‹ HebbelChapitre 302 sur 425 · Bw., IV, 134: V · texte numérisé non relu

Bw., IV, 134: V

3. Cf. supre, 3 et n. 2, 33 et le Sendschreiben (Bornstein, II, 377-378), et encore T.; 5894, 5991, 6061 et Bw., VII, 37, 61, 71-72, 78-79. :

k. Cf. Bw., VIL 41-42; T., 5810-5811, 5815, 5844. — 5. Cf. T., 5831, 5832; Bw., VL 7: VII, 253-956, 259-260, 277, 278-279, 281, 285. — 6. T., 5779.

7. Cf. supra, 156, 395, 398, 416, 418, et chronologiquement de 1847 à 1856 : T., 4098, 4647, 4706, 4884, 5099, 5618, 5673: Bw., IV, 42-43, 177, 218; V, 118, 134-135, 309, 330; N. Hebbeldok., 81.

1863, il va jusqu’à citer le mauvais exemple de Gœthe, pour démontrer les dangers du concubinat!. À ce moment, rien de ce qui contribue à donner du poids et de la solidité au mariage, à garantir sa durée et son équilibre ne lui paraît négligeable : ni l'amour, ni l'instinct de reproduction ne lui paraissent mobiles suffisants pour conclure le pacte vital, mais une bourse bien garnie lui semble de nature à faire pencher la balance?. C'est qu'il a apprécié, par ses quinze années de vie commune avec Christine, quels avantages il peut résulter pour une destinée de ne pas écarter “trop à la légère, dans l'emportement de la jeunesse et de la passion, les considérations bourgeoises et prosaïques du bien-être et de la séeurité. Nous savons, du reste, que, dans son contrat à lui, ja part de l’amour n'avait pas été minime, et les biographes, après nous avoir décrit dans sa gloire le couple harmonieux et bien assorti que faisaient Friedrich et Christine ?, se plaisent à nous montrer la veuve quarante ans après, répétant avec la même tendresse la recommandation suprême de son compagnon : « Ne me cherche pas au cimetière, c'est en toi que je suis! » Leur existence entière avait comme scellé leur communauté, la mort du petit Ariel autant que la naissance de Titi, le commun regret d’une enfance semblablement malheureuse autant que les communes désillusions de Vienne et, au même instant pour les deux époux, les premières atteintes de la maladie et de la vieillesse .

L'histoire des dernières années de Hebbel illustre ses dernières hésitations entre l'optimisme et le pessimisme, hésitations qui, nous l’avons vu, durèrent toute sa vie ÿ. Il reste indécis entire son besoin d'expansion et ce qu’on pourrait appeler sa rétractilité, partagé entre sa tactique d'isolement défensif et sa pitié pour la misère humaine qui, pour n’aller jamais jusqu’à l’humanitarisme à la mode, n'en demeure que plus réelle et profonde‘, türaillé entre les instincts qui le poussent à créer, à aimer et à haïr et les conseils des voix intérieures qui l’engagent à « accrocher sa cornemuse » et à se retirer du monde’. Lucrèce et les Stoïciens se disputent son âme. Tantôt il s’illusionne sur sa liberté, se trace des disciplines de renoncement, et se dit que le dernier mot de la sagesse est de savoir prendre congé de la vie, tantôt il s’abime dans un pessimisme fataliste rappelant celui d'Egmont”. Parfois il déchire que « qui

1. CF, N. Hebbeldok., 165-166. — 2. Cf. T., 4028, 6140 et Bw., VII, 344.

3. « Ein herrliches Paar. Friedrich rôtlich blond mit blauen Augen, der echte Nordländer, Christine mit schwarzen Augen und schwarzen Haaren, fast. einer Italienerin gleich, beide stattlich und auffailend, entzückend und bedeutend, ungewôbnliche Erscheinungen. (Werner, Ærankfurter Zeitung, 1910, 179 et lilerarisches Echo du 15 juillet 1910, écrit à l’occasion de la mort de Christine à Vienne, le 29 juin 1910, âgée de 93 ans, 46 ans après Hebbel).

h: Cf, T , 5777, 5889-5890, 6014, 6112, 6143, 6268; Bw., VII, 218, 298; VIII, 398 et suiv.; T., IV, p. xur et supra, 419 et suiv. et 611.

