Bw., IV
insiste sur l’activité libératrice de la poésie, un de ses thèmes favoris, allégoriquement développé dans sa pièce der Maler”?.
Son aversion pour les Jeunes-Allemands continue, bien qu'il y ait eu déjà des critiques pour le ranger parmi eux?. Il est aussi loin des extravagances de Grabbe, Büchner et autres hérauts contemporains du « Weltschmerz » que de l’engoûment à la mode pour les femmes émancipées, les George Sand, les Fanny Lewald et les Rahel*. Bürne, que nous l’avons vu, en 1842 encore, tenir en haute estime, ne lui inspire plus qu’un souvenir pieux; depuis longtemps il ne le lit plus‘. Il n’a que des critiques pour Laube écrivain et se contente d'apprécier la loyauté et l'honnêteté de l'homme *. Th. Mundt et Gervinus ignorent Hebbel, qui les ignore à son tour. Quant à Wienbarg, ses relations avec lui deviennent cordiales sans dépasser la reconnaissance d'écrivain avisé à impresario complaisant’. Mais l’homme qui incarne la Jeune-Allemagne, c'est Gutzkow. En vain Hebbel essaie-t-il de surmonter le dégoût qu'il lui inspirait dès son séjour à Munich et de ménager autant que possible le critique en vogue et le dramaturge influent; il s'efforce d’être équitable et même indulgent pour ses pièces ‘. L’antagonisme est irréductible. Le compte rendu que Gutzkow publie de Genoveva suffit à le déchaïîner de nouveau; dès lors, les attaques ne cessent plus de part et d’auire. L'auteur de Seraphine.est traité de « charlatan » et celui de Maria Magdalene consacré « Dionysius Longinus ? ».
Hebbel avait rencontré à Paris Henri Heine !. La première entrevue fut cordiale. Heine loua fort les Gedichte et en particulier la ballade Æexenrüt dont il récita quelques strophes. « Ils échangèrent les signes rituels auxquels des confrères se reconnaissent et se plongèrent dans les mystères de l’art. » Le don de conversation de Heïne, sa compréhension vive, intuitive des questions les plus ardues et des allusions les plus légères, le charme et la profondeur de ses aperçus, tout ravit son interlocuteur. « Contre Gutzkow, écrit-il, il partit en campagne avec toutes les armes de son esprit. » Cela n'était pas pour déplaire à Hebbel. Il prit moins de plaisir aux commentaires du hvre sur Bürne. L'impression d'ensemble que Heine fit sur lui fut extraordinairement sympathique : « Qu'il est poète, profondément, vraiment poète, non point plongeant au-petit
1. Cf, T:, 4222, supra, 269, n. 7; T., 3704 et supra, 262. — 9. Bw., II, 278: Heine le compare à Grabbe (T., 2799), Ë
3. Bw., III, 55, 288-289, 331; T., 3249, 3384, 3795: on pourrait citer encore ses jugements sur Ch. Birch-Pfeifler, sur Ludmilla et Ottilie Assing, sur les sœurs von Wolzogen.