‹ HebbelChapitre 119 sur 425 · T., 1594 (14 février · texte numérisé non relu

T., 1594 (14 février

4. Sur le Telegraph et le Jahrbuch, voir Tibal, 343-352. L'année 1839 du Jahrbuch à laquelle Hebbel devait collaborer ne parut pas. Il collabora quelque temps au Telesraph,mais le désaccord entre lui et Gutzkow amena en juin 1840 la rupture des relations et Hebbel se fait régler ses honoraires, cf. Bw., I, 37-38 et supra, 184 et 155,

5. T., 1529 et 1539 (3 et 8 avril 1839). — 6. T., 1579 (6 mai).

7. T., 1572, 195%, 2436. Bw., IL, 2 et suiv. La Cornelie était une sorte d'almanach de poche à l'usage des femmes allemandes et paraissait à Heidelberg chez Joseph Engelmann; Amalie Schoppe y était d'abord collaboratrice, elle en prit la rédaction à la mort d’Alois Schreiber, premier éditeur. Hebbel, lors de son séjour à Heidelberg, manifeste l'intention (Bvw., [, 50; lettre du 3 avril 1836) de confier à Engelmann l'impression d’un petit volume de nouvelles. De ses poésies, malgré son annonce du journal (T., 1955), on n’en trouve aucune dans les exemplaires de la Cornelie (Bibliothèque royale de Dresde) pas plus pour l'année 1840 que dans aucun des exemplaires de la période de 1832 à 1842. Pour le Morgenblatt, cf. supra, 220, n. 5; cf. T., 92 (11 août 1835) la lettre à

autres projets le sollicitent. Il écrit le 11 avril : « Le docteur Wihl m'a instamment prié d'écrire une histoire et une critique du lyrisme allemand; cette invitation se rencontre avec une idée que J'avais à Munich ‘et j'y répondrai. J'ai sur ce sujet plus à dire que qui que ce soit. Gutzkow veut pour le Telegraph un article sur Munich, pour son Jahrbuch, mes critiques sur Heinrich Laube. Campe désire un roman historique avec le pays dithmarse pour cadre. Voilà suffisamment de travail, je n'ai plus le droit de me plaindre, la porte m'est ouverte ?. » ;

Une grave maladie vient interrompre cette période de confiante activité et mettre Hebbel en danger de mort. Il dicte une sorte de testament à l'adresse d'Uhland*. C'est au même moment qu'il reçoit la lettre élogieuse de Tieck, dont il se montre si flatté *. Mais la dépression physique entraîne un abattement moral absolu. Il croit la veine lyrique à jamais tarie en lui, s’estime fini, a l'obsession du suicideÿ. La crise passée, il relit ses poésies de Wesselburen, qu'il retrouve dans ses papiers, à l'exception de plusieurs des meilleures, détruites par lui. « C’est, s’écrie-t-il, la plus effroyable façon de se retourner vers le passé, le regard plonge dans un milieu de plus en plus borné et le poupard avec son biberon ferme Îa perspective. Je frémis à lire mes vers, qui virent pourtant une époque où non seulement je les faisais, mais où ils pouvaient me plaire. Si on me présentait aujourd'hui des productions de ce genre, je conclurais à une incapacité totale de l’auteur; j'aurais tort, car je suis pourtant arrivé à quelque chose‘. »

En 1839, Hebbel a opposé à toutes les avances de Gutzkow une réserve, à part de rares éclaircies, presque toujours méfiante’. Les années suivantes vont amener la rupture inévitable. Le 17 février 1840, Hebbel dédie sa Judith à Uhland et est très mortiñé, deux mois après, de ne pas avoir reçu un mot de réponse®. Le drame passe au premier plan de ses préoccupations: après les représentations de juillet et de décembre, les critiques de Gutzkow commencent, modérées et vraiment impartiales, .mais déjà suspectes à l’ombrageuse susceptibilité de l’auteur. En 1841, Hebbel a terminé Genoveva et Campe accepte d'éditer Judith. Nous ne savons rien des pourparlers qui eurent lieu cette année-là et apprenons seulement que, le 22 septembre, le manuscrit des Gedickhte est achevé

Franz du 23 novembre 1835 (Bornstein, II, 178) et Bornstein, IF, 341 : « irgendwie dürfte die wichtige Verbindung mit dem Cottaischen Morgenblatt auf Amalie Schoppe zurückzuführen sein; sie war damals Hamburger Berichterstatterin des Morgenblattes ».

1. Of: supra, 193, n. 2: — 2. T., 1550, 3, T:, 1620; Bw., II, 3-4; cf. supra, 159 et n. 7. — 4. Bamberg, 1, 143-144; cf. supra, 190.

5. T., 1631 (27 août 1839). « Vorbei! heïsst es in laust. Das Leben bringt mir nichts mehr; seit Eingang des Ablehnungsbriefes von Cotta nicht einmal Gedichte. Fahre wohl, Poesie! ». Cf, T.1649 (13 septembre) et T., 1700 (15 octobre): Campe lui refuse une avance d'argent, Elise le tire d’affaire.

6. T., 1803 (25 novembre). — 7. Cf. T., 1556, 1560, 1575, 1579, 1652, 1656, 1673, 1768, 1771, 1808, 1816, 1818, 1865; Bw., IT, 13.

