Cf. supra
2. P. 83; VII, 157, Munich, 21 février 1838; cf. Bw., I, 267 (23 février 1838) : « In diesen Tagen sind mir wieder einmal ein Paar Gedichte gelungen, von denen ich glaube, dass sie mir immer gefallen werden... Das Eine ist betitelt Traum und Leben; cf. supra, 306 et n. 4.»
8. Cf, supra, 266, 267, 271, 276 et Scheunert, D. 7. H., 131. ;
4. Cf. Scheunert, D. j. H., 146, n. 3. -— 5. Cf. v. 15 « die Mutter über mich gebeugt » et le vers de Séillstes Leben : « die Mutter drüber neigend », supra, 276.
6. Cf. supra, Offenbarung, 238, n. 7. — 7. Cf. supra, 273 et n.6,et Scheunert, D. ;. H., 69. — 8. NII, 156, Munich, 1838, Modeblätter, 1838, n° 18. — 9, Cf. Scheunert, D. j. H., 58, 60, 132.
10. Cf. T., 283 « das lôsende Zauberwort auf der Lippe fühlen » et Bw., I, 282 et supra, 210 : « ein Geheimniss muss immer übrig bleiben und läge das Geheimniss auch nur in der dunkeln Kraft des entziffernden Worts. »
11. Cf. Scheunert, D. j. H., 31, 451 et n. 1. — 12, Cf. supra, 285et n. 4.
13. P. 188; VI, 262, Munich, 5 janvier 1838; cf. Scheunert, D. 7. H., 66 et 69, Cr
Doch ach der holde Gedanke Erschüttert zu sehr sein Herz,
Vor Freuden erwacht der Kranke Und fühlt den alten Schmerz.
Le poème part d’un fait vécu, d’un rêve réel, et la forme poétique suggère, avec discrétion mais bien évidemment, une interprétation symbolique .
Éinziges Geschiedensein? développe cette idée, notée dans le journal, que « la grandeur de la femme fleurit au-dessus de l’abime et perd ses ailes au moment même où la terre lui offre de nouveau un point ferme et solide où poser le pied ». Et comme la vie du sommeil est toute différente de celle de l'état de veille, le poète regarde dormir sa bien-aimée et se refléter sur son visage le rêve qui l'émeut :
Was, wie ein gôttlicher Hauch, Jetzt dich durchzittert, das Leben,
Eh’ du erwachst, wird’s entschweben, Nimmer erfreut es mich auch #.
Dans la pièce das Grab* les motifs du rêve et de la mort se combinent :
Mir war, als müsst’ ich graben Und grub gar tief hinab; Grub in die Läng’und Breite, Am Ende ward’s ein Grab.
Cette occupation dont il s’acquittait à contre-cœur et contraint par une force mystérieuse, supérieure à sa volonté, il savait qu'il en aurait, comme il le désirait, le salaire f; il ne se fait pas attendre : Das Grab war aufgeworfen, Matt sank mir Arm und Bein,
Ich hatte nichts mehr zu wünschen Und legte mich selbst hinein.
On songe à tel souhait macabre du Buch der Lieder, dans l’'Intermezz0o par exemple : mein süsses Lieb, wenn du im Grab. Mais l'émotion est ici chez Hebbel profondément originale et nous retrouvons seulement un des leitmotivs de son lyrisme’. Le 20 septembre 1837, il demande à Elise d'analyser cette pièce®, de la lui commenter, de lui dire ce qui en fait la beauté et il ajoute : « Je veux te mettre sur la voie : aucune de mes poésies ne contient quelque chose de général ». La correspondance continue à ce sujet °. Hebbel indique cependant une idée générale : « la peine qu'on se
1. Cf, T., 1262, Erlebles Gedicht et Lyrik und Lyriker, 282. — 9, P. 79: VI 212; Munich, 7 janvier 1837. — 3. T., 113 (24 octobre 1835) pra, 266, et n. 8; cf. Scheunert, D, 7. H., 60-62,
5. P. 80; VI, 263. La date indiquée par Hebbel est Munich, 24 février 1837 mais il y a erreur, car dans sa lettre du 21 février 1837, il envoie déjà la pièce à Elise. Bw., I, 172; cf. encore W., XII, 392-3.
