Le schème C C C D D D; cf. supra
seule fois dans les vingt-cinq ultérieurs. Hebbel se rapproche donc consciemment de la forme gæœthéenne qui a le double avantage d'être très régulière et très harmonieuse. N'oublions pas, cependant, qu'il ne s’agit ici que d’un détail de technique qui ne saurait sensiblement modifier le jugement porté plus haut sur la valeur poétique des sonnets .
En résumé de cette étude de la rime, si nous tenons compte du nombre restreint des beautés et des originalités véritables ?, de la grande quantité de quatrains et de groupes de huit vers, les uns et. les autres simpleset réguliers, mais parfois monotones, malgré la diversité introduite par le genre de la dernière syllabe; si nous opposons la rareté relative des tercets, des sixains et des strophes de cinq, sept, neuf et dix vers; si nous faisons état des licences, gaucheries et impuretés que nous avons relevées; si, enfin, nous comparons le jeu de patience de raum, ein wirklicher et les pièces non rimées à la géniale fantaisie du cycle de la Nordsee, nous n'hésiterons pas à admettre que ce n'est pas par la virtuosité du versificateur que ces poésies sont intéressantes et bien au-dessu de l’honnête moyenne. Se
Mais, avant d'émettre une appréciation d'ensemble sur la versification, ne négligeons pas d’autres éléments qui concourent aussi à l'effet descriptif ou musical. Ii n’y a pas lieu d’insister sur les enjambements dont on ne trouve que quelques exemples, les uns un peu gauches et forcés comme :
Die Gäste sind zu allerbest Geputzt 3...
les autres tout à fait réussis, comme :
Du hast die schôüne Ferne nie Geésehen +...
Mais passons de ces procédés, plutôt pittoresques et dramatiques, à la phonétique proprement dite. Les articulations sont loin d’être toujours souples, nous pouvions le prévoir en constatant, au point de vue purement grammatical, la fréquence des élisions ou bien la présence d'un génitif comme Zichts à l’intérieur d'un vers”. Il serait aisé de dresser une longue liste de duretés et de dissonances qui n'auraient point l’excuse de l'harmonie imitative comme . ce vers de Schlachtlied :
Hurrah! das pufft, das knallt und pfeift!
1. Cf. supra, 355, 356, — 2. Pour le détail, renvoyons le lecteur une fois pour toutes aux développements de Môller (op. ct£., 37-38) et de Fischer (op. cit., en particulier, p. 115). Nous venons de citer (supra, 192, note 12) l'appréciation détaillée de ce dernier auteur concernant la rime chez Hebbel, Rappelons toutefois que l'étude de Fischer comprend toutes les premières poésies et s’arrête à l’époque de Heidelberg. Cf. cbzid., 9.
3. Wiedersehen, VIX, 134; cf. cf. encore der Pocal, NII, 178, premier quatrain ; et Bubensonntag (NI, 199, v. 35-36).
h. Sas’ an, o lieber Vogel mein (NII, 155); cf. encore : Siegz (VI, 200, v. 31-32); cf. zu Pferd! zu Pferd! (NI, 149, v. 7); an Elise (NIL, 175, v. 19); Alt und Jung (VIL, 185, v. 4). à
5. Cf. VIT, 135, v. 16 de Wiedersehen et supra, 361 et 363, n. 8.
La rudesse du consonantisme est cependant sensiblement atténuée par l'emploi systématique de l’allitération. Il semble bien qu'elle soit intentionnelle dans Spatziergang am Herbstabend où on dirait qu’elle marque le rythme des pas’, dans das Haus am Meer? et surtout au sonnet Nachruf où la lettre d ne revient pas moins de vingt-quatre fois’. Mais on peut citer de nombreux exemples d’autres lettres *.
L'assonance est plus fréquente encore. Dans les premières poésies déjà nous l’avions relevée, tantôt à la fin, tantôt à l’intérieur du vers, ou à la césure*. Si l’allitération est parfois voulue chez Hebbel, on a le sentiment que l’assonance lui vient naturellement et sans effort. On trouve dans son vocalisme peu de rencontres déplaisantes, Comme au début du Schmetterling :
Ein Räuplein sass auf kleinem Blatt, Es sass nicht hoch, doch ass es satt 7,
beaucoup, au contraire, d’agréables, comme celles de das griechische Mädchen que nous avons citées plus haut®. Il n’est pas impossible d'établir une sorte de phonétique comparée des voyelles qui, sans aller jusqu’à en spécifier les couleurs, comme tel sonnet moderne bien connu, les séparerait en sourdes et sombres comme « et o, et claires et gaies comme 4, e, : et à. Hebbel obtient ainsi de très
appréciables effets, ainsi au huitième vers de das Haus am Meer et
dans l’épigramme Schmerz ist der Durst auxquels nous avons fait allusion déjà. Notons encore, par exemple, le contraste entre le
© 1. Finsternisse — feine, /romme — in Seel unt Sinnen — doch dann frag ich ich mit Beben — was war es?
2. Hobelt und Lämmert — so sprach er, als er schied — des sckwellenden Sturmwinds
3. Si l’on tient compte également des £ et des z, tout le consonantisme est
. ici allitération,
4, Pour à, cf. Nachts, VI, 205, v. 26-27, cf. supra, 236; pour 0/, cf. das Kind, VI, 189, 2° quatrain; pour x*, le dernier vers de Trennung, supra, 247, n. 6; pour r le vers 6 de bei einem Gewitter; pour s le vers 25 de Mutterschmerz et la dernière strophe de Wiedersehen (NII, 136); pour w le 2° vers de Hochzeit, supra, 264 et les derniers de die Spanterin. S :
5. Cf. an die Tugend, Romanze (VII, 26), Rosa (premier quutrain), an die Packknechte, der Wahrheitsfreund, die Schlacht bei Hemmingstedt et das Licd vom Schmiedt.
6. Cf. Fischer, 111 : « die Grundlage der Assonanzen ist Hebbels Freude an vollen Vokalen, die einem fast bei allen Gedichten auffällt; von dort ist nur ein kleiner Schritt, dass sich die Vokale hier und da auch harmonisch gliedern. Man kann nun zwar leicht bei der Interpretation solcher Feinheiten zu weit gehen, ich habe aber bei meiner Untersuchung keine Buchstabenassonanzen gesucht, sondern nur bei lautem Lesen der Gedichte die Stellen herausgeschrieben, wo die Assonanz sich mir aufdrängte. » Nous procédons de la même manière.
7. Egalement le retour de l’£ dans Szeg, particulièrement les vers 7 et 8; cf. supra, 233, n. 2 : « denn wer nichl würdig isst und trinkt, so spricht Gott selbst, der isst und trinkt sich das Gericht », et encore dans plusieurs strophes de der Schäfer où il accompagne la série de rimes déjà citée : #7ich — mich, dich — dich, ete...