Cf. supra, 295 et n. 6. É
XVIIT-
Ces réserves faites, nous voici à même de comparer au point de vue formel les poésies de 1835 à 1842 aux premiers essais de Wesselburen. Nous connaissons à présent ceux qui, comme die Jungfrau et das Kind, étaient aux yeux de Hebbel de véritables titres de gloire’. Mais il était loin, nous le savons?, de s’enorgueillir autant des autres. En 1837 encore, se rendant compte des progrès accomplis, il écrit à Elise : « que les dernières poésies t'aient plu, Je m'en réjouis; mais ‘que nimporte quel essai de jeunesse te
paraisse estimable, je m'en réjouis moins. [l n’y a absolument rien là-dedans et si, à présent encore, je pouvais douter de ma vocation de poète, j'en déduirais la raison de ce fait que ma muse est restée si honteusement longtemps viergeÿ. » Avant de rapprocher de cette sentence les jugements favorables qu'il émit sur ses poésies ultérieures et après avoir recherché, pour chacune de ces dernières, les sources auxquelles Hebbel puisa, il nous reste à soumettre à une analyse d'ensemble l’élément irréductiblement personnel, à savoir la langue, le style et la versification. Cet examen seul permettra d'éclairer et de définir l'originalité.
Au point de vue grammatical d’abord, signalons des particularités très nettes. Hebbel emploie fréquemment et sous plusieurs formes l'élision : 1° suppression d’une lettre, soit remplacée par une apostrophe (vers 10 de Bubensonntag; vers 7 et 8 de Leben und Traurmn), - soit sans apostrophe : leis au deuxième vers du Nachtlied. On trouverait encore de nombreux exemples à la troisième strophe de Memento vivere et dans des pièces comme Geburtsnacht-Traum, Neue Liebe, Judas; 2° suppression beaucoup plus rare, imitée de la poésie populaire, du pronom es sujet apparent : « begegnet ihnen ein feiner Mann » (Hexenriti); 3° suppression d'un mot ou même de toute une phrase, remplacés par un point de suspension (dernier vers de Æexenritt, de eine Hinrichtung"). On rencontre de 1rès nombreux verbes substantivés ein Sehnen, nach innigem Güaiten und süssem Ermatten, leisestes Erinnern, das Schweben, im Werden ein endlos Auferstehn, das sich Verkriechen et l’on pourrait en citer quantité d’autres empruntés aux pièces : Proteus, an den Tod, vor dem Wein, Liebesgeheimnis, Scheidelieder, etc. De même, emploi fréquent d'adjectifs ou de participes substantivés, parfois assez courants, comme Æwiger, parfois aussi fort surprenants comme : ein selig Stummer, ou, dans le sonnet an den Acther, la série des Ergossner, Ausgeschlossner, Durchwehter, Entsprossner, Umflossner, Hebbel use et abuse de l'adjectif neutre, tantôt en apposition régulière, mais triviale : nichts Eig’nes, was Theures, tantôt transformé
o a en pronom ou en substantif : te de des Süssesten,
TNCE supra, 230 et n. 5, 243 et n. 2. Cf. supra, 143 et notes. — 3. Cf. Bw., 1, 165 (15 5 février 1837), cf. aussi Er . 278 (31 mars 1838).