6. Le titre était d’abord Arbeil und Lohn, cf. Bw., I, 172 et v. 8.
7. Cf. supra, 150 et n. 3; 286, n. 2, 287 et 289. Schlafen, Schlafen, nichts
als Schlafen, etc., et Was willst du Sonnenschein; cf. Scheunert, D. TEEN G et n. 2. | Ë
8. Bw., I, 226, le titre est cette fois Traum oder das Grab. — 9. Bw., I. 238 240, 246; cf. supra, 215 et n.. 7. e. d
. — 4. Cf. supra;
donne pour atteindre une récompense rend cette récompense illusoire », et cette idée constitue, dit-il, le « centre vital!» de la pièce, mais c'est qu'elle a été transposée du domaine de la raison dans celui du sentiment et ainsi l'universel a pris corps dans l'exemple particulier. Nous savons que toute l'esthétique lyrique de Hebbel uent en cette formule ?.
Nous avons vu quelle crise de solitude et de mélancolie notre poète traverse à Munich. Plus encore qu'à Heidelberg, l’image du tombeau l’obsède, il songe au suicide, et voici une des consolations anticipées qu'il adresse à Elise : « Pour le cas où je devrais quitter le monde par express, sois certaine que ce sera l'œuvre, non pas du désespoir, mais de la faim * ». Si nous comparons au Herbstgefühl" de Heidelberg le Spatsiergang am Herbstabendÿ, nous mesurerons les progrès rapides de l'hypocondrie : le promeneur solitaire regarde la chute des feuilles, assiste à la tombée des ténèbres et écoute la voix lointaine et grave des cloches; alors les chères images et les ombres des temps disparus surgissent dans son esprit et il éprouve comme un écho affaibli des joies et des consolations anciennes. La résonance intime du poème est surtout dans ces beaux
vers :
Doch dann frag’ ich mich mit Beben :
Ist so ganz verarmt dein Leben?
Was du jetzt ersehnst mit Schmerzen, Sprich, was war es einst dem Herzen?
La plainte de Walther von der Vogelweide chante dans notre mémoire :
Ach wie dahin geschwunden ist mir Jahr um Jahr! = War nur ein Traum mein Leben, oder ist es wahr?
et le quatrain final exprime une désespérance presque absolue : | Vüllig dunkel ist's geworden, Schärfer bläs’t der Wind aus Norden,
Und dies Blatt, dies kalt benetzte, Ist vielleicht vom Baum das letztet.
Le memento vivere? que Hebbel écrit à cette époque aurait tout aussi bien pu être intitulé memento mori, tant il diffère du gedenke zu leben de Gœthe. Le rythme et le ton du début sont un écho de
Heine :
Ich ritt einmal im Dunkeln Spät durch ein enges Thal.
Die Nacht war still und traurig, Ich still und traurig zumal.
Le poète songe aux rares amitiés qui lui restent, mais surtout aux compagnons qui dorment maintenant leur dernier sommeil.
4. Cf. supra, 80. — 2. Cf. en particulier supra, 215-216. — 3. Bw., I, 269 (9 mars 1838). \ :
LH Cf. supra, 273: —"5. P. 107; VI, 231, Munich, 13 novembre 1836; le
rythme estle même dans les deux pièces et imité du lied d’Uhland im Herbste. 6. Cf. supra, 289 : Was willst du Sonnenschein? 7. P. 134; VI, 269, Munich, 14 mars 1837; cf. Anmerkungen, 295 et Bw., VI, 353, ligne 26 et suiv.
Da scholl's wie Geisterstimme Vom düstern Berg herab :
Mensch, freu’ dich heut des Lebens, Denn morgen geht’s ins Grab.
Si nous ne retrouvions en ces vers un double rappel d'Uhland', Hebbel nous en fait souvenir lui-même expressément : War es ein Hirtenknabe Der jene Worte sang — Ich weiss es nicht... Et la fin annonce die treuen Brüder que nous avons rencontré déjà, et rappelle le Reiters Morgengesang de Wilhelm Hauff? : Einst hatt’ ich sie vernommen Aus eines Bruders Maund Da trank er meine Gesundheit, Jetzt lag er im kühlen Grund.
