‹ HebbelChapitre 16 sur 425 · Kub, I, 106; cf. Bamberg, TI · texte numérisé non relu

Kub, I, 106; cf. Bamberg, TI

2. « In betrübter Ergebenheit wird der junge Schreiber Uhlands Wort, das ihm Ausharren empñehlt, hingenommen und es zu dem ohnehin ansehnlichen Schatze erprobter Geduld, schweigender Unterwerfung in das Unvermeidliche gelegt haben. » Kuh, I, 107. EN

3. Cf. Paul Bornstein : Vossische Zeitung du 25 décembre 1908 et son édition du centenaire, I, 307 et suiv., 381 et suiv. E. Kuh (I, 97) cite le nom de Gehlsen dans la liste des acteurs du théâtre d'amateurs que Hebbel organisa à Wesselburen pendant l'hiver de 1831 à 1832; cf. W., V, 39-40; sur Barbeck et Gehlsen cf. N. Hebbeldok., 10 et 189. x

4. I1 s’agit du pasteur Meyn de Wesselbureh, adversaire heureux de Dethlefsen, le maître aimé de Hebbel (cf. Kuh, [, 24, 46, 47 et 4). Hebbel exécrait Meyn pour son avarice et sa méchanceté et se montrait assidu au prêche afin de s'amuser aux dépens de cet imbécile et de lui revaloir ensuile ces salisfactions en menue monnaie dans la feuille locale. C’est chez lui qu’il se procura pour une nuit un exemplaire du l'aust de Gœthe (cf. Kuh, I, 103). Sur Meyn cf. encore Kuh, 1, 96; Bw., V. 41 et N. Hebbeldok., 9. ; 4

5. Deux seulement nous sont parvenues : Der Maler, Versuch in der Novelle, 1832 (W., VII, 8-16) et Die Räuberbraut, Exrzählung, 1832 (W., VIIT, 16-33) ; cf. Bornstein, [, 359 et suiv., 364.

tunat en cinquante stances de huit vers, sont acheyés !». « Mais, ajoute le jeune auteur, ce n’est là qu'un prologue à la vraie fête. Ma

lus grande joie consiste en deux lettres que j'ai reçues, la première d'Amalie Schoppe ?, de Hambourg, l’autre de Ludwig Uhland, de Tubingue (où, m'écrit-il, il est professeur à l’Université). La lettre de Mme Schoppe est extrêmément flatteuse : elle dit que mes chansons lui ont plu infiniment, qu’elle ne peut pas exprimer combien elle me chérit depuis ; elle m'envoie chaque semaine grätuitement les Modeblätter et encore une autre feuille éditée par elle, et une correspondance permanente s’est engagée entre nous. Pour ce qui est de la lettre d'Uhland (qui m'a évidemment rempli d'enthousiasme), je dois remarquer que J'ai fait la démarche dont nous avons autrefois souvent parlé et qu’au mois d’août j'ai écrit à ce héros de l’art allemand. Je n'attendais pas de réponse et en ai recu une si aimable. » A cet endroit de la lettre, Hebbel recopie la réponse d'Uhland en en supprimant les deux passages les moins flatteurs pour son amour-propre et en en soulignant au contraire les lignes suivantes : « En même temps, les échantillons poétiques que vous m'avez envoyés montrent que, même dans ce cercle étroit, il ne vous a pas été impossible de cultiver votre esprit et votre âme ». Puis, après avoir reproduit, en l’imitant de son mieux, la signature du maitre, le jeune poète ne se sent pas de fierté et déclare qu'il attache plus d'importance au jugement d'Uhland qu’à celui de cent mille imbéciles du pays. Suit une nouvelle allusion au poème Fortunat*, et cette lettre si importante contient encore deux renseignements précieux pour nous : « à mon grand plaisir, je réussis à réorganiser le théâtre d'amateurs (à ce nom tu éprouveras certainement un sentiment agréable). J’ai, dans ce but, composé même une farce (intitulée Dichterwuth) également destinée cependant aussi à ètre imprimée et déjà mise en vers. » Nous ne possédons pas cette pièce. « Je m'occupe surtout à présent, conclut Hebbel, de la mythologie septentrionale, dont Amalie Schoppe m'a conseillé l'étude et que j'étudie d’après l'excellent manuel de Heiberg”. » Et il termine par une question au sujet d'Alberti, nom que nous allons retrouver bientôt.

