‹ HebbelChapitre 190 sur 425 · n ahnendem Verlangen, in Ru, in süssem Traum · texte numérisé non relu

n ahnendem Verlangen, in Ru, in süssem Traum

sarcasme”. Il est remarquable que l'ironie n'est, chez Hebbel, Jamais inoffensive et légère, sa raillerie est toujours accompagnée d’une joie haineuse et maligne, c'est le Hohn?. Mais la véritable clef de sa nature, on peut dire que c’est le terme Druck3 qui la donne. Presque toutes les locutions caractéristiques de Hebbel expriment le sérieux, la tristesse, l'angoisse, un sentiment d’oppression qui confine parfois à la terreur ‘. Si nous n'avons pas hésité à pousser l'analyse Jusqu'au plus minutieux détail, c’est que seul il fournit l'indice irréfutable que Hebbelest, dans son lyrisme, préoccupé de motivation dramatique. Et comme ici, plus encore que dans ses drames, le véritable héros est nécessairement l’auteur lui-même, nous ne sommes point étonnés de trouver jusque dans ces expressions détachées le reflet de cette figure à la fois tendre et combattive, hautaine et résignée, vaillante et timorée, tantôt désespérément mais fièrement raidie sous le fardeau de sa destinée, tantôt prostrée, accablée, presque toujours douloureuse. La nature et l'accumulation même des locutions révèlent, en outre, que ces poésies sont plus riches en sentiments qu'en images, qu'elles ne sont ni pittoresques, ni colorées, d'abord à cause de leur contenu et aussi parce qu'un poète qui disposerait d'un trésor de métaphores éclatantes, de tableaux variés, de tons nombreux et frais, de nuances délicates, ne s’'embarrasserait pas de tant d'épithètes et de périphrases pour faire son bouquet et nous en offrir le parfum.

Ea fait de couleurs, n'apparaissent guère dans ce lyrisme que la lueur vive de la flamme ou le rideau épais des ténèbres, Il ressemble à cette nuit noire qu'il nous décrit, encerclée de deux jours rutilants ou à ces jeunes gens qui, enivrés d'enthousiasme, portent le ciel étoilé dans leur poitrine sombre, ou à ce joueur d'orgue aveugle pour qui la magnificence de la terre s’est voilée afin que dans son âme il puisse mieux apercevoir l’image resplendissante de Dieu. La nature extérieure ne fournit guère que l'écran où est projetée la fantasmagorie psychique. Le paysage d'hiver ne déploie son blanc suaire que comme trophée du triomphe de la mort; le désert se déroule autour de l'isolement de l'arbre; dans le voyage d'hiver, c’est le voyageur qui doit nous intéresser; dans le voyage d'été, c’est la jeune fille à la fenêtre; la promenade un soir d'automne ne nous montre pas les « feuillages jaunissants », mais leur chute symbolique; l'intensité du sentiment d'automne n’amène le poète qu’à se replier devant... une idée et à se réfugier dans les affections humaines; la « chanson de prin-

1. Mit Ungestüm, in grimmigem Geschäfte, im schlimmen Zeitvertretb, in sändigem Mut, mit Lachen, in hühnendem Spott.

9, Cf. vinum sacrum, eine Hinrichtung, Schôn Hedwis, der Priester, Gott weiss wie tief.

3. Cf. für wer? et Abendgefühl. — 4. In frommem Sinn, in Demut, in trübem Mut, mit Schmerz, mit Grauwn und Schmerz, mit Zagen, ohne Zagen, mit Angst und Pein, mit Schaudern, in Schauer und Lust, in süssem Bangen (la volupté même est craintive) x heiligem Graus, mit Graus, ohne Graus, mit Beben, ohne Beben; ces deux derniers termes, en particulier, reparaissent dans de nombreuses pièces.

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temps » évoque moins la féerie multicolore du renouveau qu'elle ne développe un refrain-sermon et quand viennent les « premiers jours de printemps », ce ne sont point les couleurs vives ou tendres qui émeuvent le poète, mais les mouvements subtils des nuages, des parfums et des zéphyrs. Ce sont les mouvements, en effet, c’est l’action, c’est l’âme qui, dans la nature, l’intéresse surtout. Il se complaît à déchaîner l’ouragan ou à faire retomber l'ombre, non pas à l’heure où elle harmonise et fond les reflets, mais alors qu'elle a déjà effacé, éteint et absorbé les couleurs.

C’est nécessairement à la nature qu'est empruntée la presque totalité de ces symboles, mais rares apparaissent les images à la fois simples, jolies et profondes! et si les métaphores sont nombreuses, elles ne sont guères variées. On ne peut guère considérer comme originale la définition du cheval : « noble rejeton du désert », celles du monde « produit de sèves mauvaises » et de l’homme « pont vermoulu entre la nature et Dieu »; le conseil « ne grandis pas! » illustré par les couteaux et poignards représentant les dangers qui nous « guettent » et des formules plus ou moins heureuses évoquant le temps faux de la mort ou montrant l'enfant glissant dans «les bras du ciel? ».

Ce symbolisme fait d'innombrables emprunts à la botanique. Le poète compare une jeune fille à une rose rose puis son visage pâli par la mort à une rose blanche *; une autre jeune fille, au printemps, une chute abondante de fleurs à de la neige rouge, un bel enfant plongé dans le sommeil, à un frais pétale reposant au fond d’un puits *. Hebbel trouva les modèles d’abord dans Schiller, puis chez Ukhland et Hoffmann”, mais dès sa plus tendre enfance il avait pour les fleurs une vive prédilectiont. Les roses et les lis continuent à l'enchanter et foisonnent dans le lyrisme de 1835 à 1842 tout comme dans les premières poésies 7; la pluie de fleurs tombe ainsi que par le passé, et plus constant que jamais, s'élève le parfum, fluide intermédiaire de l’éphémère à l'éternel, du réel à l'idéal et il redescend du ciel en rosée bienfaisante”, Et cette

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