Kulke, 94; W., XII, 343. — 3. Cf. supra, 618 et n
constamment traversée et parfois bouleversée par le souffle dramatique, tandis que ses drames de la période d’accalmie conserveront, ainsi que nous allons maintenant l'indiquer, l'arome très caractéristique de la personnalité lyrique de leur auteur. C'est avant tout de ce point de vue que s'explique cette déclaration de Hebbel au sujet de l'édition d'ensemble telle qu'il la concevait : « Il n’y a pas un seul écrivain allemand moderne dont les œuvres aient entre elles plus de rapports intimes que les miennes; elles se rattachent les unes aux autres, s’éclairent réciproquement et, pour comprendre et pour pénétrer tout à fait l'une d'elles, il faut les assimiler toutes !».
Nous ne saurions donc passer complètement sous silence l’œuvre dramatique de Hebbel à Vienne pendant la période qui nous occupe. Nous avons mentionné déjà les titres de ses grands drames ? et fait allusion au libretto qu’il composa en 1858 pour un drame musical : Der Steinwurf oder Opfer um Opfer?, Ce dernier, toutefois, n’est intéressant qu’en tant qu'il vient illustrer l’inaptitude de Hebbel à « commander à la poésie », à la façon de Schiller “. Quant à la comédie intitulée Verkleidungen , c'est la seule œuvre que Hebbel, à l'instar du Quickborn de Klaus Groth, écrivit en son dialecte natal, et de plus, ces deux actes destinés à son enfant nous montrent quel sens inné de l'enfance et quelles affinités profondes avec elle le poète possédait. Il n'est pas jusqu'à ses nombreux fragments et plans dramatiques Ô qui n’intéressent par quelque trait l’esthéticien du lyrisme *. Mais, pour nous en tenir à l'essentiel, nous n'’insisterons que sur les plus grandes œuvres.
Rappelons tout d’abord que, dès la période italienne, on peut découvrir chez Hebbel dramaturge à la fois un romantisme précurseur de celui d'Ibsen et un naturalisme avant-coureur de celui de Hauptmann. Et ce n'est pas sans raison que le même critique qui mentionne Hauptmann à propos du 7rauerspiel in Sisilien et compare la Julia aux Revenants d'Ibsen, signale également la parenté entre Demetrius et le Prétendant à la Couronne $. Or rien ne saurait ètre moins indifférent à qui étudie le lyrisme de Hebbel que de noter, dans l’ensemble de son œuvre, le parallélisme entre les tendances réalistes et l’irréductible penchant du poète à l’introspection. La
1. CE. Bw., IV, 97. Lettre à Weber du 15 février 1853 (N. Hebbeldok., 77 et la lettre de Paris à Campe du 2 juin 1844 (Zeilgeist du 17 mars 1913).
2e Voir les notes de la partie biographique de 1848 à 1863; pour les représentations des drames, cf. Frank], 71. ù
3. W., MT, 345 et suiv.; cf. supra, 619 et n..3; T5627, —"4. (CE Kuh, I, 439 et Werner, 339-340,
5. Ein Lustspiel in zwei Aufzügen (1858), W., III, 391 et suiv.; cf. Werner, 340-341+ Kuh, Il, 416-418: supra, 609, 610 et n. 2.