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Fries (38, note) la proclame « wunderlieblich

5. Scheunert, D. j. H., 97, n. 1 : « der Genius der Sprache hat Hebbel überhaupt nicht gelächelt, als er das Gedicht schrieb »; et cbrd., 101 : das Mädchen im Kampf mit sich selbst, N° 1,... welches in seiner phantastischen Verblasenheïit ziemlich abfällt, so gut es auch gemeint ist ».

7. Ce second morceau fut composé à Rome le 11 janvier 1845, Pour la genèse, cf. Müller, 25; Anmerkungen, 286; Lyrik und Lyriker, 413, 586-589; supra, 501, n. 6 et encore T., 3162, 3292, 3418 (21 février 1845; Bw., II, 211-212, Scheunert nous paraît commettre ici, du reste, une contradiction surprenante : cf. D. 7. H., 98 : « N° 2 enthält einen ganz neuen Gedanken » et quelques lignes plus haut, p. 97 : « Das folgende Gedicht (N° 2) fübrt den Gedanken weiter und handelt von den Folgen, welche die Vision für das Mädchen hat ».

on ne peut plus clairement exprimé dans cet aphorisme du journal : « La beauté du corps fut proposée à l’émulation de l’âme ! ». Si dans la Beauté le Divin se révèle, rien d'étonnant à ce que cette contemplation élève l'âme en même temps qu’elle charme le regard. Un sonnet que nous allons avoir à étudier vient encore mettre en évidence le souci de transition qui a amené Hebbel à modifier la fin de la première pièce. Il y exprime l’idée que par la Beauté l'homme est rattaché au Divin, qu'en elle le Divin lui devient moins lointain, moins redoutable et qu'alors au frisson de terreur succède l’émotion douce, l’amour°?. Nous comprenons, à présent, pourquoi Hebbel ne laissa point subsister le dernier vers de 1848 : Zitternd lôscht sie da das Licht.

La jeune fille ne doit pas « trembler » mais, transfigurée par le contact immédiat de la divinité, pleurer de béatitude. Alors commence la seconde partie :

Doch zu nie erschôpftem Segen Wird dies heilige Empfinden Auch ïhr Innerstes erregen, Und im Maass der Schônheit binden;

Le quatrain suivant fut intégralement ajouté en 1857 : Aug’ in Aug’ mit sich im Spiegel, Feite sie sich selbst auf immer;

Unzerbrechlich ist das Siegel, Wie auch lockt der Erde Schimmer.

et le poète reprit ensuite, avec une légère modification, les deux derniers :

Diese wunderbaren Formen ?, Die des Leibes Bau ihr schmücken, Werden die verwandten Normen Auch in ihre Seele drücken ; Und so wird ihr inn’res Leben AI die Harmonie erwiedern, Die sie mit geheimem Beben Angeschaut in Leib und Gliedern #.

Ainsi, de son propre aveu, le poète trouve en Italie l'explication du mystère, la solution du problème qui l'avait hanté pendant des années ?.

Jamais plus fréquemment qu'alors la beauté de la jeune fille n'avait inspiré ses vers. C'est encore à Rome qu'il compose la pièce auf die Genesung eines schônen Mädchens®. La mort, arrivée jusqu’au chaste chevet, recule et ne voit point d'abord que sa seule approche a éteint les roses des joues’; lorsqu'elle s'en aperçoit, elle n’a plus le courage d’en ravir aussi les lis$,

1. T., 2303. — 2. Die Schônheit (NI, 318), cf. supra, 503, n. 3 et Müller, 24-95. — 3. En 1842 et 1848 : « Diese ew’gen Gôtter-Formen ». — 4. Cf. T., 3257, — 5. Cf. T., 3291 et supra, 503, n. 7. — 6. 80, VI, 210, Rome, 24 mars 1845; Thalia für 1848. Hrg. von Dr. Joh. Nep. Vogl, Vienne, 34° année, p. 138.

7. Cf. T., 1659 (18 septembre 1839) : « der Frost, der die zarte Blüte prüfen will, ob sie wohl lebt, iüdtet sie ». Fries (47) a rapproché de ces vers des passages de Kabale und Liebe, de Roméo et Juliette et de la poésie de Gleim an den Tod : «Tod, willst du mein Mädchen holen ». — 8. Fries (ibid.) rap-

Et comment un amoureux de la Beauté fût-il resté, en Italie, insensible à celle de la nature? Hebbel célèbre dans son Meeresleuchten" la Vénus anadyomène et les rossignols du bocage sacré :

Aus des Meeres dunklen Tiefen Stieg die Venus still empor?,

Als die Nachtigallen riefen In dem Hain, den sie erkor.

