‹ HebbelChapitre 271 sur 425 · Cf, supra · texte numérisé non relu

Cf, supra

2. Cf. das Opfer des Frühlings, v. 3-k; Sommerbild, dernier quairain et toute l'énumération suivante : neigen, schwenken, sieigen, niedersäuseln, kreisen, schweifen, in Windes Weben, aufschweben, schwellen, zurückweichen. Hebbel affectionne particulièrement les trois verbes : streifen, wandeln ct nallen; enfin, en nous contentant de citer des composés à particule inséparable ou mixte : wmivallen, umschweben, umschleichen, durchschaucrn, durchblitzen, durchglühen, durchzucken, erbleichen, erblassen, sich ergiessen, verglühen, verspritzen, verwirren, zergehen, zerspringen, zerrinnen, zerfliessen, zerstieben, zserschlagen, zerreissen, zerfetzen, zerwühlen, zerzittern, zersplitlern, entfliehen, entweichen, entrücken, enteilen, entfliessen, entquellen, entspringen, entziehen, entblüssen, entbinden, entstellen, entladen, entkeimen, entspriessen, entfachen, entzittern. La particule ent reste donc la favorite.

3. Cf. auf dem Meer, ein Spalziergang in Paris et supra, 497, — 4, Cf. das Haus im Walde, das abgeschiedene Kind et supra, 494 et n. 5.

5. Das abgeschiedene Kind, v. 77, 84, 98, 109, 117. — 6. Jbid., v. 67-69. — 7. Cf, T., 2633; VII, 187 : « Wir Menschen sind gefror’ne Gott-Gedanken ».

Weil Gott, sich selber unverständlich,

Wie unser Geist in Worte, in Figure

Zerfliessen musste….. MTS Quoi qu'il en soit de la conséquence de ces métaphores, on reconnaîtra qu'elles ne révèlent guère qu'un mysticisme métaphysique plus proche du panthéisme que de la Bible!. La mythologie des Neue Gedichte est proprement cosmique. Nous comprenons pourquoi Hebbel refusait de sacrifier aux scrupules littéraires de son ami Engländer un mot comme Ælement ?, Il reprend très volontiers l'antithèse du solide et du liquide. Déjà dans une poésie du précédent recueil nous avions vu le poète faire vœu de s’enfermer, après sa mort, dans la pierre précieuse la plus dure, le diamant, de devenir une larme qui, à son tour, se cristalliserait en une pierre précieuse ?. Dans Gebet reparaissent des métaphores identiques ‘. Dans la moderne Ballade des larmes hypocrites se pétrifient en tombant et deviennent d’étincelants rubis, tandis que celles d’une mère éperdue font pour l'enfant défunt briller la terre entre toutes les constellations du ciel *. Deux gouttes de rosée pures et rondes se confondent et roulent ensemble au fond du calice d'un lis, mystique image de la perfection de l'union d'amour au sein de la mort; ailleurs l'âme du poète mélancolique, malgré le sourire d’une jeune fille, est comparée à une goutte d'eau àtravers laquelle luit le soleil. D'autre part, l'or est représenté comme l'emblème de la perfection °. C’est donc tantôt la goutte pure, tantôt le métal ou la pierre brillante qui la symbolisent, Le sceau suprême est un sceau astral’. Les astres, les planètes, les étoiles interviennent fréquemment, soit pour indiquer un destin à venir, soit pour rappeler un destin passé, soit pour retomber en pluie qui fasse de l'heure présente un éblouissement. Tous les éléments fêtent dans ce symbolisme une sorte d'apothéose : la flamme met sa pourpre au visage de la jeune fille, les hommes sont comparés à ces étincelles qui jaillissent et s’éteignent dans les jeux d'enfants; une nuit incendiaire, voilà pour décrire l'œil noir et fatal de la bien-aimée *. Les vagues de l'Océan se jouent du liége comme le temps du mauvais poète. Vénus s’est contemplée dans le miroir de la mer, qui doit ainsi à la déesse son immortel éclat; l'artiste puise, sans la tarir, à la « source magique » ét dans les nuages du ciel l’homme voit une constante menace au-

1. Cf. encore les vers 32-34 : « O had’re nimmer mit den Urgewalten » et supra, 493. — 2. Cf. supra, 528, n. #. — 5. Cf. supra, 283 et 373. ANS O EUR Und der einzige Tropfen genügt, Eine himmlische Seele, Die hier unten in Schmerz estarrt, Wieder in Wonne zu lôsen.

5. Das abgeschiedene Kind, v. 6-8. — 6. Cf. Ich und Du, an ein Junges Mädchen (NII, 187), Rechtfertigung. ; 7. Cf. das Mädchen im Kampf mit sich selbst, 2° partie, v. 39 et eine Pflicht.-

v. 23, der Vollendung Sternensiegel. , faite 8. Cf. Dämmerempfindung, Eine Mondnacht in Rom, im rômischen Carneval

9. Auf ein errôthendes junges Mädchen, die Kirmess, Slanzen- auf ein sicilianisches Schwesternpaar.

dessus de lui'. Après le feu et l’eau, l'air etle vent : le poète a laissé en Allemagne l’aquilon qui, nous nous le rappelons, jouait un si grand rôle dans son premier recueil, mais il a trouvé en Italie le vent du sud, qui consume les roses, et le vent d'ouest, qui doucement les effeuille?. Et les saisons, elles aussi, sont personnifiées : l'été prête ses fleurs au grenadier, le printemps parcourt la nature, c’est de nouveau le jeune dieu-soleil, c’est Apollon. Et le « paysage d'hiver » où « la mort bâillait en blanc costume de fête » est oublié; la mort elle-même n'apparaît plus maintenant sous cet aspect funeste, elle paraît sereine, elle est | « éternel repos? ». Nous comprenons qu'à ce spectacle grandiose des formes innombrables et subtiles le poète envie les ressources inépuisables de Protée et que les dieux de la Grèce, Zeus en tête, fronçant les sourcils et brandissant la foudre, passent et repassent à son horizon. L'idéal de ce lyrisme est moins que pour celui de 1842 la Force et davantage la Beauté #.

