Cf'supra, 42" Zlesie, y
2. Zincke (105 et 121) prétend que le poème ne fait même pas mention de l’homme; Scheunert soutient le contraire (D. 7. I., 214) et voit avec raison des allusions à l’homme aux vers 25 et 32.
3. Cf. der Quell (v. 63-68), et T., 2173, 3583. — 4. Gœthe : Weliseele, dernier vers.
5. Cf. Offenbarung, ein Gebet, supra, 237 et 241, et un passage de die einsamen Kinder (cf. Bornstein, I, 369).
6. Cf. Fischer, 61 : « Allegorie und Idec sind hier zu untrennbarer Einheit verwachsen ». — 7, P. 96; VII, 141. Heidelberg, 1836.
8. Neumann (14) a le premier signalé les ressemblances avec Schelling; Zincke s’est préoccupé par contre d'établir les différences : op. cit., 199-139. 148-151, 153 et 181: cf. encore Bornstein, II, 366. :
9. Cf. supra, 170-173, 174, 181-2, 201. — 10. Cf. Vermächiniss :
Kein Wesen kann zu nichts zerfallen,
Das Ew’ge regt sich fort in allen,
Am Sein erhalte dich beglückt! etc.
Ibid : Sofort nun wende dich nach innen,
Das Centrum findest du da drinnen, etc.
Cf. encore Eins und Alles; cf. T., 1162, 1163, 1364; Bw., I, 189.
conflits entre l'individu et l'univers qui animent son pantragismet. Et cette fois, la forme poétique est complètement disloquée par le contenu philosophique?, nous nous en apercevons dès le début du poème : =
Geheimniss, wunderbar, wie keins,
Des In- und Durcheinanderseins
In dem unenñdlichsten Gewühl Durch Sinn, Gedanken, und Gefühl 5.
Après avoir ainsi posé la monade, Hebbel exprime l'identité et l’universalité de la vie morale : |
Der ew’ge Strom fliesst ab und zu,.
Wo fang’ ich an? wo endest du?
La parole profonde qu’un individu prononce, un autre ja recueille. Puis, passant de la monade à l’univers, dont elle est le miroir, le poète affirme l'identité et l’universalité de la vie physique :
Der fernen Sonne ew’ge Glut
Durchdringt belebend mir das Blut, Was in dem Schooss der Erde gohr, Rankt sich als Wein zu mir empor #.
Il développe ensuite, en un quatrain obscur à souhait, la théorie de l'éternel renouvellement par la mort, des incessantes métamorphoses au sein de la nature. Le terme « Gott » qu’il emploie est adéquat ici au concept « Gottnaturÿ » et voici enfin en raccourci les « Gesetze' » de sa monadologie, l’individuation etle pansymbolisme de la nature :
So braus’t in wohl gemessnem Takt Dahin des Lebens Katarakt,
Dass jeder Tropfe 7, der entspringt, Nach Maass jedwedes Sein durchdringt, Dass alle Form nur Gränzen steckt, Damit sie Eigenstes erweckt 8,
Und dass das ungeheure All
Sich umwälzt in dem kleinsten Ball ?.
C’est encore dans les pièces Weltseele, Kins und alles et Vermächtniss du cycle gœthéen Gott und Welt qu'il faut chercher les sources du dernier poème du cycle de Hebbel!°. Intitulé plus tard Erleuchtung, il devient, dans le recueil de 1842, Offenbarung!!. La précédente pièce du même titre? nous montre l'homme arrivant dans le rêve à l'intuition de Dieu; Dieu est maintenant identifié à la Nature et c’est la Poésie qui en apporte l'intuition :
1. Cf. Zincke, 153, 181, et Scheunert, Pantrag., 10-14, 34-35. — 2, Zincke, 7, 129, 149. — 3, Cf. Scheunert, D. 7. H., 162. — 4. Cf. der Mensch, v. 20 (supra, 252-253), et Scheunert, D. j.H.,162 et notes. — 5. V. 19-22: cf. Zincke, 150 et 151, n. 4. — 6. Cf. Gœthe, Vermächtniss, 4-6. — 7. Cf. supra, 227 : Slammbuchblatt, v. 3. — 8. Cf. l'esthétique de Gœthe, T., 201, et supra, 215, et n. 2.
9. Cf. Scheunert : Pantrag., 14, 36; D. 7. I., 210 et n, 1; 76, n. 3, et Tibal, 137 et 189. :
10. Sur l'influence de Schelling, cf. Neumann, 14, et Zincke, 131, 141-148, 181. — 11. P. 97; VI, 255; Heidelberg, 1836; Bornstein (II, 370) le rapproche du Stammbuchblatt für Rousseau (supra, 227) et le date d'août 11836, — 12. Cf. supra, 237 (VI, 205; 24 octobre 1835).
In unermesslich tiefen Stunden Hast du, in ahnungsvollem Schmerz,
Den Geist des Weltalls nie empfunden, | Der niederflammte in dein Herz 1?
L'individualité s'élargit alors par ce sentiment, qui lui est apporté dans ses étroites limites, de tout l'infini de l'univers ; le regard de l'homme pénètre ainsi l’insondable et son cœur le possède :
Du trinkst das allgemeinste Leben,
Nicht mehr den Tropfen?, der dir floss, Und in’s Unendliche verschweben
Kann leicht, wer es im Ich genoss 3,
La forme redevient dans cette dernière pièce assez belle pour mériter les louanges de Mürike*.
