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Cf. supra, 116 et suiv., Engelhard, 31 et Tibal

dernière minute se conjurer pour rendre vains tous les efforts, avec quelle énergie se bandent, pour la résistance suprême, les ressorts de cette nature elle-même élémentaire :

Nun speit der ‘Alte Flammen, Der Pferde sind nur zwei, Der Kerle fünf beisammen, So tretet selbst herbei !

Gebt Acht, wir werden’s zwingen, Wenn ihr die Räder packt Und ich vor allen Dingen Die Deichsel, bis sie knackt.

Î Mais le drame se complique et voici qu’à l’impéricuse et entière volonté du maître s'oppose la sournoise conspiration des valets : | Sie glotzen dumm und dämisch, À Wie er die Deichsel fasst

Und grinsen mehr, als flämisch, Bei seinem : Aufgepasst 1!

La force surhumaine du vieux Dithmarse a raison du complot des cinq serviteurs et, bien qu'ils retiennent lés roues au lieu de les pousser, la précieuse charretée est, du premier coup, dégagée de la ‘ traverse du portail et mise à l'abri. Ahuris de cet exploit inouï, les félons ne peuvent s'empêcher d'admirer celui qu’on appelle « Goliath? »' et lorsque, surpris de leurs éloges, il obtient d'eux l’aveu de leur lâche plaisanterie, la réplique ne se fait pas attendre : So will ich kurz mich fassen : | Ich bin dem Spass nicht hold, Doch môgt ihr heute prassen, So toll ihr immer wollt.

Auch sei auf eure Mühe Euch nicht die Rast verwehrt, Nur dass ihr in der Frühe Euch gleich vom Hof mir scheert!

Le fier paysan estime donc qu'il se doit à lui-même, d’abord de tenir largement toutes ses promesses, même envers des gens qui n'ont pas tenu les leurs, puis de les chasser et, tandis que la fermière apporte à manger et à boire, il remercie et accepte pour les valets, mais refuse pour lui-même les offres de l'hospitalité alors que la tempête fait rage et que des vies humaines sont en danger dans les parages d'Héligoland. Et, donnant l'exemple de la discipline, il repart aussitôt pour la digue, où l’attendent ses fonctions de . « guetteur * ».

Üne deuxième ballade de la même année : das Korn auf dem

1. Cf. Müller (8) rapproche Gœthe ; « da macht er ein flämisch Gesicht », W., III, 192, 4 22.

2, Hebbel ne fait pourtant ici que peindre d’après nature; cf, Anmerkungen, 264, les anecdotes rapportées dans le Dithmarser und Eiderstedter Bote du 7 avril 1831 et par Amalia Schoppe. ;

3. Cf. dernières strophes, Anmerkungen, 264; supra, 2-4; Bw., 2 34-42; Kuh, I, 63-68 et Sitten und Gebräuche der Holsteinischen Bauern von H. K. Unterhaltungen am häuslichen Herd, hrg. von Karl Frenzel, vierte Folge, IT. Band; Hebbhel avait, en 1853, fêté sa réconciliation avec Gutzkow en lui remettant sa ballade pour les Unterhaltungen (cf. Bw., V, 114, 161 et Kah, IT, 367).

Dache, nous dépeint encore, dans une langue en harmonie parfaite avec le réalisme sobre du sujet, une autre scène rustique qui, cette fois, se passe en Moravie. Tandis que, dans ein dithmarsischer Bauer, c'est le vieux maître qui montre comment on se tire d'une situation difficile, plus indolent, le paysan morave se laisse donner par un vieux Juif, pauvre mais avisé, la leçon « Aiïde-toi, le ciel l'aideral!».

Un critique a appelé ces pièces « ballades de caractère » et cité comme la meilleure d’entre elles : die heilige Drei?, composée à Vienne pendant l'automne de 1852, lors de la préparation d'Agnes Bernauer. Le sujet en est emprunté à l’histoire de Bavière de Falckenstein et convenait admirablement à la manière de Hebbel, tant parce qu'il se prétait à l'ampleur du développement épique que parce que l'unité dramatique y était assurée par la personnalité d'un individu de choix. Ce héros, le duc Henri IIT, devait apparaître au poète comme une de ces « natures de maître » pour lesquelles nous connaissons sa prédilection *. Le décor et maint détail rappellent la ballade de Wesselburen des Künigs Tod et son modèle die Vätergruft d'Ubland ‘. Mais comme l'originalité de Hebbel éclate

maintenant, aussi bien dans l’ensemble de la conception que dans

la maîtrise de la forme ÿ! Dès la première strophe, nous sommes entraînés « in medias res », dans cette vieille chapelle où il s’agit pour un souverain de montrer qu'il est maître de lui comme de l'univers en s’humiliant volontairement devant un tombeau. Le duc s’agenouille près de‘la sépulture de son patron, le saint qui s’est dominé lui-même, et voici que, comme il se relève, le « trois » sacré flamboie magiquement à ses yeux. Il l’interprète comme un ordre divin et se soumet aussitôt : il n’a plus que trois Jours à

1. VI, 190; Bisenz in Mähren, 28 octobre 1853; Humorist von Saphir, 15 novembre 1853; cf. T., 5214, ligne 16 et suiv.; 14 décembre 1853 et Fries, 51, n. 1 : « Bemerkt sei noch, das Hebbel in manchen Gedichten, besonders solchen, die ländliche, bäuerliche Verhältnisse schildern (ein dithmarsischer Bauer, das Korn auf dem Dache) gern seltene Reime gebraucht, wie bei ähnlichen Schilderurigen z. B. Matthisson. Das bäuerliche Leben mit seinem derbrealistischen Wortschatz, seinen technischen Ausdrücken, ladet ja den Dichter dazu ein, derartige Worte von derber Sinnfälligkeit nachdrucksvoll in den Reim zu setzen, wo sie mit eigener sinnlicher Kraft und Plastik wirken (so a. a. O. : Deich-gleich, froh-Stroh, packt-knackt, dämisch-flämisch, Ruck-Schluck, Jude- Bude, Dorf-Torf, Schober-Kober, Feurung-Teurung, vgl. Sündfluthborn-Hagelkorn, fluchen-Osterkuchen). »

2. VI, 181 et suiv.; Vienne, 15 octobre 1852; illustriertes Familienblatt, hrg. vom ôsterreichischen Lloyd, Triest, 1853, III, 53; cf. T., 5047; Bw., VI, 2: VIT, 257; VII, 50-51.

3. Cf. supra, 594, Bastier, 52 et W. Wustmann : zur Entwickelung der deutschen Kunstballade (Grenzboten, LXNII, 27). Ge dernier critique montre que Hebbel continue plus fidèlement qu'Annette von Droste la tradition de la vieille ballade, que, parti de Schiller et d’Uhland, il apporte de son propre cru plus de concentration dans la motivation psychologique et qu’à côté de die heilige Drei un poème comme der Graf von Habsbure n’est plus qu’une ombre. L'éditeur critique a suffisamment élucidé la question des sources et des variantes, cf. Anmerkungen, 269-971.

k. Cf. la première strophe et le v. 100 et supra, 119 et suiv.

5. Tout au plus pourrait-on relever une négligence dans les rimes : vollbracht-Nacht et Pracht-Nacht (v. 62, 64, 158, 160)

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