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À ces particularités, qui n’ont en elles-mêmes rien de blämable, il est malheureusement possible d'ajouter le relevé d'assez nombreuses imperfections. Sans doute, il importe de ne point confondre avec elles de simples licences, poétiques ou non, et certains archaïsmes dont Hebbel fait un assez fréquent usage et dont plusieurs sont tout à fait légitimes. Il emploie l'adjectif épithète sans flexion dans des tournures trop élémentaires et usuelles pour être relevées, il rejette l’adjectif possessif comme le génitif du pronom personnel après le substantif?, il se sert de relatifs comme : die* pour die, welche, ou comme dess, vraie forme ancienne de dessen, ou comme d'raus, dahinter et von wann’ qui donnent au style de la rapidité ou une saveur archaïque, ou bien de très légères libertés de morphologie ou de syntaxe : geringe pour gering; zusammengekrampft in sich pour in sich zusammengekrampft; Pfarr forme dialectale de - Pfarrer.
On ne saurait non plus faire d’objection sérieuse à la suppression de sondern dans un exemple comme : ir Wasserfluthen nicht und nicht in Flammen, die Form der Welt bricht in sich selbst zusammen. Mais on se demande si Hebbel n’a pas sous-entendu cette conjonction et une antithèse au vers : sie nahmen nicht die Bibeln, die Schwerter in die Hand, ce que semblerait confirmer le contexte. Des abus où l’entraîne son désir de concision ne sont pas rares chez lui. Il aligne en un seul vers de sa Jungfrau les quatre épithètes demüthig, sicher, stolz und mild qui, malgré leur opposition logique évidente, se heurtent un peu, faute de place et de balancement. Ailleurs, son impressionisme se confond avec le style télégraphique : Herz in der Brust wird beengt; schau um dich her : blühender Garten ou bien une sorte de vitesse acquise semble amener des étrangetés d'expression ou de pensée comme à la dernière strophe de Ænabentod.
On peut très bien admettre des formes telles que : jung von
Jahren, ein Jüngling bleich wie Keiner*, das mir mich selbst erschliesst, jetzt allein sind Gott und du. Mais nous trouvons d’incontestables gaucheries dans les pièces : an den Tod (2° et 3° strophes) Nérrisch, alte Widmung dieser Gedichte (v. 17-20), dem Schmers sein Recht (début du premier morceau); vor dem Wein (3° strophe). « auch Strophen kontrastieren bisweilen in dieser Weise. Da stellt etwa die zweite Strophe einen Gegensatz zur ersten auf, der dann in einer dritten aufgehoben oder erklärt wird », et le critique cite Nachtlied, Slurmabend et die Jungfrau; aux exemples de brefs refrains donnés plus haut (364, n. 5) ajoutons la liste suivante : der Schmetterling, das letste Glas, Frühlingslied, hôchstes Gebot, zu Pferd! zu Pferd! « et Requiem »; dans Lüchstes Gebot le premier vers reparaît au début de chaque quatrain. :
1. Schôn Hedwig — ein endlos Aufersteh'n — mein schüchtern Licb, — fromm Gemilh — ein seltsam Fest ein händefaltend Kind — mein schweifend ee. tiefster Seele mein — vom Liebchen mein — licber Vogel mcin — die Reise dein —.
3. Die mich den Finsternissen entrissen; die jetzl einsam wandern (cf. VII, 300; zwei Wanderer; Erquickung; der Künigssohn).
4, Tour du vieux Gœthe. — 5. Cf. AÆleist : « Ex war ein Dichter und ein Mann, wie Einer ».
Ce ne sont là que de très légères taches. En voici de plus graves: die fromme (sous-entendu : $Seele) des Dichters; Trutz remplaçant Trotz visiblement à cause de la rime dans Situation (VI, 225); nun wird denn sein gedacht', wasuns erst ganz vereinigenr gesollt, das und nur das, hatuns so ganz getrennt ! (an einen Freund, 3° strophe; la suivante est à l'avenant); riesenhaft fühle ich's weben, welches das meine verdrängt; Gott verflucht in hôllischem Getreibe; Ermattung, gänsliche, im kranken Sein ; jener Wehen, die mich trafen?.
De même l'emploi au génitif de l'adjectif épithète sans article n'est pas toujours très heureux. Nous n’objecterons rien à des exemples comme : blauen Lichts Gefunhel, voll reicher Lichts und Glanzes, männlichen Mutes voll, mais accepterons-nous die Damen, reichen Kranzes?
Accepterons-nous aussi la série suivante : wie’s gebührt — zu allerbest geputzt — von deiner Huld ein Kunde, — dies ohnegleiche Leben — dem kleinen Haus vorbei — jedem Hüchsten sich verzweigt — die Muiter drüber neigend — dann zu Hause schlich ich mich?
Si maintenant nous ne sommes pas plus en droit de passer condamnation que tout à l'heure d'exagérer le mérite de certains détails heureux, nous pouvons déjà noter que la langue lyrique de Hebbel n'est ni quelconque ni parfaite, mais marquée au coin de son caractère très personnel.
Il nous faudrait à présent l’étudier, non plus dans ses éléments isolés, mais dans l’organique synthèse de la versification et considérer tour à tour la mélodie et le rythme, le vers et la strophe. Renvoyons pour cette étude au chapitre spécial à la fin de notre ouvrage. Mais nous pouvons, d'ores et déjà, annoncer que nous ne découvrirons de ce côté chez Hebbel rien de particulièrement remarquable, sauf peut-être, d’une part, la prédisposition dont il a été question plus haut”, l'habitude qu'il avait de composer ses poésies sous l'influence d’une sorte d’inhibition musicale et d'autre part, en ce qui concerne le rôle du conscient dans la technique, le soin de plus en plus minutieux qu’il apporte à mainis détails de la phonétique et en particulier du vocalisme.
Ces poésies qui, les chefs-d'œuvre mis à part, ne sont remarquables, ni par une langue exceptionnellement pure et belle, ni par une versification savante, ni par un caractère éminemment
Î. Die Polen sollen leben: cf. encore dans la même pièce, 2 strophe et v. 20. — 2. Dem Schmerz sein Rech, x. 90; s’il s'agit de « souffrance », le pluriel est Wehe et si Hebbel fait allusion aux douleurs de l’enfantement poétique, comment expliquer le contexte, et en particulier l'expression érafen?