‹ HebbelChapitre 346 sur 425 · VI, 341, cf. T., 5394 (Orth, 27 août 1855) et Patzak · texte numérisé non relu

VI, 341, cf. T., 5394 (Orth, 27 août 1855) et Patzak

2. VI, 342 : die Unsterblichen; Wanderer, 16 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 54; Kulke raconte (45-46) que Hebbel regarda l’ongle du pouce après avoir lu, dans la préface des œuvres complètes de Schopenhauer, le passage où le philosophe indique qu’il s'en remet au jugement équitable de la postérité et cite le mot de Sénèque : « etiamsi omnibus tecum viventibus silentium livor indixerit, venient, qui sine offensa, sine gratia judicent »; cf. encore Kub, II, 82 et Patzak, 92 et n. 1. £

3. VI, 342; cf. T,., 5067 (Vienne, 1° janvier 1853) et Patzak, 88-89. La « literarische Gesellschaft » de Hambourg a fait ériger à Ohlsdorf un monument commémoratif sur la tombe d’Elise Lensing et choisi ce distique comme épitaphe.

. NI, 342 : Schôn und lieblich; Schads Musenalmanach, 1853, p. 68; cf. T., 5238 (Vienne, 29 mars 1854) et Patzak, 84.

5. VI, 343 : Menschenloos; Lloyd, 1851, p. 189 : das Loos des Menschen; Schads Musenalmanach, 1853, p. 66; cf. T., 470 (Munich, 5 décembre 1836); T., 4242, 4280 (Vienne, 28 août et 20 septembre 1847); Patzak, 89 et Scheunert, D. j. H., 67 et n. 3. .

6. VI, 343 : die l'rage bedingt die Antwort; Phônir, 1853, n°8; cf. T., 3660 (Vienne, 4 septembre 1846) et 6128 (Vienne, 20 avril 1863), cf. Patzak, 96; Fries (49, note) rapproche les deux Xenien de Schiller, Manso vor den Grazien et auf gemisse Anfragen. - :

7. NI, 343 : Gottes Rätsel; Lloyd, 1851, p. 189; Schads Musenalmanach, 1853, p- 67; cf. T., 3159 (Paris, 13 juin 1844), 4822 (Vienne, 21 janvier 1851) la pièce

Jahre reihst du an Jabhre, doch, was ein Jabrhundert dir brachte, Wenn du der Glücklichste bist, zählt die Minute dir auf.

Que peut nous prédire le rêve? Non pas ce qui nous arrivera, mais bien plutôt ce que nous ferons ?. N'honorons pas de notre haine l'être que nous ne jugeons pas digne de notre amour; traitons-le comme une chose et non comme une personne”. Et la collection se termine par ce Joli distique : ne Zwülf der Monde bedarf’s, so heïisst es, die Welt zu umsegeln, Zwôlf der Jahre jedoch, eh’ du den Menschen umgehst #.

Ces sentences ne sont point inférieures à celles que nous avons rencontrées au premier recueil : nous y retrouvons, sous une forme toujours concise et parfois lapidaire, la même sagesse, faite de profondeur méditative et de douloureuse intuition, fruit d'épreuves répétées et de longues expériences, mais sans l’amertume des années sombres : le soleil d'Italie a fait son œuvre, le doux rayonnement du bonheur viennois l’a parfaite *.

La série rangée sous la rubrique Art, plus importante encore que la précédente, compte 34 épigrammes, dont la première, das Genie und die Talente, traite en dix distiques à peu près le même sujet que nous avons vu Hebbel développer dans Meister und Pfuscher, Wohl zu merken et das Genie und seine Nachahmer. I s'efforce de montrer que le génie est, par rapport aux talents, une sorte de synthèse, conférant par son harmonie même une puissance nouvelle à des dons qui, pris isolément, peuvent sans doute se développer d'autant plus librement qu’ils ne sont point subordonnés, mais qui sont dépouillés alors de la qualité suprême conférée par un ensemble vivant à chacune de ses parties. Et Hebbel illustre cette antithèse entre la hiérarchie des facultés d’un organisme supérieur, le génie, et l'anarchie des talents indépendants, en montrant l'homme au sommet de la série animale, inférieur par tel ou tel organe, telle ou telle faculté, au lion, à l’oiseau, à l'insecte, mais roi sur eux tous par la totalité de son moi‘.

