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PP TT

LES POÉSIES LYRIQUES DE 1842 À 1848. à 475

atteste que la naissance n’est qu’en apparence un commencement, celle-ci affirme, par la série même des questions qu’elle pose, pressées et divinatoires, que la mort ne saurait être qu'un commencement :

Was treibt mich hier von hinnen ?

Was lockt mich dort geheimnissvoll ?

Was ist’'s, das ich gewinnen, Und was, womit ich’s kaufen soll1 ?

Et voici la contre-partie formelle de l’aphorisme générateur de Reminiscens :

Trat unsichthar mein Erbe, Ein Geist, ein luft’ger, schon heran, Und drängt mich, dass ich sterbe, Weil er nicht eher leben kann? ?

Le troisième quatrain, enfin, peut paraître un écho affaibli de Schiller et rappelle, en même temps que son idéalisme extatique, les poésies de Wesselburen nées sous son influence.

On peut dire que les deux sources maîtresses de l'inspiration de Copenhague furent la mélancolie et le souvenir. C’est la mélancolie encore, mais douce, et le souvenir, mais auréolé d'espérance, qu'exprime le très beau Gebet du 6 février 1843, une des perles lyriques de Hebbel. Plus encore que la précédente pièce, elle devait plaire à Elise et elle lui revenait, le poète n'ayant pensé qu’à elle en l'écrivant ‘. Le début rappelle celui du Wandrers Nachilied gœthéen, mais l’ensemble est, comme on l’a fait remarquer déjà, plutôt dans la manière de Klopstock :

Die du über die Sterne weg 6

Mit der geleerten Schaale Aufschwebst, um sie am ew’gen Born Eilig wieder zu füllen :

Einmal schwenke sie noch, o Glück, Einmal, lächelnde Gôttin!

Sieh, ein einziger Tropfen hängt Noch verloren am Rande,

Und der einzige Tropfen genügt, Eine himmlische Seele 1,

Die hier unten in Schmerz erstarrt, Wieder in Wonne zu lôsen.

Ach! sie weint dir süsseren Dank, Als die Anderen alle,

Die du glücklich und reich gemacht; Lass ibn fallen, den Tropfen 8 !

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