Cf. T., 5620 et supra, 732 et n
k. NI, 387, Vienne, 6 septembre 1857; Album lyrischer Originalien, von Friedrich Oser, 1858 (N. Hebbeldok., 119 et 203); Dichterbuch aus Oesterreich, hrg. von Emil Kuh, Vienne, 1863, p. 233 et suiv. (cf. Bamberg, Il, 145-146 et Anmerkungen, 374), cf. encore, T., 5620, note; Bw., VI, 95 et W., XII, 138.
5, Cf. Engelhard, 36 et W. Wustmann, Grenzboten du 19 août 1909, p. 363.
Und er taumelt selig weiter, Denn sie hat ihn nicht gestochen.
Voilà le second acte qui suffit à nous donner à la fois une idée de la couleur violemment romantique et mystique, et de la structure antithétique de ce drame en raccourci!. Au troisième acte, c’est un oiseau, messager d'une sorcière aux baisers mortels, aux enchanteresses chansons duquel le chevalier prête l'oreille; au quatrième l'apparition éblouissante de la fée maligne elle-même. On voit quelle progression à la fois simple et savante dans les péripéties. L'artiste n’a plus qu'à recueillir le dénouement qui s’abat comme se détache un fruit mûr, ou plutôt comme tombent, silencieuses, les feuilles complices du lieu maudit :
Spei sie an, und Dein Entzücken Wandelt sich in Hass und Grauen,
Denn sie schrumpft vor Dir zusammen, Und Du kannst sie niederhauen !
Doch zu spät! die Blätter fallen
Schon mit Macht, um ihn zu decken, Denn der Zweite kommt gezogen,
Und ein Todter kônnt ihn schrecken.
L'impression d'angoisse haletante, de ténébreux mystère, qui se dégage de ce tableau n'est-elle pas la même que provoque l'image d'un autre cavalier, le cavalier à la licorne du Schweigen im Walde de Bôcklin? Tant la plus magique beauté peut être liée à l’épouvante et faire passer sur nous un frisson de mort*. Nous admirerons moins, malgré son rythme mouvementé et son action trépidante, la ballade Æerr und Knechtÿ qui nous paraît par trop farcie de réminiscences. Ce n’est pas seulement die Rache d'Uhland que le titre et certains détails nous rappellent, mais, à la deuxième strophe, un leitmotiv du jeune Hebbel (départ de chasse) repris presque téxtuellement, à la troisième un écho du Ænabe im Moor d'Annette von Droste-Hülshoff5, à la cinquième une reprise du thème du Zauberhaïn, à la huitième une transposition du vers célèbre « der Knecht hat erstochen den edelen Herrn », à la dernière enfin, un nouveau leitmotiv employé déjà dans les ballades de Hambourg et de Paris. En dépit cependant de ce pot pourri de rapprochements de détails, on serait injuste de ne point payer à
1. Cf. Scheunert, D. j. I1., 190 et supra, 487-488 les Waldbilder et en particulier le décor de Bôser Ort. s 2. Cf. supra, 733, 734 etn. 2. à ;
3. VI, 388-390; Vienne, 20 novembre 1857; paru d’abord en 1858 dans Frenzels Modezeitung (N. Hebbeldok., 118 et 203) puis en 1860 dans l’élustrierter Kalender und Novellenalmanach,hrg. von F. Menck-Dittmarsch; Wien, Druck und Verlag der typogr. literar. artist, Anstalt, p. 170 (W., XII, 393) et en 1863 dans le Dichterbuch, aus Oesterreich, p. 235-237 (Anmerk., 374); voir également les Anmerkungen pour les variantes ; cf. enfin, T., 770, 5620 et note; Bw., VI, 95, 108, 161; VIIT, 87 et pour le motif du Schwarzer Tod, cf. supra, 122-124, la ballade de Wesselburen : das Wiedersehen.
L, CE supra, 119-190, des Künigs Jagd et des Kônigs Tod et en particulier le premier vers de la première pièce.
5. C£. les vers 14:15 de Hebbel au vers 12 de la ballade d’Annette. — 6. Cf. supra, 357 : Situation (VII, 175) et 477 : ’s ist Mitternacht.
l'ensemble le tribut d’éloges qu'il mérite : la forme est, répétons-le, impétueuse, vibrante, d’une concision et d'une vigueur extraordinaires. Témoin, cette introduction :
Weg das Gesicht! J
Ich duld’ es nicht!
Wo ist der Zweite Jäger?
So ruft der Graf in zorn’gem Ton,
Der Alte schleicht betrübt davon,
Des Forstes bester Pfleger.
Ici encore les qualités dramatiques priment tout; mais, comme dans ses drames, c'est le plus pur sang du poète qui anime les protagonistes. Rappelons-nous la violence du caractère de Hebbel, telle que nous l'avons décrite et rapprochons de son dithmarsischer Bauer ce comte courroucé. Cette ballade n’est qu’un drame de la colère, mais de la colère hebbélienne : elle s’affirme, s’apaise et remonte chez le maître, elle se comprime, se contient, puis éclate chez le valet :
Da bringt die Wuth
Das treue Blut
Des Alten auch zum Kochen;
Er zieht das Messer, eh’ er’s denkt,
Und hat, so wie ers kaum geschwenkt, Den Jüngling auch durchstochen f.
C’est encore Uhland que rappelle le titre de la troisième ballade de cette époque : der Ring, écrite dans le mètre du Æaideknabe et, comme ce chef-d'œuvre, exprimant sous la forme la plus saisissante le plus absolu des fatalismes?. Encore un drame, mais la virtuosité du poète s'applique moins, cette fois, à la concentration tragique qu'elle ne s’attarde avec une complaisance tout épique à une motivation détaillée. Combinant la situation de Faust et le procédé de l’anneau de Polycrate, déjà si génialement employé dans Gyges und sein Ring, Hebbel nous fait assister dans son introduction (cinq quatrains) aux préparatifs de suicide d'un père que la misère accule au désespoir et qu'au moment fatal un bruit du dehors arrête :
Ich kann es noch nicht vollbringen, Mich stôrt der Wächter mit Singen !
Ne songe-t-on pas aux cloches de Pâques dans Faust? Et, comme dans Faust, nous avons ici une « scène du pacte » : un être Surnaturel remet au pauvre diable un anneau magique qui lui assurera la richesse et le pouvoir de réaliser immédiatement tous ses désirs. Et comme Méphistophélès, le tentateur fait valoir adroitement le contrat et en souligne la condition :
Doch kommt’s mir einmal in den Sinn, So tret’ ich plôtzlich vor dich hin,