Les vagues amoureuses se font lisses comme un miroir pour recevoir son image avant qu'elle ne disparaisse à jamais et la phosphorescence de la mer, c'est le dernier regard, le dernier sourire de la déesse à l'élément dont elle est sortie.

Mais le cantique des cantiques à la gloire de cette Beauté dans la Nature, Hebbel déclare lui-même l'avoir composé en son long poème en quatorze strophes de douze vers : das Opfer des Frühlings*. En 1842 encore, le Frühlingsglaube d'Uhland lui paraissait « insurpassable® ». Mais aujourd'hui, voici comment il présente son propre chef-d'œuvre : « Ce printemps italien a fait naître en moi un poème où, en face d’un monde si beau, j'ai cherché à rendre tout ce qu'il est possible d'exprimer en allemand. J'ai apporté à sa composition le plus grand soin, et jusque dans le moindre détail, et m'y suis donné non seulement la tâche de jouer de l'instrument de notre langue, mais d'accorder mieux cet instrument même. Je crois pouvoir être satisfait du résultat car je doute que dans notre littérature tout entière il soit possible de trouver un morceau lyrique où l’extrême pureté, l’exquise grâce du vers et la suprême harmonie de la langue s’allient à une aussi parfaite expression de l’idée, à tant de profondeur et de délicatesse. Il faudra le relire très souvent pour reconnaître tous ses mérites, pour remarquer commentune image sort de l’autre comme une fleur d’un bouton et comment je n'y ai pas pesé seulement un mot, mais une syllabe, une voyelle après l’autre et ai disposé les vers comme en une contredanse. Au point de vue de l'harmonie, on ne saurait y comparer, que je sache, que la Nachtfeier der Venus de Bürger et son 4ohes Lied von der Einzigen, au point de vue de la pureté des vers, que quelques pièces de Platen°. Maïs je ne crois point que ces œuvres, dont la rhétorique est l'âme, vaillent mon idée. Je dis fran-

proche des deux derniers vers un passage de la Kindesmürderin de Schiller « Henker, kannst du keine Lilie knicken ?.. Zittre nicht ».

1. 81, VI, 282, Rome, 18 janvier 1845; cf. Bw., III, 210, VI, 3, VII, 257. La pièce plut fort à Môrike (Bamberg, IT, 380). R. M. Werner (Lyrik und Lyriker, 532-533) en compare la technique à celle de la pièce de Eichendorff : das Mädchen.

9, Cf. le début de Vineta de Wilhelm Müller : «aus des Meeres tiefem, tiefem Grunde steigen... ». Les Vermischte Schriften éditées par Gustay Schwab avaient paru à Leipzig en 1830; ses Gédichte, même éditeur en 1837.

3. 10 et suiv.; VI, 217, Rome, 18 mars 1845; Morgenblatt für gebildete Leser du 29 mai 1846 (W., XII, 392). — 4. Cf. T., 1529 et supra, 194.

5. Bw., III, 218-219 et suiv. On ne saurait assez insister sur l'importance toute particulière que Hebbel accorde dans cette pièce à l'élément formel, cf. encore, Bw., IL, 316; Lyrik und Lyriker, 427-433 : Unnerer Abschluss et Kulke, 99.

chement ce que je pense, je ne me fâcherai pas si l’on me réfute. Ce poème est un pendant à mon Liebeszauber. Mais pourra-t-on le goûter en Allemagne, près du poêle? C’est douteux. » Et l'auteur ajoute que, pour peu que le sort lui soit favorable, ces deux poésies lui sont un gage que la nature lui accordera la faveur suprême d'être son interprète et d'exprimer non plus seulement le caractéristique, le significatif, le notable, mais encore le beau!. Hebbel indique ici lui-même un tournant essentiel de son lyrisme et nous aurons l'occasion de noter plus loin l’évolution parallèle de sa dramaturgie?.

L'auteur indique encore les deux grandes lignes d'inspiration de ce poème : il a voulu y célébrer d’abord l’azur incomparable du ciel d'Italie et à ce côté lumineux opposer une ombre de. mort, ce qu'il y a de plus touchant, la mélancolie de la beauté frissonnant à la pensée qu’elle est éphémère. Ce frisson, c’est celui de la jeune fille dans Magdthum, mais tout naïf, inconscient : au premier choe du mystère elle éprouve la commotion du divin, troublée par la seule apparition de sa beauté et sans en analyser la destinée. La part du mysticisme est bien plus considérable à la fin du long poème das Opfer des Frühlings?.

