‹ HebbelChapitre 283 sur 425 · VII, 231, Wiener Zeitschrift, 1848, p · texte numérisé non relu

VII, 231, Wiener Zeitschrift, 1848, p

5. Cf. supra, 563 et n. 1, et plus tard ce passage de la lettre du 30 juillet 1862 à Adolf Stern : « So môüchte ich doch einmal daran erinnert sehen, dass ich theoretisch, in meinen Vorreden, kein neues unerhôürtes Evangelium predige, sondern ‘umgekehrt das alte aus Sophokles und Shakespeare abgezogene wieder in seine Rechte einzusetzen suchte, etc... ». (N. Hebbeldok., 161.)

nostic de l'humanité, car rien ne symbolise mieux son évolution que les deux seaux du puits qui, tour à tour, montent et descendent, Nous savons déjà que le jeune Hebbel attendait tout progrès de l'ordre, de l'autorité et aussi qu'il caressa longtemps le projet d'écrire un drame historique sur Napoléon?. Nous avons commenté, en étudiant le recueil de 1842, le sonnet der Mensch und die Geschichte et arrivons maintenant à ces « maints traits historiques » que nous promet le « motto » des épigrammes du recueil d'ensemble ?. ; La première des cinq qui ne furent point rejetées est la plus générale et établit une sorte de bilan, de point d'arrivée : Was die Geschichte bis jetzt errang? die ew’gen Ideen! Sie zu verwirklichen, ist nun denn ihr grosses Geschäft #. Ce sont ces « idées éternelles » qui différencient les nations. « On pourrait dire, écrit Hebbel à Paris, le 3 janvier 1844 : pourquoi les Russes ne sont-ils pas venus en Allemagne ? Les Allemands sont bien allés a Rome! Mais quelle différence ! Les anciens Germains étaient un peuple noble, grand et libre ; il leur manquait la culture individuelle, mais non la plus belle humanité dont la culture devait spontanément sortir. Les Russes, au contraire : chiens et valets! » Ces lignes devinrent dans le recueil de 1848 le distique : Verschiedener Casusÿ; le poète en fit deux dans l'édition de 1857 et y ajouta les quatre vers suivants :

Und das schlechtere Volk war nie noch der Henker des edlern, Während der lauterste Mensch oft durch den niedrigsten fällt. Wenn der Russe den Tasso verbessert, der Deutsche die Knute, Will ich zittern für uns, aber ich warte es ab! Hebbel revint dans la suite souvent sur cette épigramme, soit pour la rappeler, soit pour en atténuer la sévérité. Dans une autre, c'est aux Hongrois qu'il s'en prend : « Les Hongrois, écritil à Vienne, le 30 juin 1846, veulent les remerciements de l'Europe pour avoir servi de bastion contre les Turcs. Des remerciements, pour avoir cherché à se soustraire eux-mêmes au joug de l’esclavage ? C’est comme si quelqu'un qui tomberait à l’eau se sauvait à la nage et réclamait ensuite une couronne civique pour avoir conservé un citoyen à l'Etat. » Cette comparaison reparaît dans l’épigramme der Ungar und seine Ansprüche an Deutschland en deux distiques d’une heureuse concision; le fou y devient un citoyen romain, échappé aux flots du Tibre ?.

1. Cf. T., octobre 1836 (1, p. 71-83); Bw., INT, 210 (Munich, 25 mai 1837); T., 957 (Munich, 5 janvier 1838) et T., 2242, 2253 (Hambourg, 2 février 1841). 2. Cf. les vers, Zum Künig (für ein Ringreiterfest), supra, 36, 117 et suiv., et T., 3751 (Vienne, 6 octobre 1846), et W., V, 45-51, ue VI, 321 (Hambourg, 5 septembre 1841), supra, 345 et 546, et Patzak, h. Jetziger Standpunkt der Geschichte, 180; VI, 360; cf. T., 3236 (Paris, 14 septembre 1844; Tibal, 628 et suiv.; Patzak, 30, 102. 5. 158; VI, 361. Wiener Zeitschrift, 1848, p. 352; cf. T., 2977; Patzak (27, :7 et suiv., 102) date cette épigramme de 1840 (cf. Bw., IV, 247, ligne 28). 6. Of. Bw., IV, 159, 220, 241, 242, 247; VI, 150, 152, 205. — 7. 160, der Ungar und seine Ansprüche; NI, 362; cf. T., 3612 et Patzak, 41, 102-108. Ë

Un autre distique reproduit un aphorisme de Paris du 8 février 1844 transformé une première fois déjà à Rome le 21 février 1845 en ün quatrain rimé. Hebbel ÿ raille en ces termes la censure :

Haltet die Uhr nur an und denkt, nun werd’ es nicht Abend; Stand die Sonne schon still, weil es ein Küster gehot !?

