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Engelhard, 27. Cf. plus loin aussi les vers

Er fasst den Knaben wohl bei der Hand, Der leistet auch nimmermehr Widerstand,.

2. C’est là l’idée qui a suscité l'interprétation ésotérique de Bastier ; cf. supra, 483, n. 7. — 3. Cf. le commentaire de Kubh, II, 467, et de Kulke, 4.

4, NV. 65-68. — 5. Cf. supra, 323 et 478 le rôle des oiseaux dans : im Walde et ’s ist Mitternacht; cf. aussi Scheunert, D. 7. A., 156.

impossible que Hebbel ait eu connaissance, et à Ærlkônig dont nous avons rapproché certains détails !. Mais, de même qu'on ne saurait reprocher à la ballade d’Annette de n'être qu’une imitation de celle de Gœthe, de même on sentira encore tout le charme du Haideknabe après avoir relu ces deux chefs-d'œuvre. Cela ne revient-il point à l'y égaler? Pourtant les différences d'inspiration et de technique ne frappent pas moins que les similitudes. Chez Gæthe, l'enfant divague dans la nuit froide, mais son père le réchauffe dans ses bras: une grande douceur, comme une volupté, passe dans ce délire et peuple l'ambiance de formes enchanteresses ; c'est un symbolisme esthétique, féerique et musical et le vers se fait tour à tour berceur et violent, au gré du rythme de l’âme. Chez Annette, l'enfant est seul, perdu dans la fantasmagorie monstrueuse et les échos sinistres du Moor westphalien; il semble qu'ici ce soit le paysage qu'ait gagné le délire et que seulement ses résonances pénètrent dans les yeux grand'ouverts d'épouvante, dans l'oreille aux aguets, la poitrine qui respire à peine; l'élément descriptif prime les autres, la forme s'adapte minutieusement aux lignes, aux bruits et à la couleur locale, en un souci de notation objective, aiguë, qui cherche à percer les ténèbres où se meuvent les spectres jusqu’à ce que la lueur familière de la lampe apparaisse dans le lointain. — Chez Hebbel, le cauchemar se déroule à la fois dans l'âme et dans le paysage, ou plutôt il s’y est déroulé déjà; ni fées, ni fantômes, mais un mauvais rêve, précédant la tragique réalité. Les trois voix de la ballade gœthéenne venaient en quelque sorte se confondre à l'oreille du petit malade et la pièce d’Annette n’est qu'un monologue d’hallucination et d’effroi; ici, les quatre acteurs ont chacun leur rôle bien défini et le protagoniste ne succomberait pas plus sans la rudesse de son maître, l’indifférence du pâtre et la scélératesse du valet que sans l’immensité désolée de la lande et la complicité mystérieuse du Réel et du Rêve, de la Nature et de l’Ame. Cette conception mystique du problème tragique est exprimée par la succession des scènes, l’enchainement inéluctable des événements, les changements de décor; il n'est pas jusqu'au corbeau et au pigeon qui n'aient leur costume de théâtre. La musique de Schumann, enfin, vint couronner ce chef-d'œuvre et renforcer encore ses qualités pathétiques 2e

Le moment nous paraît venu de présenter un groupe de quatre poésies qui, dans la grande édition, sont rassemblées sous la rubrique de Waldbilder*. La première, das Haus im Walde“ fut composée à Paris le 22 décembre 1843; deux jours après, suivit la

1. Cf. supra, 483, 484, 485 et n. 1, 2. Cf. Bw., V, 135 (lettre de Hebbel à Schumann du 30 novembre 1853; cf. Bamberg, I, 413); VI, 2 et Engelhard, 27 : « Der Haideknabe — traumhaft — schwül, fiebrisch aufregend. (Man muss es mit Schumanns Musik gehôürt haben!) Namentlich durch die im ganzen oder — und das wirkt noch mehr — in balben Versen wechselnde Stychomythie in der 17. und 18. Strophe, etc. Cf. encore Oskar Walzel (deutsche Rundschau, mars 1913, p. 437-438) 3. VI, 221-296. — 4: 84: VI, 291.