5. Cf. supra, 166, 293, 383, 439, 560, etc. — 6. CE. T., 6064, 6066, 6094.

7. Of. supra, 440; et T., 5846, 5945, 5947, 6049, 6050, 6318, 6319; Bw., VII, 18%, 226. — 8. Cf. T., 5790, 5964, 6177 et letzte Brieftasche; T., IV, p. xv, n° 413.

9, Cf, T., 6262 : « Man sagt sehr oft : Dein Charakler ist Dein Schicksal. Warum aber? Weil der einmal so und nicht anders beschaffene Charakter

HEBBEL A VIENNE DE 1848 À 1863. 625

veut vivre doil toutrisquer, même la fièvre », il continue à pratiquer sa règle vitale, qui consiste, nous le savons, à sacrifier l’accessoire pour conserver l'essentiel! ; d'autres fois, sans se départir de la méthode classique, il n'arrive qu’à l’instable équilibre d’indifférence et semble aussi proche de la négation que de l'affirmation ?.

Rarement procès de destruction fut plus tragique : ce n’est pas en vain qu'une enfance sans joie, une adolescence de luttes et de privations, toute une vie haletante d'effort et d'angoisse passent sur l'être le mieux trempé; il est, à la fin, comme un navire rentrant d'un dur voyage, chargé de richesses, mais perelus d’avaries et qui s’abime en touchant au port. Dès 1860, à l'époque où Hebbel va commencer à savourer la récompense de ses labeurs, la maladie resserre sur lui son étreinte et ne lâchera plus sa proie. Ce ne sont d’abord que de fréquentes migraines et des malaises auxquels le poète n’attache guère d'importance, habitué qu'il est, en pareil cas, -à recourir à la méditation plutôt qu'au médecin ?. En 1862 encore, il ne se croit pas sérieusement atteint, mais, dans la mesure même où il se fait plus confiant et plus modeste, jouissant des moindres choses, le mal progresse. Hebbel plaisante, à la fin de l’année, sur l’arrivée des lunettes et demande si la nouvelle lui apportera aussi des béquilles; le printemps de 1863, qu'il salue avec ravissement dans l’Augarten et le Prater, sera le dernier qui lui sourira. * Son cinquantième anniversaire accumule sur la tête de l'artiste des succès sans nombre et cloue l'homme au lit. Les Nibelungen ont triomphé à Vienne, Laube est desarmé, Campe conquis. Hebbel

obtient le Schillerpreis. Déjà, en 1859, Mutter und Kind avait été

couronné à Dresde. — La jeunesse organise un « Commers » en l'honneur de son poète favori. Le grand-duc le nomme bibliothécaire de la cour de Weimar et enverra d’autres hommages « de trône à trône » à celui qu’il appelle « prince des pensées ». Et le héros qui correspond maintenant * avec des souverains et des prin-

auch nur diesen und keinen andern Weg wandeln und also dem daherbrausenden Sichelwagen des Todes nicht ausweichen kann »; et Esmont, acte II : Egmont au Sekretär : « Kind! Kind! nicht weiter! » etc...

1. Cf. T., 5813, 6334, letzte Brieftasche;, T. IV, p. x1v, n° 11; Bw., VI, 316, 359, 362; Werner, 358 et supra, 418 et n. 4.

9, Cf. T.. 5800 : « Die Gôtter schenken wie die Kinder; sie nehmen alles zurück, sobald es ihnen gefällt », et Bw., VI, 301 : « Ich kam nur durch Resignation zum Frieden, ich lernte meinen Sarg nach und nach als Bett betrachten, begnügte mich aber allerdings darin zu schlafen und brachte mich nicht um, obgleich man mir Gift und Dolch hineingegeben haite. »

3: Cf. T., 5789, 5823; Bw.,. VI, 305, 321; VII, 36, 159; Hebbel recouvra par hasard l’ouïe d’une oreille dont il fut privé la plus grande partie de sa vie, faute de consulter un spécialiste (Cf. T., 5826); cf. encore T., 4300.

4, Cf. T., 6050, 6075, 6080, 6108, 6119, 6325; Bw., VII, 289.

