‹ HebbelChapitre 157 sur 425 · Cf. supra, 295, n.6. F · texte numérisé non relu

Cf. supra, 295, n.6. F

2. Ce sont: Situation, Ballade (NI, 224); Ziwei Wanderer, Ballade (VI, 254); Versohnune, Romanze (VI, 272), et das Haus am Meer, Romanze (VI, 270-272).

3. Cf. supra, 247, 243, 269, 263 et 275. — 4. Cf. supra, 275. — 5. Cf. supra, 242 et 263. .

6. Cf. Fischer, 86. En général, la critique allemande s’attache avec prédilection à délimiter des genres poétiques qu’on serait tenté de confondre: la critique française, par contre, répugne à ces analyses, cf. E. Lichtenberger : Etude sur les poésies lyriques de Gœthe, p. 302 et n.

7. Bw., I, 183, — 8: W,, X, 371; cf. supra, 195. — 9, W., X, 402 (1840); cf. supra, 202 et n, 3.

lade et la nouvelle, que le subjectivisme accapare, alors que ces formes sont essentiellement le domaine de l’art objectif; « la ballade devrait toujours être remplie du souffle mystérieux qui anime la véritable tragédie! ». Nous avons mentionné également, en comparant l'esthétique de Hebbel à celle de Jean Paul et à celle de Gœthe, un passage d'article ultérieur où Hebbel revient sur le même sujet”. De même qu’elle participe à la fois du lyrisme, dont le lied est la forme pure, et du drame, la ballade se trouve à égale distance du drame et de l'épopée; c’est une nouvelle en vers, moins pragmatique et plus passionnée, faisant à côté du récit une large place au sentiment, qu’il s'agisse des sentiments des personnages ou de ceux que le poète laisse transparaître ou de ceux qu’il veut éveiller en nous. Si l’on appelle Müren les pièces de ce genre où l'élément épique prédomine, Ballades celles où le lyrisme est plus sensible, on obtient la gradation : « Epopée — Mären — romances — ballades épiques — ballades — lyrisme proprement dit ».

Si maintenant nous revenons aux poésies de Munich; nous en trouvons sept que Hebbel fait suivre dans le recueil de 1842 de la désignation : ballade, quatre qu'il y nomme romances, toutes, nous allons le voir, se rattachant au drame ou à la nouvelle. C’est d'abord, le 10 mars 1837, vinum sacrum *, traitant la même légende que die heilige Cäcilie, nouvelle de Kleist : deux rôdeurs pénètrent dans une chapelle, propos et actes profanateurs se succèdent; l’un s’empare d’une burette sacrée et invite son complice :

Komm, willst du dich mit mir berauschen In Christi eigenem Blut?

L'invité ne se fait pas prier :

Sie trinken und trinken und trinken, Doch kommen sie nicht auf den Grund.

Le vers « sie trinken, und trinken und trinken » revient trois fois et rend bien la fébrilité des malfaiteurs, d’abord avides, puis surpris, atterrés que la burette reste pleine. Ils s’écroulent repentants aux pieds du Sauveur dont ils viennent de rouvrir les blessures et de faire couler le sang à flots :

Er blickt sie an, nicht finster, Ach, so unendlich mild.

Der Priesterÿ, du 8 avril de la même année, s'appuie, nous dit Hebbel, sur un fait réelf : un prêtre, affolé par le doute, tente Dieu en mêlant du poison au vin de la communion; si les espèces

1. Cf. W., VIII, 418. — 2. Cf. W., XII, 70 (1853), et supra, 197, n. 9, et 202, n. 2. — 3. Cf. Tibal, 256, 257, et Lyrik und Lyriker, 13-16.

L. P. 26; VII, 148; cf. chez Uhland le titre : ver sacrum (Balladen und Romanzen); cf. Bw., I, 177 (14 mars 1837) : « Ich hasse das Christentum und weiss wohl, warum; ich hab’s einmal gesagt und sag’s noch einmal. Das hat mich aber nicht abgehalten, gestern die folgende Romanze zu schreiben. » On voit que Hebbel appelle la même pièce, une fois, Ballade, une autre fois, Romanze.

5. P. 17; VII, 149; Hebbel l’envoya au Rheinisches Odeon, mais il n’y parut pas; cf. T., 1572, et note. — 6. Bw., V, 293; cf. T., 1045.

représentent vraiment la chair et le sang du Tout-puissant, il préviendra le crime en foudroyant le coupable : Ich kann dich nicht entgôttern Mit frevelhafter Hand.

Le lendemain, la messe commence et la propre fille du prêtre s’avance pour recevoir le sacrement; il le lui tend sans hésitation, et elle tombe morte; alors le père se répand en imprécations et prêche la révolte à la paroisse :

An des Erlôsers Bilde Haftet sein Auge nun.

Du Mann der ew’gen Milde, Schün war Dein Traum, Dein Thun.

Dass uns Dein Wort nicht trüge, Tod littst Du ohne Wank :

Ich zeihe Dich der Lüge,

Sieh! Sprach’s und trank und sank.

Les modèles de Hebbel restent toujours : Uhland et Gœthe, la strophe des Nibelungen et le dernier vers nous le rappellent. Uechtritz blâma plus tard, dans ces deux ballades, la bizarrerie des sujets !; Hebbel les lui sacrifie de bonne grâce, mais se défend de traiter un sujet pour son étrangeté et déclare que son but est de mettre en évidence l’action soudaine et imprévue de l’idée morale qui, après être entrée en conflit avec elle-même, résout ce conflit?. Cette théorie de la « Selbstcorrektur der Welt » est au centre de la dramaturgie de Hebbel.

La plus belle des ballades de cette époque : Schün Hedwig*, reprend le sujet de Käthchen von Heilbronn du « grand, magnifique et malheureux Kleist » qui « représente le pur et noble féminin en lutte avec lui-même » et « célèbre le triomphe de la femme »; Hebbel nous dit qu’il composa sa pièce pour protester contre la manière dont ce « divin thème » avait été traité dans la Griseldis de Halm‘. I] lui donnera plus tard sa forme définitive, dramatique, dans Judith. La strophe et même certaines ressemblances de détail indiquent une autre source : Uhland. Dès les premiers vers :

Im Kreise der Vasallen sitzt Der Ritter, jung und kühn..…

Ein zartes Mägdlein tritt heran…… nous songeons au début analogue de la ballade des Goldschmieds Tôchterlein*, de même mètre. Le chevalier prend par sa blanche

.2. Cf Bw., V, 223 (19 mars 1855) « es sind grelle Phantasiestücke ohne tiefen Kern »; VI, 8 (12 mars 1857) il appelle der Priester « unnütz grell weil resultatlos ».… « bei vinum sacrum, musste ich mich schon mehr besinnen, da das sittliche Resultat nicht fehlt, aber ich habe es der Missdeutung geopfert. » :

3. P. 61; VI, 172; Munich, 7 novembre 1838, Rheinisches Odeon, 1840, p. 43-45; cf. T., 1572. — 4. Bw., I, 361; cf. 396.

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