Of. Tibal
2, Môller (8) rapproche l'expression « Werdekampf » (v. 12; cf. v. 2 : Werdens) du vocabulaire gœthéen (cf. v. 10 de Genesungsgefühl supra, 323 et suiv.). IL faudrait surtout rapprocher du sonnet les passages de l’italienische Reise et des lettres d'Italie que Gœthe consacre à la Junon; Fries (48) compare lé vers 8 du sonnet de Hebbel à la fin de la 15° lettre de Schiller über die ästhetische Erziehung.
3. Cf. Bw., IV, 43-44; Bw., IV, 124; cf. supra, 438 et 480, — 4. 10%, VI, 309, Naples, 16,septembre 1845; Morgenblatt du 10 décembre 1846.
5. Bw., III, 167-168; supra, 404, — 6, Cf. V. Hehn : Gedanken über Gaœthe, Naturphantasien, 319 et suiv., H, Loiseau, l’évolution morale de Gœthe, Paris, Alcan, 1911, p. 487 et Zéal. Reise (Hempel, Bd 32, p. 275 et 336),
7.105, VI, 324, Rome, 5 mai 1845: cf. T., 3636. — 8. cf. supra, 40%; Bw., III, 217; T., 3498 a; Engelhard, 29-30; cf. encore Bw., IIT, 168. 9. T., 3541.
contre elle l'aurait enlaidi. Moins esthétisant, sinon plus admiratif que le sonnet à Junon, celui-ci est d'inspiration encore bien tourmentée pour rendre la noble simplicité et la calme grandeur de l'antique. | Après avoir ainsi chanté la beauté des Romaines, la majesté des ruines de la ville éternelle et deux des plus impérissables chefsd'œuvre de l’art, le poète s'élève à la généralisation et place à cet endroit du recueil le sonnet die Schünheit?. Le titre et le second Merse:
Denn du bist schôn, du brauchst dich nur zu zeigen,
rappellent au lecteur français le sonnet du même titre de Baudelaire ? — mais quelle différence entre « le rêve de pierre » impassible, immobile :
Je hais le mouvement qui déplace les lignes
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
et la déesse du poète allemand, émue, inquiète! Chez Baudelaire, la conception est tout apollinienne, chez Hebbel par contre dionysiaque :
Die Harmonie ist deinem Wesen eigen.
Mais cette harmonie est moins plastique que musicale : tandis que la Beauté inspire au poète français « un amour éternel et muet ainsi que la matière », celle du barde germain n’est qu'un fluide, un médium de communication mystique entre la matière et le divin :
Drum dienst du, uns dem Hôchsten zu verbinden,
Wir stehen ihm nicht länger fern mit Grauen, Es tritt uns nah° in dir, wir kônnen'’s lieben #.
La beauté sert donc à quelque chose et ce n’est pas elle que l'artiste aime par-dessus tout, puisqu'il connaît une nostalgie plus profonde que celle de « ses yeux, ses larges yeux, aux clartés éternelles »? La forme cependant du sonnet allemand, son eurythmie, sa tenue, indique que, si Hebbel est encore au nombre « des adorateurs enivrés » de la déesse, il est en même temps déjà un des « dociles amants » déjà « fascinés ».
Le sonnet die Schünheit et le suivant: die Verschmähte ÿ s’opposent comme le remords au désir, comme ce qui retient à ce qui attire.
1. Of. Kuh, IT, 117 : « Schon in Paris haben wir bemerken kônnen, dass Hebbel den Gedänkenprozess des Dichters sofort den malerischen Kompositionen unterschob, die ihn besonders entzückten, und dass er die in unveränderliche Form gebannte Bewegung dramatisch auflôste. Dies ging ganz gut an bei den Gemälden Vernets oder Léthières, welche durch das vielfach Markierte und Beziehungsvolle der Stellungen und Gebärden die Unruhe des Beschauers wachrufen und ein Gespräch mit ihm unterhalten. Allein der reinen griechischen Plastik gegenüber glückt dies nicht. Gleichwohl reizte es ihn,auch bier, wenigstens dem Kampf nachzuspüren, den er als die Vo-. raussetzung eines nun allerdings ungestürten Formenfriedens in Apall, wie in der Juno wahrnahm. »
2. 106, VI, 318; Naples, 15 septembre 1845. — 3. Cf. le vers : « Je suis belle, mortels, comme un rêve de pierre », Fleurs du mal, 111.
#. CE: Scheunert, D,/7. H., 180, n. 4et supra, 50%etn. 3. 5 Cf V2
7 et 8. — 6, 107, VI, 319: Rome, 14 avril 1845. ;
N'avons-nous pas vu Hebbel ballotté, tel Tannhäuser de Vénus à Elisabeth, entre ses passions éphémères autant qu'irrésistibles et sa fidélité profonde autant qu'impuissante? Ne l’avons-nous pas entendu se plaindre, dans ses confessions vitales, que le destin de notre âme la plus intime et la plus vraie soit lié à l'apparence la plus fugitive et la plus décevante? et la même antinomie tragique qui déchirait sa vie ne reparaît-elle pas dans son esthétique sous forme de conflit nettement reconnu entre le Caractéristique et le Beau? Die Verschmähte marque en quelque sorte un brusque retour offensif des tendances mystiques dont Hebbel s’écarte, nous venons de le voir, de plus en plus consciemment, mais qu'il ne dépouillera jamais tout à fait. La dédaignée mourra d'amour et sa douleur ne finira qu'avec sa vie: ô, que n'est-elle une inconsistante figure de rêve?
O wär ich, statt mit buntem Staub umkleidet,
Als stummes Traumbild vor dich hingetreten, Du hättest heiss das Dämmernde umschlossen!
Voilà de nouveau le vocabulaire des premières poésies, le « Staub », le « Traum », la « Dämmerung ? », et c’est le seul qui convienne à l'inspiration vaporeuse de ce sonnet, à propos duquel il est permis de se demander s’il n’enveloppe point un hommage ésotérique à Elise Lensing.
Le mysticisme est encore plus accusé dans le sonnet Rechtfertigung *. Il développe un passage du journal : « l'or est plus méprisable que la boue même, car il est infécond, mais il a déjà payé sa dette à l'univers, il est terre, qui a déjà été tout" », et dans un autre aphorisme, Hebbel reprendra ainsi l’idée du sonnet : « si l'or fleurit un Jour, comme aujourd'hui la terre, il livrera le fruit de l'éternité ». I! faut bien l'avouer, de tels thèmes fournissent aux commentateurs une abondante matière 5, il est plus difficile d’y trouver de la poésie.
On peut en dire autant du sonnet suivant : die Freiheit der Sünde” dont encore un passage du journal éclaire la genèse : « de même que notre corps puise dans l'atmosphère ses éléments vitaux, ainsi l'esprit respire et se meut en Dieu; toute pensée, tout sentiment