Aufzeichnungen, 114, — 7. Ibid., 84. — 8. Ibid
WESSELBUREN. 13
fragment autobiographique, la constatation de l'inégalité et de l'injustice lui font ardemment désirer une autorité souveraine et compensatrice qui résoudra les énigmes et rétablira l'harmonie dont son cœur est assoiffé; il la désire tant qu’il la trouve tout de suite : cette autorité c’est celle des parents. Le père est Le démiurge détenteur du secret cosmique : Mais sa petitesse se révèle à mesure que s’élargit l'horizon :
« L'enfant a une période, et elle dure assez longtemps, où il croit que l’univers entier dépend de ses parents, tout au moins du père, qui se tient joujours un peu mystérieusement à l'écart et à qui il pourrait demander aussi bien le beau temps qu'un jouet... Un orage épouvantable m'ouvrit les yeux sur ce point !. »
Remarquons-le bien, l'enfant était encore à la crèche. Le sentiment de la responsabilité, qu'il éprouve alors si fortement, lui confère en quelque sorte un titré d'autonomie et comme un certificat anticipé de première majorité : « La servante, presque aussi affolée que le plus jeune enfant, criaillait et hurlait : « Le bon Dieu est en colère!... vous êtes tous de mauvais sujets! » Ce mot fit une profonde impression sur moi, il m'obligea à ouvrir les yeux sur moimême et sur tout ce qui m'entourait et dégagea en moi l’étincelle religieuse?. » |
À la lueur de cette étincelle il croit reconnaître un autre Dieu, et, pour l’adorer, brûle ses premières idoles. Jéhovah est plus fort que son père: gloire à Jéhovah”!
De plus en plus fortement s’accuse dans l'âme de Hebbel ce besoin d’autorité et de responsabilité qui l’entrainera, à force de chercher comme protecteur du droit un être toujours plus fort, à trouver que le plus fort a toujours raison.
Ce conservatisme à outrance qui, chez la plupart des hommes, dénote de l’inconscience, émane chez Hebbel au contraire directement de la conscience. É
Précocement encore il apprit à être consciencieux jusque dans les signes extérieurs et l'expression de la pensée. Il ne croit pas pouvoir mieux louer son maître Dethlefsen qu'en le remerciant de lui avoir inculqué « le respect scrupuleux de la correction grammaticale et la minutie dans l'emploi des mots * ».
L’autobiographie nous parle des lacunes de l’enseignement public contemporain dans les duchés. Hebbel déplore le dilettantisme blasé qui s'empare de la génération et ne le critique pas moins