Cf. bec einem Gewitter, v. 21, supra
8. Cf. T., 2333. « Alle Träume sind vielleicht nur Erinnerungen », et Scheunert, D. 7. H., 60.
9, Zbid., 56-57. Hinweisung auf den Zustand des Menschen vor der Geburt; et encore, 214, Beziehungen des Menschen in der nunmehr mit Gott verbundenen Natur.
10. Op. cit., 8. — 11. Op. cit., 9, 3, 7, 45, 106, 117-120, 127, 198.
12. Jbid., 140 : « Auf der Seite Hebbels ein naïv realistischer Standpunkt, eine Erfassung der Welt und Natur durch das Gefühl, etc... auf Seite Schellings eine auf pantheiïstische und spinozistiche Ideen, auf der Lehre Platos aufgebaute ästhetische Doctrin, die sich durchwegs als monistiche Ideenlelire darstellt, etc. ».
également d'avis qu'il ne faut pas exagérer le caractère spéculatif du morceau et qu'il y a lieu de tenir le plus grand compte de la forme poétique!.
Le sentiment dans les poésies lyriques de Hebbel importe souvent davantage encore que la pensée et leur caractère problémaüque ne ressort alors qu’en raison de la combinaison même et de ce que le poète laisse intentionnellement de résidu mystérieux. Il en résulte presque toujours un effet de complication que parfois la forme n'arrive pas à compenser. La pièce Mutterschmerz? est un des rares exemples où l'inspiration ne soit pas tourmentée et où le poète se contente d'exprimer avec simplicité ce qui a été simplement senti. Ces cinq strophes de huit vers n’ajoutent rien au « Problème de l’amour maternel? », mais rendent avec émotion la douleur de la mère au berceau de son enfant mort : elle ne reverra plus le petit dormeur qu'elle était si heureuse d’allaiter lorsqu'il l'éveillait chaque nuit, mais cette fois elle s’est éveillée d'elle-même et a sour1 tristement. Quand, le matin, elle le regardait, elle croyait dans ses yeux lire sa destinée de souffrances et de joies ; elle se représentait à l'avance les jeux de l'enfant, les efforts de l'adolescent, , ENLCES . . , ù . ?
l’activité bienfaisante de l'homme, et alors elle l’attirait et l'embrassait passionnément. t maintenant il est mort et avant d'avoir pu entendre de sa bouche le doux nom de mère, elle a recueilli son dernier soupir‘. Tout ce long monologue paraît naturel, car on sent très bien que toutes les mères se le font à elles-mêmes en semblable cas. La dernière strophe clôt dignement ce poème bien composé :
Sein Auge konnte, als es brach, Kein Lebewohl mir sagen, Er schien bloss, als er sterbend lag :
« Du hilfst mir nicht? » zu sagen.
Er hat die Mutter nicht erkannt In all den andern Stunden, Er bat erst, als ich hülflos stand, Was ich ihm sei, empfunden.
Nous nous étonnons que l’auteur ait écarté cette pièce en 1857 et ne sommes aucunement surpris qu'Uhland l’ait au contraire désignée parmi ses meilleures ÿ.
Nous savons combien était lourde à Hebbel, dès ce premier séjour à Hambourg, la reconnaissance qui le liait à Amalia Schoppe. La poésie für wen?5 est un témoignage de cet état d'âme. Toute
1 CR 32%/et n 7et Fischer, 52-53; cf. Bornstein, Il, 344 : « auf ein schlummerndes Kind bedeutet den künstlerischen Gipfel der Lyrik der ersten Hamburger Zeit. Idee der Präexistenz ; aufdämmernd erste Ahnungen einer Existenzschuld wie sie begrifflich schon in Heidelberg sich schärfer präzisiert ».
2. P. 2925; VAL, 127. Hambourg, 11 juillet 1835. Deutscher Musenalmanach für 1840, hrg. von Friedrich Rückert, p. 130. — 3. Cf. Scheunert, D. 7. H., 131.
4, Cf. le vers :
Und bange Ahnung sagte mir, Dass wir uns ganz verlôüren.
et supra, 266, n. 6. — 5. Bamberg, I, 140. %
6.P: 20, MIL130: Hambourg, 1835; Neue Pariser Modeblätter, 1836, n° 38,
sous le titre de Frage, cf. supra, 148; Zincke, 162, 163 et Bornstein, Il, 346.
CAT ER HEBBEL (1835-1842).
peine semble, dans la nature, acheter une joie, la fleur sert de parure à la jeune fille, la bête de somme soulage son conducteur. Mais à qui profite donc la douleur humaine?
O Thränenperlenschnur {, Dich weint’ ich gerne voll Säh ich die Eine nur.
