Cf. supra, 176. É
2. Uhlands Tagebuch hrg. von Hartmann, 1893, p. 87; Holland, 31. Karl Mayer, Ludwig Uhland, 1867, I, 129. Gotthold Schmidt, Uhlands Poetik, 15 étM6 ct aTibal, op.rcct., 1818/et 319 —"3:°W., X,=87T.
k. Cf. supra, 189. — 5. T., 1534. — 6. Cf. supra, 171, n. 8 et 194, n. 9, compléter par T., 329, 639, 728, 1141. Bw., 1, 55, 116, 167, 190, 191.
même époque, à propos de Wilhelm Waiblinger, la définition d'une conception spéciale de l'humour et.de son rôle, qui paraît bien être la sienne propre, et d’après laquelle l'humour serait l'arme de l'âme noble et fière, du talent et du génie, dans cette terrible lutte pour la vie qui étouffe et paralyse presque toujours les individus d'élite et ne les laisse parvenir à l'air libre qu'épuisés et sans forces!. A Heidelberg déjà, il avait été frappé de l'influence d’un Sterne et surtout d’un Goldsmith sur Gœæthe, qui l'avait lui-même à plusieurs reprises expressément avouée?. [l reprend maintenant Cervantes dont jadis, au chevet de son père mourant, il lisait le Don Quichotte sans en comprendre l'ironie et reste fidèle à son bien-aimé Hoffmann *. Il est frappé du réalisme de son disciple Contessa dans ses nouvelles * et cite, dans son journal, Hippelf et Lichtenberg? qu'il déclare « un pédant dès qu'il se mêle de poésie », mais, cette réserve faite, « excellent sous tous les rapports », surtout dans l’art de se gorger de venin; Hebbel ajoute à ce sujet qu'il croit pouvoir lui rendre des points, se sentant capable de s'en gorger aussi bien que lui et en outre, s’il lui en prenait fantaisie, de se servir du fiel avec assez de cynisme pour se rendre insupportable.
Heureusement ne s'était point tarie pour lui une autre source, de saveur moins amère. À Munich, Jean Paul est un de ses auteurs favoris. Hebbel ne l'avait point perdu de vue à Hambourg et à Heïdelberg *, mais il ne pouvait se défendre, alors, de le trouver filandreux, brumeux, comparable au nuage !. Bürne, nous l'avons vu, l'avait rapproché de lui, et Hebbel déclare à Munich qu'il ne saurait y avoir de meilleure lecture que ces deux auteurs!!, Il défend de son favori Richter jusqu'à son manque de forme, qu'il arrive presque à trouver admirable comme un envahissement de l'océan ??. Il revient, à plusieurs reprises, sur ce caractère d’indéfini, d’inachevé, d’immense, d'œuvres comme les Flegeljahre et Siebenkäs ®. Hebbel a lu la Vorschule der Aesthetik, mais pour lui Jean Paul est avant tout le poète qui, le cœur plein des visions paradisiaques d'une enfance bienheureuse, vit de ses rêves et sait faire rêver ‘‘. Il lui plaît aussi par son individualisme de bon aloi qui rend respectables chez lui, parce qu'elles sont bien voulues, originales et conscientes, des paroles et des actions qui seraient intolérables chez d’autres #. Bref, il avoue ne lire presque que du Jean Paul, pour sa plus grande édification et pour son plus grand profit intérieur; il s’étonnerait que « cet esprit merveilleux » ait pu lui rester si longtemps étranger, mais il sait que, pour comprendre l'humour et en jouir, il faut posséder la plus haute liberté de pensée et qu'elle n’est acquise
1. Wilhelm Waiblingers sgesammelte Schriften (Telegraphenaufsätze 1839.) W., X, 407 et suiv.; cf. T., 1189 et W., VI. 289. ; $
DAT.,02060.——23% Bwr:, LE 325: 00 NS NVTIIL 290 et 892 NC: supra, 190 n. 1: T., 412, 415, 640, 1806, 2425-2498, — 5. Bw., I, 173; W., VIIL, 390: cf, Werner, 60. — 6. T., 1026, 1027. — 7. T., 655, 656, 657, 663, 672. —8. T. 656. 672.
9, T., 130-133, 173, 281, 235. Pour l'influence de Jean Paul sur Hebbelhon velliste, cf. Tibal, 213-229 ; sur le Diamant, ibid., 485, 486.
