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La dernière, plus compliquée que remarquable

fondamental; ainsi Vorfrähling, à trois temps forts, où les trochées lents et circonspects, les pieds plus alertes à temps faible décomposé, et la chute assourdie concourent très délicatement à rendre l'impression d'arrivée inquiète et comme furtive des beaux jours!. Hebbel semble avoir employé de préférence le rythme descendant toutes les fois qu’il voulait traduire les émotions fortes et confuses, les intenses résonances intérieures que le mot et l'image sont impuissants à exprimer entièrement par leurs propres moyens. Nous nous en rendons compte pour la pièce Requiem où, sans rimes, par le seul effet du double refrain et de l'alternance des temps faibles à une et à deux syllabes, le poète parvient à nous émouvoir profondément. Moins simple, mais non moins saisissante est l'harmonie d’un nocturne comme die Weihe der Nacht, titre qu'on ne comprend tout à fait qu'après avoir lu la pièce à haute voix; on éprouve, alors, combien le rythme dipodique en est l'indispensable élément, en passant du court prélude solennel et méditatif au crescendo du sixain, rendant la poussée fécondante et bienheureuse et au mouvement large et régulier du finale, montrant l’entrée majestueuse du Seigneur. Il n’est besoin que de rappeler ici le caractère tout musical d’Abendgefühl, et que dire de ce merveilleux Nachtlied qu'illustra Schumann? ÏIl faut le lire et l'entendre, sinon le chanter ?.

Examinons maintenant la rime. Dans son journal, Hebbel la définit élément non négligeable de l'harmonie entre la matière et la forme et déclare qu'elle est « absolument romantique ». Mais il importe, à ses yeux, qué ce soit la pensée qui produise le mot et non point le mot la pensée et il se moque du faux bel esprit du lyrisme moderne dont il cite comme représentant Karl Beck‘. Ses propres poésies ne sont cependant pas exemptes de négligences légères ÿ, nous y en trouvons même d’assez graves f. On rencontre

1. Moins simple et moins harmonieuse est la strophe de Zebensgeheimniss

2. Cinq autres pièces sont écrites dans le même rythme : der blinde Orgelspieler, einziges Geschiedensein, an den Tod, vor dem Wein et unergründlicher Schmerz. La seule différence est que, tandis que le Nachtlied a ses rimes masculines aux vers impairs, la première de ces poésies les a aux vers pairs et les autres au premier et au quatrième.

3. T. 1146, 1297; cf. Pantrag., 237-238, — 4. T. 1767 : « Bei Zinken fallt ihm zunächst der Reim : sirken ein, und dann, dass auch Zinken sinken werden. Hiebei kommt aber Nichts heraus ».

5. Douze fois le retour de : ou w après la consonne d'appui au sonnet Mysterium; abus des infinitifs et des participes à la rime (cf. das Heiligste et an den Tod).

6. Hebbel a corrigé en 1857 dans das letste Glas la rime séehen-sehen qui reparaissait deux fois dans le recueil de 1842; mais il n’a corrigé ni der Schmetterling (rimes Luft-Duft et Gruft-Duft), ni das alte Haus (la rime Hausheraus de la 1° strophe reparaît à la neuvième). Blalt revient deux fois à la fin d’un vers blanc dans deux strophes consécutives de Rose und Lilie, zu, 3 fois en 5 tercets dans Süuation (VII, 175); abus des rimes pronominales en ich (dich-mich, sich-dich); à la 8° et 9° strophe de Schün Hedwig et surtout à la 6°, 7° et 8° strophe de der Schäfer où nous trouvons la série : mich-mich; dich-dich; sprieh-inniglich; dich-mich; dich-mich; cf. encore Lebensgeheimn iss (VII, 159, n° 1) et zwei Reisende, où entziffern rime avec Chiffern.