8: Bwe, 1,26: TM, 1992 9 Cr wWerke (ed Houben) XIE SCL AE, 2037, 2049, 2196, 2361, voir le jugement de Gutzkow au Hebbel-Kalender, 221-9231.

et le marché conclu. Hebbel ajoute que ce n’a pas été une petite affaire de mettre au point les productions antérieures, mais qu’enfin il est satisfait 1, Il mentionne dans un bilan de fin d'année : « beaucoup de poésies, sans compter que j'ai mis la dernière main à une grande partie des anciennes, dont il fallait, çà et là, retoucher le détail et que je les ai rapprochées de la perfection autant que cela était en mon pouvoir; d’autres, pour lesquelles ce n’était pas possible, je les ai anéanties, faisant disparaître ainsi de cette effigie de mon cœur les taches de rousseur et les éphélides ? ».

Le 18 avril 1842, l’imprimeur avait entre les mains les quatrevingt-six premières pages, plus du tiers?. « À vrai dire, écrit Hebbel à la même date, je puis, depuis assez longtemps, un an et demi environ, faire des vers à tout moment. O heureuse époque de la force dans sa plénitude, que ta durée sera brève peut-être *! » Le 24, il reçoit à son lever les premières épreuves de ses poésies. « Leur groupement fait très bel effet et je ne puis me défendre de les trouver pour la plupart excellentes tant par le contenu que par la forme.. Bien des choses naissent encore tout juste avant la clôture, une quantité de sonnets, une fraiche chanson : Matrosenabschied et même une fantaisie amusante : Alt und Jung. Il y a maint élément comique que je préférerais laisser de côté que recueillir f, mais un recueil de poésies doit bien contenir aussi un morceau de lard pour les souris. » Le temps est beau, il serait heureux, s’il n'avait pas son terme à payer dans quinze jours’. Une autre ombre au tableau : il a des raisons de se méfier de Campe; Gutzkow et son libraire vont critiquer sévèrement Genoveva et la situation matérielle de Hebbel va empirer de nouveau, le faire retomber plus que jamais à la charge d’Elise dont le dévouement est inépuisable, mais non les ressources *, Le 19 mai, il recoit les premières bonnes feuilles et s’extasie sur la beauté du papier, il n'avait pas attendu cela de Campe, il voudrait relimer chaque vers pour que rien ne se glissât dans le recueil qui fût indigne d’une forme aussi magnifique °. Fin juin 1842, Hebbel a entre les mains un exemplaire qui

4. T., 2378. — 2. T., 2415 (31 décembre 1841); cf. Lyrik und Lyriker, 449, — 3. T., 2528, note. — 4. T., 2531. — 5. Of. T., 2527, 2531-2534 et notes.

6. Uhland l'avait conseillé déjà; cf. Bamberg, 1, 140 : « Eine noch etwas weitergehende Sichtung, namentlich in Betreff einiger humoristischer Stücke, würde ich jedenfalls angerathen haben. Man thut immer gut, nur mit dem Besten was man zu geben hat, zuerst aufzutreten: späterhin fällt es oft schwer, sich dessen wieder zu entledigen, was man selbst nicht mehr billigt. » Hebbel remercie Uhland de ce conseil et le prie de préciser à quelles pièces il fait allusion (Bw., I, 264; 6 février 1838).

7. T., 2543. Campe ne paya pour les Gedichte que 11 livres (cf. N. Jebbeldok., 31). —'8. T., 2481, 2487, 9644, 2545, 2574, 2627; Bw., Il, 222, 249, 247-8.

9. T., 2553. Plus tard, Hebbel se montrera autrement difficile; cf. Bw., V, 196 et surtout, 244 où, à propos de l'édition de luxe que Geibel projetait du Trauerspiel in Sicilien de Hebbel, l’auteur s'exprime ainsi: « Das ist wieder eine Ironie; meine ersten Gedichte, durch Inhalt und Stimmung so ganz geeignet auf Damentischen Aufnahme zu finden tragen einen Lumpenrock, der sie von dieser Ehre ausschliesst, und die Herren Ambrosio und Bartolino werden in Sammt und Seide stolzieren »; cf. encore Bw., IV, 344, ligne 17 et suiv.

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fait sur lui une excellente impression et il n’a rien de plus pressé que de détruire les manuscrits :‘« il m'est, déclare-til, physiquement pénible, lorsque je suis parvenu à donner à une de mes œuvres un certain degré de perfection, de la revoir encore sous une forme imparfaite ! ». Aussi a-t-il prié la mère d'Emile Rousseau, en lui envoyant un exemplaire, le 30 juin?, d’anéantir un certain nombre de ses manuscrits qui devaient se trouver dans les papiers de son ami.

Suivant l'exemple d'Uhland et le conseil de Gœthe, Hebbel avait noté sous chacune de ses poésies la date « parce que, pendant longtemps, tout son bonheur avait tenu dans ces productions ». Il énre gistre maintenant ces dates dans son Journal *. |

Les poésies du recueil que nous allons étudier furent soumises plus tard par Hebbel à des remaniements. En consütuant son édition d'ensemble“, il en élimina de nombreuses, qui se retrouvent au volume VII de l'édition critique, et il fit aux autres d'importantes retouches. Il va sans dire que nous étudierons ces poésies sous leur forme définitive, quitte à examiner le détail des corrections lorsqu'il y aura lieu de mettre en lumière certaines modifications, heureuses ou regrettables et à délimiter la part de l’évolution ultérieure. Nous nous efforcerons ainsi de concilier le mieux possible le respect des intentions dernières de Hebbel et le souci de la chronologie*. Pour les pièces rejetées en 1857, nous suivrons les indications du recueil de 1842; les autres seront rangées purement et simplement sous les rubriques que le poète leur a données‘. Enfin nous grouperons autour des poésies contemporaines celles qui ne figurent que dans l'édition critique.

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Hebbel écrit à la mère d'Emil Rousseau, en lui envoyant un exemplaire de son recueil, qu'il a voulu y élever un monument à

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