Die einst dich tragen soll.
O Druck, dich trüge ich In treuem Ernst bestrebt, Säh ich nur den, der sich, Wenn du mich beugst, erhebt?.
Des découvertes récentes ont mis au jour une épigramme et un fragment d'épigramme que Hebbel envoie de Hambourg, le 9 juin 1835 à son ami Jakob Franz*?. L'épigramme est une épitaphe à l’occasion de la mort de l’empereur François :
Eine Grabschrift.
Man hat verblümt und unverblümt Des Seligen Verdienst gerühmt, Man sprach von Weisheit und von Güte, Von seinem Scharfsinn und Gemüthe, Doch, an sein grôsst Verdienst hat noch kein Mensch gedacht: Er hat — recht gutes Siegellack gemacht!
Et voici le fragment intitulé : Fürstliche Beschäftigungen.
Dass einer drechselt, einer schnitzelt, Ein dritter schlechte Bilder kritzelt, Ein vierler andre Siebensachen,
Kann nur ein blôder Tor verlachen.
Ces échantillons nous apportent un nouveau gage des sentiments libéraux et démocratiques de Hebbel; à Hambourg il s'affirme nettement du côté de l’opposition *.
Une épigrammeÿ du 30 juillet 1835 nous paraît présenter une difficulté :
Ich bin hier angelaufen Ich armer Mann!
Ja, du bist angelaufen, Wie — Eisen kann.
Deux interprétations sont possibles. Ou bien le quatrain est optimiste, édifiant : on se consolera d’un malheur à la pensée que l’adversité trempe l’âmef; ou bien l'intention est satirique : il y aurait deux façons, d'après Hebbel, d’être « angelaufen », celle de
1. Cf. Heine : al{nächtlich im Traume, v. 8 : « die Perlenthränentrôpfchen ».
2. Les deux derniers quatrains tels qu'ils figurent dans l’édition critique se trouvent déjà dans le recueil de 1842? et constituent un remaniement heureux du quatrain final des Modeblälter (cf. Anmerk., k16).
3. Les lettres à Franz ont été d’abord publiées par R. M. Werner dans la Neue freie Presse (cf. 16336, Beil. v. 13. Febr. 1910 et 16480, Beël. v. 10. Juli 1910 puis reproduites par Bornstein dans son édition du centenaire, Pour la présente, cf. Bornstein, II, 157, 356 et suiv. Il y est question d’une revue politique et critique dont les principaux collaborateurs eussent été Hebbel et ses amis Janinsky et Alberti. Cette revue ne parut jamais et les échantillons poétiques ci-dessus constituent tout ce que nous en possédons.
4, Cf. supra, 116 etsuiv.; et encore T., 44 (11 juillet 1835) et Bornstein, II, 339. — 5, VII, 128; T., 84. — 6. Cf. l'expression « Slahl anlaufen lassen ».
la pierre précieuse qui jusque dans la buée jette des étincelles!, et la manière commune, celle du fer. Appliquée à l’auteur lui-même, une réflexion du premier mode serait pour se donner du courage, tandis que sous l’autre forme il faudrait voir une formule de doute : de quel droit te plaindre de la condition commune, quelles sont les qualités éminentes qui légitimeraient pour toi un sort privilégié ? Et si l’on accuse cette épigramme d’obscurité, on peut reprocher à un bout-rimé du journal entre le 24 octobre 1835 et le 1° janvier 1836, l'expression vulgaire ?.
Mais ce ne sont là que des exceptions et, précisément à cette époque, Hebbel commence à soigner particulièrement la forme de ses productions et à corriger son goût. Aussi, malgré des faiblesses encore et des gaucheries, constatons-nous dans ces poésies d'assez heureux résultats ? : le caractère intime de certaines s'explique par la présence à Hambourg d’Elise Lensing qui créait autour du poète, après les mois de solitude et d'hypocondrie, une atmosphère de tendresse familiale et cette quiétude s'exprime avec un sérieux, une dignité qui peuvent aller jusqu'à la solennité grave et majestueuse *. Et, sans doute, Hebbel s'en tient rarement à exprimer un sentiment, presque toujours il l’approfondit, le creuse, sonde les replis de son cœur, ne se contente pas du fait pur et simple, mais recherche les causes et s'attache aux problèmes. Chez Heine, la bien-aimée, apparue en rêve, salue gracieusement, a des regards mélancoliques, secoue sa tête blonde, et ses larmes sont des perles; elle dit au poète un mot à voix basse et lui donne le bouquet de cyprès; il se réveille et le bouquet a disparu et le mot est oublié. À Hebbel, l'apparition révèle ce qu'elle a vu par delà la tombe : le but et le substratum de toutes choses. Cependant il ne s’égare pas dans les abstractions : parti d'un événement vécu ou d'une émotion, il les perd rarement de vue en s’élevant par la généralisation symbolique. Un accent mélancolique et même douloureux accompagne en sourdine le récitatif et presque jamais ne détonne. L’harmonie de ce que HebbeÏl appelle « la profondeur de la forme 6 » lui apparaît de plus en plus inséparable de cette harmonie organique qui fait d'une poésie l'expression des rapports à la loi cosmique d'un cas bien individuel et vivant.
