‹ HebbelChapitre 334 sur 425 · PAR PAL ET NP · texte numérisé non relu

PAR PAL ET NP

dE r'éndi

dan ui de

vivre, mais il dépend toujours de lui de sanctifier le renoncement par l'acceptation de l’inévitable :

Doch ziemt mir keine Klage,

Wie streng auch das Gebot.

Les trois jours révolus, la mort ne venant pas, Henri pense que trois mois lui sont concédés ; il remplace alors les prières et les jeûnes, qu'il s'était imposés pour remplir le premier délai, par une tâche plus vaste, en proportion avec la nouvelle étape : ces trois mois, il les consacrera tout entiers aux pauvres. Et lorsque, survivant encore, il suppose qu’il s'agit de trois années, le but qu'il se propose, supérieur à la charité, c’est la justice, et non plus une justice confiée à la mémoire de vieillards expérimentés et de savants échevins, mais la règle, nue, impartiale et immuable, que sauvegarde la loi :

Es kann ein Mensch vergessen,

Doch nie vergisst ein Buch, Und richtig wird gemessen + Der Krone wie dem Pflug.

Ainsi seront réalisés du même coup la volonté divine et le paradis terrestre: Et quand l’œuvre est achevée, l'heure sonne et elle est la bienvenue : ; Und seine Wangen färben Nur rôther sich dabei,

Als ob für 1hn das Sterben Der Lohn des Lebens sei.

Hebbel n'a pas changé, c'est bien le leitmotiv de Heidelberg et de Munich qui reparaît ici et la conclusion de la pièce das Grab :

Ich hatte nichts mehr zu wünschen Und legte mich selbst hineint.

Et cependant, quantum mutatus ab illo!... Au glas désespéré du pessimisme d’antan s’est insensiblement substitué l’angelus grave de l’optimisme stoïcien. Et de même le poète demeure, en 1852, fidèle à sa règle vitale de 1836 : « Wirf weg, damit du nicht verlierst? ». Mais, dans l'intervalle, il a appris à pratiquer sur une échelle de plus en plus large ce salutaire renoncement, jusqu’à en découvrir la puissance suprême dans son application intégrale. Jusqu'ici l'interprétation de la formule n'était guère que : « Sacrifier la partie pour sauver le tout » ; il s’agit à présent de risquer, en beau joueur, « le tout pour le tout ». Arrivée à cet apogée, l'allure du poème se fait plus lente et la muse du drame cède le pas à celle de l'épopée ; avec quelle solennité sont décrits les prépa- ratifs funèbres ! avec quelle majesté est célébrée la magnilicence

du saint empire romain germanique :

Die Krone Karls des Grossen

Trägt man auf Sammt voran;

Den Degen auch, den blossen, Der ihm die Welt gewann;

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