‹ HebbelChapitre 28 sur 425 · Vers 31; v. 59.et 60, v. 65 et. G · texte numérisé non relu

Vers 31; v. 59.et 60, v. 65 et. G

2 « Tugend, Tochter bessrer Welten

Thronend in des Bettlérs Zelten.

3. VI], 19-21. Bote, 21 janvier 1830; cf. la fréquence de ce nom chez Schiller

et Hebbel. Bornstein (I, 342) indique que la pièce doit remonter à l’année pré-

cédente ‘et remarque que le titre rappelle Schiller, maïs aussi Hülty et Matthisson.

HEKuh ul, #108:

5. W., VILLE, 393. — 6. Cf. pour Shakespeare, Fries, 10, 11 et 28; pour Lessing Fries, 16 et 22. — 7. Cf. le fragment die Schauspielerin, V, 155. Edmond :

« Emilia Galotti». Ai! Ei ! Ei! Daraus lernt’ ich buchstabieren! ». — 8. Acte \h scène VII.

Et aussitôt la « Duldung » reçoit sa récompense :

Und Engel d'rauf umschwebten Die sanfte Dulderin

Und führten, freundlich lächelnd, Sie zu dem Treuen hin.

Drum ist ihr Fleh’n erhôret,.… Sie lebt im Paradies;

Ihr Leib ruht ihm zur Seite Und schlummert engelsüss 1,

Un aphorisme du journal résumera, quelques années plus tard, l'inspiration de la pièce : « au moment où nous concevons un idéal, la pensée naît en Dieu de le créer? ». Le rapport entre le mort et la survivante est donc purement idéal, le seul intermédiaire entre eux est la brise parfumée.

Le rythme, alerte et simple, s'adapte bien à la romance tradi- -tionnelle, genre « Volkslied'». Par contre, on pourrait contester le naturel, dans la bouche d’une jeune fille éplorée, d’un aussi long monologue sur un tombeau. En réalité, c’est le poète qui épanche son cœur, non son héroïne. Nous ne verrions pas ce qu'elle fait, si elle ne nous le racontait :

Drum schmück’ ich diese Stätte Mit manchem grünen Kranz.

et si cet artifice parvenait à nous faire oublier l’auteur, la métaphore de la rose brisée nous le rappellerait bien vite, et avec insistance et gaucherie :

Was soll der traurge Stengel, Der doch kein Herz entzückt.

Pas d’arrière-plan, rien de vécu, rien de vu. Dès Ia première strophe, nous pénétrons dans un cimetière bien vague :

Zum Hof des ew’gen Friedens, Umgrünt von Rosmarin.

Sans doute, et dès la troisième strophe, on sent que le poète s’efforce de ramener toutes ses métaphores au parallèle fondamental entre la destinée d'une jeune fille-et celle d'une fleur. Le symbolisme est plus homogène, mais aussi quelle banalité!

Und wollt ihr mein gedenken, Streut Rosen auf mein Grab, Und eine leise Thräne

Perl’ eure Wang’ herab.

1. Nous avons déjà rencontré « engelmild » (Seknsucht, v. 13). — 2. T. 96. — 3. Troisième strophe.

Platitude ou déclamation, on pouvait s’y attendre, car il est rare de trouver ensemble mysticisme et plasticité.

Le jeune Hebbel a de l’amitié, comme de l'amour, une conception toute mystique!. Sa correspondance avec ses amis nous montre combien il prenait au sérieux tout ce qui était en rapport avec ce sentiment ou même avec son nom°. Mais le meilleur document que nous possédions à ce sujet est certainement la pièce de 1830 intitulée Freundschaft?. Le début ne nous dépeint rien de moindre que les origines du monde, le chaos :

Als kéine Sänger noch von Liebe sangen, Dem Himmelsbalsam für den Erdenschmerz, Als noch kein Z’reund an Freundes Busen ruhte

Le poète nomme ensemble les deux sentiments parents entre eux comme deux rayons émanant du même soleil idéal : Dieu.

Da wandelte.….

Die Lieb’ herab, umschirmt vom ew’gen Morgenroth. Und weinend trat die Tugend ihr entgegen;

Liebe, Freundschaft, Tugend, voilà formé le faisceau des premières inspirations poétiques. :

Und liebend flüssten sie aus ihrer ew'gen Fülle In’s kalte Herz den wärmsten Abglanz güttlicher Gefühle Der Freundschaîft edlen Trieb, den hehren Stral vom Himmelsmorgenroth.

