Gœthe, Lieder : Erinnerung
6. VI, 340; Wanderer, 7 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 60; cf. Schiller : die l'ührer des Lebens (Gedichte der dritten Periode). Pour la genèse, cf. Patzak, 44-45, 91.
retrouvons ici le courant de mysticisme altruiste qui a sa source dans les premières influences de Wesselburen et que nous avons vu, depuis, remonter à la surface mainte et mainte fois !. Encore probablement inspirée par Schiller, la belle sentence Majestas hominis montrant que la modestie est en raison directe de la grandeur :
Cajus fühlt sich gedeckt durch Julius Cäsar und jubelt,
Cäsar bezweifelt sich selbst, wenn er des Cajus gedenkt ?; ; Jedermann ins Album reprend ensuite une série d'aphorismes développant cette réflexion que l'on ne saurait souhaiter aux bons de meilleure récompense, aux méchants de pire punition, que de trouver leur pareil?. Le distique suivant, der Triumph der Natur, nous ramène au centre de l'éthique de Hebbel, en reprenant le leitmotiv de l’impénétrabilité des individus : chaque forme est un cachot où la nature emprisonne la vie, car elle n’a pas pratiqué de’ fenêtre sur le dehors *. Deux épigrammes déjà traitées s'intercalent, puis le distique an den Menschen ajoute à la profession de foi cette note plus personnelle encore :
Wünsche dir nicht zu scharf das Auge, denn wenn du die Todten In der Erde auch siehst, siehst du die Blumen nicht mehr!
N'est-ce pas ici un demi-aveu qui échappe à notre « Grübler » et, comme voilée, l'expression du regret que ses prédispositions !
méditatives l’aient souvent privé des joies de la simple et naïve contémplation *? Après avoir exalté la grandeur de l’homme et le prix de la vie, il semble que le poète s'attache maintenant à faire redescendre progressivement la ligne d'enthousiasme, par un procédé analogue à celui de Pascal dans ses pensées : « s’il s’abaisse, je l'élève; s’il s'élève, je l'abaisse.. ». La maxime an Columbus est déjà nettement pessimiste : le poète entend retentir tout au long de l'histoire la même chaîne que jadis porta le grand méconnu. Homo
1. Cf. supra, 64 et suiv., 71 et suiv., 103, 141 et les pièces : Bin längst nicht mehr der Tor, « hüchstes Gebot », « Winterreise », der Bettler weint, neue Liebe, Homo, Judas (supra, 291, 317 et suiv., 322, 321, 326, 343; cf. encore T., 1611 (Hambourg, 13 mai 1839) et 4344 (Vienne, 8 janvier 1848; cf. supra, 580 et n, 5).
2. VI, 340; Deutsches Museum, hrg. von Robert Prutz, 3 novembre 1853; cf. Bw., V, 198, note; cf. encore Julia; W., II, 143, ligne 7 et suiv. et T,, 4992 (Vienne, 24 décembre 1851); Patzak, 91; Fries, 48-49 et Schiller, Votivtafeln : Mayjestas populi qui commence ainsi : Majestät der Menschennatur! ’
3. VI, 340-341; für den Friedhof der evangelischen Gemeinde in Graz i. St. 1857, p. 78 (Bw., V, 347 et note, et W., XII, 393); cf. encore T., 3867, 5273 (Vienne, 24 décembre 1846, 5 juillet 1854 et l’'épigramme bedingtes Vertraucn (supra, 559 et n..3).
h, VE, 341; Schads Musenalmanach, 1853, p. 52; cf. T., 1848 (Hambourg: 24 décembre 1839); le sonnet an eine edle Liebende (supra, 346) et l’épigramme Natur und Mensch (supra, 554); cf. encore Patzak, 94; Tibal, 581, 583 et Scheu- PRUDENT
5. VI, 341; Wanderer, 16 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 50; cf. T., 2656 (Copenhague, 6 mars 1843); Bw., IL, 205 (Rome, 6 février 1845 et T., 4038 (Vienne, 10 mars 1847); cf. encore Patzak, 33-34, 92 et supra, 379- 380 et suiv. — 6. VI, 341; cf. T., 5325 (Marienbad, 1° août 1854) et supra, 580 : Drei Schicksale,
sapiens est plus amer encore et raille l’anthropocentrisme présomptueux qui se mire jusque dans le soleil et dans la lune‘. Hebbel sait que le nombre des immortels est compté et que la table où lincorruptible Clio inscrit leurs noms est la plus petite possible: il la compare à l’ongle du pouce ?. Suit la sentence der Grüsste, du recueil des neue Gedichte, puis, variation sur le même thème, Blumen und Dornen :
Blumerkränze entführt dem Menschen der leiseste Westwind, \ Dornenkronen jedoch nicht der gewaltigste Sturm 3.
Deux autres épigrammes, der Weg zur Bildung et Lebensregel, reprennent ce problème de la culture qui tenait tant à cœur à Hebbel. Nous les connaissons déjà. Un groupe de quatre gracieux distiques s’ajoute alors : le poète y oppose la beauté gloricuse et unique de Vénus, autonome conrme la rose, au charme discret des trois Grâces qui, comme les violettes, sont faites pour être réunies en un bouquet ‘; puis il déplore que l’homme, quels que soient ses avantages, doive les payer trop cher, ne fût-ce que par la crainte deles perdre ÿ; il constate que la nature d'une question entraine celle de la réponse et que le génie, qu'on l’interroge chez soi-même ou chez autrui, dira ce que seul le génie sait, mais qu'il laissera sans réponse toute question vulgaire ‘; enfin, il compare les enfants à des énigmes émanant de Dieu, les plus difficiles de toutes, mais pouvant être résolues par l’amour s’il sait se dépasser lui-même 7. Hebbel aborde ici le problème de la connaissance auquel il consacre trois maximes que nous avons étudiées au recueil de 1848, et ce problème le ramène à celui du génie, de sès ennemis et de ses parasites : encore trois maximes des Neue Gedichte. Les quatre dernières de celles que nous examinons ici établissent une sorte de bilan. Que nous apporte la vie, au total?