TRACE D
d'ésotériques confessions rappelant l'enfance misérable, mais farouchement indépendante du poète, il paraît bien avoir fait resplendir en Siegfried son rêvé de rayonnement impérieux. Ainsi les tragédies d'amour et de haine, de confiance et de méfiance, d’autoritarisme et de jalousie, plongent leurs racines dans sa vie, dans son caractère et dans son cœur et y puisent leur sève de lyrisme à la fois ardent et sombre ?. -
On pourrait de même signaler de multiples rapports, pendant la même période de 1848 à 1863, entre son lyrisme et sa production épique. Il faudrait pour cela passer en revue, tant au point de vue des motifs et des caractères que de la facture, les nouvelles et les fragments narratifs ?. On y découvrirait, comme dans ses ballades, la même prédilection que par le passé pour les sujets singuliers, les types étranges et bizarres et, dans la technique, le même souci de concentration et de conséquence. Par contre, nulle part mieux que dans son poème Mutter und Kind* Hebbel ne tient compte de la différence essentielle qu’il établissait entre l'allure trépidante d'un drame et la marche paisible et lente de l'épopée. Il s’y attarde à nous décrire le décor hambourgeoïis et la vie rustique d’un jeune couple sans fortune et à nous développer sa conception de la famille cercle parfait et ses idées sur les inégalités et les injustices sociales f. Le déroulement de l'intrigue et l'harmonie de la description et du récit parurent assez réussis à Otto Ludwig pour qu'il crût devoir proclamer le talent de Hebbel essentiellement