La rime est défectueuse, le vers s’allonge démesurément; qu'importe au jeune prophète ? L’enthousiasme religieux emporte tout. Et la strophe suivante célèbre les délices paradisiaques de l'amitié qui arrache l’homme à l’étroitesse des terrestres limites. Mais si

1. Cf, Scheunert. D. j. H., 118 et suiv. Die Freundschaft. Verwandtschaft mit der Liebe. Spätere Verschmelzung beider.

2. Il écrit à Gehlsen dans la lettre du 19 octobre 1833 que nous avons déjà mentionnée plus haut, cf. p. 30 : « ich habe es mit Kleinigkeiten, gewisse ausgenommen, noch nie genau verhalten, und thue dies am Allerwenigsten in der Freundschaft », cf. Bw., I, 34 à Schacht, 18 septembre 1835; Bw., I, 41 à Elise Lensing, Wesselburen, février 1836; Bw., VIII, 27 à Wacker, 15 mars 1836 : et plus tard encore Bw., 1, 46, 77, 108 et 400. ; à

3. VII, 21 et 22. Bote, 1* avril 1830. Bornstein (I, 344) estime qu’il est possible que la pièce ait été composée dès 1829. Elle fut récemment reprise dans la Wesselburener Zeitung, 1"° année 1898, n° 12. La pièce porte l'indication : an L. mais lédition critique est muette au sujet du destinataire. Nous ne sommes pas en droit de compléter : an Leopold (Alberti), les premiers documents où il s’agit d’Alberti datant de 1833. Peut-être la pièce fut-elle adressée comme Sehnsucht an L. cf. supra, p. 45, à Louise Carstens.

4, Cf. Schiller an die lreude (2° strophe) :

We der grosse Wurf gelungen Eines Freundes Freund zu sein, Wer ein holdes Weib errungen, Mische seinen Jubel ein.

Dieu lui envoie sur terre comme l’avant-goût du ciel, l'esprit du

mal s'efforce de contrarier et de pervertir ces dons : ;

Der Satan sah’s, und in ihm gischte hüllisch Feuer, Er stahl der Liebe arglistvoll den Schleier, Der Tugend ihren Schein,

La strophe est de nouveau en débandade, mais le sermon bat son plein : la lutte continue entre l'innocence et Satan qui essaie d'assassiner la foi :

Den schünen Glauben zu ermorden An Menschenwerk, an Gott und Ewigkeit t.

Parfois il parvient à l’emprisonner :

Und hin ist jede Hoffnung dieser Zeit?! !

Mais la vertu réussit à triompher du malin et le prédicateur-versificateur conclut :

O hër’, o hôür’ es, unerfahrne Jugend, —

Nicht ohne Glauben, ohne Tugend

Grünt dir der Freundschaft Siegespalme nicht — Und linderte Dein Freund Dir tausend Schmerzen, Vermag er frevelnd mit dem Heiligsten zu scherzen... O flieh ihn, flieh ihn, eh’ das Herz Dir bricht!

Malgré la pièce du même titre de Schiller, ce n’est pas chez lui seulement qu'il convient de chercher l’origine de ce pathos moralisant, mais dans les pièces de Salis-Seewis comme das Mitleid, Ergebung, die Wehmut. Et le critique qui a signalé avant nous ce rapprochement remarque, avec beaucoup de justesse, que c’est exclusivement aux pièces de contenu éthique de ce poète que Hebbel a borné ses emprunts ?. Il n’est pas encore « un homme pour qui le monde extérieur existe ». La lumière, le soleil, la lune, les étoiles ne lui sont encore que des symboles s’adaptant à l'illustration des grandes pensées et des belles vertus; les ténèbres, la nuit, l'ouragan, le brouillard, l’océan démonté, autant d'’entités vaines en poésie si elles ne représentent le mal ou la lutte contre l'adversité. Nous venons de voir l’aurore auréoler l’amour, don du ciel, et, à la strophe suivante, infuser au cœur les effluves de l'amitié, cette autre émanation du divin.

Nous avons déjà cité l’ode Liebe à propos des rapports du jeune Hebbel avec Hülty. Un vers de la même pièce nous présente :

1. Ce vers pourrait faire songer au beau passage du Sängers Fluch d'Uhland (« sie singen von Lenz und Liebe » u. s. w.), si nous ne savions pertinemment que Hebbel ne lut la pièce que quelques mois plus tard.

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