‹ HebbelChapitre 269 sur 425 · V. 61-62 (Bamberg, II · texte numérisé non relu

V. 61-62 (Bamberg, II

k. V. 3-16 les inversions de même genre: seit deines Ursprungs Tagen (Apollo von Belvedere), in Windes Weben (das abgeschiedene Kind, v. 46) et la même absence de rieder avec la forme pronominale de Aauern au vers 32 de die Kirmess.

5. Letzter Gruss, die Schünheit, — 6. C£. supra, 364 et suiv. La forme Odenzug pour Odemzug au vers 77 de das abgeschiedene Kind est une faute d’impression de l'édition critique (cf. recueil de 1848, p. 33)

nl

De même les archaïsmes disparaissent presque complètement. Le plus grave est flimmt pour flimmert (Reminiscenz); däucht dans die Rosen im Süden est une forme courante encore aujourd'hui; fürder dans das Opfer des Frühlings est moins défendable. Encore ces archaïsmes sont-ils expressément voulus par Hebbel comme plus savoureux, plus poétiques !. ; ;

En revanche, les contractions restent très fréquentes, non seulement celle de l’a dans draus et drin ou de l’e dans tous les cas courants ?, mais d’autres plus surprenantes : « g’nug, glüh’nde, blüh'nde, luft'ger, häm'scher, Märtrer?. La suppression de la flexion de l'adjectif, courante en poésie dans des expressions comme « alheilig” Meer » (auf dem Meere), est, dans ce recueil, plus rare que dans le précédent *. ;

La syntaxe se simplifie : emploi normal des inversions ordinaires et poétiques “, usage modéré de l’inversion de la proposition relative et de la proposition infinitive*; rareté de la construction fortement synthétique comme on en trouverait un très frappant exemple dans la pièce das abgeschiedene Kind an seine Mutter. Pourtant tout ce qui peut concourir à la concision et à la légèreté de la langue est soigneusement mis en œuvre. Parfois même, ce souci est poussé si loin que la correction en est menacée : voici la suppression, parfaitement légitime, de oder :

Ob er im Meer, im Aetna sich begräbt. (auf dem Meere) -

mais plus typique est ce début de das Opfer des Frühlings :

Sah ich je ein Blau, wie droben Klar und voll den Himmel schmückt?

La notation hâtive, saccadée, impressioniste, revient souvent, par exemple dans das Venerabile in der Nacht et surtout dans Ziebeszsauber où est fait abus du tiret, bien que la suspension de la pensée s’explique à la fois par l'angoisse haletante de la poursuite, l’affolement de la boussole émotive, la rapidité cinématographique de l’action. Ailleurs encore on pourrait relever le « style télégraphique* ». Mais il convient de reconnaître à Hebbel les qualités de ses défauts : ce n’est pas à lui qu'on pourrait reprocher comme à Tieck une prolixité fatigante $. La plupart des nouvelles poésies

1. Il en est ainsi encore des adjectifs : Jedwede et jeglich (auf dem Meere, v. 32: Stanzen auf ein sicilianisches Schsvesternpaar, 39; Rechtfertigung, 4).

2, Auf dem Meere, das Opfer des Frühlings, ?’s ist Mitternacht, — 3. Cf. supra, 365 et n. 1. — 4. Voir par exemple les poésies : auf dem Mecre, der Jude an den Christen, Liebeszauber, das Opfer des Frühlings; les sonnets an Christine, Apollo von Belvedere, doppelter Krieg, an den Künstler, Rechtferligung. À noter seulement l’inversion expressive : Nicht fühlt die Harfe Schmerz (in ôder Zeit).

5. Cf. auf die Genesung (v. 7-12), eine moderne Ballade (v. 32, finale du sonnet die Lerche. Du genre de celles dont il abusait au recueil de 1842 (cf. supra, 362) on ne trouverait guère que l’exemple : denn, die als unerreichbar vorschwebt allen, die Harmonie (die Schünhett).

7. Cf. Das Haus im Walde (v. 21); Vorwärts (v. 16 et suiv.); cf. supra, 365. — 8. Cf. Miessner, Ludwig Tiecks Lyrik, XXIV, 67 : « Man hat das Gefühl,

n'ont qu'un nombre restreint de strophes; et même dans les poèmes de longue haleine, das Opfer des Frühlings par exemple, pas une seule strophe ne pourrait être retranchée. Les digressions sont évitées avec soin, « une image sort toujours de l’autre comme d’un bouton », les moindres détails de la forme visent à réaliser cette « précision d’oracle » que Hebbel admirait chez son modèle Gœthe !.

