‹ HebbelChapitre 152 sur 425 · Cf. Junge Leiden · texte numérisé non relu

Cf. Junge Leiden

Und wilder noch umschlang sie mich Und tat mir fast ein Leid.

2. Voilà de nouveau un écho du Sänger. — 3. P. 144; NI], 140, Heidelberg été 1836; Modeblätter, 1836, n° 25; T., 1806. — 4. Cf. supra, 272. — 5, CE supra, 209-210. :

sombre, son cheval s’est cabré, nuages de feu au ciel, grondements lointains du tonnerre; c'était un rêve. Il gravissait une montagne, : sans périls ni fatigues; c'était un rêve. Suit la strophe citée et le poème est terminé. Qu'est-ce que tout cela signifie? Voilà précisément l'intéressant aux yeux de l’auteur et la question qu'il désire nous faire poser; à nous de répondre! L'un répond laconiquement qu'il faut voir dans cette poésie une comparaison entre la vie intérieure, le rêve éveillé du poète et le sommeil bienheureux de l'enfant !, l’autre rapproche ce poème du Nachtlied et de das Sein et y voit un aveu panthéistique de Hebbel, une sorte de retraite angoissée de son individualisme devant la toute-puissance de l’univers ?; un autre enfin consacre à Stillstes Leben de longs développements spéciaux en rapport avec les problèmes du Rêve et de l'Enfant. Il est certain que le champ est laissé libre à la multiplicité des commentaires; s’il y a excès de profondeur dans la technique de cette poésie, ce n’est pas dans le sens de la raison, mais du sentiment, de l'impression, et si Hebbel a cultivé jusqu'à l’exagération une « manière », il est manifeste ici que c’est celle d'Uhland et non celle de Schiller *.

Mais s'il faut voir en Stillstes Leben une pièce problématique plutôt qu'une poésie de circonstance, on ne saurait refuser ce dernier titre aux six strophes de Grossmutter*, dans lesquelles le poète reprend et développe les deux quatrains déjà consacrés au souvenir de sa grand’mère'. Heine avait, dans son Buch der Lieder, esquissé le portrait de l’aïeule aveugle enfoncée dans son fauteuil, déjà raide comme une statue de pierre et silencieuse. Hebbel, se souvenant d’une visite qu'il avait faite à la vieille femme après la mort de son père, la représente radotant inlassablement l’histoire de son fils et le prenant pour son petit-fils, confondant ainsi de façon touchante le présent et le passé. C’est donc une page de biographie que racontent ces strophes et avec quel art prestigieux d’évocation!

Mit Ehrfurcht stand ich einst vor dir In einer ernsten Stunde;

Den Segen, fromm, erbat ich mir Von deinem heïl'gen Munde.

Du sahst nicht mehr, du hôrtest kaum, Kalt waren deine Hände,

1. Môller, 19. — 2. Zincke, 7, 148, 152, 157 et suiv. $ 3. Scheunert, D. ;. H., 52-54 : « Würdigung des Gedichtes Séilistes Leben »; « Hinweisung auf die Bedeutung des Traumes », et 131 « die Mutterliebe ». 4. Cf. Zincke, 158 : « Hatte ihn früher die Nachahmung Schillers den Gedankengehalt zuviel betonen lassen, so tat der Schüler Uhlands jetzt in der Herausarbeitung und Betonung des Geschauten und Erlebten zuviel. Die [dee tritt hier hinter das Bildliche entschieden zurück ». Cf. supra, 272. 5. P. 48-50, VI, 240 et suiv. Heidelberg, 8 juillet 1836. — 6. Geburlsnacht- Traum (strophes 7 et 8) cf. supra, 261.

de Die blinde Grossmuliter sitzt ja Im ledernen Lehnstuhl dort, Und heimlich und starr wie ein Steinbild, Und spricht kein einziges Wort. (Die Heimkehr, 5.)

SACtEKuR, 141-492:

' Und, sprachst du, war’s, als ob im Traum Ein Todter Worte fände.

Et le poète n’a oublié aucun détail du récit de l’aïeule, ni le moment où elle en perdit le fil : ;

Du stocktest plôtzlich, brachest ab Und frugst, wäs nun gekommen,

Ich dachte an sein frühes Grab, Doch schwieg ich, tief beklommen,

Et il nous communique son émotion, nous épions, angoissés, les moindres mouvements, si génialement observés, de la vieille grand-mère :

Du schluchztest aufgethaut und weich, - Als hätt’st du nichts vergessen, Und doch begannest du zugleich Von einer Frucht zu essen.

Den Stuhl zum Ofen schobst du dann, Dich wieder einsam wähnend, Und fingest laut zu beten an, Dein Haupt vorüber lehnend.

Ne voilà-t-il pas une poésie qui justifie le mot profond de Gœæthe : proclamant que seules durables sont les œuvres de circonstance"?

Et cependant Hebbel lui en préférait une autre, du même genre, de la même époque et qu'il désignait comme son chef-d'œuvre : Bubensonntag”?. Le journal contient des traces de la genèse de cette poésie : désireux de montrer comment le christianisme anéantit, absorbe la personnalité, le poète projette d'écrire « quelque chose sur la religion, de montrer comment les idées de Dieu, du Christ, du moi et de l'humanité naissent chez un enfant » et d'utiliser dans ce but ses souvenirs de Wesselburen (à plusieurs reprises il avait rêvé que Dieu le balançait dans le ciel; il avait cru le voir un soir de son lit; une autre fois, il l’avait aperçu sous la blouse à raies bleues et blanches d'un charpentier); nous nous rappelons, enfin, comme il s'était imprégné dès sa plus tendre enfance de la lecture de la Bible, quelle impression profonde elle avait faite sur lui et les traces qu'on en retrouve dans ses premières poésies. Dès le samedi, à sa sortie de l’école, commençait la « Sonntagsstimmung 5 » et voici comment la première strophe du poème nous décrit le réveil du dimanche :

Page 1