‹ HebbelChapitre 299 sur 425 · Cf:Bw., VI, 136, 141, 159, 167, etc · texte numérisé non relu

Cf:Bw., VI, 136, 141, 159, 167, etc

2. Bw., IV, 154, 164. Sur le voyage, cf. Bartels, 102-3; Werner, 341; Kuh, IT, 429-437; T,, 5631: Bw., VI, 144-175; Bamberg, Il, 340; pour la correspondance avec les princesses Wittgenstein, cf. Bw., VI, 150-213 et suiv., et Bamberg, I, 527-534; sur Liszt, Bw., VI, 263 et Bamberg, IN, 489; sur Kuno Fischer, Bw., VI, 164 et Bamberg, II, 376-377; sur Adolf Stern, cf. Bamberg, Il, 494-527, toute la correspondance ultérieure de Hebbel et N. Hebbeldok., 149-157, 159-164.

3. Bw., VI, 218; cf. 240, 291. — 4. Werner, 342; Kuh, Il, 437-439; Bw., VI, 188-189, 201-224.

5. Bartels, 103, Werner, 343; Kuh, Il, 440-444; Bw., VI, 235, 241, 245-248, 255-264, 275, 282-287, 293-296, 307, 315, 337; VII, 119-122, 142-144, 152, pour la correspondance avec Gutzkow de 1853 à 1858, cf. Bamberg, Il, 152-168; pour la correspondance avec Hettner : Bamberg, II, 385-393; voir aussi une lettre non datée d’Ottilie, v. Gœthe (Bamberg, Il, 488).

travaux d’embellissement. De ce côté, il n’est point déçu dans son attente, mais Paris lui déplaîit cette fois pour ses incommodités, et le Germain, habitué maintenant à ses aises, et qui, de plus, a oublié ses bribes de français, se sent dépaysé et choqué par le manque de confort!. À Stuttgart, Hebbel parle affaires avec Cotta et retrouve Môrike et, peu avant sa rentrée à Vienne, recoit du roi de Bavière l’ordre de Maximilien, destiné aux artistes et aux savants?. Il fait, à chacun de ses passages à Munich, un retour ému vers l’époque, déjà lointaine, de ses pénibles débuts dans la ville maintenant si accueillante; et du reste, à toutes les étapes de douleur qu’il retrouve favorisé parle sort èt auréolé de gloire : à Munich, en 1852 comme en 1860, à Gmunden en prenant possession de sa maison de campagne, à Kehl en franchissant le grand pont du Rhin, à Weimar comblé d’honneurs, partout et toujours, le souvenir de sa sombre jeunesse jette une ombre mélancolique sur le clair tableau du bonheur présent*.

Le 31 janvier 1861, a lieu à Weimar la représentation triomphale des Nibelungen* ou plutôt de deux parties de la trilogie à laquelle Hebbel a voué plusieurs années de fébrile activité et à laquelle son ami Dingelstedt a, depuis 1859, préparé le terrain”. Der hürnerne Siegfried et Siegfrieds Tod obtiennent à la première représentation le plus grand succès et l’auteur lit à la cour Æriemhilds Rache. I] est, comme par le passé, l'hôte des princes, jouissant de la résidence de l’Altenburg, fréquentant quotidiennement Liszt, les conseillers auliques Adolf Schüll et Marshall, objet de toutes les prévenances. Christine, à la suite d’une démarche directe du grandduc auprès de l'empereur d'Autriche, obtient un congé pour paraître dans la trilogie complète, qui est représentée le 16 et 18 mai. Weimar est enthousiaste. l'Allemagne entière a les yeux fixés sur cette fête de renaissance‘. Il est maintenant sérieusement question de rappeler et de fixer Hebbel et Christine à Weimar, et les deux triomphateurs ont leurs raisons d'envisager sans regrets celte perspective. Mais la demande de congé de Christine est repoussée, et Hebbel ne s’en afflige pas outre mesure, croyant avoir remarqué, dans l'intervalle, de nouvelles dispositions, moins favorables, chez DingelstedtT. ”

1. Bw., VI, 358-362: cf. encore, Bartels, 100. Werner, 352-353; Kuh, IT, 491- 499 et W., XII, 295.

2, CE. T., 5845; Bw., VI, 363 et encore VII, 7, 38, 73, 79, 1%4 et note.

3. Cf. Bw., IV, 167 (1° juillet 1858) : « Vergangenheit und Gegenwart laufen mir jetzt immer so durcheinander, als ob sie zugleich da wären! »: 357 (9 novembre 1860) : « es ist überhaupt selten, wie bei mir jetzt frühere Zustände immer in die späteren hineinspielen... »; 364 (19 décembre 1860) : « Die Vergangenheit hat tiberhaupt eine sehr grosse Gewalt über mich »: cf. encore, T., 5388, 5389, 6080, 6087 et Bw., IV, 364, 369-370, 398-399; VI, 347, 349, 361; VII, 293 et 360.