4. CÊ. le même procédé dans le journal, par exemple pour indiquer le suicide, cf. T., 1649, 2337.
Verwandtes, Ew'ges, all ihr Küstlichstes, im Edelsten, Eigenstes, dein Ur-Lig'nes', dein Irdisches, ein Tiefgelicbtes, des Hüchsten, ein Uebermenschlich-Hohes, zum Hohen und zum Hüchsten. Rattachons-y l'usage absolu de Æins et zwei : Ziwei wollen Æines werden, wenn Zwei sich ineinander, die Zwei ir Eines-verschränkt. Cette prédilection pour les formes absolues se manifeste encore dans l'emploi fréquent des verbes transitifs sans complément aucun : vergessen, geben, begläcken, dämpfen, lüsen, knicke, wenn ich neckte, tragen, schüttelt, etc. Tous ces procédés tendent à donner à l'expression de la concision et de la consistance, ce que les Allemands appellent Gedrängtheit. Et c'est la même tendance qui détermine l'usage, qui parfois devient abus, des participes présents. Très légitime dans une tournure comme umfangen und umfangend, erbangend doch cerlangend (das griechische Mädchen) à la deuxième et à la troisième strophe des pièces : das Vüglein, Nachtlied, et Stille ! Stille ! où l’on en aperçoit tout de suite l'heureux effet, il est moins défendable à la cinquième strophe de Wiedersehen, à la première et à la deuxième de Æerbsigefühl, à la première de ewiges Geschiedensein, à la troisième et à la quatrième de stillstes Leben, dans Zubensonntag, Vorfrühling et Nürrisch. On se demande, à la lecture du fragment à Emil Rousseau, s'il n'est pas un peu trop commode comme rime féminine et dans la pièce an den Tod, si la brièveté qu'il donne au style n’est pas payée un peu cher.
La syntaxe n’est du reste, chez Hebbel, rien moins qu'impeccable ; On peut le constater à propos des inversions. Sans doute, il se sert à bon droit des inversions ordinaires comme eines Gottes Werde- Jener Wehen, die mich trafen, leisestes Erinnern kaum. Sauf, peut être, dans Horn und Flüte, où quatre de ces inversions se succèdent en dix vers, il en use avec mesure. En revanche, il abuse de celles qu'on pourrait appeler inversions relatives. Plus acceptable est l'inversion de la proposition infinitive que nous trouvons dans Nachruf* et à la dernière strophe de stillstes Leben et plus acceptable encore serait la forme communément usitée : dass niemand ihn erblicke, hielt ich für eitel Spottÿ, si Hebbel l'employait avec plus de discrétion ÿ,
Notons ensuite son goût pour les diverses appositions. Ce peu-
1. Nous avons déjà noté la prédilection de Hebbel pour ce terme, cf. supra, 270 et n. 2.
2. Si virtuosité il y a parfois, elle est exceptionnelle, par exemple dans der Mensch (VII, 107; cf. supra, 251-253); cf. Fischer (105).
3. Ob, die sich regt in meiner Brust, die ungestime lamme; der mich bedrückte, schläfst du schon, Schmerz; doch nicht, die etfernd wider dich entbrennen, die Christen ; Gott aber thut, die eben sich entfalten, die lichten Bilder; vor dem, die jetzt sich schrankenlos entfalten, die Individuen: wer kennt, in dessen Arm wir aus der Wiege gleilen, den ersten Himmel nicht.
4 Und fihlst du wohl, den Flug zurückzulenken, zusveilen noch ein flüchtiges Verlangen. :
Ne = € ‘ a *e . = . .
5. Bubensonntag. — 6. Cf. encore : dass solch ein Werk gedethket, das ist an Ë : je rs LA RE Gott gelegen; das thn der Tod ereilet, bevor.…., zerreisst thm ganz das Herz: die Zweifel und die Kämpfe, den iinern Hohn und Spott, dass ich ihn endlich dämpfe, versuch ich dich, o Gott.
car, and
y Rives
Loi sal
di nette dise Là
dhtan
din titdrit:
Cr PTE
Ru
A € dé
vent être des appositions nominales!; incomparablement plus fréquentes sont les adjectivales : elles apparaissent parfois en finale ?, le plus souvent au milieu de la phrase, coupant le rythme. Ordinairement, elles se pyésentent en deux épithètes coordonnées et sous cette forme constituent une importante particularité de la langue de Hebbel. On peut distinguer, pour donner une idée à la fois de la fréquence des épithètes et des adjectifs favoris : un groupe purement descriptif, un autre exprimant des qualités de force, de fraîcheur et de plénitude juvéniles’, un autre au contraire, la bizarrerie, la maladie, la mélancolie f, un quatrième enfin la douceur, la tendresse, la sensualité excitée, amollie ou contenue. Inversion et apposition peuvent se combiner ainsi : ich sehe ihn, son Nächten und von Tagen den reichen Zug.