Séparée de la précédente par six aphorismes, déjà traités, l'épi-

Kinderloos (supra, 228) et l’épigramme der Zufall (supra, 555); Patzak, 99,

1. VI, 344: die Summe des Lebens; cf. supra, 589 : Ack, wie lässt ein Menschenleben (mai 1846); Lyrik und Lyriker, 44? et Patzak, 41, 89.

2. VI, 344 : Der Traum als Prophet; Wanderer, 7 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 62: cf. T., 4702 (Vienne, 22 mai 1850); Bw., IV, 338, note et Judith? W., 1, p. 15, ligne 10 et suiv.

3. VI, 344 : Hass und Liebe; Wanderer, 7 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 60; cf. T., 4796 (Vienne, 1° janvier 1851) et Patzak, 91.

k. VI, 344 : « Welt und Mensch; Phônix, 1853, n° 8; cf. T., 5046 (Vienne, 10 janvier 1852) et Patzak, 91. — 5. Of. supra, 560 et Patzak, 87-88, 92-93.

6. VI, 345; Wanderer, 16 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 49 et suiv., cf. T., 858 (Munich, 3 août 1837), 3192 (Paris, 1° août 1844); Patzak, 13-14, 105 et supra, 561. ”t

gramme die Regel fait ressortir le manque fondamental de la règle conçue sous sa forme absolue et abstraïte : semblable au paratonnerre, elle protège sans doute la maison, mais du même coup engloutit l'éclair !, Les formes ont cependant une vertu intrinsèque qu'il serait présomptueux de méconnaître : une fois le piano construit, même des enfants peuvent en tirer des sons ?. Mais la forme poétique, douée de vie autonome et de pérennité, est supérieure au schème philosophique, essentiellement transitoire :

Ein System verschlingt das andre, doch neben dem Shakespeare, Jung und frisch, wie der Mai, wandelt noch immer Homer.

Nous avons rencontré mainte fois ce leitmotiv en étudiant l’esthétique de notre poète3. Autre leitmotiv encore, le distique die Secundairen; les véritables artistes inventeraient l’art s’il n'existait déjà; aussi ceux qui en seraient incapables ne sauraient davantage produire rien de grand et d’éternel". Cette sentence est encadrée de niederländische Schule et vor einem Rembrandt, d'une part, et, de l'autre, du distique auf Manchen, également dirigé contre les dilettantes. Les trois épigrammes suivantes opposent aux négations que vient ainsi de faire le critique la théorie positive du poète, ses idées sur ce que doit être limitation de la nature : il montre que le Beau ne saurait vivre que de superflu et que l'artiste qui ne sent point en lui surabondance créatrice se trouve par là même frappé d’impuissance *, que ne pas dépasser la nature, c'est rester au-dessous d'elle f, que les poètes qui décrivent minutieusement les hannetons et les renoncules ne connaissent point les profondeurs du cœur humain et ne voient pas les étoiles :

1. VI, 348; Wanderer, 16 mars 1851; Sckads Musenalmanach, 1853, p. 50; cf. T., 1503 (Munich, 20 février 1839) et Patzak, 46,

2. VI, 348 : dic Poeste der Formen; Wanderer, 16 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 50; cf. T., 922 (Munich, 22 octobre 1837), 1535 et 1767 (Hambourg, 3 avril et 28 octobre 1839); 4786 et 5973 (Vienne, 1° janvier 1851 et 25 octobre 1862); Lyrik und Lyriker, 228-229 ; Fries (47) rapproche le distique schillérien : Dilettant (Votivtafeln); cf. encore Scheunert, D. j. 1., 38 : Trübung der sitlichen Einsicht durch die Formen. Der spätere Begriff der Form.

3. VI, 348 : Philosophie und Kunst; Wanderer, 16 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 50; cf. T., 1284 (Munich, 12 août 1838); Bw., V, 257; T., 5393 (Gmunden, 6 août 1855) et les étapes intermédiaires : Bw., II, 54; T., 3065; 4883; 5008; Patzak, 28; Tibal, 594; cf. encore W., XII, 16, 78, 366 et supra, 161-166, 175-177, 196, 208-218, 436 et suiv., 633-641, 650 et surtout 652.

k. NI, 349; Thalia, Taschenbuch für 1849 hrg. von Dr. Joh. Nep. Vogl, Wien,

. 344 : die Secundairen in der Kunst, Wanderer, 7 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 56; Patzak, 104.