Cette pièce fut composée en manière de protestation contre les « poésies de blanchisseuse » d’un certain Fresenius qui avait « écrit sur le soir et la nuit une foule de poésies où le cœur et le sentiment n'ont pas la moindre part »; « je ne comprends pas, s’écrie Hebbel, comment un homme peut penser à la nuit et au soir sans être entraîné aussitôt par un torrent de poésie * ». Les nocturnes de Munich n'évoquent guère que des visions funèbres. Ainsi, par exemple, Licht in der Nacht, dont il était si
fier “ et dont tous les détails concourent à une impression d’outre-.
tombe. De nouveau, la nuit est sombre et silencieuse à :
Vom Felsenhang herunter Neigt sich ein einsam Haus,
Es fiel aus dem schmalen Fenster Ein zitternd Licht heraus. <
C’est Heine, nous le savons, qui a fourni le modèle de ce motif de la lumière solitaire dans la nuit, motif qui reparaïit si souvent chez Hebbel® et l'inspiration macabre de certaines pièces du Buch der Lieder à pu ne pas être sans influence sur le quatrain final : Der Pfad führt hart vorüber, Da lauscht ich denn hinein,
Ich sah einen Todten liegen, Vom Leichlicht kam der Schein.
Hebbel annonce à Elise, dans la même lettre où il lui envoie ZLicht in der Nacht, une autre poésie d'inspiration opposée : « être tiré de son sommeil la nuit par de la musique, poésie qui, ajoutait-il, attendait l'heure propice qui lui donnerait vie ». Elle l’attendit six mois et fut alors envoyée à Elise avec das Bettelmädchen que l’auteur
1. Cf. der Schäfer et die Kapelle, — 2. Cf. supra, 303 et la 2° strophe de Morgenrot! Morgenrot! — 3. Bw., 1, 181 (Munich, 14 mars 1837), cf. supra, 270 et n. 8. — 4. P. 75; VII, 146; Munich, 8 décembre 1836; cf. Bw., I, 126. — 5. Cf. le premier quatrain au premier de Memento vivere.
6. Cf. : die Heimkehr : « Die Nacht ist feucht und stürmisch, der Himmel sternenleer..…. Es flimmert fern ein Lichtchen, Aus dem einsamen Jägerhaus..…. » CF. supra, 67, 122 et 235, n, 6 : Er und ich (début); das Wiedersehen (strophes 7 18 et 22), et Nachts; cf, T., 1200 (Munich, 21 juin 1838). .
estimait moins. C’est la pièce Wohin? ! assez réussie, en effet, pour 1 CR .
-qu'on s étonne de ne la rencontrer dans aucun recueil de Hebbel :
Ich hatte ruhig geschlafen, Da bin ich auf einmal erwacht, Schnell, hastig, als ob mich was weckte; Nun lausch’ ich hinaus in die Nacht.
Am Himmel fliegen die Wolken Vorüber in eiligem Lauf,
Ein Posthorn, lockend und drängend :
Schallt plôtzlich zu mir herauf.
Cet impressionisme si vague est en parfaite harmonie avec le tre. Le passage brusque du calme et profond sommeil à l'inquiétude, à la mobilité anxieuse de l'âme, est traduit à souhait par le rythme?.
Le contraste que poétise die Kapelle d'Uhland se retrouve dans la pièce auf dem Kirchhofe?. Mais l’imitation est, cette fois, on ne peut plus heureuse et discrète :
Wie scheint die Sonne lind und hell Und giesst die Fülle Lebens aus,
Wie tônt das Todtenglücklein schnell, Unheimlich schnell, im Leichenhaus.
Dem Spielkind, das die Glocke hürt, Ists Klang, Musik, wie and’re auch; Mich, den der heis’re Grabruf stürt, Beschwichtigt gleich ein Frühlingsbauch.
On sent que l'impression a été « vécue » et, de fait, Hebbel a conçu la pièce en se promenant dans les cimetières de Munich, peuplés par le choléra d'hôtes et de visiteurs‘.
Aux Scheidelieder que nous connaissonsÿ-vient s'ajouter, dans les poésies diverses, sum letsten Mal; se séparer d’un être cher donne le pressentiment de la mort. Et, par un étrange jeu de paradoxe, tandis que le »7emento vivere de Hebbel laisse par trop déborder l'ombre du memento mori, c'est en méditant sur la mort, qu'il arrive à l'espérance et aux douces pensées’. Au cimetière, il suffit d'un souffle de printemps pour le distraire du glas et, en voyant pour la dernière fois un être chéri, il se demande si ce n’est pas la première fois qu'il le possède vraiment :
Und sagt mir durch dies inn’re Bangen Wohl gar ein Tiefgeliebtes an,
Dass es im Stillen heimgegangen, Und dass ich noch nicht folgen kann?