4. Ein deuisches Trauerspiel in drei Abtheilungen, W., IV. — 5, Cf. Bw., VI, 297, 235, 249, 283-284.

6. Cf. l'éloge du grand-duc de Weimar à Hebbel : « ich halte Ihre Nibelungen für das Hôüchste, was seit Schiller und Gœthe in Weimar gemacht ist », etc. (Bw., VII, 18).

7. Cf. Bartels, 103-104; Werner 353-355; Kuh, IT, 495-503; T., 5923, 5927:

HEBBEL A VIENNE DE 1848 A 1863. 609

L’impression des Nibelungen fournit, en automne, l’occasion d'un nouveau voyage à Hambourg. Cette fois Hebbel ne se contente pas de réchauffer les vieux souvenirs!, il compte pousser jusqu'à Wesselbüren et rendre visite, à Kiel, à Klaus Groth dont il admirait le Quickborn. Il lui faut, au dernier moment, se contenter d'une excursion à Rendsburg, où il rend visite à son frère qu'il n'avait plus revu depuis dix ans; il le trouve en bonne santé dans son cercle rustique et familial et l'associera désormais jusqu'à la fin, et tout en lui envoyant des subsides, à ses images d'enfance ?. Quant au paysage natal, il ne le reverra plus jamais *.

Au printemps suivant, Hebbel se rend à l'exposition de Londres,

s'arrêtant à peine à Paris à l’aller et convaincu qu'en Angleterre la vie et les gens lui plairont davantage qu'en France. Au premier contact, cette intuition paraît se vérifier ; le sens d'autonomie et de discipline des insulaires provoque en lui un sentiment d’admiraion “. Il n’est du reste pas isolé comme à Paris mais visite Londres sous la conduite empressée de son ami Engländer qui y est chez lui et avec lequel les relations épistolaires ont été depuis longtemps renouées”. Il rencontre aussi Freiligrath et les idées du poète radical le choquent moins que celles d’Arnold Ruge parce quil leur sent plus de sincéritéf. Malgré ces rapports agréables, le voyageur emporte d'Angleterre une impression d'indignation et de révolte : peu à peu la vision directe de l'enfer du paupérisme, qu'il pressentait, a raison de ses sympathies premières et de la sérénité de son séjour : le « Heimweh » s'empare de lui’. Au retour, il a plaisir à revoir Paris et fait son acte de contrition d'avoir cédé à des impulsions de mauvaise humeur et d’avoir été injuste pour la claire et joyeuse capitale. Il s'arrête encore à Stuttgart, où Mürike le complimente sur ses Nibelungen® et à Munich, pour rendre hommage à son protecteur, le roï de Bavière 1.

Bw., VII, 1-50, 55-66, 102-109, 121, 127-129; Bamberg, II, 280; W., XII, 306 ee Ce Ba. VII, 83-84; T., 6187 sur la vieille Ziese; 6178 et W., X, 250 et suiv. sur Dethlefsen et Abällino, cf. supra, 19; sur les projets de voyage au pays natal; cf. Bw., VI, 10.

2. Bw., VIL, 85-89; pour les rapports des deux frères de 1848 à 1863, chronologiquement : T., 4348, 1478; Bw., V, 266, 317, 356; VI, 98, 208; VII, 85-89: N: Hebbeldok., 151-154; Bw., VII, 149, 168, 270; T., 5991, 6054, 6118; Bw., VII, . Cf. Bartels; 104; Werner, 355; Kub, Il, 503-506; Bw., VII, 71-107.

4. « Uebrigens fühle ich mich hier, wie unter Verwandten: Engländer und Deutsche stehen sich näher, als ich je gedacht hätte », (Bw., VII, 190). Cf. encore la lettre à Hofrat Marshall du 23 mai 1862 (feuilleton du Berliner

Taseblatt du 18 mars 1913).

EEE. Bw., VII, 187, 203, 211, 215, 253-254, 259, 260, 281. Pour la correspondance avec Engländer, de 1854 à 1863, cf. Bamberg, II, 176-193; pour les relations antérieures, cf. supra, 413 et n. 1, #13 et n. 5, 420 et n.7; W., X, 14925 et suiv.

6, Bw., VII, 200, 203, 209, 324; T., 6116. — 7. Bw., VII, 147, 149, 194-195, 201- 209, 269-263. — 8. Cf. Bw., VII, 179-185 et 201-207 et supra, 402-403, 601, 607.

9, T., 6038 : « Mir war bei Ihren Nibelungen, als ob plôtzlich ein Felsblock durch’s Dach gefallen sey »; cf. Bw., VIT, 250-251.

10, Bw., VII, 204-205; sur l’ensemble du voyage, cf. encore, Bartels, 100;

HEDBEL,

A la villégiature de Gmunden s'ajoute, en août, un séjour à Wilhelmsthal près Eisenach, où Hebbel est l'hôte du grand-duc de Saxe-Weimar, ce qui met fin à tous les racontars de disgrâce: il se concilia de plus, pendant ce séjour, la faveur de la grandeduchesse Sophie. Son ami Schôüll nous le décrit, à cette époque, familiarisé avec les personnages ét les honneurs de la cour, plein de modestie et de tact, jouissant de la meilleure grâce du monde et sans tension de la bienveillance des souverains, de leur entou-. rage distingué, des promenades dans le parc célèbre et des excursions aux environs, en particulier à la Wartburg !.