On ne s’y attendrait guère, à lire ce merveilleux début :

Sah ich je ein Blau, wie droben Klar und voll den Himmel schmückt ?

Nicht in Augen, sanft gehoben, Nicht in Veilchen, still gebückt #.

Leiser scheint der Fluss zu wallen Unter seinem Widerschein, -

Vôügel schweigen, und vor Allen Dämmert meine Seele ein.

Les uns ont rapproché la Maiklage d'Uhland, de même rythme et de même élan’, d'autres, la Æerbstfeier de Môrikef, On peut songer à ces deux pièces et se rappeler encore Frühlingslied et Vorfrühling* en lisant des vers comme les suivants :

Doch.es gilt auch einé Feier!

Schaut den Lenz im Morgenglanz!

1. Bw., If, 218-219; cf. supra, 478; les deux poèmes sont presque toujours cités et loués de pair, cf. Bw., IIT, 236, 257-258, 295; Bw., IV, 7; VII, 257 et T., 3943. Pour das Opfer des Frühlings, cf. encore Kubh, II, 137.

2. Cf. Bw., IV, 145 (3 février 1849) à propos de Mariamne : « sie ist schôn, wie Judith erhaben »; cf. Müller, 21 et supra, 479. <

3. Cf. Bw., IT, 257-258, 345-316; T., 3377 et supra, 328 : S{urmabend (dernière strophe) et 598-602, Magdthum (1 et 2) : les expressions : vor sich selbst erschaudernd, mit halbem Bangen, zitternd (éd, de 1848), mit geheimem Becben. Au sujet du ravissement que causèrent à Hebbel le ciel et le climat italien: cf. Bw., IN, 198-200, 212, 217, 295 et 227 et Gœthe, tlalienische Reise, Tobole, le 12 septembre 1786; cf. T., 3882 et l'expression gœthéenne : « da fühlt man sich doch einmalin der Welt zu Hause »; cbtd. : Trient, 11 septembre 1786, cf. encore, Kuh, IE, 133-136; et V. Hehn, Gedanken über Gœthe. Naturphantasien, 311-312.

L, Cf. Gœthe, das Veilchen, v. 1-2. S

5. « Leuchtet schon die Frühlingssonne über See und Aue hin? » Cf. Grenzboten, 19 août 1909, p. 366.

6. Bartels, Geschichte der deutschen Literatur, WA, 360. — 7. Supra, 294 et 314,

Hinter grauer Nebel Schleier

1 Flocht der Jüngling sich den Kranz.

Mais dès ce vers, en même temps que cette personnification, avec l'apparition ou plutôt la réapparition du Sonnenjünglins!, surgit l'élément mystique. D'abord, avec discrétion : le jeune dieu tresse Sa guirlande, son souffle perce le brouillard, il ne se montre que ümidement?. Mais voici que nous est présentée également sa famille : la rose aux joues enflammées, l’amandier dans sa blanche parure, les violettes que la lourdeur de l’été étouffera bientôt et qui attendent impatiemment; les chastes lauriers eux-mêmes brüûlent d’ardeur amoureuse : -

Denn sie alle traf sein Hauch.

La nature entière semble implorer le regard du bien-aimé. C’est le

même symbolisme que nous avons analysé dans der Schäfer et le

cycle Gott-Mensch-Natur*, mais plus vivant et exprimé sous une forme plus belle encore. De nouveau, les fleurs s’éveillent aux üèdes effluves et les zéphyrs légers emportent la fécondante caresse :

Jeder Busch, wie sie ihn sireifen, Wird zum bunten Blütenstrauss, Und die Wurzeln, die noch steifen, Treiben erstes Grün heraus.

Rarement poète septentrional trouva des accents plus éloquents pour chanter la rutilante lumière du Midi que dans la strophe : « doch nun lôst sich » etc. Mais on a pu reprocher une légère exagération à la suivante“, où l’on voit cet éclat tirer les oiseaux de leur doux rêve et les faire s’élancer dans l’azur jusqu’à ce que des buées de chaleur les étourdissent et ramènent dans leur chœur l'immobilité, la torpeur et le silence. Continuant sa marche, le jeuñe dieu arrive au fleuve au cours bienfaisant :

Aber heute müge dürsten, Was da will, er hält sich an 6

Und versucht, ob er den Fürsten Durch sein Bild nicht fesseln kann,

Et c’est de nouveau l'ivresse amoureuse de la Nature et du roi soleil qui, comme dans les pièces de Wesselburen auxquelles nous venons de faire allusion, est ici complaisamment célébrée”, tandis que les « dieux », dont il est fait expressément mention, ne sont là que par figure de rhétorique :

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