Nous savons donc maintenant avec certitude que le jeune Hebbel ne se laissa nullement abattre par la réponse d’'Uhland, lui qui écrivait, l’année précédente, à son ami Hedde : « Aucun chemin ne m'a encore Jamais rebuté, quelles que soient sa longueur et sa rudesse et quelle que soit ma fatigue, dès que j'avais la certitude

1. Nous retrouverons la bataille d'Hemmingstedt, mais non le poème héroïque l’orlunat.

2. Cf. supra 26,-note 2. — 3. Kub, I, 106; Bamberg, I, 135; P. Bornstein, édition du centenaire, I, 306. — 4, Nous aurons l’occasion de la citer.

5. Cf. supra 26 et suiv. Bornstein rectifie au volume I] de son édition du centenaire (Nachtrag, 379) l’erreur de lecture : Nieberg pour Heiberg sur laquelle s'appuient ses développements de la Vossische Zeitung (25 décembre 1908, N° 605). Nos propres recherches nous avaient amené à supposer qu’il s'agissait en réalité de l'ouvrage de Johan Ludvig Heiïberg : Nordische Mythologie, aus der Edda und Oehlenschlägers mythischen Dichtungen dar-

gestellt, (Schleswig, 1827.)

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qu'il me conduisait au but; mais chaque pas augmentait ma mauvaise humeur, lorsque je doutais de parvenir où je voulais ! ». Or son but essentiel n'était autre que la vocation poétique, et, de ce côté, l'encouragement du maître ne lui apportait que réconfort. Il renonça donc, sans amertume et provisoirement, à son dessein immédiat. Et ce renoncement, loin d'être la durable attitude d’un assagissement profond, fruit d'une déception douloureuse, n’empêcha aucunement cette imagination aventureuse de repartir de plus belle et de battre bientôt la campagne.

Si nous pouvions douter de sa bonne humeur à cette époque, il suffirait de lire les mauvais vers récemment retrouvés et adressés à ses amis de Wesselburen, Franz et Gehlsen, en 1832 et 1833. Ils sont indignes sans doute de figurer dans l'analyse des recueils poétiques, mais peuvent être mentionnés dans ce chapitre de biographie pour illustrer la part joyeuse que prenait alors le jeune Hebbel aux « Bürsen », cours d'amour dont nous avons parlé à propos des représentations du théâtre d'amateurs; tandis que la dive bouteille paraissait être le faible de Barbeck, Friedrich semble avoir eu une prédilection marquée pour les Müdchenblüten?. Le postscriptum de la lettre à Gehlsen contient une allusion à un sonnet perdu pour nous * et à l’intention de Hebbel de se rendre prochainement à Hambourg.

Nous retrouvons la même intention exprimée dans une lettre de Hebbel à un autre de ses amis, Theodor Schacht, le 18 janvier 1834: Hebbel est las de recevoir d’Amalie Schoppe des encouragements platoniques; elle lui promet monts et merveilles, mais l’on désespère à force d'espérer‘. C’est le même jour et par la même lettre

1. Lettre du 17 octobre 1831 (Bw., I, 11). Plus tard même il alla jusqu’à noter les avantages de son isolement à Wesselburen pour son activité poétique; cf. Bw., V, 42 et suiv.; VIII, 17 et 34.

2. Cf. les vers à Franz publiés par R. M. Werner, Neue Freie Presse, N° 16336, Berlage du 13 février 1910, p.31: Aus Hebbels Frühzeit, et Paul Bornstein, édition du centenaire, I, 310 et 382, et la pièce de vers adressée à Gehlsen, Paul Bornstein, Vossische Zeilung, 2353 décembre 1908, n° 605 et édition du centenaire, I, 313 et suiv. et 383. Au sujet de Gehlsen voir encore la lettre de Schauspieler Linhart à Hebbel, Bw., J, 114; à Franz, Hebbel adressa encore au début de 1834 une courte pièce de circonstance à l’occasion de la liquidation de la boucherie de Franz Peters et, le 9-janvier 1835, une lettre pour lui emprunter 30 marks. Tous ces documents concernant Franz ont été publiés par R. M. Werner au numéro susindiqué de la Neue Freie Presse et reproduits par Paul Bornslein dans son édition du centenaire, Î, 327, 332, 385 et 386; sur Gehlsen et Barbeck cf. T., 64, 65, 214; sur Franz N. Hebbeldok., 11 et 190, et Bornstein, I, 382; II, 355 et suiv.