A ce penchant de Hebbel pour l’apposition et la coordination se rattachent quatre particularités de sa langue : 1° l'emploi fréquent de l’hendyadyin verbale ou nominale. Comme nous venons de le voir pour. l'adjectif, il accouple souvent par un simple und deux substantifs ou deux verbes formant une locution toute faite;
1. Du spielst, ein sanftes Abendrot; ich lag, ein kleines Kind; eine Todesgôttin, tritt sie; nun, ein letztes Angebinde, schickt sie tm den dunklen Trunk.
2. In ziween Himmeln, wunderhold; so wirkt es doch im Tiefsten fort, geswaltig, unerkannt; sieht man thn hängen, ach, kalt, erstarrt und todt; dock schwieg ich, tief beklommen; eine dunkle Rebentraube sieht er vor sich, herrlich, dicht.
3. Trat eine Thräüne, schnell erzeugt, licht in das Licht hinein; den Segen, fromm erbat ich mir; da grüsst dich, vorempfunden, das Leben; dass er meinen Geist, beflügelt, nach Hispania versetzt; So zeigt denn, männlichen Muthes volt, sas; Der Dom, erleuchtet, hkemmte.
4. Halb verwittert und gering, hock und schlank, rund und rot, rot und zischend.
5. lrisch und blühend, jung und kühn, frisch und schnell, fest und schnell, klar und rein, klar und hell, fret und frank, blank und munter, reich und voll, voll und rein.
6. Fremd und eigen — bleich und krank ernst und finster — slumm und still ——starr und stumm — stumm und schweigend — (n. b. toutes ces citations ne représentent que des appositions; si nous voulions grouper les simples coordinations d’adjectifs, il faudrait ajouter toute une série; le groupe des épithètes du silence, par exemple, grossirait-encore : cf. Schlachtlied: stil und todt, etc.) dumpf und bang, stumpf und dumpf, dumpf und-brütend (à cette prédilection de Hebbel pour le terme dump/ l'influence gœthéenne n’est sans doute pas étrangère; cf. supra, 208 et n. 7. Müller (7 et 8) rapproche redliche - Warnung, NII, 84, v. 42 et Horn und flôte, NI, 262, v. 5. On pourrait citer
encore Grossmutter, VI, 240, v. 14; Gœthe, VII, 180, v. 8; Vorfrühling, NI, 298, v. 3; mais il s’agit dans tous ces exemples comme dans ceux de Môiler de simples épithètes). : :
7. Stolz und glühend, still und glühend (cf. der junge Hebbel, 145, n. 1)
süss und warm — lind und süss — aufgethaut und weich — lockend und drängend — umfangen und umfangend — erbangend, dock verlangend — keck und lüstern — sanft und mild — licht und mild. — Licht et mild sont deux
des épithètes préférées de Hebbelet la première se rencontre, malgré sa rareté relative, dans mainte de ses poésies (cf. das Jeiligste, Tändelei, an Elise).
8. Gruss und Kuss, — Zeil und Raum — Saus und Braus — Lust und Herrlichkeit — Hohn und Spott — Spiel und Scherz — Lipp und Wange — Lichl und
Glanz — ohne Glanz und Schall — su aitem Glanz und alter Pracht — glüht und leuchtet — glänzt und flimmert— Nacht und Glanz — Nebel und Nacht —
Sturm und Nacht — Nacht und Wind — Flut und Wind — in Fülle und Kraft — Kraft und Mut.
