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Hebbel rejeta un petit nombre de pièces que nous possédons intactes au recueil complémentaire de l'édition critique. Il répartit les autres sous les différentes rubriques de sa classification nouvelle! et nous tiendrons compte de ces rubriques dès l'étude des Neue Gedichte. De même, il versa les épigrammes de 1848 à l'ensemble des épigrammes ultérieures. Nous respecterons toujours le plus possible l’intention définitive de l’auteur.
L'influence de Bamberg sur Hebbel à l'égard des Juifs ne vint, en somme, à Paris, que confirmer et développer en lui certaines tendances, une évolution spontanée dont nous trouvons un indice dans la pièce composée à Munich : der Jude an den Christen?. C’est un plaidoyer en faveur des Juifs; leur sort est comparé à celui des martyrs chrétiens, mais tandis qu'à ces derniers « on ne fit point péché de leurs blessures », ceux-là furent mis au ban de l'humanité.
Pendant la traversée de Hambourg à Copenhague, Hebbel composa auf dem Meer*. Tandis que ses regards plongeaient au sein des flots tumultueux, ses pensées se reportaient vers l'océan de flammes qui avait dévasté Hambourg. Ainsi naquit l'évocation des Titans farouches, endormis depuis des siècles, puis soudain réveillés et, croyant la fin du monde venue, déchaïnant leur fureur élémentaire; l'heure est semblable et voici que, le feu repoussé, c’est maintenant la mer qui grossit et s’enfle pour anéantir le monde. « Certes, cette pièce est sombre, écrit Hebbel le 31 janvier 1843, mais elle me plut, imprimée, beaucoup, et je crois qu’elle peut se mesurer avec ses aînées, bien que je sois contrarié de ce que ma Muse ne se présente que les poings fermés et non comme compagne d'un homme comme il faut, qui boit, non du sang, mais du café. Que diable! on ne peut se faire autre qu'on n'est! Ces nouvelles poésies aussi ne sont rien moins que gaiesf. » C’est là une allusion aux pièces suivantes, également de Copenhague.
Nous étudierons plus loin dicker Waldÿ. Reminiscenz est une pièce de nostalgie mystique. Comme ensevelie sous le poids de millions d'années, l’âme du poète était plongée dans l’engourdisse-
lesquelles nous avons préféré, en anticipant quelquefois, citer toujours le texte de 1857, quitte à rendre compte des remaniements et des retouches,
1. Lieder, Balladen und Verwandtes, Vermischte Gedichte, Sonctte, etc.
2. Cf. supra, 397; cf. édition de 1848, p. 78; VII. 161. Munich le 30 septembre 1838. Telegraph für Deutschland, mai 1839, n° 71, p. 561 Wiener Zeitschrift für Recht, Wahrheit, Fortschritt, Kunst, Literatur, Theater, Mode und geselliges Leben, 15 avril 1848 ; voir enfin Bw., 1 319-321 et IV, 52. ;
3. Bei einer Ueberfahrt nach Copenhagen im Feuerjahr 1842. — Copenhague le 28 décembre 1842, éd. de 48, p. 36; VI, 251; Wienbargs literarische Blätter, janvier 1843; Neue Zeitung, janvier 1843; cf. Bw., I, 173 et notes, 197 et Kub, IL, 3 et 4. ;
h. Bw., II, 197, — 5. Copenhague, 29 janvier 1843, 40, VI, 224 incorporée en 1857 au groupe des Waldbilder où nous la retrouverons.
ment et la torpeur du sommeil, lorsqu'un jour deux yeux se pen-
chèrent sur elle et maintenant le reflet de vie palpite dans les regards de la créature soumise à la douleur de devenir et cette étincelle n'aspire qu’à retourner au foyer originel”.
Letster Gruss, qui s'intitulait dans l'édition de 1848 Gesicht, reprend au dernier quatrain un aphorisme du journal du 18 avril 1842 : « le cœur est un sceau qui doit être brisé pour que le mystère se révèle? ». Il est même vraisemblable que, comme die junge Mutter, cette poésie fut écrite en vue de la pointe finale :
Ach, ihr Herz war wie ein Siegel :
Erst als es gebrochen war,
Wurde mir sein schaurig-süsses, Himmlisches Geheimniss klar!
Mais, si elle n’est pas indigne du choix de Môrike, de la prédilection de l’auteur lui-même et de la comparaison avec les 7raumbilder de Heine*, c’est surtout par le caractère vaporeux de l'inspiration uni à la limpidité parfaite de la facture :
Jungfraunbilder, früh’ erblichen, In dem Haar den Myrthenkranz,
Dämmernd-schwebende Gestalten, Steigen auf bei Mondesglanz,
Plus tard, Hebbel, au cours de son séjour en Italie, définit la beauté plastique « résultat d’un combat » et la compare au dénouement d'un drame, mais, dès son passage à Copenhague, il prend contact avec la sculpture et il paraît en avoir alors une conception moins conforme à ses idées pantragistes. Au chef-d'œuvre de l’ami que nous l'avons vu admirer tant comme artiste que comme homme il consacre la pièce Thorwaldsens Ganymed und sein Adler“. La vision de beauté éternelle réconforte l’âme qu'a prostrée la vision d'amour, de beauté passagère, passée.
Du, o Knabe, wirst schon wissen, = Wo du dich erholen sollst.
Ce bel enfant, c'est Ganymed, doux fruit merveilleux « müri sous le baiser de Zeus ».
Blüte, die in leuchtend-klarer Schônheit nie der Wind gestreift 5.
Elise préférait à cet enthousiasme esthétique le mysticisme attendri de Déimmerempfindungf. De même que la pièce Reminiscenz
1. 48, VI, 258. Copenhague, 29 janvier 1843; cf. supra, 206 et 303; cf. Mäüller, 17; Scheunert, D. 7. H., 56 : « Hinweisung auf den Zustand des Menschen vor der Geburt, frühere und spätere Ansicht »; &bid., 59 et notes et 72 et surtout T., 3403 (21 février 1845) : « Es kann kein Mensch geboren werden, wenn nicht vorher einer stirbt ». \
2. 45, VI, 214, Copenhague, 30 janvier 1843; cf. T., 2534. — 3, Cf. Bw., Il 197, 221. Müller, 3, 14, 15 et supra, 334.
k. 42, VI, 281; Copenhague, 31 janvier 1843; cf. T., 2638, 3257; Bw., IL, 197, 214, 217; Môller, 22 et supra, 393; cf. encore Hebbel und Thorsvwaldsen von Karl Werner. Euphorion, 1, 271 et suiv.; Kuh, Il, 21-29 et R. M. Werner, VII, Einleiturg, XLNI. — 5. Cf. Scheunert, D. j. H., 183 et n.'4.
6. 44, VI, 258; Copenhague, 2 février 1843; Bw., II, 221; Kuh, IL, 29.
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