‹ HebbelChapitre 342 sur 425 · Cf. la 9° strophe. — 4. Cf. Scheunert, D. 7. Il · texte numérisé non relu

Cf. la 9° strophe. — 4. Cf. Scheunert, D. 7. Il

Il convient toutefois de ne pas exagérer ce modernisme de Hebbel et nul document ne pourrait mieux dater et localiser sa profession de foi que, fermant lé cycle, le poème an des Kaisers von Oesterreich Majestät (bei Gelegenheit des Attentats) !. L'occasion en fut l’attentat de Libenyis contre l'empereur François-Joseph, le 18 février 1853. Hebbel en était indigné. Aussi déféra-t1l avec empressement à l'invitation officielle qui dui fut faite d'exprimer ses sentiments dans un poème destiné à un album projeté par la congrégation des Méchitaristes et dont la publication fut ensuite différée jusqu’en 1858. Le poète nous a renseignés, tant sur la genèse que sur la portée de ces six stances, dans de nombreux passages de sa correspondance et de son journal?. Mais le morceau est assez clair par lui-même : Hebbel croit encore, en 1853, que l'unification de l'Allemagne doit se faire par l'Autriche : aussi proclame-t-il que la dynastie des Habsbourg rétablira un jour l'empire de Charlemagne et la communication entre les deux moitiés du « cœur de l’Europe » :

So schmiede denn mit einer ehr’nen Klammer Das eig’ne fest an’s alte deutsche Reich;

Dann endest du den allgemeinen Jammer

Und den des edlen deutschen Volks zugleich :

Wo drängt sich auch durch eine Herzenskammer Das Blut und lässt die and’re leer und bleich ? Durch alle beide muss es wechselnd fluten, Dann weckt es die verborg’nen Lebensgluten.

L'abaissement de l'empire germanique ne saurait être ni définitif, ni déshonorant, n'ayant été causé que par la puissance de Napoléon, fils des dieux, unissant dans son individualité surhumaine à la fois le génie de César et celui d'Alexandre et maître, un instant, du monde. Hebbel rend ici à son héros favori le plus éclatant hommage :

Er glich dem düstern Helden jener Sage, Der seine Feinde nicht bloss überwand, Nein, der sich auch zu seiner eig’nen Klage Nach jedem Siege doppelt slärker fand,

So dass er an dem Abend seiner Tage

Die Kraft der Welt in sich zusammenband,

1. VI, 306, Vienne, 1853, cf. à peu près le même titre chez Gœthe : Zhro des Kaisers von Oesterreich Majestät, et encore chez Gœthe la série des pièces de Karlsbad en juin 1810 et les deux autres pièces de juillet 1812, l’une dédiée à l’impératrice d'Autriche, l’autre à l’impératrice de France. Le poème de Hebbel parut d’abord dans le deutsches Museum de Robert Prutz le 1° juillet 1854 puis dans le Xaiser-Album, Viribus unitis, herausgegeben von der Mechitaristenkongregation, Vienne, 1858, p. 5.

2. T., 4571, 5076, 5077, 5081, 5082, 5212; Bw., V, 236; VI, 3, 64; VII, 60, 193, 134; cf. W., X, 128-131. 448; cf. encore Kuh, I, 350-351; Werner, Anmerk., 306-307 et Lyrik und Lyriker, 123-124, 137, 140, 471. Pour la forme, Müller (7) oppose ces stances de rimes uniformément féminines à celles de die Erde und der Mensch qui alternent conformément à l’exemple-gœthéen; au point de vue de l’inspiration, le même critique rappelle (12) que Hebbel bannissait la politique du domaine de la poésie et que, dans de rares exceptions seulement, l'impulsion des circonstances triompha des théories; cf, supra, 600, 602 et n. 5, 659 et n. 3, 654-655.

Und, da ihm doch beschieden war, zu enden, Den Tod erlitt von aller Gôütter Händen !{!

Et la dernière stance exprime l'espoir que la mort apparente de l’ancien empire allemand n'a été qu'un sommeil réparateur : à l'empereur d'Autriche de réveiller bientôt Barberousse endormi. Sur ce point, les idées de Hebbel évolueront : il conservera sa fidélité à la Grande Allemagne, mais reportera sur la Prusse ses espoirs d’unification, quant à son loyalisme monarchiste, il ne s’en départira jamais ?.

Nous avons étudié déjà la forme des poésies de cette édition qui figuraient aux précédents recueils ?. Quant aux nouvelles, l’analyse que nous venons d'en donner nous dispense d'un exposé du même genre. Les théories concernant la technique ont été du reste mises à jour‘. Contentons-nous de rappeler les remarques faites sur la virtuosité du versificateur” et de noter qu'il n’y a pas de différence sensible, au point de vue du symbolisme, entre le recueil de 1848 et celui de 1857 : le goût de Hebbel, par exemple, pour les fleurs et leur parfum n'est, nous le savons, pas récentf, pas plus que sa prédilection pour les animaux. Ce qui frappe le plus dans l’évolution de son style poétique, depuis le recueil des neue Gedichte, c'est, à de rares défaillances près, et nous les avons signalées au passage, un perfectionnement constant de la langue et de la versification : le vocabulaire est riche et précis sans jamais être recherché ou bizarre, le rythme montre de la diversité et de la souplesse sans se départir dans une même pièce de la sobriété vigoureuse qui assure son unité. En un mot, Hebbel vise toujours fidèlement à la ligne de noble simplicité et de sérénité grandiose qui est l'idéal classique. Parfois, le caractère même de son inspiration, soit trop méditatif, soit trop didactique, l'empêche d'y parvenir; de temps à autre, il a de brusques écarts, commet des fautes de goût; nous avons noté, à côté de strophes de la meilleure venue, des taches surprenantes, des cacophonies, du jargon. Mais, dans la plupart de ces pièces et partout où. l'élan part du cœur et non du cerveau, où l’image surgit au grand soleil de l'intuition et dégagée des toiles d’araignée de la spéculation, Hebbel atteint maintenant au grandiose. Peut-être moins musicales que celles de jadis, certaines poésies diverses de cette période ont, en revanche, de plus solides qualités plastiques et les ballades sont de purs chefs-d'œuvre de réalisme poétique, conciliant, en une forme voisine de la perfection, le sens du détail caractéristique et la passion du beau.

1. Cf. W., V, 45-54. — 2. Cf. supra, 594-603. — 3. C£. supra, 356-388; 523bAl ; 580-585.

4, Cf. supra, 637-641, cf. sur la rime, T., 5246, Bw., VIT, 220, ligne 16; sur les mètres antiques dans la poésie allemande, T., 5361 et Bw., V, 208-209.

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