798 î CONCLUSION.

des. rimes pauvres comme leit et keit, Pocal et Strahl!; d'autres, presque identiques, trop rapprochées comme : Tage-Klage, alternant avec mag et T'ag?, ou comme les quatre rimes en ichts suivies de deux en écht, dans le sonnet unsere Zeit. La liste des rimes impures est loin d'être négligeable : Rose rime avec Schoosse, swandte avec sande, Buch avec genug, Tag avec allgemackh; i rime couramment avec #, ie avec à; enfin ei rime avec eu où äu. De plus, il nous faut accepter bon nombre de rimes féminines en heit, io, lich, isch, ing, ung, sam ou comme mich, nicht, sie, Hauptmann, cinmal, nachmisst, reicht, lüst, sprengt. Au point de vue de Ja rime, Hebbel ne craindra, pas plus tard de se comparer à Platen , nous voyons que, pour le moment, il est encore bien loin de l'égaler.

Il n’abusc pas de rimes plates détachées “ ou en quatrains”, s’en sert au refrain de Wiegenlied, applique les masculines assez heureusement à des épigrammes ou à des ballades comme Æochzeit et Hexenritt et les féminines à ses rêveries d'automne.

Rien d'étonnant à ce que la grande majorité de ses pièces lyriques soient représentées par des quatrains ou des strophes de huit vers à rimes croisées. Les combinaisons en sont très variées f et presque toujours judicieuses. C’est à peine si l’on pourrait opposer une trentaine de pièces pour tout l’ensemble des autres systèmes de strophes. Une seule fois, des tercets du schème À A B, G C B, D D B, etc. C'est la pièce Situation (VII, 175), où l'effet des rimes uniformément masculines vient encore s'ajouter à celui de ce rythme haletant. En tout, six sixains, la plupart réussisT. Les

1. Die junge Mutter, Schôn Hedwig. — ?, Die junge Mutter, 2° strophe. — 3. Cf. Bw. IV, 85 (27 janvier 1848).

4. Nous avons relevé 4 pièces du schème À À à rimes masculines, 2 à rimes féminines, 2 du modèle À A, BB, GC C, D D, etc. à rimes masculines; une seule du modèle À À A A, toutes rimes féminines. — 5. 6 quatrains à rimes toutes masculines, 2 à rimes toules féminines, 5, où elles alternent, nous trouverons un exemple de rimes plates en strophes de 8 vers.

6. En voici le tableau : 1° pour les quatrains A B A B, toutes rimes masculines (une vingtaine de pièces, dont plusieurs chefs-d'œuvre), toutes féminines (2? épigrammes ct la pièce Vorfrühkling); la masculine précédant la féminine (8 pièces dont un chef-d'œuvre : dus Kind am Brunnen); la féminine précédant la masculine (une trentaine de poésies dont à peu près la moitié épigrammatiques); À BB A, B représentant une féminine : c’est le système de Nachtlied, die Jungfrau et de 7 pièces encore: À B CB toutes masculines dans der Schä/er et der Knabe: dans Rose und Lilie, C seule masculine; A B CB, la masculine précédant la féminine dans Geburtsnacht-Traum et Jung und Alt, inversement dans 13 pièces dont pas une seule épigramme, mais surtout des ballades el des poésies diverses. 2° pour les strophes de huit vers pas moins de 11 combinaisons : À À BBC C D D, toutes masculines dans Virgo et Mater

(Cf. supra, nos développements); À B A BC D C D toutes masculines dans six pièces d'inspiration émue etigrave; toutes féminines, d'effet très juste dans alle Wunden hôren auf, un peu terne dans Séammbuchblalt (NII, 141); alternées, les masculines d’abord dans sept poésies diverses de rythme régulier; les féminines d’abord dans une vingtaine de poésies diverses ou épigrammatiques, système de beaucoup le plus fréquent, avec les avantages et les inconvénients de sa régularité: A B A B A B C GC avec trois agencements différents des masculines et des féminines dans Sieg, was ist die Welt et Liebesoeheimniss.