Aussi le symbolisme des Neue Gedichte puise-t-il largement à la source esthétique. Nous l'avons entrevu déjà en étudiant le vocabulaire, en rencontrant des mots comme Bild, Gestalt, Gestalten, Kreis, Ring etc.*. Voici comment est exprimée la perfection de la Junon Ludovisi : s ;

Man sieht nicht Anfang mehr, nicht Schluss im Kreise, Und dieses ist der Gipfel der Gestaltung.

Les jeunes filles jadis aimées se représentent maintenant au souvenir en « figures de vierges », en « vaporeuses et flottantes images », en « gracieuses silhouettes effacées et pâlies 5 ». Le poète voit dans un paysage et la scène qui s’y déroule avant tout un tableau, ein Bild. L'angoisse tombe « comme un voile » qui recouvre la statue de la beauté, et l’artiste veut se faire « son miroir? ». Tandis que les gâcheurs s'efforcent de « peindre des barbes aux Muses », les” vrais artistes, les « prêtres du Beau » sont assis « sur le trône de l’art »; ils sentent la cuisante « brûlure » des « doutes » et le froid « baiser de la Muse ». La harpe est l'intermédiaire entre cette vie et l’au-delà, et l'âme du poète transforme en chant toute douleur et jusqu’au dernier soupir$.

Mais la source principale de ce symbolisme sera la Nature, la Nature souveraine maîtresse de beauté, de fécondité et d'harmonie. En face d'un chef-d'œuvre comme l’Apollon du Belvédère, ellemême peut paraître « envieuse », mais toujours elle demeure

1. An einen Freund (NII, 198); Meeresleuchten, Lied (VI, 151), Thorwaldsens Ganymed et an den Künstler.

2. Cf. supra, 289, 328-329, 372, et die Rosen im Süden, die Rosen.

3. Das Venerabile, das Opfer des Frühlings (cf. supra, 315, der Sonnenjüneling et Winterlandschaft), enfin : aus der Kindheit, v. 48. RE

4. Cf. Ein Spatziergang in Paris, v. 51, Thorwaldsens Ganymed, Auf dem Meere, doppelter Krieg et supra, 506 et n. 1. — 5. Cf. supra, 598 et n. 7.

6. Cf. letster Gruss, Stanzen auf ein sicilianisches Schwesternpaar, an Christine. — 7. Das Haus im Walde, eine Pflicht.

8. Doppelter Krieg, ar den Künstler, das abgeschiedene Kind, v. 26 et suiv. in üder Zeit. +

l « éternelle mère! ». Les emprunts à la botanique et à la pomologie sont, dans les Neue Gedichte, plus fréquents encore que dans les Gedichte?. Trois fois nous assistons à une pluie de fleurs”. Les fleurs sont belles et elles passent, comme toute beauté. Le doux Ganymède est appelé Zlüte, puis comparé à un fruit, müri sous le baiser de Zeus"; les roses pâlissent sur les joues de la jeune fille, mais la mort en respectera les lis; les vierges meurent « avec la couronne de myrthe dans leur chevelure »; la rose, la violette, le laurier, tous les « enfants » du printemps fêtent sa bienvenue, l’amandier met sa robe blanche, les caresses du roi-soleil font s'ouvrir d'innombrables boutons et s’éveiller le chaste lisÿ. Mais les roses se fanent, l'air brülant les consume et le vent les emporte; elles sont le symbole de l’'éphémère, leur sort exprime la destinée du phénomène dans le grand Toutf. Parfois elles sont rouges comme si elles allaient saigner et la moindre ondulation de l'air au battement d'ailes d’un papillon suffit à les tuer. Et il y a aussi des fleurs pâles aux lieux mauvais et, au milieu d'elles, une fleur sanglante, nourrie de sang humain et qui semble assoiffée de meurtre. Mais c’est l'homme seul qui prête jusqu'aux fleurs son âme tragique et voit un bourreau dans sa victime”. Les calices des fleurs — il y en a tant que le papillon en oublie — sont là comme autant de coupes innombrables de l’inépuisable vie. Les fleurs à leur tour troublent l’âme humaine de leur âme subtile, les parfums capiteux de la julienne achèvent d’enivrer l’amoureux; le charme d’une radieuse journée de printemps s’anticipe à respirer un frais bouquet de violettes $. Les fleurs expriment donc plus que la beauté : la vie; et plus que la vie : la volupté et la joie de vivre. Et les fruits, lourds, dangereux ou succulents, apportent de nouveaux éléments à ce dionysisme. Il y en a de mortels : les baies perfides de la belladone voisinent avec les reptiles dans le domaine de la « reine des serpents », mais n'y en a-{-il point tels que l'orange d'or, pour annoncer le Midi enchanteur, comme les perles et les coraux parlent des mers lointaines et sombres; tels que la grappe vermeille, symbole de vie riche et mystérieuse sur une autre planète, ou symbole de la vie terrestre dont il faut savoir jouir jour pour jour comme on sayourerait un grain après l’autre; tels que la fraise, dont la cueillette seule est une ivresse? Le breuvage le plus réconfortant, « l'incarnation la plus noble de l'esprit de la nature », c’est le vin !. Et qu'est une belle jeune fille de plus qu’un fruit savoureux et enivrant? sous ses lèvres circulent les sèves enflammées de la cerise

Page 1