L'ère des longs trajets est close. En vain Hebbel forme, en janvier 1863, le projet d'une visite incognito au pays natal et à Klaus Groth. La longue maladie qui gâta ses dernières années détruisit également son dernier rêve : il n’est désormais capable que d'aller jusqu'à Baden et jusqu'à Orth?. Puis c'est, le 43 décembre, le dernier, le suprême voyage.

Quant à la vie sédentaire de Hebbel à Vienne de 1848 à sa mort, on peut dire qu'elle eût été heureuse sans l'hostilité du « Burgtheater » dont dépendaient à la fois le poète en tant qu'auteur dramatique et sa femme en tant qu'actrice. Les débuts, en 1848, s'étaient pourtant annoncés sous les brillants auspices du succès de Maria Magdalene, et dès lors Hebbel s’affirmait impresario vigilant des intérêts conjugaux , mais sans pouvoir toutefois empêcher l'échec de Herodes und Mariamne", en avril, et du Rubin, en novembre 1849. Judith est la seule pièce qui fasse toujours salle comble et Christine demeure admirable dans son rôle favori. Mais, à la fin de 1849, Laube succède à Holbein et l’inimitié du nouveau directeur ne désarmera pas‘. Des diver-

Werner, 358; Kuh, I, 509-511; Bw., VII, 178-210; N. Hebbeldok., 157-160- T., 6012-6038. =

1. Kub, IT, 511-512; cf. encore : Bartels, 105, Werner, 358 et Bw., VII, 132 133, 148-149, 223, 225-251, 263.

2. Bw., VII, 289-290, 339-341, 350, 360, 383; T,, 6150, 6155; sur les rapports avec Klaus Groth, cf. Bamberg, Il, 453-166; T., 5591; Bw., VI, 91, 240-253: VII, 148, 273-274, 286. %

3. T,, 4396; Bw., IV, 88-89, 98-99, 104-106, 127, 138-141, 186-187.

4. Eine Tragôdie in fünf Acten, W., 11, 195-365. Hebbel comparait cette pièce à une symphonie de Beethoven; ef. Bw., IV, 72, 178, 188; cf. le jugement de Hammer-Pargstall (Bamberg, I, 414).

5. Ein Märchenlustspiel in drei Acten, WN., WI, 1-91; sur l’insuccès du Rubin cf. Bartels, 86-91; Werner, 284-289: Kulke, 68, Winterfeld, 375-378; et W., XE 302-305, 463 et suiv. Sur le premier contact de Hebbel avec le Burgtheater, cf. surtout, Kuh, I, 261-279. Sur le Hofburgtheater en 1862 : W., XII, 343-353.

6. Sur la représentation de Judith à Vienne et à Berlin, cf. Bw., IV, 142-145, 152, 310; T., 4526, 4528-4529; sur Christine dans Judith, voir les lettres de Hammer-Purgstall et de Golz à Hebbel (Bamberg, Il, 414, 446-447).

7. Cf. Bartels;-86: Werner, 273-274, 290-291; Kuh, IT, 279, 283-285; T., 4782, 1996; Bw., IV, 191-337; Bamberg, 1, 314, 325; N. Hebbeldok., 53-55; 169, 171 175, 210-211, 214-216, 231-232.

HEBBEL A VIENNE DE 1848 A 1863. ‘611

gences politiques et littéraires séparaient les deux hommes et Hebbel, qui s’indignait de l’intrusion de la politique au théâtre, même lorsque les circonstances le favorisaient, n’était pas homme à flagorner la réaction pour vaincre les résistances d’un rival puissant’. La scène du « Burgtheater » demeura obstinément fermée à Michel Angelo ?; Agnes Bernauer fut loin d’être accueillie à Vienne avec le même empressement qu'en Bavière * et Genoveva dut être remaniée à plusieurs reprises et changer d'état civil pour être admise à la représentation; les Nibelungen et Demetrius se heurtent dès la proposition de l’auteur au même accueil hostile du directeur. Christine se voit préférer ses rivales et attribuer de force des rôles secondaires. Rien de plus suggestif que la correspondance des deux hommes : Hebbel fulmine, agite des projets de requête à l’empereur ; Laube demeure de glace et oppose à son fougueux adversaire la fin de non-recevoir objective et la force d'inertie. Episode saisissant de l’éternelle lutte du poète pot de terre contre le pot de fer administratif *! En vain, aussi, Hebbel s’évertue+-il à remonter le courant par d’incessantes réclames, annonçant dans toutes les directions les succès de ses drames et glorifiant le talent incomparable de l'actrice méconnue. En 1860, il maudit Vienne et sa mauvaise étoile . En 1861 encore, après les triomphes de Weimar, Laube refuse sa sympathie aux Nibelungen et continue de plus belle à desservir les intérêts de Christine et quand, finalement, la renommée de Hebbel et l’engoûment des Viennois pour sa trilogie lui forcent la main, l'heure a sonné pour le poète de prendre congé de la vie en même temps que du théâtre.

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