3. À moins qu'il ne s'agisse du sonnet was mich quült où an Ludwig Uhland que nous aurons l’occasion d'étudier; cf. Bornstein, I, 383. -

4. Bw., 1, 26 : « Der langjäührige Kampf mit den Verhältnissen hat mich so abgemattet, dass nur eine baldige Hülfe noch Hülfe für mich sein kann, nur noch ein Jahr und meine Kraft ist gebrochen. Du weisst dies alles. Meine Seele verliert ihre Spannkraîft; die Lage zerstürl den Menscehen, wenn der Mensch die Lage nicht zerslüren kann — es ist gewiss. Von Hamburg aus werde ich noch immer mit den schônsten Versprechungen gefüttert; sie schlagen bei mir nicht besser an, als wie weiland bei dem Dänenprinzen Hamlet. Ich hatte die Absicht, im Lauf des verwichnen Sommers einmal hinaufzureisen — ich konnte nicht soweit kommen, und es würe vielleicht ja

qu'il adressa une requête à Oehlenschläger, qui ne répondit pas 1. La tourmente passée, il écrira au même Schacht, de Hambourg, le 18 septembre 1835, qu'il fut souvent sur le point, « sinon de désespérer, du moins d’en finir avec la vie », et de contresigner ainsi les volontés du destin?. Cela, nous le savions déjà. Mais Hebbel raconte dans la même lettre qu'il avait conçu un « coup de force » d'un autre genre qui l'eût délivré une bonne fois pour toutes : il avait formé le projet de partir avec Alberti « au petit bonheur » et de s’en aller courir le monde. Nous sommes maintenant en mesure de préciser quel aurait été le but de cet exode et à quel « coup de force » il songeait. Qui l'eût supposé capable de vouloir chercher fortune. en Grèce et se représenterait Hebbel émule de Hôlderlin, après ce que nous savons de lui? Et pourtant tel était bien son plan. L’enthousiasme qui suivit le triomphe de l'indépendance hellénique avait gagné jusqu'à Wesselburen, et la nouvelle du couronnement par lequel Othon de Bavière devint roi de Grèce, le 9 mai 1832, avait achevé d’exalter chez notre poète la folle du logis, déjà mise en branle par le dilettantisme des hommes du jour, politi- : ciens et littérateurs. Son extravagant projet nous valut du moins le document “ que voici :

An Gehlsen.

Kennst Du das Land, wo man die Eicheln frisst? Wo trocken Brot ein Sonntagsessen ist, Wo cinem Pflug das saure Leben gleicht, Das langsam wie ein solcher vorwärts schleicht, Wo Sorg’ und Arbeït wandern Hand in Hand ?

Kennst Du es nicht? Es ist Dein Vaterland ÿ.

auch doch dasselbe gewesen. » Pour les promesses d’Amalie Schoppe cf. sa lettre à Hebbel du 14 février 1833 (Bornstein, I, 310 et suiv., 382 et suiv., et Kuh, 1, 110-111]. En même temps qu’elle complète la collection des Modeblätier que Hebbel possédait, Amalie Schoppe lui annonce, dans cette lettre, le prochain envoi de 12 numéros de sa Sagenbibliothek, Volkssagen, Lesenden und Märchen, 1832-1833; Bornstein (I, 368) date d’après cette lettre die einsamen Kinder du printemps de 1833, et il conclut à propos de ce conte : « Künstlerisch, besonders technisch bedeutet das Mährchen einen Rückschritt gegen die Räuberbraut (cf. supra 27, note 5)... Bedeutungsvolle Einzelheiten künden bei zunehmender Kraft der Phantasie gleichwohl die wachsende dichterische und intellektuelle Reife des Zwanzigjährigen, »

1. CE. Bw., 1, 25, 33 (lettres à Schacht du 18 janvier 1834 et du 12 avril 1835) et T., 57 (16 juillet 1835) et note. Bornstein, Il, 179, suppose que Hebbel fut amené par la lecture de l'ouvrage de Heiberg (cf. supra 28, note 5) à l’idée de recourir à Oehlenschläger; la lettre qu'il lui adressa est perdue et il est probable que Schacht ne la lui remit pas; cf. encore Bw., Il, 43; Bornstein, Il, 356, relève l’étrange indication de Kuh, (1, 108) à propos d’une réponse d’Oehlenschlüger que Hebbel ne recut jamais.

2. Bw., 1,85. — 3. Cf. supra 15 et 24, et W., VILT, 388 13 : Selbsémordgedanken.

4. Paru au numéro 605 de la Vossische Zeitung de 1908. La lettre est du 19 octobre 1833: cf. Bornstein, I, 319 et suiv., 384.

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