1. VII, 151; cf. Bw., 1, 126 (8 décembre 1836), et Bw., 1, 214 (18 juin 1837), cf. supra, 305. j ; .
2. Müller (3) indique ici encore comme modèle : Heine, mais sans préciser.
3. P. 88: VII, 146, Munich, 28 novembre 1836; cf. supra, 137 : der Kirchhof et 312. } :
4. Bw., I, 117 (29 novembre 1836), il indiquait dans cette lettre le titre
Kirchhofblumen. — 5. C£. supra, 295 et suiv. DE 6. P. 163; VII, 147; Munich, 5 janvier 1837; cf. T., 565 et 1527, et surtout Bw., I, 387 : « Es ergreift mich jedes Mal stark, wenn ich mich erinnere, dass
ich etwas zum letzten Mal thue. » — 7. Of. supra, 157 et suiv.
Mais nulle part cette loi de contraste n’est développée avec plus de profondeur que dans la pièce an den Tod, louée par Uhland en dépit de son style rocailleux et de son début pénible’. La torpeur du sommeil nous enveloppe de visions de néant et nous donne comme un avant-goût de la mort?. Passé le frisson, la réaction s'ensuit et l'âme se cramponne à la vie, désespérément :
Schaudernd dach£t' ich's und fubr Auf, und schloss mich ans Leben, Drängte in glüh'ndem Erheben Kübn mich an Gott und Natur.
et voici que tout à coup s'intensifie en lui cette vie que, tout à l'heure encore, il sentait à peine sourdre péniblement et goutte à goutte :
Oft noch berühre du mich,
Tod, wenn ich in mir zerrinne #, Bis ich mich wieder gewinne Durch den Gedanken an dich.
A ces pièces qu'inspira la pensée de la mort, on peut en opposer quatre qui chantent la joie de vivre. Hebbel écrivait à Elise le 23 janvier 1837, en lui envoyant vor dem Wein*, que ce morceau émanait du plus profond de son cœur et l'avait apaisé, en lui prouvant en quelque sorte à lui-même qu'il vivait encore. On ne peut guère y trouver cependant qu’exaltation® mystique et panthéisme un peu déclamatoire :
Dunkler, heiliger Wein!
Sieh, ich dürfte dich trinken, Doch in dein mystisches Blinken Schau ich mit Andacht lhinein.
En buvant le vin sacré, le poète sent torrentiellement pénétrer en lui les ardents effluves de la vie puissante et mystérieuse de la nature’. Nous ignorons si Hebbel suivit à Munich les cours de Franz v. Baader qu'il estimait un « grand penseur » et nous savons qu'il assistait à ceux des professeurs de médecine Dollinger et Walthers. Mais c’est tout simplement chez Uhland qu'il faut chercher la source de son dithyrambe dionysiaque*.
Nous avons vu Hebbel reprocher à Freiligrath de n’étaler dans
1. P. 34; VI, 266; Munich, juin 1837, Morgenblatt du 24 février 1840 ; cf. Bamberg, I, 140. On trouve chez Uhland un lied du même titre.
2. Cf. aux 8 premières strophes, T., 2072 : « Schlaf ist der Kampf zwischen Leben und Tod ». Scheunert, D. ;. H., 73 et 74: Kries, 40 et 53, n. 1; Engelhard (20) voit dans cette pièce : « eine Probe dieser ganz intimen, ich môchte sagen psychosophischen Dichtungsart, in der das seelisch Wichtigste zum Zentralwert gemacht ist ».
3. Cf. Scheunert, D, 7. H., Terminologisches, 62-73. — 4, Cf. supra, 288 et n. 2, ct la variante du Morgenblaft (Anmerkungen, 295).
5. P. 25; NII, 147; Munich, 22 janvier 1837; cf. Bw., I, 157 : « Ich kann mich wirklich in manchen Stunden fragen, ob ich denn nicht schon gestorben sey und lache bilter, wenn ich nein sage ».