Cf. Würde der l'rauen et Lied von der Glocke
sans être insensible à la beauté extérieure, ne se contente pas des jeux de surface, mais aime à s’enfoncer, à plonger, à creuser. Et comme pour souligner cette prédilection pour le dionysiaque, le sonnet der Wein! vient en quelque sorte couronner la série des nombreux motifs où nous avons vu le vin symboliser l’enthousiasme, la force vitale, la flamme du soleil *. Hebbel appellera plus tard le vin « la plus noble incarnation de l'esprit de la nature » et, pour ce détail encore, c’est chez ses maîtres Gœthe et Uhland qu'il faut chercher l'inspiration panthéistique analogue”. Le sonnet ne fait guère que développer le dernier vers de la pièce die schüne Stunde* : à la pensée que le:vin tire sa force de l’ardeur de tous les rayons qui ont mûri la grappe, et songeant au long cortège de jours et de nuits, passés depuis longtemps, mais qui ont concentré et ont laissé dans ce vin «ce qu'ils avaient de plus précieux », le poète, pris d’une sorte de frisson mystique *, s'écrie :
Wie zahle ich den Preis für soviel Leben?
C'est que la nature est le plus merveilleux des artistes. Hebbel va consacrer plusieurs sonnets à exprimer sa conception métaphysique de l’œuvre d’art. Sans doute la pensée, dit le journal, est le produit de l’individualité', mais l'individu ne parvient à la pleine conscience de lui-même qu’en communiant avec l'univers dont il n’est qu'une parcelle‘. L'art réalise cette synthèse. « C’est lui qui élargit la vie et qui permet à l'individu borné de se perdre dans ce qui est étranger et inaccessible. C’est là son plus splendide effet, » Etil ne fait en cela qu'imiter la nature, tirant comme elle l'harmonie de la dispersion apparente et exprimant ainsi l'instinct profond de l'humanité qui tend à cette concentration et à cette unité déjà réalisées dans l'univers *. La nature et l’art produisent donc les mêmes effets 1°. Telle est la loi que veut illustrer le sonnet an ein schünes Kind" : un enfant qui s'endort dans les bras de sa mère !?, bercé par le bourdonnement des abeilles, étourdi par les parfums du printemps symbolise ce qu’il y a de plus profond, la beauté et la