Heidelberg, nous l'avons vu”, compte dans l'évolution de Hebbel surtout par deux grandes influences : la nature et Gœthe. Jusqu'ici ses poésies ne font guère à la nature que l'honneur de fugitives
1Cf: supra. 241, n.,8: — 2. VII, 128, T., 128 : Gôtter zu entzücken, mag gelingen, Schweine wirst du nicht zum Weinen bringen.
3. Cf. supra, 167 et suiv.; Kubh, I, 146 et 147 et T., 135. — 4. Cf. supra, 262 et n. 5. — 5. Cf. Offenbarung, supra, 237 et n. 5, 238. — 6. T., 135. — 7. Cf. supra, 170-173 et T., 552.
allusions,'à moins qu’elle n’y figure comme problème et pour fournir des parallèles et des contrastes aux émotions. Et voici qu'elle devient autonome, non seulement comme entité, comme âme, mais comme splendide apparition, digne de distraire, de charmer et de retenir à la surface chatoyante des choses le regard le plus habitué à l'introspection. La charmante vallée du Neckar et ses riantes collines sont presque trop gracieuses pour Hebbel et le font songer aux graves étendues du pays dithmarse. La douceur du ciel le conquiert au midi. Son journal d'alors contient quantité d'esquisses et de paysages!. Mais ce sont surtout ses nocturnes qu'il prépare : il regarde par la fenêtre dans une sombre nuit d'orage, ou bien se promène dans la grand rue et lève les yeux pour apercevoir au-dessus des maisons éclairées le ciel d'un bleu sombre ?. Par une inoubliable nuit de juin, il gravit le Kônigsstuhl et voit le disque d’or de la lune surgir au-dessus des cimes vertes des arbres, puis, dans le bleu sombre du firmament, du côté de lorient, une rougeur paraît *. Ailleurs, à Schwetzingen, c'est le coucher du soleil qu'il contemple “; il compare un même paysage, aperçu d’abord par une nuit noire sillonnée d’éclairs, puis au clair de lune”. Une autre fois il ne trouve pas d'expression pour rendre la beauté du cieLet ses colorations après le soleil couchantf. C’est la nuit que, d’après lui, il faut admirer les ruines du château et la féerie de son cadre de verdure au scintillement des étoiles 7. Il ne conçoit pas que le cœur de l’homme s’élargisse lorsqu'il contemple le ciel étoilé; en lui, cetie vue dissout le sentiment de la personnalité : « Je ne puis me figurer que la nature se donne la peine de conserver mon misérable moi dans sa fragilité » et, lorsqu'il écrit qu'il a essayé de fixer mainte impression de ce genre dans ses poésies, mais que l’homme ne peut arriver à représenter une telle immensité, que ces poésies ne sont pour son imagination que de simples schèmes dont l'effet ne sera réalisé que plus tard, car, quoi que fasse la poésie, elle n’atteindra jamais le plastique ?, lorsqu'il écrit ces lignes, Hebbel songe certainement à son Nachtlied 1, deux fois célèbre, que miten musique Robert Schumann. Comme ce lied laisse loin derrière lui les motifs de Wesselburen, bien gracieux cependant, mais où la nuit ne fournissait que le décor !!, tandis qu'elle est ici le sujét même du poème, et merveilleusement traité! Kuh en caractérise le charme par le terme : « clair-obscur © », et dès le premier vers, dès le premier mot, nous sommes saisis et entourés par la montée des
1CÉisupra/A7lèn. 2% 2; 7.147118, ,
ST MONTE Bw., I, 73; cf. Bornstein, 11, 362 : « Das sorgsame Studium der Beleuchtungserscheinungen am Firmament deutet auf den Einfluss Gœthes, etwa der calienischen Reise.
L. T., 327. — 5. T., 337 et 338. — 6. T., 341. — 7. Bvw., Il, 73 et 74.
8. T., 272; cf. Bw., I, 182 : « Ich begreife es gar nicht, wie ein Mensch an die Nacht oder den Abend nur denken kann, ohne sogleich in einen Strom von Poesie hineingerissen zu werden ».