‹ HebbelChapitre 251 sur 425 · Cf. dernier quatrain et Tibal · texte numérisé non relu

Cf. dernier quatrain et Tibal

2. Cf. T., 5434, 5698 et Scheunert, D. 7. H., 98; Fries (34, n. 1) rapproche le 3° quatrain d'un passage de Gœthe : « Hier ist die Rose... Sie erblasst, weil sie dir nicht gefällt, nun ist sie weiss. » Müärchen, Werke, V, 68. ;

3. Nous nous séparuns à ce sujet de Scheunert (D. j. ., 78) et nous rallions à l'avis de R. M. Werner (Lyrik und Lyriker, 587-589). %

4. Magdthum, éd. de 1842, une seule pièce, p. 109; édition de 1848, 2 pièces réunies sous le même titre, p. 91 et suiv.; édition de 1857 enfin, 2 pièces réunies sous le titre de das Mädchen im Kampf mit sich selbst, NI, 232 et sulv.

5. Cf. supra, 359, n. 2. — 6. Cf. T., 593, 706, 1091, 1663, etc. Nous allons rencontrer d’autres aphorismes, de date ultérieure; cf. Scheunert, D. 7. EE, 97 et suiv.; Lyrik und Lyriker, 588.

Und um diese zu entwirren, Zündet sie ihr Lämpchen an.

Le quatrain primitif est ainsi modifié :

Schüchtern nun bei seinem Strale Schaut sie in des Spiegels Rund.

Nous sommes alors préparés à comprendre tout l'effet que produit sur la jeune fille la première révélation de sa beauté : Tief errôthend, dennoch zauderud, Blickt sie fort und fort hinein;

Dann, wie vor sich selbst erschaudernd, Lôscht sie schnell der Lampe Schein.

Le poète nous la montre prenant de plus en plus conscience de ce mystère, envahie par un trouble profond, et plus elle s’efforce de combattre ce trouble, plus s’intensifie le rayonnement divin de sa beauté : | Leise in sich selbst versinkend Und aus eig’nen Zaubers Glanz Inniges Genügen trinkend, Ist sie still und selig ganz.

Doch sie will die Lust bezwingen, Weil sie aus ihr selber quillt, Da verklärt dies holde Ringen Mailich süss ihr frommes Bild.

Le dernier vers de cette strophe était, en 1842 et 1848 : « Wie nit inn'rem Licht, ihr Bild. » La modification ultérieure de ce vers entraîna celle du suivant : =

Und sie sieht’s mit süssem Bangen qui devint (l'expression y perd plus qu'elle n’y gagne) : Und sie sieht's mit halbem Bangen.

Mais ce ne serait là qu'une nuance assez insignifiante et la retouche : rnailich süss remplaçant mit inn'rem Licht, eut une seconde répercussion beaucoup plus importante. La dernière strophe, sous sa forme définitive, nous laisse perplexe : Und sie sieht's mit halbem Bangen Dass, je mehr sie sich verdammt, Ihrs von Stirn und Mund und Wangen Immer sternenhafter flammt.

Gottes eig'ner Finger leuchtet Golden durch ihr Angesicht, Und so wieïhr Blick sich feuchtet, Lôscht ihr Hauch zugleich das Licht.

Nous répétons aussi le « halte-là! » du critique qui le premier s’étonna de cette lampe éteinte pour la seconde fois sans que rien dans le texte n'indique que, depuis le 16° vers, elle ait été rallumée'. Mais rétablissons le wie mit inn'rem Licht primitif — et l'expression nous suggère qu'il ne saurait s'agir d’une grave étourderie du poète, oubliant (malgré la triple réimpression et les mulüples retouches), oubliant à la fin de sa pièce ce qu’il a dit au com-

l. Fries, 38, note.

mencement'. Nul doute, pensons-nous alors, qu'il ne faille donner au vers final une interprétation symbolique et que la « lumière » dont il est question en second lieu ne signifie cette illumination intérieure qui a transfiguré l’image de la Jeune fille. Mais le texte définitif soulève une autre difficulté. Tandis que l'interprétation précédente rend compte (laborieusement déjà, il est vrai!) des quatre derniers vers de 1848 :

Kaum nur kann sie sich’s noch wehren, Was ihr Antlitz so durchbricht,

nous nous demandons, à la lecture du vers de 1857, quel besoin il ÿ avait du « Hauch » pour éteindre un « Licht » purement intérieur? Si nous laissons subsister dans le miroir, malgré le « in üefster Dunkelheit » formel de la première strophe (ajoutée il est vrai!) un reste d'image, mais intensifiée par la vision extatique, nous ne sommes pas très certain que la buée sur le miroir de l’'haleine de la jeune fille émue entraîne la complète disparition de l’image?. Reste l'hypothèse que, lors des remaniements, l’auteur, préoccupé surtout d’insister sur la partie abstraite et philosophique*, a imparfaitement fondu avec les trois strophes anciennes les éléments nouveaux. Aussi ne sommes-nous nullement disposé à appeler cette poésie « délicieuse“ » et nous partageons bien plutôt l'avis du critique qui blâme, encore plus que l’étrangeté de l'inspiration, l'obscurité de la forme”.

Nous nous séparerons du même critique sur un autre point et n'admettrons pas avec lui qu’il n’y ait pas continuation entre la première et la seconde pièce‘. Le contraire nous paraît démontré, non seulement par d’ « autres auteurs », mais par la genèse telle que l’établissent formellement le journal et la correspondance du poète, montrant Hebbel, comme à son ordinaire, déroulant, lâächant, puis reprenant le fil d’une même idée et le ressaisissant encore après avoir terminé le second morceau’. Le trait d'union organique est

1. Of. T., 2303 : « Schônheït ist inneres Licht, herausgetreten » et Müller, 23. — 2, Cf. Scheunert, D. j. H., 98 et n. 1.

3. Cf. Tibal, 491; Môller, 24 : « stürker ist hier der Gedanke herausgearbeitet, dass die Schônheit gôttlichen Urspruugs sei ». R. M. Werner (Lyrik und Lyriker, 588-589) pense que la modification des derniers vers à été amenée par le souci de ménager la transition de cette poésie à la suivante, qui la continue.

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