‹ HebbelChapitre 200 sur 425 · CF. supra, 219-220 et suiv. — 2. Cf. supra, 3:5 et n · texte numérisé non relu

CF. supra, 219-220 et suiv. — 2. Cf. supra, 3:5 et n

3. Bw., VIII, 19, cf. supra, 376, n, 4 la liste des poésies que Gœdeke recueillit et celle que recueillit, plus tard, Adolf Stern. — 4. Cf, T., 1385.

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Quant à ses sources profondes, le poète nous les indique encore lui-même dans cette précieuse lettre : « Ne disposant à cette époque-là (l'époque de Wesselburen) que d'infiniment peu de ressources en fait de livres, je dus presque tous mes progrès à la Bible que je lisais beaucoup; l’histoire de ma patrie aussi, moins telle que la racontent lés chroniqueurs que décousue et mystérieuse sous forme de’vivante tradition populaire, agit puissamment sur moi et, comme personne ne se libère jamais des impressions de Jeunesse, je ne crois pas me tromper en estimant que la majesté terrifiante et sombre de la Bible et l'indomptable orgueil des grandes figures dithmarses sont les deux facteurs essentiels de ma poésie! ».

Nous ne trouverions guère dans les « Gedichte » d'emprunts directs, comme dans Judith, au livre sacré. Une fois le poète compare son cœur à l’étang de Bethesda?. Mais presque partout l'influence de la Bible, pour être purement intérieure, n’en est que plus organique ; elle pénètre comme un fort parfum la plupart des poésies, elles en sont tout imprégnées; il faut y rattacher les deux lignes les plus importantes de ce lyrisme : l’effusion religieuse et l'argumentation didactique, y ramener son caractère profondément métaphysique, psychologique et moral, le symbolisme anthropocentrique, les métaphores chrétiennes, la prédilection pour les sujets édifiants, ce besoin de divin qui cherche dans l’univers comme dans le microcosme « ce qu'il y a de plus sacré », l'intimité profonde et émue de la confidence même la plus discrète, les fréquentes invocations, l'appel incessant du poète, dans ses spéculations les plus arides comme à ses heures d’attendrissement, au patronage suprême, le mélange troublant de sensualité et de religiosité dont le cantique des cantiques lui fournissait l’insurpassable modèle. Nous connaissons déjà le goût de Hebbel pour toutes les formes de langage qui expriment l’abandon, la fécondité, la plénitude. L'intérêt qu’il porte au problème sexuel ne se«raduit guère dans les antithèses abstraites du sonnet Mann und Weib, mais bien dans ses deux évocations apologétiques des paganismes germanique et grec* ou par le ton général et les détails de l'expression comme dans der Schäfer, es grüsst dich wohl ein Augenblick ou de plus ou moins transparentes allusions®. Il voit et met de la sensualité en toutes choses et sous de multiples formes, depuis la félicité ingénue de Glück jusqu’à la frivolité un peu cynique de Sieg; elle est dans les fleurs, surtout le lis et la rose que l'enfant respire délicieuse-

1. Bw., VII, 17 et 18; cf. W:, VIII, 400 la notice autobiographique destinée au recueil de Gœdeke, auquel nous avons fait allusion, cf. supra. 376; cf, encore W., VIII, 104 et supra, 5, 7, 13, 20 et 278; Bw., I, 18, 29, 41, 65, 80, 90-91, 146, 230: IT, 87, 96-97, 117, etc.; T., 72, 124, 983, 1002, 1583, 1843, 1970, 2048, 2346, etc.

2. Morgen und Abend, cf. supra, 246 et n. &, On sait par contre combien l'influence de la Bible se manifeste tout extérieure et flagrante dans la langue de Gœthe; cf. V. Hehn, Gedanken über Gœthe. Gœthe und die Sprache der Bibel, p. 424-196, zuerst erschienen im Gœthe-Jahrbuch, 1885.

3. Der allen Gôtter Abendmahl, das griechische Müädchen, — 4. Cf. : Abentheuer am Neujahrsabend et Sturmabend.

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ment avant de s'endormir sous les baisers de sa mère, elle est dans les souffles « auxquels un parfum s'unit », dans les zéphyrs qui caressent le front pâle des convalescents et des mourants, Comme

est décrite amoureusement l'union d'amour du couple de cygnes! L'élaboration de l'œuvre d'art elle-même est comparée à un enfan-: : tement!. Le baiser est « la chose la plus sacrée » et c'estenun

élan de prière que se joignent les lèvres des amants?. L'énumération serait interminable, si nous entreprenions de réunir toutes les | locutions et tous les aphorismes qui ne seraient pas plus déplacés dans la bouche d’un pasteur que sur les lèvres du poète et nousne donnerons pas davantage la liste des pièces où, comme dans für | wen ? et Erquickung, s'exprime ce besoin de responsabilité si profond chez Hebbel et, nous nous le rappelons, si précoce”; il faudrait citer des sentences épigrammatiques comme Gott schickt ein Unglück, der Mensch soll treten in die Welt, des paraboles telles que das Bettelmädchen, ou drei Reisende, les invocations proprement dites dans ein Gebet, Situation (VI, 175), Virgo et Mater, an - + Elise, Ewiger, der Du et il resterait toute une série de poésies diverses nettement moralisantes *. C’est tantôtle tragique impérieux et sombre de l’ancien Testament, tantôt les doux conseils d'altruisme des Evangilesf. Un mendiant prononce un âpre réquisitoire contre l’aumône des « pharisiens » et le joueur d’orgue aveugle a l'oreille du Seigneur’. Jusque dans l’expression d’extrême imdépendance Hebbel demeure profondément religieux; l’abîime n’est pas infranchissable entre Bubensonntag et der Priester

et il y a quelque chose de plus luthérien encore que titanique dans les déclarations du prélat révolté®. :

Ce titanisme n’est du reste que l’autre moitié de la poésie de

Hebbel. S'il ne donne pas suite aux intentions de son poème liminaire®, et si sa Muse n’a point fait se lever de leurs cercueils : les grands morts de son pays, du moins a-t-elle ressuscité mainte image et mainte figure de l'enfance du poète, et le son des cloches de Wesselburen lui redit « encore une fois toutes ces choses anciennes ». Wesselburen, le berceau de ses premiers chefsd'œuvre!, l’époque où la vie se confondait encore pour lui avec le rêve, où les seuls noms de la rose et du lis ou une caresse maternelle suffisaient à l’enchanter, le séjour de « la vie la plus paisible » auprès des parents et de la grand’mère » et de toutes les chères figures de son rêve d’une nuit d'anniversaire, le petit paradis où sous l’arbre il s’étendait délicieusement tandis que la branche lourdement chargée descendait à portée de sa bouche et où chaque

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