C'est à ce même souci de concision qu'il faut attribuer l'emploi de ces incidentes entrecoupant vivement le vers au gré de la réflexion ?, la fréquence, dans presque toutes les pièces, des .participes présents, la brève répétition de la conjonction de coordination, le redoublement du sujet ou du complément, l'usage de l’accusatif absolu”, les très nombreuses appositions ‘, les couples d’épithètes unis par und avec ou sans allitération ", les hellénismes enfin dans la syntaxe de l’adjectif tout aussi nombreux que dans le recueil précédent *.

L'adverbe n’est point banni de ce lyrisme, mais le poète en évite l’aridité : le plat wieder est remplacé par abermals et le plus souvent Hebbel se sert d’une simple épithète ou d’une locution circonstantielle*. La liste de ces dernières ne saurait être, pour nous, dépourvue d'intérêt, car elle est l'indice précisément de cette tendance explicative, didactique, que Hebbel proscrit dans son esthétique mais à l'influence de laquelle il n'est pas parvenu à se soustraire complètement, tant était irrésistible chez lui le besoin de description et de motivation dramatiques !?.

Dans la structure des mots, il faut noter un progrès incontestable de simplicité et de goût. Hebbel montre davantage de discrétion

als hätte der Dichter eben so gut noch ein halbes Dutzend Strophen hinzufügen kônnen. x

T. Cf. Bw., I, 68, III, 219 et supra, 505 et suiv.

2, Cf. das abgeschiedene Kind an seine Mutter, v. 7. Eine moderne Ballade. — 3. Mit Tanz und Spiel und Schmausen, und legen’s auf den Ofen und kauern sich um den Rand.

L. Lass ihn fallen, den Tropfen; und wie sollten sie nicht rinnen, ihre Thränen; was sind sie, ihre dunklen schwarzen Augen?; Woher es khommit, dies Perlen und dies Blitzen. ;

5. Und nun den Duft versprüht. — 6. Von deinem Glanz geblendet, dienstbeflissen, überschwänglich, sie überragend, wurzelhaft gebunden, ete.

7. Bleich und blutend; blink und blank; rein und rund; fern und nak: lustig und schnell, stumpf und unempfänglich, keusch und süchtig; zerrissen und entstelll; schwindelnd und erblassend. ‘

8. Cf. celui que signale Môrike (Bamberg, IT, 379) : die Wurzeln, die noch steifen et encore : Knabe, süsser, wunderbarer; ein Geist, ein luftger: sein Blick, sein scheuer; Peter, der lange; das Gold, das edle; durch den Acther den bläulich-klaren; deine Augen, deine seelenvollen: dem Freunde, dem erschreckten; ihre. Kleider, thre weissen; dem Christusbild, dem blassen: die Mutter, die greise. Parfois l’épithète suit, sans article : nicht in Augen, sanft gehoben, nicht in Veilchen, still gebückt. £

9. Cf. Auf dem Meer, v. 24; letzter Gruss, v. 13; aus der Kindheit, v. 26-27. — 10. On en jugera par les exemples suivants : mit grüsstem Grauen, mit Beben, ohne Beben, hämischer Weise, mit Wut, mit Weinen, zu süsser Labe, in neidischen Verlangen, mil beschämten Blicken, nach innerstem Bedarfe, bei nächtlicher Zeit, in magdlichem Scherze, in nie besriff”nem Selbstzersplillrungs- Drange,, etc., etc.

que par le passé dans l’emploi des substantifs verbaux !. Même retenue dans la formation des composés : des formes comme Zinzelsein, Wesen-Balles, Wechselkräfie, Zersplitterungsdrang, Weli- und Selbst- Erlüsung, sont heureusement isolées en deux pièces entièrement sacrifiées au jargon métaphysique ?, et si Plütenborden rime avec Jungfrau’n-Orden, la composition de Schaamgeberde, Liebeszauber, Wogentans, Sternentanz, Mädchenloos, etc. n’a rien que de normal et de régulier. Mais le poète conserve sa prédilection pour les épithètes complexes, écrites en une ou deux parties et qui constituent, semble-t-il, sa plus précieuse ressource descriptive. Veutil exprimer les nuances du ciel, de l'atmosphère et des objets? Il trouvera : sommerschün, bläulich-klar, leuchtend-klar, glühend-heiss, “abendrot-umgossen, dämmernd-schwebend, dämmernd-klein: Veut-il rendre des états de sensibilité plus ou moins subtils, il dira : wonnetrunken, still-geheim, ängstlich-fest, kinder-fromm, stammelndsäss, schaurig-süss, trotsig-dicht. Et, frappé de l'harmonie entre le monde extérieur et l’âme, il décrira les mystisch-tiefen Züge et admirera toute la série des formes von Stillen-Reizenden zum Blendend-Schünen. Gette dernière citation nous fournit un exemple de l'emploi judicieux que Hebbel fait maintenant de l'adjectif neutre. On en trouverait d'assez heureux échantillons ÿ. Neutre ou non, enfin, l'adjectif est, dans ce recueil, assez volontiers et assez habilement substantivé “.