7. ABABAB, B féminine (Xampf); A BABCC, C féminine (Lebensgehcimniss,

strophes de cinq vers forment un groupe plus important : le modèle le plus fréquent est : À B C C B, les rimes féminines étant B dans zu Pferd! zu Pferd! et, au contraire, A et B dans. huit autres pièces d’allure vive avec le premier vers en refrain dans Frühlingslied!', mais on trouve trois schèmes différents dans quatre autres pièces”, Il n’y a, en tout, que six pièces ayant des strophes de sept vers et le schème en est assez varié, Menüonnons enfin la pièce douteuse en strophes de neuf vers : der erste: und der letste Kuss*, l'unique strophe de dix vers de Glück, assez originale, et la longue pièce de 102 vers : 7raum, ein svirklicher à laquelle on pourrait appliquer la moquerie du journal : « deux rimes qui paraissent avoir fait d'abord le tour du monde avant de se rencontrer‘ ». .

Telles sont les pièces rimées. Nous ne rencontrons, à part des aphorismes épigrammatiques, comme das Licht beleuchtet, Närrisch, swachse nicht et l'unique distique ist dir der And’re erst Sache, que déux pièces non rimées : Æwviger, der du in Tiefen wohnest ct Requiem, Pour ce qui est des sonnets, nous avons déjà cité les quatre exceptions qui ont des rimes masculines’. Les quatrains sont rimés uniformément dans tous !°. Quant aux tercets, on trouve deux combinaisons différentes représentées une seule foist!; deux représentées deux fois !?. Dans tous les autres sonnets, c’est-à-dire dans dix-neuf, le schème est : C D KE, C D E et toutes les rimes sont féminines aux tercets. Il est curicux de noter que ce modèle ne se rencontre pas dans les premières poésies et de rapprocher la technique du sonnet de Wesselburen an die Jünglinge!?, où toutes les rimes des tercets sont masculines, ce qui ne se produit pas une 1); A féminine (Und ist ein blesser Durchgang); A À BG CB, A ct C féminines dans Xnabentod, sie sekn sich nicht wicder et auf ein schlummerndes Kind. 1. Cf. supra, 361. — À À B B À toutes masculines dans Sag an, o lieber Vogel mein; À B A AB dans Gott weiss, wie tief; À B A CB, C représentant l'unique rime féminine assez heureusement adaptée tant à la courte romance das

Bettelmädchen qu'à la longue ballade Schün Hedwig. ge 3. AA BCC BC, B féminine (der Schmetterl ng); À B A BC CB, B fémi-

nine (Wäedersehen, NU, 135 et eine Hinrichlung); À féminine (die Polen sollen

leben); À B A BC CD,B et D féminines (Nacht et das alle Iaus).

4. À B A A BC DC D, B et C féminines. —5. ABABCCDEED,BetD féminines.

6. T., 5246. Voici le schème des rimes au début de la pièce:ababacde dedefgfhghijikjlmklnm on p,ete..et voici le groupe des vers 50-56: abcdea où l’ou voit deux rimes séparées par quatre vers différents non rimant ensemble,

7. Cf. le distique des Premières Poésies, cf. supra, 72-75. — 8. Cf. supra, 369, 370, — 9. Cf. supra, 355 el n. 12.

10, A B B A A BB À: La disposition est la même dans les cinq sonnels de Wesselburen (cf. supra, 127-130) mais B est masculine dans quatre d’entre eux.

1}. CDCGDC (der Sonnenjüngling) et CGDODEE (Sonett, VII, 174), cf. le sonnet de Wesselburen : lrage an die Seele.

12. CDCEDE (Rosenleben, der Mensch, VII, 175) CCDEED (£in Gebrt, Nachruf). Nous avons rencontré ces deux schèmes dans les sonnets de Wesselburen : l’un dans was mich quält, l'autre dans Widmungsgedicht ct an Ludwie l'hland, mais dans ces deux derniers sonnets C et E sont masculines.

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