2° une syntaxe plus hellénique que germanique de l'adjectif épithète! ; 3° la répétition, en apposition, du sujet ou du complément direct?; 4° enfin, une certaine symétrie rythmique consistant dans la répétition fréquente du même mouvement de phrase et quelquefois des mêmes termes. Il est à noter que presque tous les éléments que nous venons d'analyser concourent non seulement à la concision du style, mais aussi au caractère du rythme et interviennent, soit pour le couper, soit pour le renforcer ou le retarder. Mais cette remarque est évidente surtout pour une autre série d'exemples : tantôt ce sont des vers qui se détachent ”, tantôt c’est une succession rapide de courtes coordinations *, ou bien des groupes de mots formant de véritables petits refrainsÿ, ou bien une simple reprise du mouvement, un peu gauche dans les premières strophes du sonnet ein Gebet, plus heureuse dans les exemples où elle est à la fois syntactique et phonétiquef; ces reprises ne contribuent pas peu à l'impression d'ensemble comme le « wirst » trois fois répété qui, renforcé par les allitérations en w, souligne la vaticination pathétique aux dernières strophes de die Spanierin, comme le «und doch,.…. doch... » qui aux vers 7, 13,14, 33 de Wiedersehen (NII, 134 et suiv.) constitue la ponctuation psychologique. Ailleurs, la reprise se marque au début de deux vers qui se suivent”. Enfin, il est des pièces comme les Scheidelieder, Hochzeit, Schiffers Abschied, der Schmetterling, der Invalide, Vinum sacrum, an Hedwig construites tout entières sur des antithèses syntactiques et rythmiques autant que logiques *.
1. {n Formen, in steife — das Leben, das dunkle — Schneewolken, düstre — die Individuen, die schroffen — die lichten Bilder, die unverkürperten und frischen — in Kannen, in gold'nen, geweihlen — das Feisenhaupt, das graue — an den Taucher, an den stillen — im Thau, dem küklen.
2. Jelzt lischt es aus, das Licht nun schweigt es still, das alle Haus — doch naht sie sich, die bange Trennungsstunde mwoher sie lkomme, jene Flamme — und linde Luft und süsser Duft, sie wurden — und als sie ganz sollendel stand, die liebliche Gestalt — Grossmutter auch, sie nahte sich, die mildeste der Frauen — und nun ergiesst ste sich, die wilde Kraft — der Wüste edler Spross, er sinkt — wie’s betet, das Kind — schon seh ich sie, die muntre Schaar, das ganze frühliche Gesimmel — du musst sie alle wieder wecken, die Wesen — auch fühll er es, das Wort.
3. Da wird es so trübe, da wird es so kalt — ich steige hinunter, ich steige empor — lass slch'n, das Haus, lass stehen — frag nicht wohin, frag nicht, swarum? — wie klingt das dumpf, wie klingt das hohl — die Nacht ist stumm, die Nacht ist slill — die Nacht war still und traurig, ieh still und traurig zumal — cf. supra, 116, et n. 1 et 117. ù
h. Und lächelt, und ist todt — sie trinken, und trinken, und trinken — und linde Luft und süsser Duft —.
5, Zum letzten Mal, — was ist die Welt, — ich wein' um ihn — (der Beitler weint) wachse nicht; ef. dans les premières poésies : zum Lichte ringt, supra, 39.
6. Mädchen, was spiegelt dies Lücheln, spiegelt dies zarte Erglühn? — Schmerz ist der Durst nach Wonnen, wirst du den Durst verfluchen? er deutet auf den Bronnen, den Bronnen sollst du suchen — die Winde, sie schwellen — die Nebel, sie senlien — die Schwäne, sie meiden.
7. Alle Wunden hôren auf zu bluten | Alle Schmerzen hôren auf zu brennen : — Golf weiss, wie tief der Meeresgrund, | Gott weiss wie tief die Wunde ist; — Sag an, o licber Vogel mein, sag” an; — Schrecklich, wenn ste sich thürmen | schrecklicher, wenn ste zergeh’n.
8. Cf. encore S{urmabend (NII, 144, dernier quatrain); cf. Môller (37) :
got de da le LE à Pond <i nd
Fa