiv. — 10. Bw., IT, 25:

HERBEL, Oo

d'Uhland à Hambourg, le 28 juillet 1842. Toutefois la correspondance ne reprendra que beaucoup plus tard‘. Le séjour de Münich marque l'apogée du culte de Hebbel pour le maître souabe. Tout ce qui émane de cette « âme simple, forte, grande » est chose sacrée pour lui?. Il est unique comme son Frühlingslied?. Aussi est-il incompris. « Les gens, comme dit Tieck, ne s'occupent que du détail et cependant l'ensemble seul a de la valeur. Ah! Uhland, où y a-t-il donc un homme capable de mesurer la profondeur de tes compositions ‘? Ceux qui te louent sont souvent encore plus plats que ceux qui te blâment. » Et voici en quels termes ille défend : « L’objection principale faite au vrai lyrisme est qu'il paraît ne reproduire que des motifs anciens, banaux, depuis longtemps connus. Qui pourrait répliquer à propos au critique qui, ayant à apprécier la merveilleuse chanson d'Uhland : die linden Lüfte sind erwacht, lexpédierait en disant : « que dit-elle donc de plus que ceci : tout se transforme sur terre, le mal en bien, le bien en mal, et qui l’ignorait avant de connaître la chanson ? » Quelle sublime allégresse de l’âme, quel courage pour toute la vie s’éveillent en l'homme à cette révélation lumineuse de l'indestructible harmonie entre les sentiments fondamentaux de son moi et les phénomènes de la nature, personne ne paraît le savoir. Par contre, des idées — ah! des idées sont nouvelles pour une heure et demief. » Nous connaissions déjà ’ la lettre où il déclare à Uhland que c’est lui qui l’a détourné de Schiller et de la stérile réflexion et l'étude des premières poésies nous a permis de suivre pas à pas dans la pratique cette transformation. C’est Uhland qui lui a révélé que le « Gemüt » est l'essence même du lyrisme etlui fait définir la poésie « l'analyse des émotions du cœur». L'humour y est à sa véritable place, n’apparaissant chez lui qu'amené par « l’union indissoluble de la joie et de la douleur ». Il n’est ainsi qu'une extension du lyrisme ?. C’est Uhland, nous l’avons vu, qui lui a appris l'importance de la forme et nous ne nous étonnerons pas de retrouver à ce sujet dans son esthétique les principes d'Uhland : « demandonsnous pour chaque poème si ce qu'il évoque à l’œil intérieur de la poésie est à la fois clair et mystérieux, si pour nous aussi ces conditions existeront, si nous soumettons l’œuvre, en quelque sorte les yeux fermés, à l'intuition de l’âme!°». La poésie ne doit pas anéantir la vie, mais seulement la purifier, l'embellir!t, L'idée s’anime de la vie de la nature et échappe ainsi au dessèchement de l'abstraction"?. La comparaison entre la philosophie et la poésie que Hebbel se

1. Kubh, I, 295 et 400; cf. T., 2575. La lettre suivante de Hebbel à Uhland date du 21 septembre 1857. — 2. T., 1324; Bw., I, 279. — 3. T., 1529. — 4. Cf. supra, 193, ». 6. — 5. PB. L'S03 MOTS

6, T., 1083; cf. 1246: Bw., 1, 226; cf. supra, 183 et n. 5 et Scheunert, Pantrag., 225 et 234. — 7. Cf. supra, 151; Bw., I, 48. — 8, T,,985; cf. supra, 108.

9. T., 1547, 984 : der Humor ist eine erweiterte Lyrik; cf. supra, 171 et n. 8, et Scheunert, Pantrag., 236 : der lyrische Humor.

10. Holland, zu Uhlands Gedächtnis, 1886, p. 45. — 11. Uhlands Werke herausgegeben von Fränkel, 1853, Bd 11, 390, — 12. Holland, 41-42; cf. Scheunert Pantrag., 233, Ausscheidung des Abstrakten. :

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- plaît à faire’, il aurait pu la trouver à chaque instant sous la plume de son maître : la poésie, la forme confèrent seules la vie ?. Et nous allons avoir l’occasion de signaler à propos des idées de Hebbel sur lé style lyrique les mêmes rapprochements.

En attendant, et pour conclure sur l'influence générale qu'exerça l'esthétique d'Uhland sur celle de Hebbel, nous ne saurions citer de texte plus important que l’apologie suivante où Hebbel étudie chez Uhland les rapports du poète lyrique et du poète dramatique « Certes, dans les chansons comme dans les ballades, s’avance déjà doucement, telle une somnambule, l'inspiration dramatique qui devait plus tard produire le Herzog-Ernst et Ludwig der Bayer et c’est elle qui leur donne la netteté de forme et la profondeur qui font si outrageusement défaut aux bonnes gens qui, de temps à autre, mettent en vers innocents une légende ou une petite émotion. Mais cet élément dramatique, bien que cette affirmation puisse paraître paradoxale, est aussi essentiel en poésie que l’élément lyrique; et sans lui, elle n’est plus qu'une vaine poussière, tout comme sans l’élément lyrique : de celui-là, elle a le corps, de celui-ci, l'âme et les deux se conditionnent l’un l’autre. L'état d'âme passif est-il autre chose que de l’action tournée vers le dedans °? » N'y a-t-il pas là une sorte d'autocaractéristique, voilée, mais prophétique, de sés propres poésies lyriques ? C’est ce que nous

examinerons en les étudiant.

La Souabe, si elle ne le rallia pas, donna done à Hebbel un maître vénéré. Il n’en fut pas de même de l'Autriche. Nous venons de le voir apprécier Auersperg sous le même angle que les poétereaux du « Musenalmanach * ». Lenau lui-même, dont les Gedichte avaient paru à Stuttgart en 1832, ne trouve point grâce devant lui : « Lenau, dira le journal d'avril 1839, est à présent son propre écho. Il y en a tant dans le même cas! »

Egalement ennemi de la froide déclamation et de la sentimentalité maladive, ne pouvons-nous point présumer déjà que Hebbel continuera à se plaire dans la société des humoristes? À Munich, en effet, il cherche plus que jamais à se rendre compte de la nature de l’humour et du comique, comme en témoigne toute une série de passages du journal et de la correspondance‘. Il donne à la

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