‹ HebbelChapitre 24 sur 425 · Cf. Scheunert, D. 7. H., 95. — 2. Kub, I · texte numérisé non relu

Cf. Scheunert, D. 7. H., 95. — 2. Kub, I

3. lle est signée Holdt, dans l’/#zehoer Wochenblatt (1836, n° 44) et c'est seulement dans la Wesselburener Zeitunz (cf. supra 36, note 3) qu'elle fat attribuée à Hebbel. La ressemblance avec ses autres productions lyriques'de 1829 et 1830 était telle que Christine, à qui fut envoyé le numéro de la Wesselburener Zeitung, n'éleva aucun doute sur l’authenticité de la pièce et la reproduisit comme hebbélienne dans . là Neue! f'reie Presse (13 décembre: 1900, N° 13041). C'est ainsi que R. M. Werner fut amené lui aussi à Padmettre dans son édition critiqué, non sans réserves, il est vrai; cf. Anmerkungen, 401. Paul Bornstein (1, 340), établit la rectification définitive.

4 Vers 5 ét 6; notons l’allitération du dernier vers, — cf, Scheunért, D. 7. H., 6, 20, 43, 86, 87 et129. (XL L

6: J!M: Fischer, 23, a déjà relevé les réminiscences schillériennes : « Sie wechseln ewig in den Wechselfluten der Pilgerfahrt » (v. 3 et 4); « der Morgen

D: Tibal, 42et 43;

De tout ce verbalisme nous ne retiendrions, si la pièce était de Hebbel, que certaines qualités de développement rythmique, une facilité qui tend à la symétrie adroîte et à la prolixité. Qualités et défauts de Schiller et de ses imitateurs. Les métaphores ne.sont pas organisées ; elles illustrent la pensée sans se raccorder entre elles et sans que le poète ait encore le souci de la vivante unité du poème. Mais, s’il n'est plus possible aujourd'hui d'affirmer son authenticité et d'en tirer argument en faveur de la précoce virtuosité du jeune Hebbel, en revanche on est en droit de signaler quelle influence peut avoir sur ses premières productions le lyrisme des pasteurs et des maîtres d'école de la région *.

Toutes ses poésies de début sont des exercices d'imitation. C'est que le jeune Hebbel ne se contentait point de lire le Ainderfreund et. les Zesefrächte et de composer à l’âge de dix ans l’histoire d'Evolia, capitaine de brigands ?. Il étudiait assidûment les poètes

et préférait d’instinct les hauteurs de la poésie aux plats récits . d'aventures. [l avait emprunté à Dethlefsen les fables de Lichtwer. Sans qu'il soit possible de constater son influence par des citations directes, on peut admettre qu'elle se fit sentir en renforçant les tendances didactiques et parfois dans le tour d’enjouement ironique de ces preruières productions de Wesselburen. Quant aux disposiüons élégiaques du jeune Hebbel, elles ont été certainement fortifiées par le commerce de Matthisson et de Salis-Seewis. La pièce an die Unterdrückten*, par exemple, a été inspirée par le titre d’une poésie de ce dernier : an die edlen Unterdrückten*. Il est aisé de relever tous les motifs schillériens qui y reparaissent, l'effort nécessaire vers l'idéal, la grandeur morale mettant l’homme en relation directe avec l'infini, la couronne et la palme de la « Duldung » — le jugement dernier, les bons et les méchants, ceux-ci, avides pendant leur vie des biens précaires et passagers, glorieux de leur triomphe éphémère, ceux-là purs de haine et d'envie, fiers de leur seule vertu et délivrés de la mort même par le bon juge. On voit ici Schiller mis en catéchisme. Il faut cependant noter que l’auteur ne cite pas Jésus, mais Socrate. Et, de plus, nous retrouverons dans une autre poésie de Salis : Ærmunterung, non, seulement l'inspiration analogue, mais jusqu’à des similitudes frappantes d'expression : il s’y agit également de « Tugend » et de « Duldung », d’innocence et d'étoiles. Il n’est donc pas absolument

lächelt hehr im Rosenkleide » (v. 9); « Für jenen Stern erblühn der Tugend Saaten » (v. 21). Cf. les pièces schillériennes : Ælysium, der Pilerim, Elegie auf den Tod eines Jünglings, die Sehnsucht. ;

1. Le manuscrit fut détruit par la mère de Hebbel, cf. T., 212-214; Kuh, L,651, 52; W., V, 39 et 40; Bw., VI, 18; W., VIII, 390, 391, 395.

2, W:, NIIL,: 392 90, — 3. VII, 12; Bote, 13 août 1829.

k. Tibal fait remarquer (p.44) que la ressemblance signalée par R.M. Werner dans sa monographie (p.21) se borne là. Mais R. M. Werner note seulement l'influence générale de Salis et non pas la filiation directe des deux pièces en question. Paul Bornstein (édition du centenaire, I, 341-342) date la poésie de juillet 1829 et signale son occasion immédiate, la pièce die Unschuld siegt parue dans le Bote du 2? juillet.

pa

nécessaire de faire remonter cette pièce à l'hymne an die Freude

- de Schiller. Ces deux dernières pièces sont écrites en ïiambes purs

tandis que la majorité des poésies de cette époque contiennent des anapestes; l’accent tonique y correspond parfaitement à l'accent rythmique; l’auteur a souligné en gros caractères (comme il le fait ordinairement alors dans les stances) les mots essentiels et le sens général permet à la lecture à haute voix de marquer les nuances,

en tenant compte du procédé que les Allemands nomment « schwe-

bende Betonung » et de rompre ainsi la cadence des ïambes, un peu monotone dans des stances régulières.

Une autre pièce de la même année : Ærinnerung ! est également sous l'influence de Salis. On peut se demander ce qui pouvait bien atürer Hebbel en ce poète sobre et placide, épris de tranquillité rustique et réussissant surtout dans la description. Lorsque, pour se conformer à une certaine tradition, il lui arrive d'y apporter quelque mouvement intérieur, l'échec est complet. Aussi n'est-ce qu'à une assez restreinte fraction de ses poésies que le jeune Hebbel devait borner son admiration et qu'il faut rattacher ses réminiscences : il s’inspira surtout des pièces faisant l'apologie des vertus morales, et parallèles, en quelque sorte, pour lui à l'influence schillérienne. On découvrira aisément ce parallélisme si, à propos de la poésie qui nous occupe, on se rapporte à celles de Schiller?. Hebbel reprend ici les théories de l’expiation et poursuit entre le

- souvenir et le crépuscule une comparaison mystique *. Le souvenir

est une source de félicité pour le Dulder :

Sie zeiget dem Dulder ein liebliches Bild.

Sie zeigt seinem Blicke die Dämmerunpg,

Und ihr Name ist die Erinnerung. Déjà nous nous demandons comment une « source » peut « montree » le crépuscule. Les premiers vers nous expliquent, à grand renfort de métaphores, qu'il s’agit d’une source intérieure, divine. Si encore ces métamorphores se suivaient! mais, dès la deuxième strophe, c’est la débâcle : un torrent (produit des orages de la vie) surgit avec fracas :

Nicht die Seele kann sie durchwübhlen.

Qu'on se représente bien cet homme, porteur d’une source intérieure et nageant à grand'peine dans des flots mugissants. Mais

voici que, sans transition, c’est une fournaise qu'il a dans l’es-

tomac :

2 Wohl brennet des Schmerzes lodernde Glut.

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