Si maintenant nous reprenons l’ordre logique choisi par le poète, le cycle apparaît assez net et continu : dans la première pièce, Gott über der Welt, déisme et spiritualisme sans Dieu semblent se livrer dans l’âme du poète le dernier combat; dans der Mensch, Hebbel se libère par l’'humanisme et s’achemine déjà au panthéisme abstraitement formulé par das Sein, poétiquement traduit dans Ærleuchtung. À ce moment le résultat essentiel est déjà atteint : c’est la Poésie qui révèle à l'individu l'univers ; le poète est le sommet de l'humanité, de même que l’homme est au faîte de la création. C’est ce qu'exprime das hüchste Lebendige. Proteus ferme et couronne le cycle’. Sans doute la forme poétique nuit à la netteté de l’expression et, comme Hebbel l'indique lui-même, il ne faut voir dans ces pièces que des aperçus, des fantaisies de l'imagination et des pressentiments. Sans doute il y a des obscurités et des incohérencesf, mais il conviendrait de ne pas aller jusqu’à la généralisation suivante : « Tout le lyrisme de Hebbel est rempli d'inquiétude métaphysique et de la nostalgie de l’au delà. Dans ses premiers essais de critique littéraire, il lui faut remonter tout de suite à la formule suprême de l’art et par celui-ci à la loi qui régit la création. De même dans ses poésies lyriques les apparitions particulières ne sont qu un voile brillant et léger jeté sur la majesté immuable, invisible et partout présente de l'Universel". » Restreinte au cycle Gott- Mensch-Natur et aux pièces similaires, cette appréciation serait parfaite, mais elle ne s’appliquerait pas moins bien au cycle Gott und Welt et aux poésies philosophiques de Gœthe. Quant à l'esthétique de Hebbel, nous nous sommes attaché à montrer qu'elle ne fait
1. Cf. Scheunert, D. j. H., 67, n. 2, et 214: cf. Zincke, 141 et suiv., et surtout supra, 168 et 169.
2. Cf. supra, 259, n. 7. — 3. Cf. Scheunert, D. ;. H., 157, et n. 2; supra, 226 et 227, et n. 10, et 255.
4. Cf. Bamberg, IT, 380 : il ne fait que cette légère réserve : « In unermesslich tiefen Stunden scheint mir zu laut für den Anfang »; cf. Bornstein, I, 370. — 5. Cf. Fischer, 61. — 6. Cf. Tibal, 91 et 92.
7. Ibid., 123. Notons chez Tibal une tendance à se montrer particulièrement sévère pour Hebbel dès qu’il s'agit de poésies philosophiques; cf. 255 et 256. Rien de plus légitime, mais ce qui cesse de l’être, c’est la généralisation qui étend la sentence à tout le lyrisme; cf. ’bid., 258-260. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce point en concluant sur l’ensemble du recueil de 1842.
que suivre pas à pas l'esthétique gœthéenne, de ses principes à ses conséquences !. Pourquoi Hebbel ne prendrait-il pas place, à son tour, au cénacle du panthéisme classico-romantique, assez vaste pour accueillir, à côté de maîtres philosophes et poètes comme Schelling et Gœthe, des disciples comme l’auteur d’« Empedokles » et l’apôtre de l’idéalisme magique ?
Les pièces de Wesselburen du recueil de 1842 nous révèlent les mêmes progrès que celles des premières poésies, qui nous ont paru jalonner l’évolution de Schiller à Uhland et à Gœthe. Les guides de Hebbel n’ont pas changé : c’est le maître souabe qui a inspiré le groupe des poésies d’allure plus personnelle et concrète, où les souvenirs d'enfance sont évoqués, où le caractère de Hebbel, sinon son existence, transparaît, avec son contraste d’opiniâtreté combattive et de tendresse frémissante, où les détails prennent vie et les objets inanimés eux-mêmes parlent et touchent notre âme; c’est le maître de Weimar qui a fourni les modèles de celles dont l’abstraction et le pathos mystique ne sont pas bannis, mais nous semblent le plus souvent rachetés par l'élévation de la pensée et la solennité de la forme.
Du premier séjour à Hambourg, il reste deux poésies de circonstance. La première : einem Freunde? développe deux aphorismes du 20 avril 1836 : il arrive fréquemment que le moment où deux amis se revoient est celui oùils constatent la vraie séparation, l'intérieure, et il est inévitable qu'un rapport d'homme à homme décrive une sorte de courbe ascendante dont l'apogée marque en même temps le point de congélation. On a récemment supposé que dans ces trois quatrains il s'agit de Jakob Franz plutôt que de Léopold Alberti*. Hebbel les résume plus tard dans l’épigramme suivante :
Zwei wollen Eines werden, Dass keine Scheidung sei,
Und werden oft auf Erden Erst dadurch vüllig Zwei #.
Ni les quatrains, ni l’épigramme ne figurent au recueil de 1842, mais on y trouve l’autre pièce de circonstance, très belle Geburtsnacht-Traum”.