10. T., 173. — 11. Bw., I, 133 et 137: — 12. T., 428. — 13, T., 498, 1114: Bw. I, 124, 131, 144, 151, 152, — T4, T., 1188, 1330, 1376. — 15, T., 1394. ; 5
qu'avec la maturité : maintenant il comprend Jean Paul et le lit d'une façon tout à fait personnelle, avec admiration, avec amour. Ailleurs il se déclare tenté de le nommer un saint. Il ne le compare qu'aux plus grands esprits, l'appelle un « Sterne élargi », le rapproche de Gæœthe !. :
Cependant il ne le met point, même alors, tout à fait sur le même plan que Gœthe. À Jean Paul comme à Schiller il manque, aux yeux de Hebbel, encore bien des attributs « pour satisfaire les suprêmes exigences de la poésie ? ». Le désordre, l'excès de subjectivisme, en un mot les défauts de Schiller et des romantiques, voilà ce qui de plus en plus va détourner Hebbel de sa nouvelle idole*, L'influence de l'esthétique de Jean. Paul sur la sienne‘ s'arrête à l’infranchissable frontière classique. S'il est exact que sa théorie du comique soit voisine de la conception de l'humour dans la Vorschule*, il ne l’est pas moins qu'il opposa à sa définition du romantisme : « la beauté sans limites, ou le bel infini f » la mêmé défiance qu'aux formules de F. Schlegel sur « la poésie universelle T », et si, à tel endroit de son œuvre, Jean Paul définit la poésie lyrique comme Hebbel*, la différence entre eux sur le même sujet se révèle lorsque la Vorschule range la poésie didactique dans le lyrisme *. Nous verrons Hebbel se rallier sur.ce point à la conception gœthéenne, qui est inverse.
Les classiques demeurent ses maîtres de prédilection. Jean Paul l’amena à lire Hamann, le « Mage du Nord », et on trouve dans le journal de la période qui nous occupe, d'assez nombreux extraits de ses œuvres et de sa correspondance avec Herder {?. Nous savons que Hebbel a lu Klopstock à Wesselburen, et s’il déclare que le Messias n’est qu'une imposante cathédrale gothique à admirer du dehors, il étudie et cite les Oden et nous avons vu quel profit il en a tiré. Nous avons eu l’occasion, également à propos des poésies de Wesselburen, de noter ? à maintes reprises l'influence de Lessing et en particulier des Æpigrammes et d'Emilia Galotti; dans son journal, il consacre à cette dernière pièce une critique assez ‘détaillée ; ce qui le détournera de Lessing, c’est, dans la pensée de
4. Bw., I, 184, 141, 144, 151, 167 — 2. Bw., I, 275. — 3. Cf. Bw., I, 325, 382, 398, 409; T., 674, 1019. — 4, Cf. Tibal, 311-313. — 5. Zbid., 472, n. 1.
6. Jean Paul, sämtliche Werke, Berlin, 1861, XVIII, 74-94. — 7. Jr. Schlegels Jugendschriften, hrg. von Minor : Athenäumsfragmente, n° 174, 434, h4k, 451.
8. Werke, XVI, 270; le lyrisme y est défini : « le sentiment qui se concentre dans le présent ». |
9, Vorschule der Aesthetik, 75. Of. T., 2686 : « Jean Paul in seiner Aesthetik hat über die lyrische Poesie nur einen leeren Raum, und seine eigene Versicherung, dass es kein leerer Raum sey ». Cf. plus tard encore W., XIT, 70. Pour l’influence de Jean Paul sur la poésie épigrammatique de Hebbel cf. Patzak, 8.
10. T., 231, 679. Cf. 804, 944, 2252, 2597, 2606 et supra, 75, n. 6. — 11. T., 556, 562, 564, 649, 2552. — 12. Cf. supra, 48, n. 6. — 13. T., 1496; cf. Gœthe à Zelter, 27 mars 1830 et T., 2413.
ce dernier, la rigueur même de la logique‘. Il y a antinomie entre la méthode déductive du critique et la technique du poète dont le souci constant doit être, aux yeux de Hebbel, de laisser son œuvre croître en quelque sorte organiquement?. [l n’en estime pas moins Lessing, recopie dans son journal le passage connu où il définit son programme # et nous avons déjà indiqué qu'il ne pouvait que rendre hommage à son humanisme *. Mais ce qu'il admire surtout chez lui, c’est la forme, qu’il oppose à la manière prétentieuse et tourmentée des modernes, son style sobre, limpide et précis. Il s’accuse luimême d'écrire péniblement, en une langue dénuée de grâce et d'harmonie entre la pensée et le mot. « Combien Lessing est admirable sous ce rapport! Je lisais hier encore son chef-d'œuvre, le Laocoon. Chacune de ses phrases semble être parlée, tant la trame en est légère et l’on découvre pourtant, à regarder de plus près, une perfection achevée de l'expression qui ne laisse rien à désirer Ÿ, » - \
Hebbel a lu d'Alexander von Humboldt les Ansichten der Natur° et de Wilhelm la correspondance avec Schiller 7. Mais pour préciser ses rapports de cette époque avec les classiques, il importe avant tout de poursuivre dans ses théories cette évolution de Schiller à Gœthe que nous avons vu déjà s’accomplir en partie dans ses poésies lyriques.