5. Cf. Kulke, 88-91; Frankl, 5051; Kuh, Il, 512-518 ; Bamberg, II, 571; Bartels, 105: Werner, 359; sur Laube, cf, supra, 611; sur les négociations de librairie de Hebbel avec Weber et Campe, cf. Bw., V, 228-231, 342-343; VI, 206-210 > 221: VII, 110, 113, 117-119, 125, 137-138, 145-149, 156, 170, 176, 221, 254, 269, 272, 289, 297, 339-340, 345-346, 369, 397, 413-415; T., 6093, 6315; N. Hebbeldok., 91-94, 121-193, 127-131. Cotta est mort (Bw., VII, 314); à propos de Mutter und Kind, cf. la lettre de Hebbel à Julius Hammer (Kunsiwart, Zweites Märzheft, 1913, p. 385-388).

/ IIEBPEL, A)

cessés et reçoit, d'autre part, les ovations de sa propre popularité, le héros prononce alors lui-même la sentence qui résume toute sa destinée : « Tantôt, soupire-t-il, c’est le vin qui nous manque, tantôt c’est la coupe ‘». Maintenant que, reportant encore une fois sa pensée en arrière, il a le droit d'être fier du chemin parcouru et de mesurer sa grandeur et sa décadence à celles de maïtres comme Uhland et Gœthe?, maintenant que la gloire est apprivoisée, que ses comptes sont en règle et que le poète besogneux de jadis commence à capitaliser #, l'heure a sonné. Les dernières pages de son journal, ses dernières lettres nous permettent de suivre pas à pas la lutte de l'espoir, vivace jusqu’au bout, contre les progrès de la maladie, dont nous sont décrits minutieusement les symptômes et les phases". Fin mars, Hebbel espère encore aller jusqu'à cent ans, « le bois étant au pays dithmarse, écrit-il à Freiligrath, aussi dur qu'en Westphalie ». Il a en la nature une confiance toute mystique et on croirait telle de ses effusions directement inspirée de Gœthe à l'apogée de son culte de Spinoza. Rien de plus nobie que sa sérénité aux heures où son souci unique semble être de rassurer les siens et de leur communiquer son courage ?. Les messages qu'il envoie de ses dernières villégiatures à Orth et à Baden sont admirables de calme et rayonnent l’apaisement vrai. L'esprit tâche de demeurer libre dans le corps paralysé”. En octobre et novembre encore, il fait des projets pour le printemps prochain, puis, sa main se refusant à les écrire, c’est sa fille qui écrit à sa place !°. Le 12 décembre, elle lui lit son poème préféré, le Spaziergang de Schiller. Hebbel prend congé des siens, et au bout de la nuit d'hiver, tout au long de laquelle un orage épouvantable se déchaine dans les rues de Vienne, s'endort pour toujours 1,

1. Cf. Bartels, 105; Kuh, Il, 521; Bamberg, allgemeine deutsche Biographie,

. 185 de l’article sur Hebhel;, Bw., VIT, 328, 335, 341, 359; T., 5731, 5803: W., X, 408 : « Und es kann sich ereignen, ete... » et supra, 232, n, 7, 249, n. 8, 286, 306; les métaphores de la coupe; supra, 272 et 285, le finale de das Haus am Meer et la première strophe de liegt einer schwer gefangen. Sur les succès de 1863, cf. encore : T., 6103, 6113, 6114, 6117, 6122, 6197, 6150; 6174: Bw. VII, 317, 318, 326-328, 335-339, 364. Pour les succès de Mutter und Kind, cf. Bw., VI, 107, 211, 266 et sui. ;

2. Cf. T., 6117; Kulke, 10; Kub, II, 515. — 3. Cf. T., 6302; Bw., VI, 313-315, 318 et Bw., VII, 166, 205.

u. Cf. T., 6138, 6150, 6160, 6161, 6164, 0168, 6171, 6176, 6334, letzte Brief tasche; T., IV, p. xiv!lt; N. Hebbeldok., 164-165 et Bw., VII, 276, 320 et tout le reste du volume, en particulier les pages 364-368, 389-390, 394-395, 400-405 ; Bw., VIII, 57.

Page 1