‹ HebbelChapitre 29 sur 425 · Fischer, 36 et cf, supra, p. 43. — 4. Cf. supra p · texte numérisé non relu

Fischer, 36 et cf, supra, p. 43. — 4. Cf. supra p

« Tithons hehre Geliebte! », et nous nous demanderions où Hebbel

a pu puiser sa connaissance du mythe d'Éos si nous ne songions tout de suite que Hülty et Klopstock étaient là pour le pourvoir d'accessoires antiques ?. De plus l’antithèse Liebe — Leidenschaft pourrait suggérer un rapprochement avec Schiller*. Mais aucun des deux termes ne désigne chez les deux poètes la même chose si l'on prend pour point de comparaison le vers du ZLied von der Glocke“ :

Die Leidenschaft flieht, die Liebe muss bleiben.

-Il ne s’agit aucunement pour Hebbel d’opposer la lune de miel à la paix conjugale fondée sur l'habitude, maïs ce qu'il y a de mauvais et de destructeur dans la passion à ce qu'il y a de libérateur dans l'amour vertueux. C’est toujours le conflit entre Dieu et Satan qu'il évoque, toujours l’anticipation sur terre du paradis qu'il célèbre. Quand la bien-aimée donne à celui qui l'adore « le chaste baiser de fiançailles Ÿ », 3

Dann mit ewiger Glut flammt Dir die Sonne auf, Dann in’s durstige Herz saugst Du die Seligkeit,

Dann beneiden die Engel, Die Du nimmer beneïidest, Dich.

Et il ne s’agit aucunement de la banale ivresse des amants, mais

de la félicité des bienheureux qui peuvent contempler l'idéal face à.

face : avant cette initiation,

Nimmer im Lichte schon,

Nur im Dümmerschein schauest Du seinen Getst, Siehst ihn ferne nur blinken,

Kostest noch nicht den Gôttertrank.

Ici encore, le parfum est le fluide de communication entre les deux mondes et de même que l’haleine embaumée des roses se mêle aux subtiles émanations de l’éther, l'amour rejoint son domaine : le ciel.

So vereinet die Lieb” Seele mit Seele ganz,

Hebt den Schleier der Zeit, schwingt wie den Duft der West,

Wonneglühende Seelen Zu dem Throne Jehovahs auf.

1. Nous ne nous étonnons pas trop de la voir voisiner avec Jéhovah (v. 32) puisque Hebbel nous a présenté déjà Jéhovah olympien (cf. supra, po)

2. Cf. Bornstein, I, 350 : die seraphischen Bilder deuten auf Nachahmung von Klopstockischer Odendichtung..….. Die mythologische Instruktion für Tithon holte sich Hebbel wohl von der Anmerkung auf S. 87 der Vossischen Ausgabe von Hôltys Gedichten (1804).

3. On pourrait plutôt découvrir une troisième influence en comparant la pièce au sonvet de Bürger : an das Herz.

4. Les rapprochements seront au contraire tout à fait légitimes si l’on compare d’autres motifs de la pièce de Hebbel aux pièces suivantes de Schiller : Triumph der Liebe, Amalia, Phantasie an Laura, Geheimnis der Reminiscenz die Begegnung. ;

où Beut von Morgenrotheslippen

Dir den keuschen Verlobungskuss.

Un moment, le trouble sensuel semblerait au profane reléguer au second plan l’effusion mystique :

Bist Du selig, mein Freund ! ? Schau doch die Rose an. Halb zersprengt’ sie die Knosp”, aber mit eh’rner Macht Hüllt die gôttlichste Schüne

Noch der engende Kôrper'ein.

Mais nul doute qu’il ne faille donner à cette apologie de la beauté physique une interprétation morale, les deux derniers vers en font 1010:

Avec la pièce der Quell® nous revenons à l'amitié et dès la première strophe nous nous retrouvons avec Schiller :

Walle, Pilger, walle

Sonder Weile zu!

Suche, Du wirst finden Wundersiüsse Himmelsruh #.

Nous pensons aux pièces Sehnsucht et der Pilgrim, Elysium® et quelques vers plus loin c’est un écho de l’Elegie auf den Tod eines Jünglings. Parlant de la vérité, Schiller s'était écrié :

Nicht in Welten, wie die Weisen träumen, Auch nicht in des Pôübels Paradies,

Nicht in Himmeln, wie die Dichter reimen, — Aber wir ereilen Dich gewiss.

Comparons Hebbel :

Auch durch’s Erdgefñide Rinnt ein Himmelsquell.

Mais d’autres influences vont se manifester. Lorsqu'on en arrive aux vers :

Zagt nicht, edle Seelen, Ob das Herz auch bricht,

on songe aussitôt à Bürger et l'on se souvient que le jeune Hebbel avait lu Zenoref. On a pu même établir à propos d’un de ses frag-

1. Des vocatifs de ce genre sont courants chez Schiller… cf. Melancholie an Laura : Glühst du, Laura (v. 85).

2. Cf. Scheunert, D. j. H. Die Expansionskraft des ethischen Gehaltes. Vor- Stellang des Zersprengens u. s. w., p. 150 et suiv.

3. VIT, 16-19. Bote, 12 novembre 1829. — 4. Notons l’allitéralion du « w » et les assonances : a, a, u, u. — Ælysium (4° strophe) » der Pilgrim (v. 11 à 16) et Sehnsucht (4° Strophe).

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