‹ HebbelChapitre 189 sur 425 · À + NE · texte numérisé non relu

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musical, doivent-elles donc leur beauté formelle uniquement à « cette chose incompréhensible qu’on appelle style »!, à l'exactitude et à l'éclat des métaphores, à la richesse et à la délicatesse du sym- bolisme, enfin à la profondeur et à l'originalité de l'inspiration?

Le vocabulaire, assez homogène, renferme relativement peu d'élements rares ou exotiques. Très peu de mots étrangers et presque tous dans les titres : Proteus, vinum sacrum, virgo et mater, memento vivere, Requiem; Portal au vers 45 de das alte Haus n'a rien d'indiscret et l’on ne trouverait guère d'exemples du genre de Neues Recht etcommeles creirt et präsentiert de l’épigramme ein neuer Gott où les rimes ont évidemment pour but d'appuyer le persiflage satirique. Rares aussi sont les mots spécifiquement poétiques comme Au ou Anger. En revanche, Hebbel n'hésite pas à faire subir à des mots très simples et ordinaires une légère déformation sémantique : c’est ainsi qu'il emploie Spott tantôt au sens de Lüge, tantôt au sens de Gegenstand des Spottes?, nous avons déjà vu Trutz pour Trotz *à cause de la rime et pouvons ajouter les expressions : rit sanfiem Munde pour mit sanfter Stimme; sehnlich aufsehen pour sehnend aufsehen; zu'eifelnd, ob sie sparsam nippe où zweifeln a le sens de zügern ou de äberlegen. Il affectionne également les termes-usuels mais à saveur archaïque comme für und für, allzumal, allenthalben, von hinnen, so süsse (datif pluriel), fürbass, Münzwardeine. N écrit Liljenbett, spatziert, zur Stund, darneben, das Bette, Leichlicht, fodert, all zu. Nous trouvons même de véritables archaïsmes, les formes : zwecen, beut, schleuss, dräut, dräun, bedräut.

Le vocabulaire abstrait, psychologique ou métaphysique, tient une place qui nous paraît d'autant plus considérable que nous n'ignorons pas l’apologie théorique que Hebbel fait du concret et sa prédilection très sincère pour lui. Ce n’est pas par hasard ou par exception que dans vor dem Wein il s'intéresse à ce Quellen und Weber qui peut « surélever sa propre existence et l’éveiller à la vie la plus ardente », dans le sonnet der Mensch, qu’il oppose le Eïilen au Weilen, la thèse à l’antithèse, pour voir dans la synthèse « la forme incomprise de l’Etre, la vie », ni, dans le seul sonnet Mysterium, que nous rencontrons la série Gott, Natur, das Geheimste, das All*, das Ich. Fréquemment reviennent les expressions : das Ich, das Werden, das Sein, das Dasein, das Leben, das Wesen, das Innerste, das Geheimste, das Hüchste, das Unendliche, das Unermessliche. Il serait fastidieux d’en référer tous les exemples.

Nous n'avons pas, par contre, à admirer une grande richesse en mots composés. À moins que des formes verbales comme hinüberflüageln, zusammengekrampft et un adverbe comme aetherwärts ne paraissent témoigner de beaucoup d'originalité, on n'a guère à considérer à ce point de vue que les substantifs et les adjectifs. Les premiers sont assez peu nombreux et variés. Nous aurions pu

1. T. 552. — 2, Bubensonntag et alte Widmung. — 3. Cf. supra, 35. ; 4. Cf. la pièce : Unergründlicher Schmerz, supra, 292, 293 et n. 1. — 5. Cf.

Genesungsgefühl, v. 10, l'expression Werdelust et Faust (Ghor der Jünger). BSE

citer Geschiedensein, das In-und Durcheinandersein parmi les verbes substantivés. Plus intéressante est la série des composés descriptifs !. Ceux que Hebbel emploie le plus volontiers sont les composés de Flamme? ou ceux qui caractérisent la vie intérieure, surtout la douleur et l'émotion religieuse. La liste des adjectifs composés ne nous fournit pas d'exemples bien originaux. Des formes comme engelmild*, reichgeschmäckt, händefaltend, spiegelblank, perlenklar sont courantes. Nous en trouverions à peine une dizaine de plus rares et qui se meuvent dans le même cercle”. Parfois Hebbel les écrit en deux mots, en détachant le substantif et en lui conservant la majusculef. Mais le plus souvent le premier membre est un adjectif employé adverbialement et rattaché par un trait d'union au deuxième. Certaines de ces combinaisons sont descriptives et assez ingénieuses ?, la plupart sont psychologiques et morales *. Hebbel renchérit encore sur cette accumulation d’épithètes par un usage extrêmement fréquent de locutions circonstancielles?. Elles prennentune part considérable à l'élaboration de cette langue et de ce style, presque toujours abstraits, ou concrets de préférence dans le domaine de l'analyse intérieure. En laissant de côté les nombreuses épithètes d'appréciation, où se révèle une préoccupation de l’auteur, subjectif et partial à son corps défendant !, et toutes les incidentes qui contribuent en quelque sorte à la description scénique du personnage !! (car il y a constamment un personnage dans ce lyrisme, et bien évidemment toujours le même), il n’est pas sans intérêt de dresser un tableau précis révélant en quelque sorte les traits essentiels de l'inspiration. Rares sont les formules exprimant le désir joyeux, le repos, la satisfaction ?; un assez grand nombre, au contraire, disent le courroux, la révolte, le

ie Durcheinanderspiel, Blütenleben, Riesenruf, Leichenkerzenschein, Gewässersturz, Wellengruft, pour noter les plus originaux.

2, Flammenquell, Flammenblick, Flammenauge; cf. les verbes niederflammen, herniederflammen, et le composé Zauberglut.

Se Puppenlarven, Alterszierlichhkéit, Freudentod, Heucheljammer, Thränenperlenschnur, Thränentau des Schmerzes, der Seele Dämmerweben, Gnadenmutter, Huldgestalt, Weltverjüngungsquelle, Erlüsungskuss.

LH. CE. supra, 231, 233 et 263, n. 4. — 5. Ucberschwer, weltverloren, forstverloren, feuersatt, glutverklärt, angstgesch ättelt, ahn ungstrunken, segenschwanger, gotigeboren. — 6. Schmerz-gekränkt: Angst-verkürzt; Gottheit-schiwer.

7. Nächtlich-heilig, nächtlich-ungestim, thauig-blank, jungfräulich-zart, gespenstis-hager.

8. Lächelnd-heiler, maienhaflt-verschämt, gleichgültis-offen, furchisam-zuver-

. . . Q . D : . û . AS à sichtlich, selbstisch-roh, unermesslich-tief, freundlich-mild, menschlich-mild, schmerzlich-süss, überquellend-voll, überschwellend-voll, unheimlich-dreist, steinern-ernst, gläubig-fromm. On peut ajouter à celte liste de nouveaux adjectifs sabstantivés : du Blühend-Lebenswarmer, das Lebendie-Freie, das Endlos-

e . . Ë £ Ë Es AS: s Ungeheure, das Menschlich-Theure, das Mensehlich-Gôttliche, ein Uebermensehlich-Hokes.

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9. GE. par exemple : an Hedwig, Tändelei, Offenbarung, Geburtsnacht-Traum , der Kranke, alite Widmung, ein Gebet, Liebesgeheimniss, Lebensgeheimniss, auf eine Verlassene, etc. S

10. Relire par exemple le cycle dem Schmerz sein Recht. — 11. Cf. « indem ich knirsch und weine (jetzt ist die Nacht); cf. encore unergräündlicher Schmerz v. 155.

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