‹ HebbelChapitre 185 sur 425 · P. 242; VI, 310; Hambourg, printemps 1842: cf. T · texte numérisé non relu

P. 242; VI, 310; Hambourg, printemps 1842: cf. T

2. Cf. chronologiquement : 1834, auf ein neues Trinkelas (VI, 118); 1836, der Becher (NI, 144) et Herbstgefühl (NI, 231); 1837, es grüsst dich wohl ein Augenblick (NT, 293, dernier quatrain), Scheidelied, n° 1, v. 4 (NI, /153), vor dem Wein (VIX, 147); vinum sacrum (VII, 148); 1839, an die Jünglinge (NI,: 236), die schüne Stunde (NII, 173); 1841, die Spanierin (NI, 176), die Polen sollen leben (NT, 170); 1842, Welt und Ich (NI, 318).

3. CF. T., 3036; Faust (monologue du début) : « Schon glüh’ ich, wie von neuem Wein » et Uhland : Gesang der Jünglinge, v. 19, où le vin est appelé « Blut der üppigen Natur ». — 4. Cf. supra, 39%.

5. Cf. Scheunert, D. 7. H., 161 : « Früchte und Wein als sittliche Naturprodukte »; et en particulier, p. 164 et note; cf. Tibal, 457 : Partout, au delà des apparences visibles, le poète devine la réalité morale. — 6. T., 1636.

JT ME l0etv MAI dé FelftundMch. supra; 349 = 8MTE MEME AT 1765 et 2260.

10. Cf. T., 4035, 5646, 5701, 6183, et supra, 245, der Schmetterling. —11.P.9243; VI, 321; Hambourg, printemps 1842.

12. Cf. supra, 266, auf ein schlummerndes Kind; 309, Leben und Traum (1* vers); pour le vers : « ein Rosenblatt in einen Brunnen fliegend », cf. 168 : Widmungsgedicht, et Scheunert, D. j. H., 57, 144 et notes.

pureté, et résume plus de poésie et plus de sublimité que n’en expriment tous les tableaux, tous les poèmes, toutes les actions héroïques !.

La profonde signification idéale de phénomènes en apparence , banaux préoccupe donc toujours le poète au plus haut degré et son mysticisme s’accuse davantage encore dans Vollendung ? dont l’idée lui est suggérée par ce passage dé Jean Paul : « Nous ressemblons à la fleur magique qui dans l’ancien monde n’ouvre ses pétales que la nuit parce que c'est alors qu'il fait jour dans le nouveau, qui est sa patrie ». On pourrait, ajoute Hebbel, tirer autrement parti de cette image. « N’est-il point merveilleux que la vie de rêve de cette fleur domine sa vie réelle, que ce ne soit point notre soleil (soleil toujours, bien que pas d'Amérique) qui l’ouvre, mais notre nuit froide et sévère *? » Plus de six ans après, la mise en forme poétique ne retient plus que le symbole des rapports du réel à l'idéal, Hebbel rêve d’une fleur merveilleuse à laquelle la nature aurait prodigué ses dons, le jour sa flamme et ses couleurs, la nuit ses perles *; de cette fleur monte vers les étoiles un parfum qui est l’offrande de la nature à Dieu, de la créature au créateur”: mais le ciel ne l’accepte pas, afin de conserver à la fleur ses réserves et le parfum retombe en rosée sur elle. Sans doute, on devine la discrète allusion à la destinée du poète en général et de l’auteur en particulier’, et l'on retrouve avec intérêt la conception de la nuit féconde, propice aux correspondances cosmiques, où l'esclavage dualiste semble aboli, où l'âme d'une fleur peut se mêler à l'âme du monde et ce « quelque chose de commun, de résolvant et de conciliant qui est là, derrière les antinomies® » élever le phénomène fugace à la dignité d’une "entéléchie, s'identifier un instant à lui, lui conférer la perfection suprême d’être son propre but, de n'avoir sa fin qu’en soi. Ce symbolisme n’en demeure pas moins, au total, « plus bizarre que poétique !° ».