Enfin, reprenant un raisonnement développé déjà dans le journal de Hambourg, le 9 août 1843, il réfute par l'absurde l’absolutisme des princes en en tirant les extrêmes conséquences et en montrant, comment, à force de multiplier les tuteurs, on -peut finalement aboutir à l'autonomie de chaque individu ?. , Le groupe de huit épigrammes rejetées au recueil complémen-

taire n’est pas moins curieux et achève de mettre en lumière sous toutes ses faces le foncier libéralisme de Hebbel. Le titre das revolutionaire Fieber ? pourrait faire préjuger qu'il est hostile à la révolution, mais ce n'est pas encore de celle de 1848 qu'il s’agit ici, comme le prouvent un aphorisme de Paris du 31 janvier 1844 que le distique annoncé ne fait que reproduire et le contenu même de l’épigramme :

Freilich ein Fieber des Volks, das revolutionaire,

Aber, wie traurig, es stirbt ôfter der Kôünig darant. Hebbel n'aurait pu guère être accusé non plus de « cléricalisme », mais son « anticléricalisme » n’avait rien de subversif : comme nous l’avons vu, il se contente d’opposer, ainsi que l'avait fait Gœthe, le « memento vivere » au « memento mori »-et de montrer le travailleur débonnaire à côté du parasite bénisseur *. A son arrivée de Paris à Rome, voici le contraste qu'il note :

Pfaffen sah ich in Frankreich und sah in Italien Pfaffen,

Jene beugen das Haupt, diese erheben es stolz.

Dort, ach, sind sie verdammt, den Herrn zu tragen, und das ist Schwierig, hier trägt sie der Herr, das ist denn sanft und bequem 6,

Puis, continuant sa course vers le sud, il pousse, à Naples, ce soupir de soulagement :

Endlich sehe ich Menschen und einige Pfaffen darunter Pfaffen sah ich bisher, spärlich mit Menschen gemischt7.

1. 145, die Censur; NI, 361 : zu erwägen; cf, T., 3057, 3359, 4697 et VIT, 193 : so wird man denn nicht klug auf Erden; Patzak, 28, 101; cf. W., X, 263, ligne 9 et suiv.

2. Nur weiter, 174; NI, 362; Wiener Zeitschrift, 1848, p. 356; cf. T., 2752; Patzak, 23, 102 et der Diamant, 1, 360, ligne 3 et suiv.

3. 145; VII, 227; Wiener Zeitschrift, 1848, p. 396; Patzak, 27-28.

4, Cf. T., 3035; nous pourrions, du reste, nous abstenir tout à fait d’anticiper sur les événements de mars 1848, le recueil des #eue Gedichte ayant été imprimé dès la fin de novembre 1847 (cf. supra, 469).

5. Cf. supra, 401, la pièce de Hebbel, memento vivere et 549, 553 les épigrammes : La Chiesa sotteranea dei Capucini a Roma et Neapolitanisches Bild’; cf. le « Gedenke zu leben » de Wilhelm Meister, le Prolog im Himmel et le dénoùment de Faust : « Wer immer strebend sich bemüht, den künnen wir erlôsen., »

6. Unterschied, 148; VII, 228; Wiener Zeitschrift, 1848, p. 352; cf. ein Diarium (1850), W., X, 43 et Kuh, II, 109; Patzak, 37.

7. Als ich von Rom nach Neapel kam, 169; VII, 229; Wiener Zeitschrift, 1848,

Ces flèches ne sont pas réservées aux seuls catholiques. Hebbel raille les protestants orthodoxes de n'avoir su que changer de maître :

Für die mutige That, dem Pabst die Krone zu rauben, Setzen sie Luthern zum Dank eine Gleiche aus Haupt 1.

Les monopoles spirituels de l'Etat et de l'Eglise répugnent également à l'individualisme de notre poète. N’écrit-il pas à Rome, le 20 avril 1845 : « Tu as la permission de philosopher à l'intérieur des cercles de l'Etat et de l'Eglise, c’est-à-dire tu as la permission de démontrer que ce que nous avons fait est parfait ». Cet aphorisme devint l’épigramme modernes Privilegium der Wissenschaft?. Hebbel cependant n'est point réfractaire au sentiment de solidarité nationale. Dans son diarium de voyage de Paris à Rome, il se plaint que l'Allemand à l'étranger ne soit pas soutenu par le prestige historique de sa nationalité et constate qu'il a grand’peine à compenser ce désavantage par des supériorités individuelles. Cette idée reparaît dans l’épigramme deutsche Nationalität im Auslande*. Méprisé à l'extérieur, Michel est chez lui la plus patiente, la plus placide des créatures : « l’âne, dit le journal de Rome du 21 février 1845, s'il est attaqué par une bête de proie, ne. se défend pas, soit qu'il désire une mort tranquille, soit qu'il ne . veuille gâter le plaisir de personne, pas même de qui le dévore », et, quelques lignes plus loin, suit le distique der Allerdeutscheste *. Un autre ridiculise l’abus des décorations et des ordres qui sévissait alors pour entretenir les bons rapports entre princes et sujets; le poète trouve ces rubans plus courts encore que le fil que les petits garçons mettent à la patte des hannetons. Nous verrons cependant que, plus tard, le poète découvrit de bonnes raisons de mettre sur sa carte de visite : « chevalier de plusieurs ordres ÿ ».

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