‹ HebbelChapitre 199 sur 425 · Cf. supra · texte numérisé non relu

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goœthéen, mais avec une nuance fondamentale de lourd sérieux et presque d’accablement, une résignation dont on se demande si elle émane d’un pessimisme foncier ou témoigne au contraire d’un irréductible optimisme qui brave toutes les épreuves, cherche la Joie suprême dans la lutte contre l’adversité et pousse Hebbel à faire, après Gœthe, la paix avec l'univers. Le résultat, c’est, dans l’expression lyrique, le souffle intérieur, un peu court et haletant, mais enflammé, qu'on sent passer ou frémir sous les détails jamais insignifiants parce qu'il les fait vivre. Derrière les pires élucubrations philosophiques, on sent l'inquiétude qui en est la source et les pièces vraiment poétiques plaisent toujours et surtout par leur charme intime tout comme certains visages attirent davantage par le regard expressif et les traits originaux que d’autres par la fraicheur du teint et la régularité des lignes. Hebbel n'est pas, et ne tenait pas à être de ces poètes assurés à l'avance d'une immense clientèle par une réclame infaillible ou par un de ses dons qui s’im-

posent à tous et investissent un individu privilégié d'une sorte de

mission sociale. A l'instar de Gœthe, il chante comme l'oiseau qui habite dans les branches, mais, tandis que le rossignol de Weimar emplit de ses roulades tous les échos du bocage classique, il faut s'approcher si l’on veut entendre son émule du pays dithmarse. On aime Hebbel dans la mesure où l’on se familiarise avec lui et ïl n’est pas de plus sûr moyen de le bien connaître que de lire celles de ses pages où il se confesse le moins. Lorsque, fatigué des aphorismes du journal et des dissertations de la correspondance, on ouvre son premier recueil, on a l'impression d’être moins loin de Jui. ;

Aussi n’hésiterons-nous pas à le consulter en dernier ressort sur la valeur de ces poésies. [1 nous a avoué déjà sa confiance tout au long de la genèse des Gedichte!. Peu après, il écrit à Gœdeke le 28 mars 1843 : « Peut-être ma propre opinion sur mes poésies vous intéressera-t-elle, ne serait-ce que parce qu’elle est presque entièrement d'accord avec le jugement d'Uhland?.…. Voici celles qui me paraissent les meilleures : parmi les ballades : Vater unser, der Junge Jäger, die Spanierin, Virgo et Maier, Versühnung, die junge Mutter; das Kind am Brunnen; parmi les poésies philosophiques : les sonnets; parmi les pièces-lyriques : Rose und Lilie, Sturmabend, das letste Glas, auf ein altes Müdchen, der Sonnenjüngling, der Junge Schiffer, das alte Haus, Mutterschmerz, Nackhtlied, Requiem, Scheidelieder, Bubensonntag*. Nous nous rappelons que Hebbel avait précédemment désigné das Kind et die Jungfrau comme chefsd'œuvre dont il était fier et remplacerions volontiers certaines des poésies qu’il énumère par d’autres que son choix ne mentionne pas, comme certaines pièces des cycles ein frühes Liebesleben et dem Schmerz sein Recht où comme zu Pferd! zu Pferd! Abendgefüdhl, das Haus am Meer, der Baum in der Wäüste.

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