5. VI, 349 : Grundbedingung des Schünen, Wanderer, 16 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 51; cf. Judith, W., I, 47, ligne 28 et suiv., D 1097 (Munich, 1% mai 1838) et 2595 (Hambourg, 7 octobre 1842), Patzak, 104; pour la variante; cf. Anmerkungen, 340 ; Fries (52) cite encore T., 2645 (Copenhague, 30 janvier 1842) et rapproche l’épigramme de Hebbel et une pièce de C. À. Meyer (Gedichte, 14° édition, p. 3) d’un passage des lettres esthétiques de Schiller (Güdeke, 10, 376 et suiv.).

6. VI, 849 : das Princip der Naturnachahmung; Europa, 1849, II, p. 488 : an die Nachahmer der Natur; Wanderer, 7 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 55; T., 4404 (Vienne, 20 mai 1848) et Patzak, 46.

Aber das musste so sein; damit ihr das Kleine vortrefflich Liefertet, hat die Natur klug euch das Grosse entrückt 1.

Au nom des mêmes principes que Gœthe avait formulés, par exemple, dans einfache Nachahmung der Natur, Manier, Stil, Schiller, non seulement dans ses écrits esthétiques, mais en mainte épigramme qui a pu être rapprochée de la précédente, Hebbel oppose ici, comme le titre et le sous-titre l’indiquent, à limitation de la nature chez les anciéns, le réalisme de modernes tels que Brockes, Gessner et Kompert, mais il vise surtout Adalbert Sufter, qu'il ne cessera de prendre à parti ?. Puis, comme s’il tenait à rappeler à cet endroit les noms de ses grands parrains, le poète fait suivre les deux distiques que nous connaissons, Gæthes Rechtfertigung et Schiller in seinen üsthetischen Aufsätzen. Un troisième, également du recueil des Neue Gedichte, est dirigé contre les drames de Tieck. La polémique est rouverte; elle continue par une véritable dissertation esthétique intitulée : einem Ursprünglichen. Hebbel y formule, sans nommer Lenau, les attaques qu'il reprendra contre lui en le nommant et à plusieurs reprises, dans ses articles critiques. Nous les connaissons déjà ?. Le « primitif » y est comparé au sauvage, portant à son oreille une lettre accusatrice afin de surprendre le langage du papier“; n'est-il pas aussi absurde de prêter à la solitude « des yeux » et « des oreilles »? Une telle imagination échauffée n’est qu'intelligence en état d'ivresse, c’est-à-dire d’un degré au-dessous de celle du sauvage, dont les vacillations ont au moins le mérite d'être naturelles et non artificielles et factices, et, tout comme ce dernier, le primitif calcule, mais plus mal encore, puisque son ardoise couverte de chiffres se brise avant qu'il n'ait fait le total. Une démonstration de ce genre serait à peine supportable dans un manuel d'esthétique; pentamètres et hexamètres ne rendent pas moins indigeste cette accumulation de métaphores bizarres, destinées à châtier un poète précisément pour son emploi abusif et malheureux de métaphores. On tolèrerait, à la rigueur, malgré son caractère didactique, le développement qui suit, concernant l'intuition :

Anzuschauen ist freilich in Kunst und Leben das Hôüchste,

Aber man schaut noch nicht an, weil man nicht denkt und nicht sieht,

Jenseits der Linie exst, begiebt sich das Letzle der Wunder, Diesseits sucht es der Thor, dem es mit Beidem nicht glückt.

1. VI, 349 : die alten Naturdichter und die neuen, Europa, 1849, WU, p. 488; Wanderer, 7 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 55.