Même débauche de métaphysique au sonnet suivant : das Heiligste !! où, comme dans Gebet!*, Hebbel voit dans l’étreinte d'amour

1. Cf. Scheunert, D. j. H., 37 ct 171, n. 2. — 2. P. 244; VI, 311; Hambourg, z printemps 1842. — 3. T., 458 (Munich, 29 novembre 1836). 4. Cf. v. 5 : « Bald wird das Leben in ihr äberschäumen à v. # du sonnet der Wein, supra, 352, 5. Cf. v. 5:8 et Scheunert, D. 7. H., 145; 149 et n. 1, 161; cf. supra, 317 : # Blume und Duft.

6. Sur l'étrange métaphore : « Verschliesst der Himmel seine durst’gen Lippen », cf. Scheunert, D. 7. H., 160, n. 1. 7. Cf. Engelhard, 29 : « darin liegt das ganze Schicksal Hebbels : Durch Leid und Kummer zu innerer Vervollkommnung », cf. supra, 282-294, le « cycle » dem Schmerz sein Recht et 321, n. 2 l’épigramme Jedwede Blume. 8. Cf. supra, 269-273, les nocturnes de Heidelberg et die Weihe der Nacht, supra, 341. EE, 2197 10. Cf. Tibal, 461 et Scheunert, D. j. H., 79 et notes, et 80, — 11, P. 245; VI, 222; Hambourg, printemps 1842. : :

12. Cf. supra, 241, et encore : das griechische Mädchen et Sie sekn sich nicht wieder, supra, 281 et 328. On peut voir également dans ce sonnet la préformation lyrique des conflits dramatiques agencés plus tard, par exemple dans Gyges und sein Ring., autour des idées de pudeur et de virginité.

une véritable communion religieuse. Lorsque l’homme et la femme apaisent dans les bras l’un de l’autre, non les désirs d’une sensualité grossière, mais leur soif d'idéal, =

Dann müssen beide Welten sich verschränken,

Dann wird die Tiefe der Natur entriegelt 1,

Und aus dem Schüpfungsborn, im Ich entsiegelt,

Springt eine Welle, die die Sterne lenken ?.

Nous pourrions croire affleurer au domaine à la fois éthéré et sensuel de l’androgyne romantique Ÿ et cependant nous nous rappelons que Hebbel raille [es amours qui aboutissent à l’incarnation d’un idéal, mais non à la naissance d’un enfant‘. Aussi faut-il voir dans ces vers, en même temps que l’apothéose de l'union amoureuse, la glorification symbolique d'une sorte de genèse en raccourci : \

Was.in dem Geist des Mannes, ungestaltet

Und in der Brust des Weibes kaum empfunden ÿ Als Schônstes dûmmerte, das muss sich mischen;

Gott 6 aber thut, die eben sich entfaltet,

Die lichten Bilder seiner jüngsten Stunden

Hinzu, die unverkôrperten und frischen.

La « Grübelei » métaphysique de Hebbel atteint alors son point culminant dans MysteriumT et nous livre en même temps le secret de la succession de ces sonnets : il voudrait trouver le fil qui le rattache à la nature et à Dieu * et remonter ce fil de la création jusqu’à son centre inconnu”, mais alors il craint que, par une sorte d’instinct de conservation et de légitime défense, comme lui-même étouffe en sa conscience les idées par trop lumineuses et ardentes,

l'univers n'anéantisse un moi trop audacieux qui, « oublieux de ses :

limites, frapperait à l'énigme du monde !? ».

Et, comme pour témoigner que le poète avait au plus haut degré ce sens des limites, suit l’invocation : an den Aether!! qui ne fait que reprendre paraboliquement un aphorisme du journal? : de même que le regard se replie devant l’éther infini qu'il ne peut embrasser,

— Denn nichts ermisst der Blick, als seine Schranken, — de même l'esprit ne cherche plus à contenir Dieu aussitôt qu'il a

1. Cf. supra, 254, Proteus, v. 16. — 2. Cf. Scheunert, D. 7. H., 199; Winterfeld, 304 et la belle gravure de Fidus (Jugend, 1913, n° 12),

3. Moins de la Wally de Gutzkow que de la Zucinde de Schlegel, et surtout des vertraute Briefe über die Lucinde de Schleiermacher.

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