seconde : Büser Ort!. Pour former un cycle, Hebbel reporta ici la pièce dicker Wald composée à Copenhague le 29 janvier 1843 et que nous avons préféré ne pas étudier isolée, comme elle l’est au recueil de 1848, mais à sa place définitive?. Enfin, comme il fallait

une quatrième pièce qui complétât la précédente, de même que la

seconde complétait la première, le poète ajouta la pièce Situation, qui nest qu'un remaniement de la ballade de Munich der junge Jäger, composée le 12 octobre 1838, et que nous avons étudiée avec le recueil de 1842. C’est alors que le dénouement de la « situation » fut mis de côté, de façon à ne laisser subsister qu'un « tableau” ». La symétrie était dès lors parfaite, et les deux dernières pièces, analogues tant par le mètre que par le contenu, faisaient pendant aux deux premières, de forme identique. ,

Nous trouvons le sujet, ou plutôt la pointe de dus Haus im Walde, dans le journal du 11 novembre 1843 : « Jeter un regard dans un bonheur idyllique et le savourer précisément parce qu'on n'est pas soi-même prisonnier de l'espace étroit qui l’enferme." Qui donc entrerait dans un tableau “? » C’est le dernier vers de la pièce. Il se pourrait que l'influence du romantisme, ami des courses poétiques dans les bois, n’ait pas été étrangère à sa composition et s'il n'est pas certain que das Haus in der Haide d'Annette von Droste l'ait inspirée, que l'on compare der letste Gruss d’'Eichendortf : « Ich kam vom Walde hernieder... ». La description de Hebbel n’est pas moins gracieuse. Dans la forêt, une maisonnette entourée d'un jardinet; une jeune mère y donne le sein à son enfant tandis qu'une grappe s'offre à la rafraîchir ellemême; elle a préparé sur la table une bouteille de vin pour le retour de l'époux; le passant est tenté d'entrer et elle lui donnerait à boire, mais peut-il troubler cette paix?

Doch nein, ich will mich wenden, Der Wald ist dick und wild, Ich will in den Wald mich verlieren.

Wer tritt hinein in ein Bild!

Môrike loua büser Ort, transposition romantique de la pièce èm Walde que nous connaissons déjà f. Le poète arrive en un lieu silencieux et sombre où les arbres noirs semblent vouloir lui barrer le passage, où les fleurs sont « pâles comme la mort »;

Nur eine in der Mitte Steht da in dunklem Roth 7,

1.87: VI, 299, — 2, 40: NI, 22%4et supra, 473. — 3. Sifuation, NI, 2%: cf. der junge Jäger, supra, 302-303 et 360. : 4

4. T., 2847; cf. Môller, 37 : « Wo es angebracht ist, gibt Hebbel seinen Gedichten gern einen scharf zugespitzten Abschluss. Solche Pointen stehen mitunter schon geraume Zeit, bevor das Gedicht verfasst wird, fest, wie Eintragungen in das Tagebuch beweisen. » La référence est du reste indiquée par R. M. Werner : Anmerkungen, 281. |

5. T., 2959; sur le symbolisme botanique et pomologique, cf. Scheunert, D. j. H., 146, n. 3 et suriout, 166 et suiv.

6. Supra, 324; cf. Bamberg, Il, 379 et Müller, 15, — 7, Sur le symbolisme des couleurs, cf. Scheunert, D. 7. A., 186, 190.

Die hat es nicht von der Sonne, Nie traf sie deren Glut,

Sie hat es von der Erde, Und die traf Menschenblut!

Du sollst dich nicht länger brüsten

Auf meines Bruders Grab 5 In deinem gestohl’nen Purpur,

Ich räch’ ibn und breche dich ab.

Et l'homme tue la sanguinaire fleur; alors l'esprit du lieu maudit, un oiseau !, s’élance, vient se percher en face de lui et le persifle :

Jetzt lässt der Ort dich weiter, Da ihm sein Recht geschah,

Du hast die Blume getôdtet, Es war nichts Anders da.

On devine combien un tel morceau se prête au commentaire ésotérique et à l'interprétation musicale. La sagacité d'un critique français et l’ingéniosité d’un grand musicien allemand en ont également «tiré parti à

La troisième pièce : Dicker Wald est d'inspiration non moins ronrantique*. Au fond des bois sombres, receleurs de meurtres et de poisons, la belladone offre ses baies au passant et la reine des serpents est là, sinistrement accroupie, une vipère en guise de collier‘. Cette description amène un motif que nous trouvons dans une letire du 20 janvier 1843 : « C’est comme si quelqu'un, au moment où il pense être assassiné, se convainc qu'il subit une juste sentenceï ». Si donc un brigand fait feu d’un buisson voisin, il est absout à l'avance par sa victime.

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