2. Cf. W., X, 176, ligne 30 et suiv. (Berlin, 23 avril 1851); cf. en 1858 : W., XII, 184 la critique du Nachsommer d'Adalbert Stifter et XII, 189-193 : das Komma im Track et supra, 657-658. Stifter répliqua à cette épigramme dans sa préface de Bunte Steine et dans sa correspondance. Pour tous ces rapprochements et une variante, cf. Anmerkungen, 340; cf. encore Tibal, 597-598 et Fries, 48, n.4tétr)6 Enr):

3. Cf. supra, 643, 645-646, 652-653 et notes et surtout, W., XII, 244 : Oesterreichische Poesie (1859). Pour la genèse de l'épigramme (VI, 350); cf. encore Le, 3329, ligne 7 et suiv. (Rome, 21 février 1845); Bw., IV, 56, ligne 4 et suiv. (Vienne, 11 septembre 1847); T., 4417, 4524, 5504, 5506 (Vienne, 12 juillet 1848, 24 janvier 1849, 21 novembre 1856); et l’épigramme ultérieure : Gränze des Denkens (VI, 446) que nous réncontrerons plus loin (Patzak, 44; Anmerkungen,

341-342), — 4, Cf. v. 8 et Moloch, W., V, 251, v. 965 et suiv. (1849-1850),

Au moins ce passage nous intéresserait-il au point de vue théorique, en tant qu'il confirme ce que nous savons de l'esthétique inductive de Hebbel, procédant du concret à l’abstrait, du particulier au général, de l’image à l’idée. Mais le poète, se départant cette fois de son laconisme, croit devoir illustrer son enseignement et accabler son adversaire par de nouvelles comparaisons : il préfère les balbutiements pleins de promesses du nourrisson à l’enflure du « primitif » ne révélant que vide et décadence et il lui reproche l’avortement complet de son symbolisme, incapable de se dégager de l’image, de sortir du domaine de la sensation pure, d'atteindre même aux idées les plus élémentaires : ; … du spielst nur mit Hülsen und Schaalen, Und du träumst, die Natur nackt, wie die Gütter, zu schau’rn;

Du enträthselst nicht einmal die Hieroglyphen, du siehst nur Schlangen und Vôügel, und glaubst, dicht vor der Isis zu steh’n!

Au sortir de celiart poétique en treize distiques, le lecteur peut apprécier la sobriété du très court et très éloquent hommage que Hebbel rend à son maître dans l’épigramme Gœæthes Biographie. P SEP Nous avons déjà eu l’occasion de la citer !. Il y montre comment le génie, d’abord point imperceptible, s’élargit peu à peu en cercle jusqu'à embrasser l'univers. De même, signifie le distique qui vient ensuite, il faut faire crédit à la critique : si la grêle empêche de distinguer les perles que le poète a semées, son espoir reste ferme 8 Re da à en la venue du soleil?. On a vu dans cette épigramme une simple exhortation morale : l’homme ne doit pas perdre courage. Il PAS EP 8 faudrait donc la rapprocher de Frühlingsglaube d'Uhland et de Hoffnung de Geibel. Mais pourquoi figurerait-elle, alors, dans la division Æunst? Il est clair que Hebbel oppose ici aux attaques < k ; : Lee PP CEA impulsives et passionnées qui s’abattent sur les chefs-d'œuvre, immédiatement après leur apparition, la parfois tardive mais immanquable et souveraine réparation de la seule critique qui compte : le jugement de la postérité *, La teneur des épigrammes suivantes ne laisse du reste aucun doute sur l'interprétation qu'il convient de donner à la précédente. Nous avons déjà rencontré, au recueil de 1848, Goœthes Belobungen. Dans Unsterbliche und Unbegrabene, le poète distingue, d’une part, les héros qui ne peuvent pas mourir arce que leur pensée et leur œuvre dégagent d’impérissables étincelles qui animent les survivants de génération en généralion et, d'autre part, ceux qui ne sont pas ensevelis dans l'oubli, mais qui peu à peu s’y éteindront, à moins qu'un poète ne leur assure l’immortalité :

So ist Homer unsterblich, und durch den Homer auch Achilles, Aeschylos, Sophokles so, Shakespeare, ja Gœthe sogar, Aber Napoleon stirbt, wofern ihm ein späl’res Jahrhunderït Nicht den Dichter erweckt, der ihm das Leben verbürgt. 1. VI, 351; Wanderer, 71 mars 1851; Schads Musenalmanach, 1853, p. 56; cf. T., 1364 (Munich, 28 novembre 1838), Patzak, 109 et supra, 181-182 et n. 2. 2. NI, 351 : Trost; Schads Musenalmanach, 1853, p. 70; cf. T,, 4961 (Vienne, 28 octobre 1851); Bw., VI, 255.

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