‹ HebbelChapitre 321 sur 425 · Cf. W., XII · texte numérisé non relu

Cf. W., XII

3. W., XIT, 135. Gedichie von Emil Kuh. Braunschweig, George Westermann ; cf. Bw., VI, 98, ligne 25 et suiv.et neue Hebbeldokumente, 106, 108, 109, 115, 119, 125. Pour les nouvelles, cf, W., XII, 115-116. En 1863 encore, Hebbhel défendra le üsterreichische Dichterbuch de Kuh, en même temps que le Heldenund Liederbuch de Frankl (W., X, 325); parmi les recueils de poésies religieuses Hebbel ne loue guère que die Sionsharfe de Karl Simrock (W., XII, 136-137)

k. W., XII, 245-250, 381. — 5. Cf. supra, 652,

6. Cf. W., XII, 249 ligne 11 et suiv.; cf. W., XII, 254-255 le compte-rendu des Parabasen de GC. Dräxler-Manfred.

l'empirisme des Grabbe, Freiligrath, Herwegh, Büchner, succède le purisme des « calligraphes » de Munich et des admirateurs de Geibel : si leurs personnages germaniques affectent l'allure de divinités, de héros ou de fonctionnaires romains, ils croient vous dédommager en vous imposant l'horreur de l'hiatus et en vous rappelant qu'une négation double équivaut à une affirmation. Hebbel conclut en préférant les incorrections de Wanderers Nachilied de Gœthe aux « beaux vers » qu'il abandonne aux fossiles de la philologie!.

Le ZLiteraturbericht du 9 juillet est intéressant aussi parce que les recueils lyriques dont il rend compte ne sont point sans valeur et que, par suite, le poète s'y donne davantage et nous livre de plus abondantes impressions que dans les Ziteraturbriefe. C’est ainsi qu'à propos de la « saine poésie domestique » d’un Julius Hammer”, quil préfère au lyrisme de Schefer et de Rückert, Hebbel nous fournit cette caractéristique qui, sous certains rapports, conviendrait à ses propres productions : « L’Allemand éprouve plus vivement que les autres peuples d'Europe le besoin moral de rentrer en luimême; 1l fête le carnaval et le mercredi des cendres toujours simultanément et regarde rarement son propre visage dans un miroir sans se rappeler qu’en réalité c’est une tête de mort qu'il y à derrière. Aussi prend-il également l’art plutôt du sérieux que du joyeux côté et des poètes qui lui tendent une couronne de roses lui agréeront de préférence à des poètes l'invitant à danser. Il aime tant penser à la fin qu'il en oublie le commencement. A près avoir obéi à ce penchant contemplatif, il veut être édifié ct si, au cours de. l'évolution universelle et nationale, il lui arrive de progresser de Benjamin Schmolck à Heinrich Zschokke, et de passer du déiste au panthéiste, c'est toujours le même instinctqu'il s'agit de satisfaire. » L'auteur qui comparaît ensuite devant le critique n'est nul autre. que Wilhelm Müller, le célèbre poète des Griechenlieder et si, étant donnée l'instabilité de la gloire littéraire‘, Hebbel rend à la persistance de ce titre l'hommage qui convient, il ne l'en discute pas moins. Uné anthologie de Theodor Fontaneÿ lui paraît présenter de graves lacunes en omettant Dingelstedt, Fritz Reuter et Klaus Groth, et en permettant à d'illustres inconnus d'occuper leurs places. Une autre, de Theodor Storm‘ lui semble plus méritoire, mais il reproche à l’auteur de n’avoir pas laissé de côté Theodor Mommsen dont il ne conteste pas les mérites comme historien, mais dont les vers sont tout au plus bons à agrémenter les papillotes des conficeurs. Et le critique termine en dédaignant de dire un mot d’une foule de nouveaux recueils, caril se refuse « à écrire l’histoire nalturelle du dilettantisme », mais il ne demande qu'à encourager des

1. Cf. W., XII, 245-250 en particulier les 3 dernières pages et supra, 644 et

nu,

se et 253, zu aller guten Stunden. Zweite Auflage, Leipzig Brockhaus. — 3, P. 254 : Gedichte, zwei Teile, Leipzig, Brockhaus. — 4. « Wo ist Hôlty, wo sein Freund Bürger, wo sind Salis und Matthisson? » — 5, P, 255-256 Deutsches Dichteralbum. Nierte Auflage. Berlin, Bachmann. — 6. P. 256 Deutsche Licbeslieder seit J. €. Günther, Berlin, Schindler,

talents naissants, et du reste parents, comme ceux de Wilhelm Herz et d'Emil Kuh*.

Il faudrait encore, pour être complet, caractériser les relations de Hebbel avec les réalistes. Nous nous en occuperons en traitant de ses adversaires critiques, en tête desquels se place Julian Schmidt. Quant à ses rapports avec des écrivains tels que Gustav Freytag et Otto Ludwig, il ne saurait en être question à propos de l'esthétique lyrique qu’à un point de vue très général et lointain. Îl nous suffira de noter que Hebbel trouve l’auteur de Sol und Haben ennuyeux comme un samedi (il n’apprécie pas plus favorablement le dramaturge que le romancier) et déclare que Ludwig est totalement dépourvu de sens poétique. Îl prend, une fois, grand plaisir à la conversation de Marie von Ebner-Eschenbach, mais apprend ensuite sans enthousiasme qu'elle écrit. Hebbel n’apprécie guère les femmes auteurs?.

