‹ HebbelChapitre 30 sur 425 · Cf. dernière strophe · texte numérisé non relu

Cf. dernière strophe

Geduld, Geduld, wenn’s Herz auch bricht!

Mit Gott im Himmel hadre nicht.

ef. W., VIII, 389, ligne 35. Fritz Harding : Bürgers Lenore, cf. T., 2646 : « auch die Nacht, wo ich mit dem Sohn des Malers zusammen aufsass und wir Bürgers Lenore mit einander lasen. Wonne, Wehmuth, Leben, Tod, Alles auf einmal : ein Urgefühl! »

D 4 HEBBEL (1813-1835).

ments narratifs de la même époque que l'influence de la célèbre ballade de Bürger a pu s'exercer indirectement et par l’intermédiaire de la lecture intensive de Schiller!. Nous ne nous étonnerons donc pas que l'inspiration double laisse discerner dans la même pièce un fond de pessimisme élégiaque de provenance schillérienne et un vigoureux courant d'optimisme commun à la robustesse du poète de Lenore et au tempérament combatif de l’auteur :

Zagt nicht, hocherhaben Ueber jeden Schmerz

Dieses Erdenlebens Ist ein sich vertrauend Herz!

Enfin on? a rapproché cette pièce des neuen Argonauten; a deuxième strophe :

Lass es dich nicht ängsten, Ob das Leben stürmt, Ob sich seine Woge Hoch hinan zum Himmel türmt.

n’est qu'un plagiat de la quinzième du poème de Matthisson*?. Le jeune Hebbel n'était pas alors en état de comprendre Îles allusions à la mythologie antique (nous avons eu déjà des preuves que ce domaine lui était fermé). Il délaissa donc les poèmes où Matthisson imite, non sans bonheur, Horace, et, négligeant, dans les autres, la description, qui en constitue incontestablement la meilleure part, il en adapta à son tempérament‘ particulier l'inspiration morale et le contenu idéel. Sa subjectivité est plus tyrannique et surtout plus forte. Aussi, malgré la charpente épique qu’il donne à son poème et bien qu'il soit parvenu à maintenir dans les treize premières strophes l'unité du symbolisme, l'élément individuel et spéculatif finit par reprendre Île dessus, les décors du paysage mystique s’effondrent tout à fait et la spéculation reparaît à nu.

1. Cf. Fries, 5, n. 5, établit un rapprochement entre Mirandola et Kabale und Liebe et voit dans le passage de cette dernière pièce une réminiscence de Schiller.

2. Cf. Fischer, 30; Bornstein (I, 342) ajoute l'influence de la « Pastorenlyrik » et, en dernière analyse, celle de Klopstock.

e. Froh gewagt, ist halb getan!

Mag der Abgrund siürmen, Und bis an des Mondes Bahn Sich die Woge türmen !

4. Fischer a très bien montré la différence entre les deux poètes : « Gedankenlyrik in der Form, wie Matthisson sie ihm bot, konnte Hebbel wenig reizen. Bei ihm entspringen ja immer die Vorstellungen aus Gefühlen und entwickeln sich in endloser Kette folgerichtig, ja mit Notwendigkeit, bei Mat-! thisson aber fand er ein temperamentloses Nebeneinanderstellen von wenig bedeutsamen Ideen, die weder ein Gefühl zur Grundlage haben, noch ein solches erregen kôünnen », op. cit., p. 80.

Lei encore le poète voit en l'amitié une émanation de l'idéal et une anticipation du paradis sur terre !; ici encore

Veilchen, ew’ge Rosen, Balsamduftes voll,

Blüh’n in jedem Garten Wo einst Form und Geist erquoll.

(IL s’agit toujours de roses mystiques) ?; ici encore le sommeil et Le rèéve sont conçus comme étapes bienheureuses entre la mort et la résurrection : :

Leg’ getrost dich nieder, Schlumm're, Pilger, ein,

Lieblich wird dein Träumen, Dein Erwachen himmlisch sein.

À la fin de la vie orageuse, « la forme » et « l'esprit » se rejoindront dans leur patrie originelle :

Form und Geist — sie einen Hier sich wunderbar,

Es verschmilzt zusammen, Was getrennt auf Erden war.

Et la conclusion du poème n’est qu’une reprise du leitmotiv :

Lass uns freudig sterben, Wenn ein treuer Freund - Nur an unserm Grabe Eine Bruderthräne weint.

In dem Arm der Freundschaft Schläft man ruhig ein —

Lieblich wird das Träumen, Schôn, ja schôn, der Morgen sein.

Ne dirait-on pas un cantique et le retour du refrain n’en soulignet-il pas l'effet ? L’analogie ne se borne du reste pas à des particularités extérieures, comme le temps supplémentaire du dernier vers de chaque strophe : des rapprochements de motifs ont pu être établis ÿ.

On voit qu'il serait aisé de former un véritable cycle des poésies de jeunesse que’ Hebbel consacra à l'amitié et à l'amour. On pourrait leur donner pour motto le distique Freundschaft und Liebe que nous examinerons bientôt dans son cadre.

1. Cf. Schiller : l’reude, die Freundschaft, an die Freude, die Ideale; cf. supra, p. 50, note k.

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