Nous retrouvons, on le voit, toutes les particularités qui distinguaient déjà la langue des Gedichte mais, jusque dans ces particularités, nous constatons dans les Neue Gedichte plus de mesure et plus de finesse. La langue de ces dernières est moins tourmentée et plus correcte sans que, comme nous allons nous efforcer de le démontrer, le style y perde. En un mot, elle est plus classique. Il est facile de s’en convaincre en relisant, non seulement les chefsd'œuvre que Hebbel lui-même loue tout particulièrement à ce point de vue, comme ZLiebeszauber et das Opfer des Frühlings, mais d’autres chefs-d'œuvre, comme der Haideknabe, Gebet, aus der

Kindheït et, à ne noter que la plus grande limpidité par rapport aux poésies de 1842, il faudrait citer la majorité de celles du nouveau recueil.

Réservons, comme précédemment, pour notre chapitre spécial les remarques concernant la versification et les qualités musicales

1. Voici le genre de ceux que nous rencontrons maintenant : das Gestallen, ein Geigen und Flôten, in Windes Weben, dies Zersplittern, etc.

2, Das abgeschiedene Kind an seine Mutter et die Sprache. — 3. Cf. man sieht sich umsonst nach Lebendisem um; so glaub’ ich nicht, dass, ich mir Süss’res wüsste; ob sie mir ihr Mildes gônnen. L'expression : all sein Bifres schlürfen est moins heureuse.

L. Alles Schône, ins Unermessliche, ins Unbegränste, im Ewigen und Wakren, im Ewig-Einen, der Kühnste, kein l'rôhlicher, dem Zagen, etc.

des neue Gedichte et contentons-nous, en attendant, d'annoncer qu à ce point de vue nous aurons à constater un progrès indéniable en comparant le recueil de 1848 à celui de 1842.

Quelles indications va maintenant nous donner le vocabulaire ? Nous trouvons très peu de mots spécifiquement poétiques comme Aar et Born!'; Hebbel préfère des termes comme Wallen, Schlummer, qui ont une saveur poétique sans cesser de faire partie du langage courant ou un terme : AXnabe qui fait partie du langage courant sans avoir rien de trivial ou de vulgaire ?. Il n'abuse pas non plus des mots étrangers, à moins que l’on ne range parmi eux des termes appartenant au jargon philologique, philosophique ou esthétique et qui comme tels ont acquis droit de cité en allemand : Element, Reminiscenz, Harmonieen ?. I] est plus difficile d'admettre parmi ces derniers : Aeonen et Signaturen * et, à part le terme latin Venerabile, il importe de distinguer eine moderne Ballade et ein Spatziergang in Paris; là nous rencontrerons les exclamations gagne et valici nous relevons : Boulevard, distinguiert, das veni, pidi, voici, Tambour, et le vers bizarre :

Dort la Gloire de France! wer schwankte nochÿ!

Par contre le vocabulaire métaphysique ou esthétique n’est point négligeable. Nous avons eu déjà l'occasion de noter des expressions comme : ins Unermessliche, ins Unbegränzte, nach Lebendigem, im Ewig-Einen, im Ewigen und Wahren, jedes Wesen-Balles, som Stillen-Reizenden zum Blendend-Schünen, alles Schônef. On pourrait indéfiniment allonger la liste’. On souhaiterait au vocabulaire descriptif une diversité et une richesse aussi grandes. On remarquera que, parmi les épithètes que nous avons déjà citées, il y en a très peu de pittoresques et presque aucune de colorée et que, d'autre part, presque toutes sont destinées à frapper, non

1. Thorwaldsens Ganymed, letstes Gebet. — 2. Das abgeschiedene Kind, Liebeszauber, das Opfer des Frühlings, an eine Rômertin, auf dem Meer, Ganymed, aus der Kindheit, der Haideknabe. Engländer reprit le terme « Element » dans Meeresleuchten; cf. Wiener Jahrbücher, Bd CXXII, p. 166 et suiv. Hebbel le conserva; cf. les pièces auf dem Meer, Reminiscenz, das abgeschiedene Kind, die Schünheit.

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