= Hebbel se déclare à Munich l'adversaire de l’esthétique artificielle et toute subjective de Schiller et reproche à ses héros de détailler de lidéalisme à l’eau de rose. Il fait successivement la critique de la Jungfrau von Orléans, qu'il appelle un « paon », de Tell et de Wallenstein*. Puis se remémorant l'estime que Gœthe professait pour son grand ami, Hebbel finit par reconnaître à ses pièces dramatiques une cerlaine valeur de facture, mais c'est pour, ensuite, rejeter absolument ses poésies lyriques : « elles sont vraiment, ditil, les froides productions de la raison, et non point les effusions caractéristiques d’une sensibilité émue !! ». La notion du « sentimental » se réduit, d’après Hebbel, à celle « de raisonnement », fait prendre au poète un point de vue trop étroit et ne permet à l'esprit et au cœur d'autre activité que celle d'affirmer ou de nier purement et simplement. Il préfère donc ce que Schiller lui-même avait défini sous la rubrique de « poésie naïve » et déclare que toute inspiration objective et qui part de la réalité ouvre des perspectives infinies !?.
LRU 2 060987981028; cf supra; 100 28 A1 077 UD 561, 954; cf, supra, 178. —5. Bw., L, 369 et 370; T., 2413; cf. Fries, 16, 17, 24, 25. — 6. T., 255, 256, 265, 402,,403. — 7. T., 412; cf. p. 305, note. — 8, Bw., Ï, 140. — 9, Bw., I, 145, 170; T., 869, 1099. — 10. T., 426, 939.
11. Bw., L 215, 216; cf. Gespräche mil Eckermann du 14 novembre 1823. W., X, 377-380; 385-387; cf. supra, 168, et Scheunert, Pantrag., 224 : Reflexions- und Gefühlslyrik — Schiller und Gœthe. :
C’est bien là, en deux mots, lui préférer Gœthe. Il reproche à Schiller de ne point voir le détail, à force de généraliser, « de n'avoir de sentiment que pour des idées ». Mais, ajoute-t-il, ses poèmes qui sont comme des monstres étranges contiennent assez d'alcool pour se consérver longtemps !. En 1838, Hebbel veut se contraindre à l'impartialité et fait effort pour ne point être injuste envers Schiller?. Il découvre alors qu'il est beaucoup plus lyrique dans ses drames que dans son lyrisme proprement dit*. Non point qu'il y soit davantage objectif. Et c'est avec une joie naïve que Hebbel constate que Schiller était incapable de lire dans le texte aussi bien les Grecs que les Latinsf. Il reste, toujours et dans toutes ses œuvres, subjectif malgré lui, quelque effort qu’il fasse. Du moins est-il une intéressante personnalité, douée d’un talent considérable °,
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Gæœthe au contraire est, comme Shakespeare, auquel Hebbel le compare volontiers, un génie prédestiné et comme une force naturelle . Nous avons suivi son influence jusqu’à Heidelberg, où notre poète lisait presque exclusivement ses œuvres et convertissait à son culte son ami Rousseau . À Munich, il compare son hypocondrie à celle de Faust et s'efforce de lire Wilhelm Meister dans son cadre *. Il écrit, le 13 septembre 1837, que l’Allemagne doit à Gœthe seul toute sa richesse d'idées et il ajoute : « pour ma part, du moins, avant d'oser renverser un seul de ses jugements, j'ai soin de sonder les fondements mêmes de ma propre existence intellectuelle : ».
Nous avons vu, cependant, que dès Heidelberg il formulait des réserves !!. Avant son séjour dans cette ville il ne connaissait guère que Werther et la première partie du Faust. À Hambourg encore il n'avait pas lu la seconde partie !?. Ce qu'il lut à Heidelberg des autres œuvres de Gœthe et surtout de celles de sa vieillesse n'échappa pas systématiquement à ses critiques. Nous savons déjà en quels termes sévères il condamnait par exemple l’allégorie ®. Mais à Munich il déclare qu'il pourrait écrire une brochure sur les
1UT0995, 918 2 TS AT T3; Ti, 1383 — "4, T.,1412: —"'H{VT., 1467, 1703. — 6. T., 1537.
7. Bw., I, 149, 210; II, 29; T., 1115; on sait que Gœthe lui-même aimait à prendre Shakespeare pour modèle, cf. Wilhelm Meisters Lehrjahre, livre 1, . chap. vrir et xx. Shakespeare und kein Ende (Gœthes Werke, Weimar, 1902. Ba XLI, Abt. I, p. 53-57), et les vers fameux :
Lida ! Glück der nächsten Nähe, William, Stern, der hôchsten Hôhe, Euch verdank ich, was ich bin. .
(Zwischen beilen Welten.) Vermischte Gedichte.
19 Bw,, 00 T9LNT:; 1185. — 10. Bw.,},