A sa dernière période comme aux précédentes, il aime à se mesurer surtout avec les grands noms de tous les temps et de tous les

ays, mais il montre finalement plus de modestie envers ses maîtres véritables. Il ne fait allusion que rarement aux philosophes et aux poètes de l’antiquité comme Platon, Horace et Juvénal qu’il ne peut lire dans le texte. Par contre, il ne se lasse pas de rendre hommage à Homère et de comparer ses poèmes aux Nibelungen pour démontrer que ces chefs-d'œuvre uniques en leur genre et avant tout marqués au sceau d’une individualité géniale ne sauraient être le produit hétérogène d’une collaboration multiple et anonyme pas plus qu'une stratification de dépôts successifs. Ces grandes épopées lui paraissent, au contraire, attester de façon éclatante que la souveraineté du vrai poète n'a d’égale que celle des monarques dont la volonté fait loi. Hebbel ne connait guère la littérature française, bien qu'on trouve dans son journal et sa correspondance les noms de Corneille, Racine, Molière, Hugo, George Sand, Alexandre Dumas et Eugène Sue, et il semble n'avoir pas lu une seule de nos poésies lyriques*. Quant aux écrivains anglais, il pense que leur grandeur

l. P. 256-257 : Gedichie, von W. Herz, Hamburg, Hoffmann und Campe; cf. Bw., VI, 250, ligne 11 et suiv., et supra, 656 et n. 3.

2. Sur la synthèse de réalisme et d'idéalisme dans l’œuvre d'art, cf. supra, 629, n. 1 et 650, n. 1; T., 3939, 5328, 5398, 5507, 5663, 5710, 6086, letzte Brieftasche, T., IV, p. xxn1, n° 7 : Bw., VII, 130, 264; W., XII, 92-94. Le neuer Pitaval demeurait lune des meilleures sources réalistes de Hebbel: cf. outre les tables de la correspondance et du journal : N. Hebbeldok., 121 ; sur Freytag,

“cf. en particulier, Bw., V, 265, 295; VII, 100; sur Ludwig, outre les tables : Bamberg, Il, 115 et Kulke, 59. Nous avons déjà mentionné d’autres romanciers réalistes : Alexis, Auerbach, Gotthelf, cf. supra, 649, n. 6 et Bamberg, Il, 353-355. Sur Marie von Ebner-Eschenbach, cf. T., 6056 et l'appréciation de Fanny Lewald : Kub, II, 457, T., 5895; Bw., IV, 176.

3. Of. W., X, 342-350 : « Wenn ein Philister gegen irgend ein positives Recht verstüsst, so bekommt er seine Schläge, aber ein Kôünig wirft die ganze Rechtspflege um und führt eine neue bessere ein. Ganz so verfahren grosse Künstler und Dichter » (cf. supra, 593 et n. 6; et encore, supra, 625; T., 6174, 6206; Bw., VIT, 364). Sur cette question des rapports de l'unité d'inspiration et de ce qu’on appelle Volkspoeste, cf, encore, W., X, 457: XII, 238: et ., 4582, 5626, 5730, 5812, 5982, 6068, 6664, etc, — 4. Cf. les tables à chacun de ces noms

# provient surtout de ce que, leurs compatriotes n'ayant rien moins que le don de poésie, toutes les réserves poétiques de la nation se sont concentrées sur les rares exceptions. De Shelley il ne mentonne que la personnalité et les drames?; il lit, nous l’avons vu, Carlyle et se repose dans son admiration fidèle de Walter Scott de la discussion passionnée où l’entraîne toujours la personnalité de Byron. Mais ce qui l’intéresse spécialement chez les Anglais, c’est le théâtre et, par-dessus tout, Shakespeare‘. « À côté du nom de Shakespeare, écrit-il le 6 novembre 1863, je n’en puis voir aucun autre, quel qu'il soit, et le mien — ai-je besoin de l’ajouter? — moins que tout autre”. » Hebbel n’en continuait pas moins le rêve des grands classiques et des grands romantiques allemands, en cherchant à réaliser l’art suprême, poursuivi dans les définitions de Schiller et de Schlegel, le Wilhelm Meister, l'Iphigénie et le Faust de Gœthe, le Robert Guiscard de Kleist, cette forme nouvelle qu'il avait lui-même dénommée l'art novantique et qui eût concilié l'idéal grec et la réalité shakespearienne en déployant tous les tré- 8 ele ES

sors de l'âme moderne enrichie par les siècles, mais sous le rayonnement de la beauté éternelle, telle que nous la révélèrent les maîtres de l'antique Hellade‘.

Des deux Dioscures allemands, Hebbel estime Schiller avant tout comme le théoricien de cet idéal dans ses traités et sa correspondance, mais c’est Gœthe qui est à ses yeux le véritable poète national’. Sans doute Hebbel s'intéresse aussi et toujours vivement à la personnalité de Schiller et à ses œuvres. Sans doute, à la veille de s’aliter pour ne plus se relever, il entend une fois de plus déclamer au théâtre le Zied von der Glocke*, et quelques mois plus tard, à la veille de clore à jamais les yeux, c’est le Spaziergang qu'il veut entendre lire!°, Il n’en convient pas moins de constater et en particulier, T., 3361, 5403 et supra, 566, l’épigramme : Shakespeare, 711 et n. 8, 713-714 et n. 1. :

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